Éditions Marchialy, 331 pages, août 2024
Traduit de l’anglais par Julie Sibony
Le lecteur ouvre le livre sur une carte impressionnante où l’on peut voir les 350 vols commis par Stéphane Breitwieser entre 1994 et 2001 en France, en Allemagne, en Belgique et en Suisse.
L’auteur analyse avec une grande minutie la psychologie de ce voleur et de sa complice, leur originalité tient au fait qu’ils n’ont jamais revendu une seule œuvre, ils les ont juste exposées dans leur chambre au grenier de la maison de sa mère. J’ai détesté ce livre, à cause du personnage Breitwieser et j’ai du mal à en donner une opinion objective. (Mais, après tout, ce blog est le reflet de mes humeurs). Une de mes activités préférées, est de me promener dans de petits musées de province où, souvent, j’ai la surprise de découvrir, un tableau, une petite statue, un bel objet qui me font du bien quand je les regarde. Certes, je le sais ces petits musées avec peu de moyens sont faciles à cambrioler, c’était encore plus évident dans les petites églises de Bretagne qui offrent souvent aux visiteurs un statuaire dont la naïveté et la beauté m’enchantaient. J’emploie le passé car des abrutis comme ce voleur font que maintenant toutes les églises sont fermées et il y a donc des heures d’ouverture souvent peu pratiques. Ce qui a provoqué ma colère contre cet homme, c’est la justification qu’il donne pour expliquer ses vols : pour bien profiter d’une œuvre, il a besoin de la regarder de près, autant de temps, qu’il le désire, de la toucher et de se réveiller chaque matin en la contemplant. Mais justement, c’est le but des musées : permettre au plus grand nombre, dont moi de pouvoir profiter d’œuvres qui, avant la révolution française, étaient uniquement dans les châteaux des nobles ou dans des demeures des grands bourgeois. Il a fallu une révolution pour que « le bas peuple » dont je fais partie puisse lui aussi profiter de la contemplation d’œuvres d’art.
Et … cette mère totalement abrutie qui a jeté ces chef-d’œuvre dans la Meuse et brûlé les petits tableaux que plus personne ne pourra contempler, juste pour disculper son fils chéri, cela me dégoûte .
Pour faire ma photo, j’ai recherché le genre d’objets que ce voleur mettait si facilement dans sa poche, ils n’ont rien de précieux mais je détesterais qu’on les vole car un voleur saurait mieux les apprécier que moi ! Je crois que je pardonne plus à celui qui veut se faire de l’argent, je ressens une humiliation aux motivations énoncées par Stéphane Breitwieser.
L’auteur éprouve une certaine admiration pour l’habileté de ce voleur sans jamais rendre sympathique le personnage, mais moi, depuis que j’ai refermé ce livre, je ressens une colère qui ne se calme pas.
Extraits
Début
Alors qu’il s’approche du musée prêt à se mettre en chasse Stéphanie Breitwieser attrape la main de sa petite amie, Anne-Catherine Kleinklaus, et, ensemble, ils se dirigent tranquillement vers l’accueil, disent bonjour, un charmant petit couple. Après avoir payé deux entrées en liquide, ils commencent leur visite.
Le « gentleman » cambrioleur.
Ce n’est pas comme ça que travaille Breitwieser. Si dépravé que puisse être la morale d’un criminel, découper ou casser délibérément un tableau devrait toujours être immoral. Un cadre, bien entendu, peut rendre une œuvre difficile à manier et donc à voler. Par conséquent, après avoir décroché un tableau du mur. Breitwieser le retourne et défait soigneusement au dos les attaches ou les clous afin de le séparer de son cadre, qu’il abandonne sur place. S’il n’a pas le temps pour une telle délicatesse, il préfère renoncer, et même s’il a le temps, il est conscient que l’œuvre désormais aussi vulnérable qu’un nouveau né, doit être protégé contre tout risque d’égratignure, de gondolage, de pliure, et contre la poussière.Les cambrioleurs du Gardner, du point de vue de Breitwieser sont des sauvages : ils ont vandalisé gratuitement des œuvres de Rembrandt. « Rembrandt ». Virtuose de l’émission humaine et de la lumière divine (…. ) Comme la majorité des voleurs d’art, les cambrioleurs du Gardner n’avait en réalité aucun goût pour l’art. Ils n’ont fait qu’enlaidir le monde.
