Éditions Albin Michel, 199 pages, décembre 2025

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard

 

Cette autrice écrit vraiment très bien, son style est parfait, mais j’ai rarement ressenti un tel sentiment de « ras le bol ». Pourquoi choisir un personnage aussi peu intéressant qui n’a pas réussi sa carrière d’écrivain sur lequel la vie a glissé sans laissé de traces en dehors de ses personnages de romans ? Et puis, j’apprécie vraiment assez peu les romans où on parle des difficultés d’écriture. Pourtant Sylvie Germain le fait très bien et elle sait montrer combien l’écriture relie l’écrivain au monde et en même temps le coupe de ce même monde. Mais ce personnage n’a pas, comme elle, la chance de vendre ses livres, c’est donc l’abime dans lequel elle n’est pas tombée mais où elle fait sombrer Samuel, allias Tarn son nom d’écrivain qu’elle met en scène.

Si ce roman nous permet de bien comprendre les aléas de l’écriture, la vie lui échappe totalement, elle n’est présente que comme une suite de possibilités qui peuvent être autant de situations romanesques qui vont revenir en un cauchemar halluciné à la mort du personnage.

Pourquoi ai-je commencé par mon « ras le bol » ? Lorsque les auteurs créent des romans en mettant au centre des personnages sans ancrage dans la vie réelle et qui font de leur propre écriture le sujet même du récit, je trouve qu’ils « crachent dans la soupe ». Je suis certainement excessive et (un peu exprès) vulgaire pour une écrivaine dont le style est, à juste titre loué par tous les intellectuels, mais voilà, je ne serais pas aller jusqu’au bout de ma lecture si je ne devais pas en discuter au club de lecture.

Un livre de cette auteure sur Luocine que j’avais aimé « chanson des Mal-aimants » et un qui a été important pour moi que je n’ai pas chronique « l’encre du poulpe »

Extraits.

Début.

 Les signes de ponctuation de haute taille passent là-bas dans la brume, ils glissent en file indienne, ils ondulent dans le vent, parfois tremblent un peu. Certains par instants trébuchent ou s’immobilisent désorganisant la colonne qui vite se recompose autrement, la virgule se fait doubler par le point d’exclamation, et celui d’interrogation recule en fin de ligne. Ou bien ils changent d’aspect, l’un, qui était courbe se redresse, un autre qui était droit se penche en oblique avant. Il arrive que quelques-uns se mettent à courir.

La description du personnage.

 Il n’a plus aucune certitude sur les autres et sur lui-même, sur la vie et encore moins sur la mort, tout ce qui existe perd son poids d’évidence et de familiarité, et ce qui n’existe pas ou qui relève de l’inconnu, de l’improbable, se leste d’une possibilité d’être ; ainsi « l’hypothèse Dieu » rivalise avec « l’hypothèse néant » et leur opposition se résout parfois en une troisième hypothèse, celle d’un Vide radieux.

Finalité de l’écriture.

Les guerres, les catastrophes, les crises en tout genre…, c’est un flux continu, mais ce chaos a fini par prendre un relief plus rude, une sonorité aigre. Transcrire cela dans un roman t’a paru au-delà de tes capacités. Car ce n’est pas tant la désaffection du milieu de l’édition et du public à ton égard qui t’a découragé de continuer à écrire, ce n’est pas non plus la seule fatigue due à ton avancée en âge, qui peut en effet être éreintante. Non, même si cela a joué ce fut secondaire. C’est le chagrin qui t’a mis à l’arrêt. Un chagrin nu, stérile, devant le gâchis du monde. Le chagrin t’a rendu impuissant. Tu n’as pas trouvé d’histoire qui fasse le poids de fictions qui « dise » cela.

 

 

 


Éditions Payot, 346 pages, mars 2012

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Chaunac

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard

 

Bill Bryson est un habitué de Luocine :

American Rigolo

Motel bues

Une histoire de tout ou presque

Nos voisins du dessous

Une histoire du monde sans sortir de chez moi

Des Cornflakes dans le porridge (sans doute mon préféré )

Avec son ami Katz qui adore les motels, et regarder des épisodes de X-Files à la télé , Bill Bryson entreprend de marcher et de traverser les USA du Sud jusqu’au Nord sur un sentier qui s’appelle l’Appalachian Trail et qui fait 3600 kilomètres.

C’est l’occasion de nous raconter un aspect de l’histoire des États- Unis, celui qui a voulu préserver la nature. Mais cela ne s’est pas fait sans des destructions absolument stupides et la disparition d’espèces animales ou végétales qui ont aujourd’hui totalement disparu. C’est l’occasion aussi de croiser des Américains, certains très sympas d’autres moins, surtout que l’auteur nous raconte dans le détail les gens qui ont été assassinés sur ce chemin.

Mais le danger principal, reste les ours qui ont à leur actif un certain nombre de morts d’humains.

On retrouve dans ce récit de marche à pied à la fois le côté sérieux du journaliste et l’humour de l’écrivain. Il se moque aussi bien de lui que des autres.
Je retiendrai de ce récit que l’auteur a préféré ses marches dans les pays où on sait à la fois garder la nature et les acticités humaines, aux USA c’est l’un ou l’autre et il le regrette.

Ce n’est pas le meilleur livre de cet auteur mais j’ai quand même bien ri à un passage que je vous ai recopié.

 

Extraits

Début.

 Peu après avoir déménagé ma petite famille dans une bourgade modeste de New Hampshire, je suis tombé sur un chemin qui démarrait à la lisière de la ville pour disparaître dans les bois. Une pancarte indiquait qu’il ne s’agissait pas de n’importe quelle piste, mais du célèbre sentier des Appalaches ou AT pour « Apalachian Trail », qui longe la côte ès des États-Unis sur plus de 3500 km, à travers la paisible – et ô combien prometteuse- chaîne de montagnes du même nom.

Les ours.

 Tous les livres affirment que confronté à un grizzly vous devez absolument éviter de courir. Ceux qui donnent ce genre de conseil sont assis devant leur clavier. À mon avis, si vous vous retrouvez dans un espace découvert, sans armes et qu’un grizzly se précipite vers vous, courez. Ça ne mange pas de pain. Au moins, ça vous donnera quelque chose à faire pendant les sept dernières secondes de votre vie. Cependant, à l’instant où ils vous rattrapera -car il vous rattrapera- , vous pourrez toujours vous jeter au sol et faire semblant d’être mort. Un grizzly tentera de mâchonner un corps inerte, une minute ou deux, mais finira généralement par s’intéresser puis par s’éloigner d’un pas traînant. Avec les ours noirs, il est vain de faire le mort, puisqu’ils continueront de toute façon de vous dévorer tranquillement jusqu’à ce que ça ne vous fasse plus ni chaud ni froid. Il est tout aussi stupide de monter à un tronc, car ces plantigrades sont d’adroits grimpeurs, et comme le note Herrero très pince-sans-rire, vous vous retrouveriez quand même à vous battre contre un ours mais en haut d’un arbre.

Moments heureux .

