Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard Thème « soudain tout bascule »

Ce livre avait tout çà fait sa place dans ce thème, cet homme a perdu son diplôme du Bacca­lau­réat sa vie devient absurde et malheu­reu­se­ment son livre aussi. C’est un premier roman et depuis il m’a fait beau­coup rire avec « L’éco­lo­gie en bas de chez moi » mais celui-là est à peu près illi­sible ? C’est une fable bien sûr dans la quelle il est beau­coup ques­tion de sexe, on se demande bien pour­quoi. L’en­chaî­ne­ment est tota­le­ment absurde, en revanche, il y a quelques remarques sur l’administration fran­çaise qui sentent le vécu. Le moment où à l’Aca­dé­mie la secré­taire voit qu’il a brillam­ment réussi son bac mais ne peut pas appuyer sur la touche « impri­mer » pour en faire une copie est très proche de la réalité : « que voulez-vous elle n’est pas là pour ça ! » Dans tout un fatras de situa­tions tota­le­ment absurdes, après plusieurs semaine de recherches infruc­tueuses, j’ai souri quand sa femme lui a avoué que, fina­le­ment, c’était elle qui l’avait ce fameux diplôme, dans ses affaires. Situa­tions que j’ai rencon­trées plusieurs fois.

Sinon c’est du grand guignol et j’avoue après une centaine de pages, j’ai plutôt parcouru ce livre qui m’aga­çait forte­ment. Ni les parties de jambes en l’air, ni la course après son diplôme n’ar­ri­vaient à rete­nir mon atten­tion, ni son voisin d’en face. Aucun person­nage n’a une quel­conque consis­tance. Bref un premier roman dont j’au­rais volon­tiers fait l’éco­no­mie, heureu­se­ment que je n’ai pas commencé par celui-là : j’au­rais gardé une bien mauvaise impres­sion de cet auteur qui m’a tant amusée ensuite.

Citations

Incipit

Malheur à celui des enfants de Dieu qui perd son Bacca­lau­réat

L’art du rangement

C’est ça aussi le bonheur du range­ment, le doute permet aux plus artistes d’entre nous d’avoir une approche créa­tive, si tout était figé d’avance on n’au­rait plus de raison de vivre

Humour

Le temps est l’en­nemi des pin-up comme il est l’en­nemi des range­ments, les femmes et les papiers jaunissent au soleil

Je préfère le verbe aller au verbe être pour exprimer un déplacement

Le lac des cygnes où on a été avec Marco

L’administration

Quant à rencon­trer le doyen, en voilà une farce qui valait des millions ! Passer au-dessus d’un chef du person­nel, a‑t-on déjà entendu pareille vulga­rité ?

http://www.pol-editeur.com/photos/livre-l-ecologie-en-bas.jpg

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Merci, un grand merci, à Evelyne, notre biblio­thé­caire, elle sait choi­sir des livres qui font du bien. Celui-là vous fera rire quelles que soient vos convic­tions sur le réchauf­fe­ment clima­tique ( : le RC). Et vous amènera, aussi, à réflé­chir. À force de rece­voir des idées, plus ou moins vraies, vantant la bonne cause écolo, on oublie de réflé­chir par soi-même : voilà le thème de ce livre.

Iegor Gran, a un talent fou, pour croquer les travers des bien-pensants mouton­niers. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’est pas là pour créer un parti de mili­tants anti-écolo, il veut réflé­chir et s’amuser du consen­sus de la peur qui réunit Yann Arthus-Bertrand, Fran­çois-Henri Pinault, Luc Besson et ses voisins qui trient avec ardeur leurs poubelles !

Surtout ne ratez pas ses notes en bas de page, d’ailleurs vous ne pour­rez pas, elles sont parfois plus longues que le texte, elles sont toujours passion­nantes et souvent très drôles. J’ai bien ri quand son dentiste lui assène des argu­ments alors qu’il a la bouche grande ouverte et qu’il ne peut, évidem­ment, pas répondre. Qui n’a pas déjà vécu une telle situa­tion ?

Comme lui, j’ai bien du mal à croire au sérieux de la candi­da­ture de Nico­las Hulot à la prési­dence de la Répu­blique (excu­sez le du peu ! !), et j’aimerais avoir son talent pour en rire. (En réalité je trouve ça plutôt triste). Ce petit livre décrit aussi l’évolution de ses rapports avec son meilleur ami, Vincent, convaincu du RC (réchauf­fe­ment clima­tique), et, le dîner où l » on évite tous les sujets qui fâchent est très bien raconté et telle­ment vrai !

Je crois que ce livre fait un bien fou, comme toutes les réflexions qui vont à contre courant elles nous apportent un vent frais qui nous permet de mieux respi­rer, et quand en plus l’auteur nous fait rire, alors on se sent soudain heureux : content de faire partie de cette huma­nité là, celle qui ose rire de tout et se ques­tion­ner sur nos compor­te­ments mêmes ceux qui nous semblent les plus ordi­naires .

Citations

Un marchand de soupe a mis son pied dans mon pas-de-porte. On veut m’imposer quelque chose. Une inquié­tude, comme un réflexe, moi qui suis né dans un pays de l’Est. On aime­rait bien penser à ma place.

(En note)

Rappe­lons que dans une vie anté­rieure, Yann Arthus-Bertrand a été pendant dix ans photo­graphe-repor­ter du Paris-Dakar ? Éton­nante conver­sion. Les voies du gazole sont impé­né­trables.

Son papier-toilette ressemble à un jour­nal de l’Est, il est gris et n’absorbe pas ? (Mesdames, évitez les toilettes de Vincent !) Il aime à penser que, quand il se torche le derrière, aucun arbre n’est lésé dans l’affaire.

Un peu d’humilité la science ! Cou couche panier ! Peut-être faudrait-il déjà qu’elle se mette d’accord sur l’existence ou non du point G, avant de s’attaquer à ces choses autre­ment plus obscures.

La cinquan­taine… c’est l’âge où les grenouilles de béni­tier se noient défi­ni­ti­ve­ment, où les komso­mols tournent appa­rat­chik, où les femmes se mettent à manger des graines- l e premier stade de la vieu­co­ni­sa­tion.

Et une petite dernière pour la route et quel­qu’un que je connais…

Le mari est toujours fautif, vingt-quatre heures sur vingt quatre, il est coupable au sens méta­phy­sique, il porte sur ses épaules un péché origi­nel. C’est aussi ce qui fait l’in­té­rêt d’avoir un mari, ce pour­quoi la femme le tolère, dans sa grande clair­voyance. 

Il m’ar­rive de rumi­ner ce genre de pensées non dénuées de tendre miso­gy­nie.

On en parle

Le Pandé­mium litté­raire.