Traduit de l’an­glais (États-Unis ) par William Olivier Desmond.

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Toujours au programme du club de lecture, en géné­ral j’évite les romans poli­ciers. Je sais qu’ils sont bien choi­sis, mais ce n’est pas ma lecture préfé­rée. J’ai lu sans déplai­sir celui-là et j’ai été inté­res­sée par la descrip­tion de Venise, loin des clichés habi­tuels Venise dans ce roman, est une ville grise, humide et froide.

Un meurtre d’un vendeur à la sauvette, à Venise permet de comprendre le monde des émigrés afri­cains. C’est triste et sûre­ment proche de la réalité On se surprend à déses­pé­rer de notre monde ! L’écrivaine est améri­caine, elle n’est pas tendre pour ses compa­triotes. J’ai appré­cié, égale­ment, la façon dont elle parle de l’incohérence de l’adolescente qui dit du meurtre (au grand scan­dale de sa mère). « C’est seule­ment un vu comprà (un noir) » et qui pour­tant n’est pas aussi raciste que le pense sa mère.

J’ai aimé la descrip­tion de la nour­ri­ture en Italie. Et fina­le­ment avec tout ça j’ai voulu connaître le dénoue­ment qui est aussi abomi­nable que la réalité de l’Angola. Pauvre Afrique !

Citations

Ils ne pouvaient être qu’américains. Les cheveux blancs tous les deux, ils donnaient l’impression d’avoir échangé leurs vête­ments. La femme était habillée d’une chemise écos­saise en flanelle et d’épais panta­lon de laine, tandis que l’homme avait enfilé un chan­dail rose à col en V, des panta­lons et des chaus­sures de tennis blanches. Ils avaient appa­rem­ment sinon le même coif­feur, du moins la même coupe de cheveux. On avait envie de que ceux de la femme étaient juste un peu moins courts.

Il se deman­dait si le senti­men­ta­lisme de quatre sous de la télé­vi­sion et du cinéma n’avait pas provo­qué, dans cette géné­ra­tion, une sorte de choc insu­li­nique qui étouf­fait en eux toute possi­bi­lité d’éprouver de l’empathie vis-à-vis des peu ragou­tantes victimes de la vie réelle.

De même, une fois qu’une infor­ma­tion était stockée dans un ordi­na­teur, on avait l’impression que rien ne pouvait la suppri­mer, sinon la destruc­tion maté­rielle complète du disque dur.

On en parle

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Grand événe­ment ce soir au restau­rant La Bodega le club des lectrices de Dinard se réunit pour attri­buer le coup de cœur des coups de cœurs de l’année 2009/​2010. Huit livres restent en compé­ti­tion qui s’annonce achar­née :

  • L’exil d’Alexandra d’Anca Visdéi
  • Black Bazar de Alain Maban­ckou
  • Les pieds dans l’eau de Vincent Duteurtre
  • Le livre d’Hannah de Géral­dine Brooks

’imagine que pour tous mes lectrices et lecteurs le suspens est insup­por­table, tant pis pour vous …vous atten­drez demain pour connaître le nom du lauréat et j’espère bien ne pas avoir d’ennuie pour avoir publié cet article , une heure avant que nous enfer­mions dans un bon petit restau­rant de Dinard.

les autres titres

  • La reine des lectrice d’Alan Benett
  • Le cas Sonde­berg d’Elie Wiesel
  • Magic retouche de Fran­çoise Dorner

Et le/​la gagnant/​e est

C’est dans des moments comme-ça qu’on aime­rait avoir volé un peu de talent à tous les auteurs qu’on a lus….Hélas ! Je voudrais savoir vous racon­ter les onze tours de scru­tin autour d’un dîner déli­cieux préparé par le cuisi­nier de la Bodega …

  • Le moment que nous atten­dions toutes lors des tours de table : celui où M… a réussi onze fois à nous faire croire qu’elle aban­don­ne­rait Hannah, pour … y reve­nir dans un éclat de rire toujours plus mali­cieux
  • Vous racon­ter aussi mon émotion, quand la discus­sion est partie autour du Retour du Géné­ral de Benoît Duteurtre, avais-je oublié de lire un des livres ? (ça ne me ressemble guère, mais on ne sait jamais) Et non, il n’était pas dans la sélec­tion ! ! !
  • Je pense que le commis­saire Brunetti, s’est senti quelque peu aban­donné. Il a bien été évoqué, mais moins d’un quart d’heure, j’en suis certaine. Vous pour­riez me faire remar­quer que Donna Leon, n’était pas non plus sélec­tion­née. Mais alors-là vous auriez tout faux, il faut que vous sachiez que rien n’empêche les aficio­na­dos de ce fameux commis­saire de lui consa­crer un certain temps lors de toutes nos rencontres.

Bref, les discus­sions furent intenses, drôles parfois profondes. Nous étions toutes bien tristes d’abandonner des livres moins consen­suels mais qui avaient résonné en nous, comme le cas Sonder­berg. Assez vite, on a compris que tout se joue­rait entre Hannah et Alexan­dra. Anca, vous avez gagné, et autant de temps passé avec vous, mérite bien que je vous appelle par votre prénom.

Notre coup de cœur des coups de cœurs 2009/​2010 est donc

L’exil d’Alexandra d’Anca Visdei. Pour le plus grand plai­sir de toutes. À l’année prochaine.