 La forêt restait un formidable lieu de solitude. Je traversais de longues périodes de parfait isolement où des heures s’écoulaient avant que je ne croise âme qui vive ; à de nombreuses reprises, j’attendais Katz un bon moment sans qu’aucun autre randonneur se présente. Quand cela se produisait, j’abandonnais mon sac et partait à sa rencontre pour voir s’il n’avait pas eu de problèmes -ce qu’il appréciait beaucoup. Parfois, il brandissait fièrement mon bâton de marche, oublié contre un arbre, lorsque je m’étais arrêté pour relacer mes chaussures ou réajuster mon pactage. C’était un peu comme si nous veillions l’un sur l’autre, c’était vraiment… bien. Je ne saurais mieux l’exprimer.

La pluie et le marcheur. 

 La pluie gâche tout. Marcher en vêtements imperméables ne procure aucun plaisir. Il y a quelque chose de profondément déprimant dans le bruissement raide du nylon et le crépitement incessant, curieusement amplifié des gouttes d’eau sur le tissu. Et pis que tout vous finissez quand même par être mouillé, les matériaux étanches protègent de la pluie mais vous font tellement transpirer que vous vous retrouvez bientôt inondé de votre propre sueur. L’après-midi, le sentier s’est transformé en torrent, mes chaussures ont renoncé à rester sèches. Mes pieds suintaient l’humidité et je pataugeais à chaque pas..

Les mines.

 La mine, bien sûr, a toujours été un sale boulot où que vous soyez, mais jamais autant qu’aux États-Unis dans la seconde moitié du XIX° siècle. Grâce à l’immigration, les mineurs étaient interchangeables. Si les Galois commençaient à râler, on faisait venir des Irlandais. Quand les Irlandais ne donnaient plus satisfaction, on ramenait des Italiens, des Polonais ou des Hongrois. Les travailleurs étaient payés à la tonne, c’est-à-dire que non seulement on les incitait à piocher avec une précipitation imprudente, mais aussi que tout effort consacré à rendre leur environnement plus sûr ou plus confortable ne donnait lieu à aucune compensation. Les puits transformaient le sol en gruyère, déstabilisaient parfois des vallées entières. Les explosions et les embrasements spontanés étaient monnaie courante : la poussière de charbon est incroyablement volatile, et à l’époque, songez-y, la seule source de lumière était une flamme découverte. Entre 1870 et le début début de la Première Guerre mondiale 50 000 personnes moururent dans les mines américaines. La grosse ironie, avec l’anthracite, c’est que, aussi difficile soit-il à allumer, il est encore plus difficile à éteindre. Les récits d’incendies de mine impossible à maîtriser sont lésions dans l’est de la Pennsylvanie. À Lehigh, un feu déclaré en 1850 brûla jusqu’à la crise de 1929.

Épisode tragique.

En 1955 eut lieu la grande inondation restée gravée dans les mémoires. Au mois d’août de cette année-là, alors qu’on subissait paradoxalement l’une des plus sévères sécheresses depuis des décennies, deux ouragans frappèrent la Caroline du Nord et perturbèrent les conditions météorologiques d’un bout à l’autre de la côte Est. Le premier déversa 25 centimètres de pluie en quarante-huit heures. Six jours plus tard, le second largua 25 centimètres en vingt quatre heures. À Camp Davies, un complexe touristique quarante-six personnes principalement des femmes et des enfants se réfugièrent dans le bâtiment principal pour échapper à l’inondation. Tandis que l’eau montait, ils grimpèrent dans les étages pour finir au grenier, mais en vain. Dans la nuit, un mur liquide de 9 mètres de haut descendit la vallée en rugissant et balaya l’édifice. 9 personnes survécurent miraculeusement. Ailleurs, des ponts furent emportés et des agglomérations ravagées. Avant la fin du jour suivant, le Delaware était monté de 13 mètres. Quand les eaux se furent enfin retirées, on fit le bilan : 400 morts et toute la zone dévastée.

 

 

La nature protégé en Amérique et note d’humour à la fin.

 

 Je sais que le sentier des Apalaches est censé incarner une expérience de la nature sauvage et j’admets tout à fait qu’en maints endroits il serait dommage qu’il en soit autrement, mais l’Appalachian Trail Conférence donne parfois l’impression d’avoir développé une phobie des contacts humains. Personnellement, j’aurais été content dans cette vallée de traverser des hameaux et de croiser des fermes plutôt que de marché dans un « couloir protégé » silencieux.
(…)
 En Amérique hélas, la beauté implique un trajet en voiture et la nature est affaire de tout ou rien : soit vous la domptez sans ménagement, au barrage de Tocks ainsi que dans un million d’autres endroits, soit vous la déifiez, la traitez comme quelque chose de sacré de distant tel le sentier des Appalaches. On ne veut pas croire que les gens et la nature puissent cohabiter pour leur bénéfice mutuel, un pont sur le Delaware aurait pu mettre en valeur la splendeur qui l’entoure.
 J’aurais préféré de loin que le guide de l’AT dise : « Grâce aux efforts de l’Appalachian Trail Conférence, l’aviculture a été réintroduite dans la vallée du Delaware, le sentier a été détourné pour inclure vingt-cinq kilomètres de parcours au bord de l’eau, parce que, ne nous voilons pas la face, il y a des moments où les arbres, ça commence à bien faire ! »

J’ai ri et vous ?

– Moi aussi je me suis fait une amie aujourd’hui. Au Lavomatic ,elle s’appelle Beulah.

– Beulah ? C’est une blague,.
– J’aimerais bien, mais c’est la vérité.
 – Personne ne s’appelle Beulah.
– Alors, voilà, elle oui. Et elle est vraiment sympa, pas hyper maline, mais vraiment sympa, avec de mignonnes petites fossettes, juste là. »
 Il pressa ses joues pour me montrer l’endroit.
 » Et elle a un corps fantastique. 
– Ah oui ?
Il a hoché la tête avant de préciser judicieusement :
« Mais bien sûr, il est enfoui sous une centaine de kilos de graisse molle. Heureusement pour moi, la taille chez une femme n’est pas un critère tant que je ne suis pas obligé de démonter un mur pour la sortir de chez moi. »
 Il a donné un coup de chiffon pensif à ses chaussures.
 « Alors comment tu l’as rencontrée ? ai-je demandé.
– En fait, a-t-il commencé en se penchant vers l’avant avec concentration, comme si son histoire valait vraiment la peine d’être raconté, elle m’a proposé de venir voir sa culotte,.
– Évidemment. 
– Elle était restée coincée dans le tambour de la machine.

 

 

 

 

 


Éditions Stock, 283 pages, janvier 2026

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Il paraît que nous mourrons deux fois : la première à l’instant où notre cœur s’arrête ; la seconde, et celle-ci de façon moins violente, mais définitive lorsque plus personne ne se souvient de nous.

J’avais beaucoup aimé « La Cache » de cet écrivain, il explorait son appartement parisien pour comprendre la vie de la famille de son père, marquée par le sort des juifs pendant la guerre 39/45. Je faisais remarquer qu’il y avait une absente dans ce récit sa mère. Dans ce roman , il fouille le passé de la famille de sa mère, et on comprend pourquoi elle était absente du premier livre, comme son père elle devait être dépressive et ses parents ont divorcé. Mais aujourd’hui l’auteur passe des vacances dans la maison de douanier de son grand père. Ernest est un personnage complètement falot qui en dehors d’une photo est totalement absent sinon par des procès de réclamations incessante car pendant la guerre sa maison a souffert des bombardements. Et lui aussi, est certainement neurasthénique.

