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Quand un jour­na­liste peut écrire un roman de cette qualité, on se dit qu’il a emma­ga­siné une somme d’informations colos­sale sur le sujet. Ces articles sur l’Irlande, à l’époque où il couvrait l’actualité, devaient être riches et passionnants.

Ce roman se lit d’une traite et j’ai été sidé­rée à quel point j’ai déjà oublié ce qui faisait, à une certaine époque partie, de mon quoti­dien : la violence en Irlande du Nord. Je me souviens de Bobby Sand mais je ne savais plus qu’il y avait eu autant de jeunes hommes à mourir de la grève de la faim dans les geôles anglaises. Le roman est construit autour d’un homme qui a été obligé de trahir l’IRA et qui, revenu de tout, se réfu­gie à Killy­begs , petit village de son enfance . C’était là qu’un père alcoo­lique et violent lui avait incul­qué la haine des Anglais.

J’ai été très inté­res­sée par la descrip­tion de la violence haineuse qui a séparé les « papistes » et les « protes­tants » et puis, fina­le­ment le côté vain de cette lutte puisqu’aujourd’hui, ces deux commu­nau­tés vivent ensemble. Je crois que tous les gens de ma géné­ra­tion liront ce roman avec un grand inté­rêt , car si la cause des Irlan­dais était juste, elle n’a pas pour autant triom­phé et comme le person­nage prin­ci­pal , ils se deman­de­ront : fina­le­ment, tous ces morts ont servi à quoi ?

Le côté impla­cable de la répres­sion anglaise est diffi­ci­le­ment suppor­table, je ne sais pas si, seule Madame That­cher est respon­sable ou si le mépris des Anglais pour les Irlan­dais vient de plus loin. Le seul pays a à avoir défendu la réuni­fi­ca­tion de l’Irlande c’est l’Allemagne Nazie, ce n’est pas une très bonne carte de visite. Les auto­no­mistes bretons en savent quelque chose.

Je n’ai pas encore parlé du poids de la trai­trise, qui pour­tant fait une grande partie de l’intérêt du livre, le person­nage prin­ci­pal ne pourra pas y survivre et pour­tant il n’avait pas eu le choix. Personne ne sort gran­dit de cette tragique Histoire ni les indi­vi­dus, ni les nations.

Citations

Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s’il ne voulait pas mêler notre langue à ça.

Pour­tant la tris­tesse, en Irlande, c’est ce qui meurt en dernier.

Quand la campagne de l’IRA a offi­ciel­le­ment cessé, en février 1962, huit des nôtres avaient été tués, six poli­ciers avaient trouvé la mort et seules nos rivières couraient libres.

On en parle

Clara et les mots

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