Éditions Pygmalion, 384 pages, mai 2018
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Saluel Sfez
La sagesse de tout l’univers se trouve dans une tasse de thé
Il me faut du temps pour lire tout ce que je note, mais en septembre 2024, j’avais dit à Gambadou que je lirai ce roman ( je suis une grande buveuse de thé !). C’est effectivement passionnant pour la découverte de la culture et la récolte du thé . C’est vraiment très bien documenté et on peut donc être aussi difficile en thés qu’en crus de vin. L’histoire se concentre sur un type de thé bien particulier le « Pu’er » qui peut vieillir et se présenter sous forme, de galette qui valent des fortunes. Cela évidemment excite les convoitises et les faussaires. Ce thé se cultive dans la montagnes en particulier par une minorité les Akha. Ce peuple est très attaché à ses traditions et ce roman commence par une tragédie : une femme accouche de jumeaux qui sont immédiatement tués et les parents chassés de la communauté car la naissance de jumeaux s’apparente à une monstruosité. Tous les bébés mal formés sont immédiatement tués.
Le personnage principal Li-Yan va s’extraire de sa condition par l’école, hélas, elle aura un enfant hors mariage et devra l’abandonner. Elle connaitra d’abord un mariage raté avec le père de sa fille, puis un mariage réussi et le bonheur d’avoir un fils. Elle réussira dans la vente du thé « pu’er » . Elle gardera en partie les traditions Akha en particulier un secret : un champ caché dans la montagne dans lequel pousse un arbre de thé centenaire que seules les femmes descendantes de sa lignée doivent connaître.
Les remous et les horreurs de la Chine communiste sont en toile de fond mais ne sont pas le sujet principal. Nous allons suivre l’émancipation de Li-Yan et le destin de sa fille adoptée par des parents américains. C’est aussi un aspect bien traité ces enfants aux traits asiatiques dans la société américaine que l’on assigne à être d’excellents élèves et d’excellents musiciens.
J’ai vraiment aimé découvrir cette ethnie et leurs traditions, j’ai beaucoup appris sur la culture du thé, j’ai moins été conquise par l’aspect très romanesque du récit, mais il fallait bien une trame pour faire tenir tous les aspects documentaires ensemble.
Extraits
Début.
Un chien sur le toit.« Pas de coïncidence, pas d’histoire », scande, mon a-ma. Comme toujours, cela semble mettre un terme à la discussion quand Premier Frère, finit de nous raconter le rêve qu’il a fait hier soir. J’ignore combien de fois ma mère a utilisé cet aphorisme élogieux au cours des dix années que j’ai passé sur cette terre. De même, j’ai l’impression d’avoir entendu différentes versions du rêve de premier frère de nombreuses fois.
Les croyances.
Les présages sont particulièrement inquiétants. C’est la saison des esprits. Il pleut. Et le bébé de Deh-ja arrive plutôt que prévu, alors que son ventre est énorme depuis de nombreux cycles. Le seul signe favorable est que nous sommes le jour du Rat, or les rats vivent dans les vallées fertiles, ce qui devrait aider Deh-ja pendant les prochaines heures.
La coiffe.
Elle fait un signe à troisième belle-sœur, qui brandit ma coiffe. Elle est décorée de plumes de poulet teintées, avec un ourlet en fourrure de singe, des pompons de laine colorés, des pièces, des boules et des pendants d’argent, qu’A-ma m’a donnés au fil des ans.« Les efforts que tu y as consacrés montreront à ton futur mari et à sa famille ta méticulosité, ta capacité à travailler dur et ta connaissance du chemin de la migration des Akha à travers les symboles brodés, dit troisième belle-sœur, fiere de son enseignement. Cette coiffe C’est le coiffe proclamera également ta sensibilité artistique, que ru pourras transmettre dans le cas malheureux où tu donnes un jour naissance à une fille ».
Spiritualité du thé.
« Confucius, enseignait à ses disciples que le thé pourrait aider les gens à comprendre leurs dispositions intérieures, me dit-il. Les bouddhistes confèrent au thé les plus hautes qualités spirituelles, Ils le considèrent comme l’une des quatre manières de concentrer l’esprit, avec la marche, nourrir des poissons et s’asseoir en silence. Ils pensent que le thé peut relier les domaines de méditation. Le simple processus physique, que nous éprouvons quand nous buvons du thé – notre recherche du « huigan »- nous pousse à nous tourner vers nous-mêmes et à réfléchir tandis que la liqueur enveloppe notre langue, glisse dans notre gorge pour s’élever à nouveau sous forme d’arômes. Les taoïstes voient le thé comme une manière de réguler notre alchimie interne, d’être en harmonie avec le monde naturel et comme un ingrédient de l’éluxir d’immortalité. Ensemble, ces trois disciplines nous ont appris à regarder vers le haut pour voir l’état des cieux et vers le bas pour observer la rangement naturel de la terre. Mais quelles que soient vos croyances ou votre philosophie de vie, c’est à la bouche de décider de la qualité d’un thé. »













