Édition Acte Sud Babel, Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Céline Leroy

Quand j’ai fait paraître mon billet sur « la rivière » de Peter Heller plusieurs d’entre vous (le Bouqui­neur Kathel ) dans les commen­taires ont parlé de ce livre comme un chef d’œuvre bien supé­rieur à « La rivière ».

Ce n’est pas du tout mon avis, mais je le dis tout de suite j’ai peu de goût pour les livres ou les films d’an­ti­ci­pa­tion de catas­trophes. Il faut dire que cette catas­trophe décrite en 2013 (pour la traduc­tion) rappelle étran­ge­ment le virus du Covid trop célèbre aujourd’­hui. Le roman commence neuf ans après la « fin de Toute Chose », l’ori­gi­na­lité du roman, c’est de ne pas être dans un déve­lop­pe­ment chro­no­lo­gique, donc nous n’ap­pren­drons qu’à la moitié du récit que le monde a été détruit par un terrible virus qui combine celui de la grippe avec celui de la grippe aviaire. C’est un virus extrê­me­ment conta­gieux et mortel à 99,9 pour cent. L’ori­gine à été attri­buée à l’Inde mais la vérité est que ce virus vient d’un labo­ra­toire et à été répandu à cause d’un acci­dent d’avion.
Le roman raconte les rapports entre les humains après une catas­trophe aussi terrible. Les deux hommes Hig et Bangley ont réussi à sécu­ri­ser un terri­toire autour d’un aéro­port qu’ils protègent le mieux qu’ils peuvent. Et comme Bangley est un excellent soldat et Hig un pilote remar­quable, ils peuvent repous­ser toutes les attaques de gens qui ne veulent que leur mort. Il y a aussi un petit groupe de reli­gieux menno­nites qui ne sont pas atta­qués par les préda­teurs car ils sont atteints d’une mala­die du sang mortelle et contagieuse.
Tout le roman repose sur cette extrême violence qui vient de l’ex­té­rieur, tous les autres humains n’ont qu’une idée en tête : assas­si­ner nos deux héros. Le pour­quoi de cette haine violente n’est jamais expliquée.
La deuxième partie du roman se passe après la mort du chien de Hig. Comme dans tant de film améri­cain la mort du chien fidèle est ressen­tie comme un si grand drame que cela change tout pour Hig qui va partir de son aéro­port sécu­risé à la recherche d’une autre histoire. Il va rencon­trer une femme et son père qui avaient réussi à survivre dans un vallon bien protégé avec du bétail.
Ensemble, ils revien­dront dans l’aé­ro­port retrou­ve­ront Bangley bien mal en point .
La fin montre un renou­veau possible. Les familles menno­nites vont sans doute survivre et des avions qui survolent l’aé­ro­port prouvent que la vie normale a peut être redé­marré ailleurs.
Le style de l’écri­vain est assez parti­cu­lier. Le roman est une succes­sion de petits chapitres et l’au­teur ne nous explique rien qui ne relève pas du vécu actuel des personnages.
Outre l’ex­trême violence du récit, ce que je trouve très gênant c’est de ne pas comprendre pour­quoi tous les hommes ne cherchent qu’à se tuer les uns et les autres sauf nos deux héros.
La nature en danger est sans doute le thème le plus impor­tant du roman. Comme dans « La rivière » l’au­teur qui adore les grands espaces natu­rels les voit détruits chaque année par des incen­dies de plus en plus violents. C’est sans doute cela qui l’a poussé à écrire ce roman que vous êtes plusieurs à avoir tant apprécié.
Bref un roman qui donne pas le moral mais qui va plaire aux lecteurs très nombreux qui aiment ce genre de récit d’an­ti­ci­pa­tion-catas­trophe. Je me demande pour­quoi les améri­cains sont les grands spécia­listes du genre, cela doit être le reflet de leur mauvaise conscience face à leur façon de maltrai­ter leur pays et même la planète.

Citations

Quand on commence à comprendre ce qui s’est passé

Je ne veux pas perdre le compte : ça fait neuf ans. La grippe a tué presque tout le monde, puis la mala­die du sang a pris le relais. Dans l’en­semble, ceux qui restent sont du genre pas gentils, c’est pour ça qu’on vit dans la plaine, pour ça que je patrouille tous les jours.

Réflexions face à la solitude

La famine. Qui consume aussi lente­ment que le feu sur du bois humide. Fragi­lise les os, des sacs d’os ambu­lants, puis l « un meurt, puis l’autre. Ou peut-être qu’il vaut mieux être atta­qué par des indigènes
Qu’est-ce qui te manque le plus ? La foule babillant et sans visage, la célé­brité, les fêtes, l’ex­plo­sion des flash ? Les amants, la gaieté, le cham­pagne ? La soli­tude taillée dans la célé­brité, L’étude des cartes à la lumière d’une unique lampe sur un vaste bureau dans un hôtel véné­rable ? Le room service, le café avant l’aube, la compa­gnie d’un ami, de deux ? le choix : tout ou rien ? Un peu ou rien ? Main­te­nant, pas main­te­nant, peut-être plus tard ?

L’aspect hilarant ? (dont parle la quatrième de couverture et que j’ai eu du mal à trouver)

C’est fou à quel point le fait de ne pas devoir tuer quel­qu’un simpli­fie la rela­tion, en géné­ral. Même si papy a bien essayé de me tuer, moi. Bon. Passons l’éponge. Toujours est-il que je pouvais marcher jusque chez eux, les buter ou pas, et ça c’est une libération.


16 Thoughts on “La Constellation du chien – Peter HELLER

  1. Je ne te lis pas. Je suis plon­gée dedans. J’ai juste remar­qué les trois coquillages…

  2. Je n’ai toujours pas lu l’au­teur ; je ne sais pas par lequel je commen­ce­rai, on verra le moment venu. De toute façon, j’ai plutôt envie d’al­ler vers du paisible ces jours-ci, les jour­naux nous four­nissent assez en catas­trophes en tout genre.

  3. J’ai vrai­ment eu un coup de coeur pour ce roman (et mes coups de coeur ne sont pas nombreux)… Mais je comprends que ton ressenti est bien diffé­rent. ça arrive !
    Je n’en ai pas fini avec cet auteur, j’ai Céline dans ma PAL

    • Mon coup de cœur est pour « le rivière » et fran­che­ment en ce moment où on vit une vraie guerre et où on sort d’une épidé­mie les romans qui racontent des catas­trophes imagi­naires ne me plaisent qu’à moitié.

  4. j’ai noté la Rivière chez toi je pense mais là je fais l’impasse

  5. Mani­fes­te­ment , trop de violence pour moi et puis fina­le­ment, un peu trop contem­po­rain comme sujet, ça ne change pas les idées ! je passe !

  6. Bon, bah tant pis.… :-)

  7. Pas du tout un livre pour moi !

  8. J’ai une LC prévue de ce titre en juin… à voir, donc !

    • une LC que tu as prise dans ta PAL ou dans ta LAL … je blague
      si tu aimes l’an­ti­ci­pa­tion des catas­trophes plané­taires àa peut te plaire car c’est bien écrit. Pour moi les catas­trophes actuelles me suffisent

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