Édition Actes Sud. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

En ces temps de terro­risme et de confi­ne­ment, ce livre peut se lire assez agréa­ble­ment. Il s’agit pour­tant de mort et de diffi­culté de vivre, seule­ment cela se passe au Japon donc assez loin de nos préoc­cu­pa­tions actuelles. Je vais d’abord dire les trois choses qui m’ont agacées pour reve­nir à l’es­sen­tiel du roman :
Les phrases en anglais ne sont pas traduites, il est vrai que ce sont des phrases simples mais je ne comprends pas l’in­té­rêt du procédé.

La mère du person­nage prin­ci­pal se suicide comme Virgi­nia Woolf, ce n’est vrai­ment pas la façon la plus courante de se suici­der mais c’est telle­ment plus litté­raire. (Elle se jette dans la rivière avec des cailloux dans ses poches).
L’autre chose me dérange plus, l’hé­roïne va décou­vrir le Japon grâce à un père très très riche et je crois que j’ai des diffi­cul­tés à m’in­té­res­ser aux malheurs des pauvres petites filles riches. De plus dans ma vie j’ai rare­ment sinon jamais rencon­tré des gens faisant des héri­tages mira­cu­leux.
Et pour­tant j’ai aimé cette lecture qui essaie et réus­sit à nous faire comprendre cet étrange pays à travers les fleurs et les jardins. Il demande une lecture atten­tive car sinon on passe au-dessus de la beauté des temples de Kyoto, ce serait d’au­tant plus dommage que c’est là l’es­sen­tiel de l’in­té­rêt du livre. Mais pour faire un roman, il fallait aussi une histoire d’amour qui m’a semblé assez arti­fi­cielle. Beau­coup de critiques donc pour un roman dont je vous conseille la lecture cepen­dant, ne serait-ce que pour vous prome­ner dans de si beaux endroits et savou­rer par l’ima­gi­na­tion les mets le plus déli­cieux de la gastro­no­mie nippone.

Citations

Un passage émouvant

Il est né à Hiro­shima en 1945. Sa famille a été déci­mée par l’atome. En 1975, il a perdu sa femme et sa fille dans un trem­ble­ment de terre. En 1985, son fils aîné s’est tué dans un acci­dent de plon­gée. Le 11 mars 2011, son autre fils, un biolo­giste était en mission dans la préfec­ture de Miyagi, sur la côte à vi gt kilo­mètres de Sandai. Il n’a pas eu le temps de gagner les hauteurs.…Lors du dépôt des cendres de Nobu au cime­tière, il pleu­vait et Keisuke s’est effon­dré dans la boue, devant la tombe. Haru l’a relevé et tenu serré contre lui jusqu’à la fin de la céré­mo­nie. Quel­qu’un s’est appro­ché avec un para­pluie mais il l’a renvoyé. Ils sont restés ensemble, immo­biles, sous la pluie et, peu à peu, les uns après les autres, nous avons refermé nos para­pluies. Je me souviens avoir senti le poids et la violence de l’eau puis les avoir oubliés. Nous étions entré dans un monde de fantôme. Nous n’avions plus de chair.

Sagesse japonaise

À l’époque des samou­raïs, sur l’île de Sado, en mer du Japon, vivait un ermite qui, du matin au soir, regar­der l’ho­ri­zon. Il avait fait vœu de consa­crer sa vie à cette contem­pla­tion, et de s’y absor­ber tout entier, de connaître l’ivresse de n’être plus qu’une ligne entre la mer et le ciel. Cepen­dant, comme il se plaçait toujours derrière un pin qui empê­chait qu’il eût une vue déga­gée, on lui en deman­dait la raison et il répon­dait : Parce que je ne crains rien tant que de réus­sir.

La dépression

Maud, la mère de Rose, avait grandi dans la mélan­co­lie et, quoi qu’elle fît ensuite de sa vie, s’y était tenue avec une persé­vé­rance admi­rable.

Malheur japonais

Nous autres Japo­nais avons appris de notre archi­pel tour­menté l’im­pla­ca­bi­lité du malheur. C’est par cet acca­ble­ment natif que nous avons su trans­for­mer notre contrée de cata­clysmes en éden, en quoi les jardins de nos temples sont l’âme de ce pays de désastres et de sacri­fices. Par mon sang, tu connais la beauté et la tragé­die du monde d’une manière que les Fran­çais, nour­ris de leurs terres clémentes, ne peuvent pas entendre.

14 Thoughts on “Une rose seule – Muriel BARBERY

  1. Les phrases en anglais non traduites ça m’agace aussi beau­coup, comme si 100 % de la popu­la­tion parlait anglais couram­ment ! Bon, il est sur le dessus de ma PAL, on verra ce que j’en pense.

  2. keisha on 19 novembre 2020 at 08:53 said:

    Je cocn­firme pour les phrases en anglais, j’ai vu ça récem­ment avec l’ita­lien, et j’ai aban­donné…

  3. La présen­ta­tion par l’au­teure de ce titre à La Grande Librai­rie m’a presque tentée… mais j’ai telle­ment détesté L’élé­gance du héris­son… !!

  4. je partage ton avis sur les petites filles riches mais je suis une passion­née du Japon donc je crois que je vais me lais­ser aller malgré tout

  5. C’est ma prochaine lecture après celle en cours, puisque j’ai acheté ce roman le jour du recon­fi­ne­ment, sous les conseils de ma nouvelle petite libraire.

  6. Je suis plutôt à la recherche d’avis enthou­siastes pour ma liste déjà immense. Je laisse donc passer ce titre qui ne me tentait pas plus que ça.

  7. On en parlait juste­ment avec une collègue vendredi. On parlait de chou­quettes !!! et du coup m’est revenu en mémoire son très bon livre « une gour­man­dise » et je trou­vais qu’elle n’avait pas écrit depuis long­temps.
    Tes réti­cences me refroi­dissent un peu …

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