J’aime beau­coup cette auteure, au point d’ache­ter deux fois son livre et de le lire deux fois aussi. Au fur et à mesure que je le lisais, je retrou­vais les person­nages et l’his­toire que j’avais déjà lue, et comme je fais partie de la mino­rité, si injus­te­ment décriée, des lectrices qui adorent qu’on leur raconte la fin des intrigues, c’était le bonheur total. C’est vrai­ment une lecture distrayante et que vous aime­rez si vous avez gardé le plai­sir que vous l’on raconte des histoires. Le procédé narra­tif n’est pas banal , car pour expli­quer pour­quoi cette mère Tatiana a dû empê­cher sa fille Nine d’al­ler à la fête du lycée, elle doit d’abord l’emmener dans une cabane perdue près d’un lac, où malheu­reu­se­ment aucune connexion n’est possible , mais surtout racon­ter son enfance et révé­ler peu à peu les secrets de sa famille. Ceux-ci sont si lourds et si complexes qu’il ne faut surtout pas les révé­ler trop bruta­le­ment, et il faudra bien tout le temps d’un roman, pour que Nine sente combien sa mère l’a aimée plus que tout et qu’a­vant sa mère, Rose-Aimée sa grand mère avait fait preuve d’un courage incroyable pour que ses trois enfants puissent vivre à l’abri d’un père on ne peut plus destruc­teur. L’au­teure termine son roman quand les diffé­rents person­nages vont se retrou­ver et j’avoue que j’au­rais bien aimé savoir comment leurs retrou­vailles allaient se passer . Mais son histoire est termi­née quand tant d’autres la commenceraient.

C’est un roman qui est classé « ado », et oui, je pense que cela peut plaire à des jeunes lecteurs car l’in­trigue est bien fice­lée, mais surtout l’ado­les­cence est parfai­te­ment décrite. Dans ses excès, ses fragi­li­tés et son incroyable sens de l’hu­mour. Et c’est ce qui rend ce roman lisible pour les adultes qui aiment cet âge. Quand elle était jeune Tatiana qui s’ap­pe­lait alors Conso­lata a supporté les errances de sa mère qui chan­geait assez souvent de compa­gnon. L’au­teure décrit très bien les diffi­cul­tés de l’en­fant lorsque sa mère change de parte­naire, elle aimait l’an­cien et détes­tait le nouveau qui pour­tant a bien des qualité qu’elle décou­vrira petit à petit. Elle se crée des pères biolo­giques au gré de ses passions, un célèbre foot­bal­leur ou un chan­teur de rock Elle ne sait rien des diffi­cul­tés réelles de sa mère mais une chose certaine elle n’a pas manqué d’amour dans sa vie. À son tour elle aimera de toutes ses forces sa fille, Nine, même si elle ne lui offre pas le dernier IPhone le même que celui de toutes ses amies . D’ailleurs le rapport à l’argent de Tata­nia-Conso­lata semble bien compli­qué, et on décou­vrira pour­quoi. Rassu­rez-vous je respecte les anti-divul­gâ­cheuse et je n’en dirai pas plus !

Je crois que j’ai préféré « et je danse aussi » du même auteur mais il est bien dans la même veine que « le temps des miracles » et pour le côté combat des femmes : « Pépites »

Citations

Tellement bien vu !

C’est une vieille voiture de marque alle­mande, le genre de tank démodé qui polluent l’at­mo­sphère depuis la fin du 20e siècle et qui fait honte à la fille assise à l’arrière.
La fille, c’est Nine, 16 ans la semaine prochaine, cinq cents kilo­mètres de silence au compteur.

Une autre époque

D’une certaine façon, le monde était plus lent et plus vide qu’au­jourd’­hui. Chaque chose que nous faisions prenait du temps, récla­mait des efforts, mais personne ne s’en plai­gnait puisque c’était normal. Les photos, par exemple. Il fallait appor­ter la pelli­cule chez un photo­graphe pour qu’elle soit déve­lop­pées dans un labo. Parfois, il s’écou­lait plusieurs mois entre la prise de vue et le tirage, si bien qu’en décou­vrant le résul­tat, on ne se souve­nait même plus qui était sur le cliché ! Rien n’était instan­tané, à part le choco­lat en granu­lés et le café en poudre ! Si tu étais fan de musique, pour écou­ter ton morceau préféré, tu devais attendre qu’il passe à la radio. Ou bien, tu devais aller ache­ter le disque vinyle dans un maga­sin spécia­lisé. Et si par malheur tu n’avais pas de maga­sins de disques près de chez toi, tu devais le comman­der sur le cata­logue, ce qui suppo­sait d’at­tendre encore plus longtemps…

18 Thoughts on “L’aube sera grandiose – Anne ‑Laure BONDOUX

  1. J’ai offert ce titre à ma fille ado, son opinion n’était pas enthou­siaste, elle trou­vait que c’était trop pour ado, juste­ment. Mais il faut dire aussi qu’un de ses livres cultes est Pépites, que j’ai lu aussi et dont j’avais adoré la frai­cheur, le dyna­misme et l’humour !

    • La remarque de cette auteure qui trim­bale en voiture sa fille ado contra­riée et qui dit « 500 KLM de silence au comp­teur » m’avait semblé une remarque criante de vérité et très drôle.

  2. J’ai beau­coup aimé Le temps des miracles, il faudrait que je retourne vers les livres d’Anne Laure Bondoux…

  3. alors là c’est noté, pas forcé­ment pour moi mais pour Marie qui a 16 ans et qui devrait bien accro­ché à ce type de roman
    merci à toi je peux toujours comp­ter sur toi pour enri­chir mes idées cadeaux

  4. C’est une auteure que je n’ai pas lue, même si j’en­tends beau­coup parler d’elle. Tu me donnes envie de décou­vrir « Pépites ».

  5. keisha on 26 juillet 2021 at 18:09 said:

    J’ai lu un ou deux romans d’elle, plutôt aimé.

  6. LaSourisJaune on 26 juillet 2021 at 19:07 said:

    Ca alors ! J’ai été amusée de t’ima­gi­ner ache­ter et lire ce livre deux fois, et puis j’ai pensé que c’est quelque chose qui m’ar­rive aussi… ! J’aime aussi beau­coup cette auteure et ce livre, mais tu vois, en lisant ton billet, je me disais que je pour­rais aussi bien le relire, car je ne me souviens plus vrai­ment des détails de l’in­trigue. Alors merci tu me donnes envie de le relire. Je ne connais pas Pépites (chouette, à décou­vrir !), j’avais énor­mé­ment aimé « L’autre moitié de moi-même »…

  7. Moi aussi j’aime beau­coup cette auteure. Et notam­ment Les larmes de l’as­sas­sin et Pépites… Celui-ci est pas mal mais je me deman­dais de quelle manière les jeunes pouvaient le recevoir…

  8. J’ai adoré, je note les autres pas encore lus !

  9. Je n’ai encore jamais lu cette roman­cière, mais je suis bien tentée !

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