Le reste de la famille est plus intéressante, en particulier deux sœurs institutrices, mais hélas la tuberculose a bien sévi et l’auteur le raconte avec beaucoup de précision. Et le titre du roman, c’est qu’à Barfleur la mer attaque sans cesse la côte et que la maison sera peut être menacée un jour. Il trouve dans cette maison des poèmes, il aurait aimé les attribuer à une de ses tantes, Madeleine qui a tant lutté contre la tuberculose. Cette quête l’entraîne à travers les écoles normales, les sanatoriums, les écoles primaires, le couple Freinet, la résistance …

Il y a vraiment quelques belles pages sur la mer et les paysages battus par le vent, mais je n’ai pas réussi à m’intéresser à ce roman. Mais, je le redis, cet auteur a vraiment un très beau style.

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Extraits

Début.

 Ils sont cinq, et ils me regardent. Ils flottent au milieu de la photo, dans un paysage nébuleux, évoquant une tonnelle ou une charmille. Une lumière venue dont ne sait où forment autour d’eux un halo trouble. Ils planent dans un au-delà luminescent. Je les ai toujours vus là, accrochés dans la première pièce en entrant au-dessus du secrétaire en acajou. Enfermés dans leur guérite rectangulaire, ils gardent les lieux. Je les retrouve à chaque séjour étonnamment présents, à la fois vifs et hiératiques, dégageant un envoûtant magnétisme, paraissant même rajeunir à mesure que je vieillis.

Comment en effet ? Et surtout, pourquoi ?

 Comment écrire la biographie de quelqu’un présent dans la mémoire de personne ? D’un employé subalterne dépourvu et, plus encore, privé d’histoire. D’un douanier qui n’a rien à déclarer ? D’un homme, pas seulement muré dans le silence, d’un homme sans mot, atteint d’une forme, d’aphasie ?

Passage sur la tuberculose.

 La tuberculose a déclaré la guerre à la population du Val de Saie. Une guerre qui rappelle la peste des siècles passés, une guerre totale, une guerre invisible dont personne n’ose dire le nom.
 Le mot fait trop peur. Il équivaut à un arrêt de mort. Il passe pour une tare héréditaire. Le médecin lui-même évite de le prononcer, il élude souvent avec l’accord tacite des familles. Il n’a pas de véritable remède à leur offrir autant, alors autant ménager leur réputation. Il se contente de leur donner des recettes de grand-mères, du repos, du calme, des fécules, quelques ventouses qui laissent de grandes taches violacées sur la peau, et de la carnine une mixture élaborée à partir de sang bovin, vendue sous la marque, Le Franc.
 On considère la phtisie comme une dégénérescence. La rançon du vice, la paresse, une plaie sociale à l’égale à l’égal de l’ivrognerie et de la civilisation sortie tout droit des taudis et des caniveaux. Ceux qui s’en vont des poumons sont marqués de la croix indélébile des lépreux. Un signe d’infamie frappe leur maison pendant des générations. Dans les écoles où les mairies, des affiches illustrées par un dessin de Caran d’Ache, appellent à combattre un péril national, des milliards de bacilles, aussi menaçants qu’une armée ennemie, éructés, vomis, portillons, éternués, mêlés à la poussière et à la crasse. Dans un bourg où tout le monde se connaît, et où tout finit par se savoir, mieux vaut diagnostiquer une bronchite ou une pneumonie..


Éditions Gallimard nrf, 77 pages, décembre 2025.

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

77 pages pour une vie entière, c’est très court, et c’est beaucoup quand on a si peu de temps (à peine une nuit) pour la raconter et l’écrire. Une jeune fille, Claire, attend, pendant la guerre 39/45, son chef de réseau qui vient la rejoindre pour lui faire taper des textes. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’elle est éperdument amoureuse de lui. Alors au lieu de partir sans l’attendre, car telle est la consigne en cas de retard, elle l’attend et en l’attendant elle écrit le roman de sa vie avec lui.

Ce très court roman, permet de comprendre le drame que représente les vies trop courtes qui n’ont pas eu le temps de se réaliser, et le courage qu’il faut aux jeunes pour se sacrifier pour que d’autres vivent leur vie tranquillement. Les drames de la guerre sont rapidement évoqués et on sent bien les tragédies sous-tendues par des instants à peine évoqués.

Ce roman se lit très facilement et sans doute ne s’oublie pas aussi vite, mais c’est quand même trop court pour un grand plaisir de lecture et pourtant j’ai été très sensible aux moments plein de charmes d’une vie possible évoquée par la jeune fille. Cet auteur qui écrit de si long romans pour la jeunesse (excellents par ailleurs), s’adresse aux adultes dans un format très réduit (minimum) , je me suis demandé pourquoi, sans trouver de réponse.

Extraits

Début.

 Nos draps suspendus aux fenêtres les matins d’été. L’air chaud ne bouge presque pas. Je me suis éloignée dans l’herbe en chemise de nuit. Je regarde la maison depuis les arbres. Je le cherche autour de moi. Je crie son nom pour le plaisir. Il est peut-être allé se baigner.

Elle attend.

Je veux être vieille. Ralentir devant les miroirs. 

Le danger de la clandestinité.

 Il va apparaître avec sa colère. La colère froide du patron. Je répondrai que je sais bien la règle. Ni avance ni retard. Ne jamais attendre plus de trente minutes. Disparaître sans laisser de trace. Mais ce coup sur la porte, la joie pour moi de sa colère. Il dit : Vous serez notre perte. Je demanderai pardon. Mais vous êtes là, vous voyez que vous êtes venu. Écoutez-moi, j’avais quelque chose a vous dire. 
Alors, je murmurerai ma honte. L’amour. C’est la première fois que je dirais ce mot dans ma vie. Et je me reprends. Je lui jure aussi que je suis patriote.

 

 

Éditions Belfond, 335 pages, décembre 2025

Traduit de l’anglais(États-Unis) par Catherine Gibert

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Mais pourquoi diable, je ne me suis pas souvenue de mes précédentes déceptions, je le dis tout de go, cette auteure n’est pas pour moi. Je le savais depuis Double faute, puis cela s’est aggravé avec Quatre heures vingt-deux minutes et dix huit secondes.

Ce roman est une sorte de science fiction, les États-Unis, vivent une période de tyrannie qui impose l’égalité entre tous les citoyens et la suppression dans le langage de toute référence aux différences en particulier intellectuelles. Donc suppression de tout classement intellectuel et toute la société va très mal. Le personnage principal a de graves problèmes car elle refuse de se soumettre aux diktats de la société de la « Parenté Morale ». Les États-Unis s’écroulent car, aussi bien en médecine, que dans tous les autres postes qui demandent de hautes qualifications, il ne faut surtout pas discriminer des gens incompétents.

