Édition livre de poche

Traduit du suédois par Laurence Mennerich

 

Merci la Souris Jaune , sans toi je n’aurais pas lu ce roman qui m’a fait passer un bon moment et qui, tout en décrivant une réalité sociale assez dure n’est pas triste parce que nous voyons la vie d’une petite ville dans laquelle il n’y a plus de travail à travers les yeux de Britt-Marie une femme qui passe son temps à faire des listes et le ménage. Pourquoi ne lui ai-je pas mis cinq coquillages à ce livre que j’ai lu avec plaisir ? Il m’arrive de faire ma difficile ! oui ce roman se lit bien , oui les personnages sont attachants mais cette Britt-Marie est une caricature de personnage : est-ce qu’il existe encore des femmes qui se dévouent corps et âmes à leur mari sans rien exiger d’eux ? Est-ce qu’ils existent des femmes dont le seul horizon se limite au ménage bien fait ? Complètement effacée, Britt-Marie va « fuguer » du domicile conjugal car elle découvre que, malgré tout son dévouement, Kent son abruti de mari la trompe. Elle se met à la recherche d’un travail, mais elle a 63 ans et ce n’est pas une mince affaire. Ses rapports avec la femme de pôle emploi sont compliqués et très drôles, celle-ci lui trouvera finalement un poste de directrice d’une MJC qui doit fermer dans trois mois, elle peut donc occuper cet emploi dans un petit village dont toutes les activités « normales » ont disparu à cause de la crise économique.

Notre super Madame-Propre dont les deux produits fétiches : le bicarbonate et le Faxin (produit pour les vitres) va donc entreprendre de nettoyer tout ce qui est à sa portée. Mais sa vie et ses valeurs vont être bousculées par le football. Car les rares enfants du village adorent ce sport et bien malgré elle Britt-Marie va devoir s’y intéresser. Peu à peu nous découvrirons les différents drames qui ont jalonné sa vie et nous la comprendrons un peu mieux ; je me suis attachée à Britt-Marie qui a été si mal aimée dans sa vie. Les habitants du village qui semblent aussi des caricatures vont prendre de la consistance. Pour devenir plus humains, il semblerait qu’en Suède il faut connaître le déclassement social, à l’image de Kent qui, de gros « macho » stupide devient un mari plus attentif et plus aimant parce qu’il a perdu son travail.

Certes, c’est une vision sociale un peu trop simpliste mais, comme je le dis au début, c’est aussi un roman qui fait du bien car on le lit en souriant. Alors, lisez-le si vous voulez vous dépaysez avec une femme d’un autre temps dans un pays plus connu pour ses auteurs de romans policiers que pour le genre « conte social humaniste ».

 

Citations

Le début .

Fourchettes. couteau. cuillère.
 Dans cet ordre.
 Britt-Marie n’est certainement pas femme à juger autrui, mais quelle personne civilisée aurait l’idée d’organiser un tiroir à couverts autrement ? Britt-Marie ne juge personne mais tout de même, nous ne sommes pas des animaux.

L’amour .

 Difficile à dire quand l’amour s’épanouit. Un jour, on se réveille et il a éclos d’un coup. C’est pareil dans l’autre sens : on s’aperçoit trop tard qu’il a déjà fané. L’amour ressemble beaucoup aux fleurs de balcons, en cela. Parfois, même le bicarbonate de marche pas.

Le couple.

C’est comme ça, quand on a vécu assez longtemps auprès d’un homme qui essaie constamment de faire de l’humour. Il n’y avait plus de place pour d’autres plaisanteries que les siennes dans leur relation. Kent faisait le bout en train et Britt-Marie faisait la vaisselle. Voilà comment les tâches étaient réparties.

Humour suédois.

 Elle place également des verres devant les enfants. L’un d’eux, celui que Britt-Marie ne décrirait jamais comme « obèse », mais qui donne l’impression d’avoir souvent chipé la limonade de ses camarades, lui dit avec entrain qu’il « préfère boire dans la canette ».
– Certainement pas, ici on boit dans un verre, articule impitoyablement Britt-Marie. 
-Pourquoi ? 
– Parce que nous ne sommes pas des animaux.
Le garçon observe sa canette de limonade dans un silence songeur, puis demande  :
– Il y a des animaux qui arrivent à boire à la canette, en dehors de l’homme ?

Philosophie de la vie.

 Parce que la vie est plus que les chaussures dans lesquelles on marche, plus que la personne qu’on est. Ce sont les liens. Les fragments de soi dans le cœur d’une autre personne. Les souvenirs, les murs, les placards et les tiroir à couverts dans lesquels on sait où sont rangés les affaires. Toute une vie d’ajustements visant à l’organisation parfaite, à l’aérodynamique unique de deux personnalités. Une vie commune, faite de tout ce qui est commun. Pierre et mortier, télécommandes et mots croisés, chemise et bicarbonate, placard de salle de bains et rasoir électrique dans le troisième tiroir. Il a besoin d’elle pour tout cela. Si elle n’est pas la, rien ne va. Elle est essentielle, inestimable, irremplaçable.

Joli dialogue.

 -J’avais cru comprendre qu’on devient policier parce qu’on croit aux lois et aux règles souffle-t-elle
-Je crois que Sven est devenu policier parce qu’il croit à la justice répond Samy.

16 Thoughts on “Le Monde Selon Britt-Marie – Frederick Backman

  1. keisha on 19 septembre 2022 at 11:31 said:

    Mouias quand même, ou alors pour la détente?

  2. Pas sûre que ça soit pour moi…

  3. Mouais… pas certaine. Le ménage et moi, en plus…

  4. Une femme bien obéissante à son mari, obsédée par le ménage, je ne pense pas que ce soit pour moi, malgré la détente.

  5. oh malheur le nombre d’auteur que je ne connais pas !!!

  6. La Souris Jaune on 23 septembre 2022 at 08:49 said:

    Ah ! Eh bien eh bien, tu l’as trouvé et lu ! Et tu oublies le rat ! Ce rat qui semble nous emmener tout droit dans un univers de dessin animé… Je trouve que ce livre ne se range pas aisément dans une case, et je crois que c’est ce qui m’a plu. Tu résumes bien combien elle devient touchante, notre Britt Marie (évidemment que personne n’aime le ménage ! Encore, que, j’en connais…), lorsque l’on comprend pourquoi, et ce qu’elle chasse en chassant la saleté. Contente de ce plaisir de lecture, Luocine, bises !

  7. Pourquoi pas ?! Je pense que des femmes comme tu décris l’héroïne, il en reste encore pas mal dans certains milieux ;)

  8. je passe … mais ma mère doit être une caricature alors parce qu’elle correspond parfaitement à ce portrait (hélas!)

    • mais c’est agréable aussi d’avoir vécu dans une maison bien propre . Le livre ce veut humoristique mais c’est de l’humour suédois nous n’avons pas tout à fait le même.

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