L’analyse de la personnalité de Breitwieser.
Il n’est pas cleptomane. Même si le syndrome de Stendhal était une maladie reconnue, cela ne nous éclairerait guère sur ses crimes : de tous les cas recensés par la psychiatrie italienne qui a nommé le syndrome, aucun n’impliquait le vol d’œuvres d’art. Tout porte à croire que Breitwieser est atteint d’un grave trouble psychologique, une forme de folie criminelle. Anne-Catherine et lui ont commis des vols trois semaines sur quatre pendant six mois au bas mot, ce qui est insensé, et Breitwieser assure que ce rythme lui paraît naturel et parfaitement tenable, ce qui est encore plus. Peut-être qu’il pourrait être traité et guéri.Non répond le psychothérapeute Michel Schmitt il n’y a aucune psychose criminelle à traiter ni à guérir.
Cette histoire était bien sûr assez romanesque pour pousser un auteur à s’en emparer, mais ce personnage ne m’est pas sympathique non plus au départ et l’auteur n’a visiblement pas réussi à changer ça.
ne pas le rendre sympathique serait plutôt au crédit de l’auteur mais je crois que c’est lui faire trop d’honneur que de lui consacrer un livre.
Je comprends ta colère.
quel abruti ce type ! pas l’auteur mais le voleur des musées !
J’aime beaucoup les propositions de ces Editions Marchialy… je comprends ta colère face à ce voleur très égoïste (mais vu le comportement de sa mère, on comprend en partie pourquoi…) mais au-delà de ça, ses « frasques » sont-elles suffisamment passionnantes pour qu’on leur dédie un ouvrage ?
Je trouve que la seule réponse valable , face à ses vols si égoïstes, c’est de ne lui faire aucune publicité.
Hou là je comprends ta colère, c’est tellement chic de découvrir dans une église au fin fond de (nan je dis pas où) une œuvre à sa place!
Voilà il faut cachet nos trouvailles face à un abruti pareil alors que justement le plaisir est dans le partage.
On la sent ta colère et tu aurais pu enlever encore un coquillage ! Je n’ai aucune sympathie non plus pour ce genre de personnage et je vais me passer du livre sans problème.
deux coquillages : car la personne qui a fait cette recherche a fait une recherche sérieuse !
Ce livre n’a aucun intérêt ! Je comprends que l’on s’intéresse à un parcours criminel quand il a un arrière plan politique ou social, mais là, il n’y a rien à comprendre de plus que la bêtise.
Pour moi en tout cas j’aurais préféré que ce personnage reste dans l’ombre et que sa mère soit condamnée à rembourser !
Je l’ai vu passer, mais je trouve que ce livre n’apporte rien et d’une certaine manière tente de trouver une excuse à ces vols ! Donc non, je ne le lirais pas et ton avis ne me donne pas envie :-p
les petits musées sont tellement sympa !
J’adore ton article, j’aime sa colère et sa sincérité. Je passerai mon chemin pour ce livre car je risquerais d’avoir le même avis. Dommage pour l’auteur, qui a fait ses recherches, et sans doute un bon travail après tout…
parfois on préfère que certains êtres restent dans l’ombre ! moi je le redis j’adore les petits musées, les vieilles églses si facile à cambrioler. Cela me donne confiance dans l’humanité : on pourrait les voler mais on ne le fait pas ^pour que tout le monde puisse en profiter .
Une colère contre qui, contre quoi ? Tu m’intrigues.
contre le personnage qui au nom de son plaisir devant des œuvres d’art les vole car, pour lui; il en a le droit car il les aime mieux que le visiteur moyen dont je fais partie. Moi je suis ravie du partage et lui méprise les gens comme moi qui sont seulement des amateurs … bref je déteste ce genre d’attitude
La thématique me plaît évidemment mais je comprends tes ressentis. Dommage.
un moment de lecture tourné vers la nourriture agréable mais sans plus.