Le seul passage qui m’a intéressée c’est l’enfance de Pearson qui a été élevée dans une famille de témoins Jéhovah. Je pense qu’elle connaît bien cette secte. J’ai appris que ces gens ne croyaient ni à la vie éternelle ni à la résurrection . L’auteure décrit bien la tristesse de la vie parmi ces gens, à 16 ans elle a fui et a été recueillie par la famille de sa « meilleure et seule  » amie Emory.

Tout le roman est construit sur cette rivalité entre ces deux filles, Pearson qui croit qu’Emory pense comme elle que la « Parenté Morale » est complètement stupide, et sera trahie par cette Emory qui sait, elle, bien s’adapter .

Je pense que ce roman est une charge contre le « politiquement correct » qui a sévi dans les universités américaines. Mais ce n’est pas intéressant, le roman va d’un excès à l’autre car il y aura un retournement tout aussi excessif avec un retour de l’importance du QI. Je n’ai rien aimé, aucun personnage et surtout pas Pearson qui a choisi d’avoir deux enfants par insémination en choisissant le QI maximum . Puis avec son mari elle a une petite fille qu’elle juge stupide et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand le pense à la façon dont Philip Roth dans « la Tâche » dénonce les mêmes dérives universitaires, je suis triste d’imaginer que c’est une auteure comme Lionel Shriver qui reprend le flambeau de la résistance au « politiquement correct » et je me promets de ne plus JAMAIS relire un roman d’elle.

Et voici l’avis du Bouquineur totalement opposé au mien

 

Extraits.

Début.

 J’allais partir faire quelques courses pour le dîner – comme souvent, ma vieille copine Emory venait à la maison ce soir-là- quand j’ai reçu un appel de l’école, n’informant que mon fils était renvoyé pour cause de harcèlement et que je devais venir le chercher. Darwin est un garçon réfléchi, posé pas vraiment porté sur la persécution de ses petits camarades, si bien que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’un quiproquo.

Témoin de Jéhovah.

 Pendant un temps, je me suis rapproché d’un témoin qui s’appelait Jacob, qui paraissait avoir quelque chose à offrir – si ce n’était de la malice, du moins un intérêt pour l’ailleurs ; il avait découvert la science-fiction qui ne contrevenait pas aux règles à proprement parler mais ne s’y confirmait pas non plus. À un moment donné, je lui ai avoué que chaque fois qu’une carte d’anniversaire circulait en classe pour mon prof d’anglais, je la signais. Il a été bien plus horrifié que je ne l’aurais pensé et pire, il m’a dénoncé le jour même à mes parents. (Ma mère me connaissait bien mal pour accepter que je me défends en prétendant que « tout le monde le faisait » : cela ne me ressemblait pas du tout). Comment un système de croyance aussi marginal et aussi profondément rebutant parvenait-il à en doctriner les gens avec un tel succès ? Quand j’ai su que les anciens avaient ordonné aux parents de Jacob de se débarrasser de tous ces Isaac Asimov, Ray Bradbury et Robert Heinlrin, je me suis dit : « Bien fait ! ».

Pourquoi sa mère est témoin de Jéhovah.

 Elle est où était -je ne pense pas qu’on m’aurait prévenue si elle était morte – l’archétype de la femme qui réussit. Un catéchisme qui dès le départ la propulsait parmi les élus lui avait forcément plu ; un catéchisme qui fournissait aux croyants le moyen de prendre l’ascenseur social. Fort de seulement quelques millions de fidèles dans le monde, les témoins lui offraient un contexte microscopique dans lequel elle pouvait briller. Avide considération, elle se dépensait sans compter en menues tâches pour la Watchtower Bible and Track Société.

Son père.

C’était un jeune homme docile qui voulait juste s’en sortir. Durant toute mon enfance, il a travaillé trente heures par semaine chez un quincaillier, sans jamais faire le moindre effort pour devenir gérant. De façon plutôt maligne, il avait trouvé sa place dans le seul segment de la population de Voltaire, Pennsylvanie, où faire du surplace professionnellement faisait de lui un modèle de masculinité. Même si, à en croire la doctrine, c’était lui le chef de famille, en pratique il ne l’était pas du tout. Les épouses Témoins sont les reines du comportement passif-agressif, même si une poignée seulement de ces ignares connaissent l’expression.

Ses parents.

Je me donne du mal ici pour essayer de comprendre pourquoi mes parents ont choisi de se faire les prisonniers d’une congrégation limitée sans espoir d’évasion, mais je suis toujours aussi perplexe. Les Témoins de Jéhovah ne croient même pas à une vie après la mort. Quand on meurt, on meurt. Ils n’adhèrent pas non plus à la réincarnation. Par conséquent mes parents n’avaient que cette vie à vivre et aucune autre. C’étaient des adultes. N’étant pas porté sur le questionnement métaphysique, ils avaient joyeusement accepté la proposition selon laquelle ils étaient maîtres de leur destin, on était dans « un pays libre » à une époque révolue où l’idée était presque crédible. Sachant tout ce qui s’offrait à eux – faire pousser des fraises en Oregon, ouvrir une pension pour chiens dans l’Oklahoma, partir en France. Comment est-il concevable que leur choix se soit porté sur une vie aussi effroyable ?

 

 


Éditions Gallmeister, 274 pages, novembre 2025

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

En 2017, j’avais déclaré que plus jamais je ne lirai cet auteur, que mon club de lecture m’avait découvrir avec le roman « Aquarium«  ; j’avais évidemment oublié (hélas !) cette déclaration, et j’ai donc lu un deuxième roman de cet auteur et j’espère bien que la prochaine fois je me souviendrai de ma tristesse en lisant ce roman.. Pourtant le sujet est très intéressant et même la façon dont le traiter est originale. Je raconte rapidement l’histoire de la pauvre jeune-fille Aica qui vit dans une petite île des Philippines. Sa famille est très pauvre, son père est un alcoolique violent. Un jour un étranger, Bob, arrive dans son beau bateau blanc, Aica n’a qu’un but se faire faire un bébé par Bob pour avoir une rente à vie. La première partie du roman, raconte toutes les hésitations de Aica et l’envie de Bob de posséder le corps de cette jeune fille. Finalement, elle part avec lui, commence alors la deuxième partie, Aica se rend compte que Bob ne lui fera pas de bébé car il s’est fait faire une vasectomie. Elle sait qu’alors elle s’est prostituée sans doute pour rien. Elle décide de tuer Bob , et commence la troisième partie, elle est bloquée dans son voilier car elle veut que le corps de Bob soit dévoré par les poissons avant de repartir. Pendant cette attente, elle rencontre Andy qui lui à l’opposé de Bob est d’accord pour faire des bébés à toutes les femmes philippines qu’il rencontre.

Commence alors la quatrième partie, elle rentre vers son île en se sachant enceinte. Et commence alors, une lutte à mort avec sa famille et les gens de son village, en particulier le chef qui veut absolument attirer les touristes dans leur petite île et qui attend de Bob (dont tous ignorent le triste sort), l’argent nécessaire à la construction d’un hôtel pour recevoir les visiteurs. Aica ne pourra que s’enfuir de ce village qui maintenant la déteste au plus haut point.

