Merci aux éditions Plon

C’est un roman qui se lit très faci­le­ment mais qui pour autant ne m’a guère convain­cue. C’est une sorte de fable, qui permet à l’écri­vain de racon­ter (encore une fois) les horreurs de l’ex­ter­mi­na­tion des juifs.

Le person­nage prin­ci­pal est un enfant qui décide de deve­nir président des États-Unis et qui rencontre un vieil homme qui perd la mémoire. Tout le roman est construit autour de ce person­nage est-il un sauveur de juifs ou un alle­mand qui a voulu sauver sa peau en se faisant passer pour juif ? Fina­le­ment il y aura du vrai dans ces deux propositions.

J’au­rais bien aimé que l’écri­vain se penche sur la mémoire d’un ancien nazi qui trans­forme peu à peu la réalité pour pouvoir survivre à ce qu’il a fait. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit mais d’une vieille personne qui commence un Alzhei­mer et qui ne sais plus qui il est vrai­ment. En plus, il n’a pas fait que le mal et il n’était pas un acteur de l’ex­ter­mi­na­tion des juifs donc d’une certaine façon il peut se regar­der en face, ce que quel­qu’un comme Mendele devait avoir du mal à faire.

C’est un person­nage de fiction, et sur le sujet de la Shoa, je suis parti­cu­liè­re­ment exigeante ; c’est sans doute, la raison pour laquelle je suis passée à côté du charme de cette histoire et j’es­père que d’autres vont l’apprécier

Citation

Genre de phrases agaçantes.

La vérité sort de la bouche des enfants(…)
Les enfants ne sont pas repré­sen­tés au gouver­ne­ment, or, nous sommes concer­nés par les déci­sions qui sont prises aujourd’­hui, car elles auront des consé­quences demain .

Les Éditions de Minuit.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

J’ai lu d’ex­cel­lentes critiques de ce roman qui enchante la sphère offi­cielle média­tique, alors que c’est un « flop » pour moi contrai­re­ment à Dasola . Il faut dire que dans la vie courante, je ne m’in­té­resse jamais à la vie des stars ni à leur bonheur, ni à leur malheur. Or ici le « Monu­ment Natio­nal » est un ancien acteur très connu. Quel­qu’un qui a beau­coup beau­coup d’argent qui le dépense sans comp­ter et qui vit dans un château. Sa femme très belle, ancienne miss côte d’azur, a adopté une petite asia­tique, elle raconte son inti­mité sur Insta­gram. Tout ce petit monde est entouré de servi­teurs plus ou moins dévoués. Toute ressem­blance avec des gens connus (Belmondo ? Johnny ? Depar­dieu ?) est voulue par l’au­teur. On profite de la moindre de leurs photos sur les réseaux sociaux et lors du décès du vieil acteur tout le monde se déchire à belles dents pour l’hé­ri­tage. Ce roman se veut une critique acerbe de notre société, les trop riches d’un côté et les pauvres de l’autre , les gilets jaunes au milieu. On y trouve aussi le confi­ne­ment qui empêche certains d’al­ler cher­cher des fonds dans les pays « offshores », et pour couron­ner le tout une « party » offi­cielle avec les Macron . Puis une montée dans la violence et une fin très étrange un peu dans le genre thril­ler. la morale est sauve : les riches deviennent pauvres mais … non les pauvres ne deviennent pas riches.

J’avais lu aussi que cette auteure (autrice pour Atha­lie) était très drôle, elle ne me fait pas rire du tout. J’ai du mal à expli­quer, je crois que de passer du temps avec ces gens creux et mani­pu­la­teurs m’a rendue triste : je n’avais pas besoin d’elle pour détes­ter la famille de Johnny, j’avoue ne pas connaître celle de Belmondo. Je suis souvent touchée par le jeu de Depar­dieu mais je ne veux rien savoir de sa vie ni de ses amitiés avec Poutine …

La richesse des stars m’est indif­fé­rente comme celle des joueurs de foot et c’est peut la raison pour laquelle je suis tota­le­ment passée à côté d’un roman qui a plu à ceux et celles qui côtoient ces stars et qui ont sans doute envie de dévoi­ler leurs plus mauvais aspects, et parler de leur richesse : on aime rare­ment ceux qui ont gagné trop d’argent surtout quand ceux-ci l’étalent sans aucune pudeur à travers les photos qu’ils laissent sur les réseaux sociaux. Je dois dire que je n’avais pas aimé un autre roman de cette auteure « Propriété privée ».

Citations

Exemple de la façon de raconter .

