Édition Gras­set

Metin Arditi est un auteur dont j’aime lire les romans sans être tota­le­ment enthou­siaste, après « loin des bras » « Prince d’or­chestre » et « L’en­fant qui mesu­rait le monde » voici donc « Tu seras mon père ».

Arditi connaît très bien les pensions suisses, celles où sont élevées les enfants de milieu, très, très, riches et qui sont souvent des jeunes malheu­reux qui se sentent aban­don­nés. Ce n’est pas le thème prin­ci­pal du roman, le thème prin­ci­pal c’est le pardon. Peut-on tout pardon­ner et comment y arriver.

Le sujet est bien traité, mais de façon trop roma­nesque pour moi, cette ques­tion reste très inté­res­sante. Et après avoir refermé ce roman, elel m’a trotté dans la tête pendant longtemps.

Il s’agit de savoir si un enfant dont le père a été victime des Brigades Rouges, en 1978, peut pardon­ner au prin­ci­pal insti­ga­teur de ce crime. Pour que le roman soit « vrai­sem­blable » le père de l’en­fant, le prin­ci­pal fabri­quant de glace d’Ita­lie, n’a pas été assas­siné par ses geôliers mais s’est suicidé quelques temps après. L’homme à qui il doit pardon­ner n’a pas été celui qui l’a enlevé mais celui qui l’avait dési­gné à ses ravisseurs.

Onze ans plus tard, Renato, l’en­fant devenu jeune adoles­cent retrouve cet homme, Paolo, comme profes­seur de théâtre dans une insti­tu­tion privée, un lien très fort se noue entre eux. On imagine le drame lors­qu’il décou­vrira la vérité .

Enfin, une dernier ressort roma­nesque, autour d’une profes­seure de danse qui aiment à la fois Renato et Paolo.
Je crains d’en dire plus pour les ceux et celles qui ne veulent pas connaître la fin d’un roman avant de le commencer.

La ques­tion essen­tielle reste entière peut-on pardon­ner ? Cette ques­tion s’est trouvé être posée en France où des anciens « Brigades rouges » avaient refait leur vie.

Metin Arditi a beau insis­ter sur le côté sordide de l’ex­ploi­ta­tion ouvrière en Italie, cela n’empêche que rien ne justi­fie le meurtre d’un centaine de personnes. Il faudra l’as­sas­si­nat du président du parti démo­crate chré­tien Aldo Moro pour que l’en­semble de la classe poli­tique se retourne complè­te­ment contre ces assassins.
J’ai eu, comme d’ha­bi­tude, plai­sir à lire ce roman de Metin Arditi qui m’a remis en mémoire les heures sombres de l’Ita­lie, j’ai appré­cié la ques­tion posée : peut-on tout pardon­ner, mais le côte trop roma­nesque ne m’a pas séduite.

Citation

Pirandello au service du roman.

Le garçon qui jouait le commis­saire sortit de sa poche une feuille de papier et la tendit à Paolo. celui-ci la parcou­rut, les mains tremblantes. 
Laudisi :
- » Le doute est toujours flagrant. Puis-je vous suggé­rer une façon de rendre service à la population ?
Main­te­nant, il criait presque :
- Détrui­sez ce demi-feuille avec ne prouve rien ! Et sur l’autre moitié écri­vez autre chose !
Paolo crachait son texte. Sur scène les élèves le regar­daient éberlués. 
- Pour rendre sa tran­quillité à tout un pays Vous compre­nez ? À tout un pays !
Les derniers mots n’étaient pas dans le texte. Il s’ar­rêta et resta sur scène les yeux fermés immo­bile autour de lui personne ne bougea.
Il essaya de sourire, ce fut une grimace.

8 Thoughts on “Tu seras mon père – Metin ARDITI

  1. keisha on 15 décembre 2022 at 08:02 said:

    J’en ai lu un il y a long­temps, et ça va…

  2. J’ai lu L’im­pré­vi­sible, j’avais bien aimé (mais comme toi sans être tota­le­ment enthou­siaste), et j’ai Le Turquetto sur ma PAL, que m’a recom­mandé une amie fan de l’au­teur. Pour celui-ci, malgré l’in­té­rêt du sujet, tu n’es pas assez embal­lée pour que je le note.

  3. Comme toi, j’ai déjà lu plusieurs fois cet auteur, sans enthou­siasme déme­suré, donc je n’y reviens plus…

  4. J’avais adoré « l’en­fant qui me mesu­rait le monde », Mais ce titre ci ne me tente pas plus que ça, je passe ! D’au­tant que quelques livres m’at­ten­dront sous le sapin chez ma soeur !

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