Un des aspect qui m’a intéressé, c’est la façon dont la jeune fille apprend peu à peu à se servir du bateau, il est certain que cet auteur connaît la navigation, et comprend bien comment une jeune peut se débrouiller sur une bateau même sans y connaître grand chose.

Pourquoi ai-je des réserves à propos de ce roman ? Ce n’est pas très juste de ma part, mais je déteste cette histoire, je n’ai aucune peine à imaginer que cela existe, mais ces riches occidentaux qui dépensent en un repas au restaurant de quoi faire vivre un mois une famille de pêcheurs, et qui peuvent donc s’offrir une jeune fille pour presque rien, me dégoûtent profondément. Aica, est calculatrice, meurtrière, menteuse, mais elle vit dans une telle misère que l’auteur comprend ce qui l’a amenée à cette conduite. Elle dialogue sans cesse avec elle et passe son temps à regretter ses décisions, qui sont toutes plus catastrophiques les unes que les autres, elle est prise dans une spirale infernale mortifère. Le meurtre de Bob est insoutenable et assez peu compréhensible. Je lui attribue quand même trois coquillages, car je pense que ce que décrit David Vann est plausible sinon exact. C’est triste !

Bref, ce roman pourra vous plonger dans un désespoir profond si par hasard vous aviez bon moral et confiance dans l’humanité.

Extraits

Début.

 Quand l’étranger apparaît pour la première fois, la mer est calme. Les grains de sable, bien à plat sur la plage, l’air doré. En compagnie d’enfants plus jeunes, Aica se tient sur une large branche de bois flottée, aux côtés de son amie, Ana Mae.
– Il est seul, dit Ana M.ae, il a un voilier.
Le voilier, amarré à la vue de tous dans la crique voisine, un mât unique, une coque blanche et lisse. Aica n’aime pas entendre ces mots prononcés à voix haute. C’est son rêve depuis trop longtemps. Ça devrait rester secret.

Ce que veut fuir Aica.

Aica a rincé le riz deux fois et le met à cuire sur le feu. Du charbon de bois en plein milieu de la maison, tant de fumée, et l’odeur aussi. Une gazinière ne ferait pas de cendre, pas de chaleur intense. Il suffirait d’allumer et de l’éteindre. Et un frigo pour conserver les aliments plus d’un jour sans avoir aller saler. Et des toilettes avec une chasse d’eau pour ne plus avoir à puiser de l’eau dans un récipient. Et une douche pour ne plus être obligée de se rincer avec un seau, Et plus de père ivre ne plus jamais l’entendre ni le voir.

Une scène bien racontée du danger du bateau à voile.

 Aica s’agrippe à la voile et grimpe sur la bôme, qu’elle enjambe, puis elle s’allonge sur le ventre et avance centimètres par centimètres jusqu’à l’extrémité. Avec le roulis, elle pourrait facilement tomber. Il ne faut pas qu’elle se blesse par-dessus le marché, elle est désormais au-dessus du cockpit, au-dessus du taud, elle continue à défaire la fermeture éclair et elle atteint enfin le bout.
 Elle doit à présent ramper à reculons par-dessus la voile, ce qui est bien plus difficile mais elle y parvient une progression lente puis elle se redresse en arrivant au-dessus de l’escalier. Elle descend et détache la corde qui maintient la bôme.
 La baume et la voile claquent de gauche à droite dans le mouvement des vagues. Aica fait attention de rester à bonne distance, tandis qu’elle retourne au mât.
(…)
 La grand voile est lourdes, elle gonfle dans le vent et se plaque contre Aica. À deux ou trois mètres de haut à peine et la corde est déjà tendue trop difficile à tirer, alors Aica la bloque avec le winch. La corde ou la voile ou le mât ou le winch pourrait se casser sous la pression et la force du vent, mais elle ne sait pas comment faire autrement, alors elle actionne le mécanisme du winch en utilisant la vitesse, la plus lente et la plus douce et elle regarde monter la voile.
 Le bateau avance à présent, il avance déjà et Aica est pleine d’excitation. Elle va peut-être réussir à sauver son bébé après tout, elle se précipite au gouvernail pour essayer de régler le cap sur l’autopilote. Elle devrait partir vers l’est, elle tourne la barre à gauche pour aller au sud puis à l’est, la bôme et la voile claquent soudain vers le côté opposé et soulève le bateau sous la violence de l’impact. Mais rien ne semble casser elle trouve l’est sur la boussole, règle autopilote et appuie sur le bouton. Elle repart vers le mât, dépasse l’escalier de la cabine, prends garde de ne pas perdre d’équilibre, mais une vague soulève soudain le côté du bateau la bôme tourne brusquement et Aica est fauchée, elle s’envole au-dessus du pont, si vite qu’elle ne voit plus rien sauf le bleu de l’eau quand elle y plonge (…)
Le bateau déjà si loin, si impitoyable. Entraîné par l’autopilote et la voile. Même la grand-voile partiellement hissée suffit à lui donner plus de vitesse que n’importe quel nageur.


Éditions du Sous-sol, 288 pages, août 2025

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Sans le club de lecture, je ne serai pas allée vers ce roman, et surtout j’aurais arrêté ma lecture assez vite ! Avant de lire mon avis, lisez celui d‘Ingannmic avec qui je suis souvent d’accord. Mais là, mon avis est totalement opposé. Cette jeune auteure, dans un très long monologue, crie son désespoir et ses souffrances car la société la rend tellement malheureuse . Elle a déjà écrit de la poésie et ce texte se veut « poétique » ce qui veut dire dans ce que je lis très peu compréhensible.

J’aimerais quelqu’un m’explique cette phrase : Je ne vais pas détailler ici l’importance de ces liens, ce n’est ni l’endroit ni la structure syntaxique de mes phrases est une œuvre d’art et mes parents sont morts.

Rien de ce qu’elle vit ne lui plaît, elle déteste tout, car l’humanité est une pure horreur et vaut tellement moins que le monde animal. Et quel sérieux dans ses propos ! si vous voulez savoir avec qui elle se sent un peu mieux, lisez ceux qu’elle appelle ses sources (dans le désordre, Montaigne, Nietzsche, Lucrèce, Kierkegaard, Rousseau, Simone Weil…) . Et tout cela pour accumuler des banalités que seul un adolescent ou une adolescente oserait écrire dans son cahier intime.

Cette lecture a été pour moi un véritable pensum, on peut voir sur Babelio que c’est un livre très clivant, c’est vraiment la première fois que je peux lire dix avis complètement négatif . Je vous laisse quelques passages pour que vous puissiez vous faire une idée.

 

Extraits.

Début. (Dès ces premières lignes j’ai failli abandonner)

 Les heures étaient longues, dans mon enfance, mais je ne me suis pas tuée. J’ai l’air calme. Plus jeune, je cherchais tout. Et je pouvais rester devant les fleurs à la recherche de la scène, un pétale en train de tomber. Je voulais des scènes. Je ne comprenais pas moi-même mais à l’intérieur, dans les parties sans parole, j’avais une connaissance et sans arrêt, je la touchais. Je suis bizarre. Si mon regard se pose au marché sur des œufs de poisson, je m’arrête et je pense les œufs de poisson possèdent une beauté proche du ciel le soir, des visages d’enfants ou des beaux-arts.

Toujours au début, je m’accroche !

 Nos ascendants nous ont transmis la vie et donc, nous transmettons la vie. Puisque nous sommes la vie, avant notre vie, il y avait notre vie et après notre vie, il y aura notre vie. Nos atomes formeront de nouvelles combinaisons, et indéfiniment, notre vie aura lieu. 

Fin du premier chapitre.

 Je ne pouvais pas lui dire : je suis à la recherche de ce qui m’accrocherait au-dehors de moi, je voudrais être et je ne le suis pas, je ne crois en rien et j’ai de la pitié pour ceux qui croient, car la plupart du temps, ils ne croient pas en une grande pensée de l’Univers, la plupart du temps, ils méprisent les grands sentiments, ils croient en leurs goûts, leurs avis, leur vocabulaire, leur monde, et je sentais en moi que ces choses normales étaient en dehors de la vie, mais je cherchais la vie, et je voulais la vie. 
La fille me donna rendez-vous.

Conformisme.

 Afin de me fondre dans le groupe, j’ai fabriqué ce qu’on appelle « un style ». C’est-à-dire une accumulation d’éléments reconnaissables œuvrant visuellement à la construction d’une identité personnelle permettant l’appartenance à l’identité collective, à la reconnaissance par mes pères. Dans ma narine droite, j’ai fait mettre un anneau, et sur ma tête une casquette. Mes doigts portent des bagues, mes oreilles des boucles, ces signes indiquent, je suis tel type de personne, et reconnaissez-moi. Ils indiquent que l’uniformité à l’échelle d’un groupe minoritaire ne me dérange pas. Ils indiquent que j’ai l’habitude d’un certain type de conformisme.

Fin du conformisme.

 Les habitudes et le conformisme marchent ensemble main dans la main. Le conformisme permet d’éviter la punition sociale..

Je passe complètement à côté de la compréhension de certains passages et même de certaines phrases .

 Prenons un objet humain, toi par exemple, et elle pointa du doigt la fille aux yeux très noirs. Et prenons ceci, et elle montra ses propres dents. C’est un dentier, à mon âge, on n’a plus de dents, on a le souvenir des dents. Entre cette fille aux yeux très noirs et mon dentier, il existe différents liens. Tout d’abord, ces deux objets se trouvent sur terre. La terre est une planète parmi des millions ou des milliards dans l’Univers. Le lien entre la fille et mon dentier est donc rare, c’est ce que j’appelle « un lien épais ». Il existe des « liens épais » entre les êtres ou les phénomènes. Le fait de se trouver sur une même planète au même moment, constitue un lien épais. Je ne vais pas détailler ici l’importance de ces liens, ce n’est ni l’endroit ni la structure syntaxique de mes phrases est une œuvre d’art et mes parents sont morts. J’avais un père misogyne et travailleur ma mère comme tant d’autres a vécu effacée, Schéma classique, puisque tous les voisins de ma famille, les cousins, l’entourage proche ou lointain vivaient dans ce chemin schéma. L’une de nos voisines, une femme maigre, courbée, battue par son mari, par son oncle, son père, son fils, son frère, son neveu, son beau-père, violé, battu, baignant dans ce schéma, fut tué dans le silence et toi, tu l’as été, elle s’adressait à la fille aux yeux très noirs, toi tu l’as été.

Propos plus facile à comprendre, pas très original.

 Le capitalisme nous raconte une histoire, tandis qu’il accompli un tout autre récit. Les familles les plus riches se transmettent des héritages, les noms, les codes. Un jeu d’illusion maintient la haine et la compétition entre les pauvres, afin qu’ils ferment leur bouche, si bien que beaucoup causent du tort à ceux qui sont placés plus bas sur l’échelle sociale. Ils se vengent sur les plus faibles. Les individus se détruisent eux-mêmes. Et ce système mental économique détruit le sens du monde. Les relations sociales sont bousillées, et les personnes ne forment qu’un troupeau.

Et hélas ce n’est pas de l’humour ! ! !

 De la même manière que nous pleurons nos morts, nous aimons les frites. De la même manière que nous avons du mal à parler en public, nous tombons amoureuse. De la même manière que nous ressentons du dégoût à la vue d’un cil dans un yaourt, nous aimons l’harmonie des formes. Et ceci n’est pas nous, pourtant ceci est nous.

 


Éditions L’Arbalète Gallimard (191 pages, mai 2025)

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Je sais que j’ai vu passer ce livre sur la blogosphère, mais je n’ai pas, hélas, noté chez qui, j’espère que ce billet me permettra de rectifier cet oubli. Pour une fois, je vais citer la dernière phrase de la quatrième de couverture, car je la trouve très juste :« Roman d’amour autant que d’aventures, merveille de drôlerie et de tendresse ».

Ce n’est peut-être pas le roman du siècle ni de l’année, peu importe, dans les heures difficiles que nous vivons tous en ce moment, il m’a fait du bien et c’est pour cette dose de tendresse que je lui attribue mes cinq coquillages sans aucune hésitation. Orso et Marie s’aiment très fort et ils vivent ensemble une épreuve douloureuse  : Marie a déjà fait une fausse couche mais la deuxième a été encore plus difficile à supporter, car ils se sont crus un moment, parents d’un bébé tant espéré. Marie déprime et Orso cherche à lui redonner le sourire. Orso a une idée : partir à travers la France visiter les musées les moins connus et souvent originaux. Le lecteur est embarqué dans ce road-trip d’un genre nouveaux qui m’a fait au début penser à ce film américain (« Le trou le plus profond du monde ») où un jeune handicapé, part avec son aide-soignant visiter des lieux improbables et retrouve peu à peu le goût de vivre. Le roman commence donc par la visite à Mécringes (c’est bien la première fois que j’écris le nom de cette petite ville) du musée des poids. Nous sommes dans le Nord Est de la France, puis notre couple sera attiré par le Sud et le soleil, sur leur chemin, ils rencontreront l’oncle Jé qui va donner un tour encore plus positif à leur voyage. L’auteur a évité les effets répétitifs des musées improbables, en laissant place à l’improvisation. Regardez bien la couverture du livre, oui si on veut se changer les idées mieux vaut fuir les grands axes routiers et laisser la fantaisie et la sensibilité prendre le pouvoir. Nous découvrons peu à peu la dureté de ce qu’ont vécue Marie et Orso , et le mauvais fonctionnement de l’hôpital public mais qui est quand même largement préférable à certaines cliniques privées qui ne fonctionnent qu’en soutirant un maximum d’argent aux malades.

La fin est pleine d’espoir, elle se passe à Bray-Dunes, avec Catherine et Gérard qui sont les gardiens du musée des pigeons voyageurs et qui vont à leur manière redonner le goût de vivre à Orso et Marie.

Ce roman ne m’aurait pas autant plu sans les caractères des deux personnages, ils sonnent vrais et tellement humains comme je les aime et comme les gens qui m’entourent. Oui, ils sont imparfaits, mais j’aime leurs défauts et je me retrouve en eux. Bref si vous être un peu tristoune, embarquez vous avec Orso et Marie, mais choisissez une autre voiture qu’une Renault Nevada 21 blanche dont les voyants clignotent trop souvent, (le pire étant quand ils ne clignotent plus du tout). Mais chanter à tue-tête, avec eux, les chansons de votre jeunesse.

Extraits.

Début

 Jusqu’aux miettes incrustées dans l’interstice des sièges, la Renault 21 Nevada blanche fatiguée, dans laquelle il roulait était identique à celle de son enfance – la fumée des menthols de sa mère en moins.

J’ai partagé l’étonnement d’Orso .

 « Monsieur Michon s’excuse de ne pas pouvoir vous recevoir lui-même, dit-il en leur tendant la main d’un geste énergique. Il est un congrès européen des poids et mesure. »
 L’immense déception que ressentit Orso de ne pas avoir à faire au véritable Michel-Ange fut aussitôt compensée par la révélation soudaine et inattendue que des êtres humains se rendaient à « des congrès européens des poids et mesures ».

La bricoleuse,( j’ai autant de talent qu’elle).

 Après un moment de silence, il finit par demander d’une voix incertaine :  » Euh…vous avez regardé la notice d’utilisation de l’appareil ? » Sa question eut le mérite de faire rire Marie tout haut. Ce nouveau voisin lui semblait tellement parisien, avec ses lunettes en écaille, sa barbe de trois jours et son histoire de notice. Elle n’en lisait jamais aucune évidemment. Lorsqu’un objet ne marchait pas, elle se contait d’appuyer sur tous les boutons jusqu’à ce qu’il fonctionne, ou alors elle tapait dessus. En dernier recours, elle demandait de l’aide à une autorité compétente.

Orso et la paternité.

 La première fois, qu’Orso avait su qu’ils attendaient un enfant la surprise l’avait d’abord terrifié : serait-il capable de passer si vite -à bientôt trente-neuf ans- de l’enfance à l’enfantement.

Les musées improbables.

 Il existait un musée de la Station-Service en Alsace, un musée de l’Assistance Publique dans le Morvan, un musée de la Porte à Pézenas et d’autres encore, des Serrures de la Psychiatrie ou du Machinisme agricole.

J’adore ce passage.

 Au début du siècle dernier, les routes étaient mauvaises, les cartes lacunaires, mais il pouvait appeler au Wagram 83-86. Un préposé du bureau des itinéraires Michelin lui indiquait alors le chemin le plus court et le plus sûr entre Vierzon et Roquefort. Il précisait les accottements abîmés, la déclivité soudaine, les dos d’âne, mais aussi les points de vue remarquables, auberge de caractères et revendeurs de pneus en cas de crevaison. Certains plus simplement décident de suivre les panneaux « Toute direction ».

Chanter en voiture.

 Après Axel Red, fixée pour détadanée, les démons de minuit les entraînèrent jusqu’au bout de la nuit, la musique fut bonne bonne, bonne bonne et il résistèrent à France Gall pour prouver qu’ils existaient.

Magasin à Lourdes.

 Maroquinerie, gourmandise, papeterie, textile ou bien-être : la collection était prodigieuse, près d’une boule à neige cubique de l’apparition, un briquet Bernadette clignotait pour symboliser la lumière mariale. Plus plus loin des crucifix jouxtaient des bougies de neuvaine, des cierges en promo, et les statuettes de Marie en résine, en faïence, et en vrai plâtre. Dans de grands bacs s’enchevêtraient par grappes des chapelets divers, chapelets parfumés, lumineux ou muraux, chapelets en verre, en bois, en pierre, chapelets en or, en nacre ou en cristal, chapelets pour enfants, chapelets de dévotion et chapelets de combat. Cela sans compter les mantilles et les sweat-shirts, les sept de tables et les maniques, les torchons de cuisines et les peluches saintes. Mais les bests-sellers incontestés étaient de toute évidence les bouteilles en forme de Vierge couronnée, flacons vides et gourdes isothermes, destinées à contenir la fameuse eau de Lourdes. Dans la boutique deux pans de mur entier leur étaient consacrés.


Éditions Finitude, 213 pages, septembre 2025

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard

J’avais été un peu perdue dans un autre roman de cet auteur : Stella et l’Amérique, mais j’ai lu avec intérêt celui-ci, beaucoup moins déjanté. Il est construit autour d’un suspens classique mais bien mené : le récit d’une vengeance. Une jeune femme suisse a été renversée par le conducteur d’une voiture très puissante, une Lamborghini, alors qu’elle était enceinte, elle est restée dans le coma pendant plusieurs années et a été entièrement reconstruite par la chirurgie, mais a perdu ses deux jambes au niveau des genoux, elle n’a qu’un but revoir au moins une fois sa fille qui a été adoptée et se venger de celui qui l’a rendue infirme. Un homme va l’aider Matt : un homme obèse détective privé qui est secrètement amoureux d’elle. En attendant , elle s’est reconstruite en devenant une sirène qui se donne en spectacle dans le monde entier.

Ce roman permet de décrire, le pouvoir de l’argent, la pollution de la mer par le plastique, et puis cette femme, on finit par la connaître et s’attacher à elle. L’auteur a gardé un style particulier, il intervient dans son récit et ne se prend pas vraiment au sérieux. Mais il décrit très bien la vie de la sirène et la difficulté de cette activité, en particulier l’apnée pendant plusieurs minutes. La description de l’absurdité de la vie à Dubaï, cette ville construite dans un désert et visiter par tant de gens alors qu’il n’y a rien à voir, cela m’a vraiment bien plu.

La fin permet à l’auteur de faire revivre son talent déjanté , c’est une véritable apothéose, mais j’étais très contente que ça se termine comme ça, même si ce n’est pas crédible. Un roman très agréable à lire, et qui correspond bien à son titre, l’auteur décrit vraiment une monde fatigué, voire épuisé par l’argent.

Extraits

Début.

 Signe de temps, le Uber qui la conduit est un véhicule hybride et le chauffeur métis s’oriente avec un GPS. Son prénom à elle, Êve, est un pseudonyme avec circonflexe sur le premier « e » : chacun est différent, unique à sa façon, et il faut le faire savoir.

Êve la sirène.

Les pales de l’hélicoptère se sont immobilisées, le moteur s’est tu, remplacé par les cris aigus des gamines surexcitée. De jeunes connes pourries gâtées qui deviendront de vieilles connes gâteuses. Mais Êve s’en fout, supporte sans problème. Elle a un but dans la vie.
Elle a un but.
Et tout, tout, concourt à cela.
Êve se traîne jusqu’au petit bassin intérieur relié à la piscine. Les filles ne seront pas prêtes avant une demi-heure, elle a le temps de nager librement, de s’échauffer dans l’eau transparente. 
Êve glisse dans l’eau tiède, suit le faible courant menant au bassin qu’elle rejoint en deux coups de nageoire, plonge dès que le fond le permet. Elle se retourne, voit le ciel au-dessus de l’eau, n’entend plus ni les cris ni les voix aux intonations stupides.
Et elle devient Êve la Sirène. 

Le monde virtuel.

 » Tout ça, me désole, fait Matt. Toute cette ineptie. Cette machinerie virtuelle qui étouffe le bon sens. L’autre jour, j’étais dans un resto, le serveur était là, mais j’ai ai dû passer par une application pour commander mon repas. C’est même lui qui m’a montré comment faire sur mon téléphone, alors que j’aurais pu lui « dire » ce que je voulais. L’humanité croit s’alléger, en réalité on s’alourdit… »

L’écrivain suisse.

 Zurich, détient le (triste ?) palmarès de la ville la plus chère au monde avec Singapour. Ainsi, c’est un double effort qu’on demande à l’écrivain suisse : non seulement écrire mais également faire preuve d’une imagination accrue. Peu s’en sortent. Du coup, on écrit moins de romans et beaucoup sur soi.

De temps en temps l’écrivain se met en scène dans son roman.

 À partir de là, on va faire comme eux, se laisser aller à des images, une synthèse des meilleurs moments de leur traversée. Un point de vue cinématographique en « jumping cut » et c’est facile, on porte tous le cinéma en nous, sur notre écran intérieur.

Puis suivent deux pages d’images de cinéma de deux personnes jeunes et belles sur un bateau dans un décor de rêve pour aboutir à la scène finale.

Ext.nuit. (la dernière) Êve et Jay dansent sous les étoiles, Êve un peu statique sur ses prothèses, se tient à une drisse ou à la bôme ou à un importe quoi d’autre pour ne pas tomber. Elle bouge peu, mais elle danse, ça se voit au mouvement de ses bras, de ses hanches, de sa tête. Jay, lui se déchaîne, fait des bons sur les riffs de guitare diffusés par les enceintes du bateau.
 Et puisqu’il faut bien terminer ce voyage qui a été parfaitement rond comme le cercle de Giotto dessiné à main levée, c’est-à-dire une forme possible de la perfection. Êve demande :
– « Voudrais-tu mourir avec moi Jay ? »
Jay répond : 
 » Pourquoi pas mais dans longtemps, Êve. »

La pollution de la mer par le plastique.

 Il y a cinq endroits comme celui ci sur l’ensemble des océans du globe. Au total, ce sont 300 millions de tonnes de plastique, pris dans les gyres, d’énormes tourbillons océaniques ou convergent les courants marins. Ce que tu vois est une toute petite partie visible celle qui nous permet de faire des images chocs, le reste est essentiellement constitué d’une myriade de fragments, des microplastiques d’un diamètre inférieur à 5 millimètres en suspension jusqu’à 30 m de profondeur. Même à 11000, mètres, trois quarts des poissons et spécimens marins en contiennent. Le tout est réintroduit dans le cycle naturel de l’eau, on ingurgite 5 grammes de plastique par semaine, l’équivalent d’une carte bancaire…


Éditions Pavillons (Robert Laffont), 246 pages, août 2025.

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

 Il nous faut une vie entière pour déchiffrer la pierre de Rosette de notre enfance.

 

C’est la troisième fois que le club propose un roman de cet auteur, dont j’avais aimé Château de sable, beaucoup moins le club des vieux garçons. Ce roman -ci est très classique, Voici le résumé : Yvan a été dans l’enfance traumatisé par l’assassinat de son meilleur ami Alexis, par son propre père alors qu’ils sont en CE2 dans une école très chic du XVI° arrondissement. Le père a aussi tué sa femme et un autre de ses fils. Adulte, Yvan Kamenov, est écrivain, il a écrit des pièces qui ont connu un certain succès. Ce meurtre qui a marqué toute sa vie, le poursuit en la personne d’Albane, une actrice qui a disparu des écrans, et qui est marié à un goujat pervers narcissique : Michel Hugo. Albane est la demi sœur de la mère d’Alexis ; elle non plus ne s’est jamais remise de cet horrible meurtre. Son mari, pour la détruire la pousse dans les bras d’Yvan, en prétextant son retour au théâtre pour en réalité la détruire encore plus.
C’est grosso modo, la trame du roman, mais ce qui fait le charme de cet écrivain , c’est son art de la description du milieu social qu’il connaît bien : les nantis du XVI°, les puissants, qu’ils soient politiciens, hommes d’affaire ou gens du spectacle. On retrouve ici les « secrets « de Mitterrand et les suicides de ses proches, et les parties fines des producteurs de cinéma avec Harvey Weinstein. Ces hommes prédateurs sont quelque peu tombés de leur piédestal, mais ils ont fait beaucoup de mal avant. J’avoue que c’est un milieu qui ne m’intéresse pas et seul l’humour, et le style de l’auteur sauve un peu ce roman que je vais m’empresser d’oublier.

Extraits

Début

La voûte d’acier 
Combien de moments de notre vie nous rappelons-nous vraiment ? Des semaines, des mois, des années filent que rien ne s’imprime, ou bien à l’encre sympathique. Parfois, un événement laisse une croix indélébile dans le calendrier. Nous aurons beau jeter nos almanachs démodés, il restera une trace tenace. Parmi ces journées millésimées qui prenaient la poussière au fond de sa mémoire, Yvan Kamenov s’enivrait de temps en temps en ressortant celle datée du 4 septembre 1993.

L’art du portrait.

Rabaisser son épouse est-il le plus sûr moyen de sauver son couple ? C’est ce que pense Michel Hugo. Un homme de conviction qui mériterait une biographie en trois tomes et dont nous allons ramasser le glorieux parcours en quatre paragraphes pour coller à notre époque, éprise de vitesse.
Ce Michel ne descendait pas de l’autre Hugo, et le cadre dans lequel il avait grandi ne rappelait pas à précisément les misérables. Né à Paris en mille neuf cent soixante, d’un père avocat au conseil et d’une mère au foyer. Réputée par sa joliesse d’angelot, qui se révélerait passagère. Il avait servi la messe à Saint-Sulpice.

Question de classe.

Dans son milieu, on avait élevé le flegme au rang de dogme. On enseignait très tôt cette discipline, comme le solfège et la tenue à table. Ne voulant pas choquer, Ivan avait rangé son traumatisme dans la cave de sa mémoire. 

L’art du propos.

À voile et à vapeur, cette célibataire n’avait plus personne depuis longtemps. Elle s’était mariée une fois avec un homme -un feu de paille. Il paraît que, du temps où elle était jeune, elle affirmait que les filles resteraient pour elle des histoires d’un soir et qu’elle trouverait un type pour la vie ; la suite avait montré que les nuits peuvent s’étirer indéfiniment et l’éternité se révéler éphémère. 

Genre de scènes souvent lues ou vues pour décrire un mari pervers et manipulateur.

 « Antonio(le majordome espion du mari) n’est pas là ? 
– Il avait mauvaise mine, je lui ai dit de rentrer… 
– Et tu fais ça sans me demander mon avis ? 
– Pas de scène ce soir, je t’en prie, nous avons un invité, allons le rejoindre au salon. 
– Vas-y bouge et ne fais pas la gueule, hein, sois un peu maîtresse de maison, pour une fois.
 Pour l’inviter à se presser, il lui donna trois petites claques sur les fesses.