Sans pouvoir se passer de Domi­nique Bernard, notre mère se défiait de lui. Elle crai­gnait toujours, avec le nombre de ses rela­tions, qu’il ménage des inté­rêts concur­rents. Aussi, quand l’agent fit valoir des raisons proto­co­laires, et lui repré­senta qu’on ne pouvait s’in­vi­ter à l’Ely­sée, si célèbres soit-on, en posant tout un tas de condi­tions, elle demanda sèche­ment ce qu’il propo­sait pour satis­faire à la fois le peuple et le président.
Domi­nique Bernard n’avait pour ambi­tion que de satis­faire les artistes, plaida-t-il. Et si le bonheur d’Ambre et Serge passaient par une fête natio­nale, eh bien soit, on trou­ve­rait le moyen d’in­vi­ter le peuple à la party. Mais on ne pour­rait pas insta­gra­mer toute la soirée en direct de la prési­dence. À la place, on filme­rait une courte vidéo avec la première dame dans les jardins de l’Ély­sée. Brigitte serait enchan­tée de présen­ter ses petits enfants à la progé­ni­ture de Serge.

Évasion fiscale et l’argent .

Bien sûr, notre famille avait mis son capi­tal à l’abri. Quelques années plutôt, nos parents avaient pris conseil auprès d’un fisca­liste. Celui ci leur avait aussi­tôt fait remar­quer qu’il n’était pas raison­nable, et même tout à fait impru­dent, de lais­ser crou­pir notre argent dans le même vieux pays quand des contrées plus neuves, plus modernes, offraient des condi­tions autre­ment intéressantes.
Le fisca­liste, pour sa part, n’éprou­vait aucune réti­cence à faire appel aux banques. Seuls les pauvres vivaient de leur argent, résuma-t-il au grand salon, les gilets jaunes qui s’échi­naient à rembour­ser des agios quand la noto­riété ouvrait partout d’in­fini lignes de crédit.


Édition Calmann Levy.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

Déci­dem­ment cet auteur est attiré par la vieillesse car après » L’étoile et la vieille » voici « le vieux » !

Ce roman se divise en trois moments : la peur du Vieux de ce qu’il appelle « les bombes » c’est à dire tous ceux qui meurent autour de lui ou qui sont atteints de mala­die dégé­né­ra­tives. Il rencontre à un enter­re­ment d’une femme qu’il a aimée autre fois, la fille qu’il a élevée pendant quelques années, Camille qui est deve­nue actrice et metteur en scène. Il va croi­ser aussi Simon un jeune acteur très beau qui le ques­tionne sur le suicide assisté.
La deuxième partie tourne autour du suicide de Simon et de l’opéra que Camille et lui voulaient monter « La flûte enchanté ». Le vieux qui a monté plusieurs opéra a toujours souf­fert de n’avoir jamais réussi à monter cette œuvre de Mozart. Nous verrons comment l’équipe d’ac­teurs et de chan­teurs vont vivre ce deuil brutal et appa­raît un person­nage étrange une bretonne comme je n’en ai rencon­trée que dans des contes, qui fait des crêpes et qui racontent des légendes en parti­cu­lier autour de l’An­kou (la repré­sen­ta­tion de la mort en Bretagne), elle est la concierge du théâtre et jouera un rôle dans le suicide de Simon on décou­vrira un person­nage obsédé par la mort, très déséqui­li­bré et alcoolique.

Enfin la troi­sième partie, nous appre­nons le prénom du vieux : Jean-Michel qui vit avec une ancienne canta­trice, Mireille, et ensemble ils décident de mourir en utili­sant le suicide assisté , ensemble ils auront le COVID et ensemble, ils s’en sorti­ront et fina­le­ment ne se suici­de­ront pas.
Plusieurs thèmes se croisent dans ce roman, la repré­sen­ta­tion théâ­trale, la vieillesse et surtout la mort.

J’ai assez bien aimé la première partie, fran­che­ment détesté la deuxième avec cette bretonne sortie dont on ne sait quel imagi­naire et qui ne rend pas justice aux bretons que je connais et la troi­sième est quasi­ment insup­por­table, cette descrip­tion de ce couple qui veut mourir dans la dignité et qui, au dernier moment se raccroche à la vie m’a abso­lu­ment dégoutée .

Au moment où je rédige ce billet des bombes, des vraies celles-là, tombent sur Kiev et cela explique beau­coup mon dégoût de cette fasci­na­tion pour la mort de ceux qui ont tout pour vieillir tran­quille­ment. J’exa­gère peut-être mais c’était bien le thème de Michel Rostain, la mort et celle-ci frappe à notre porte de façon telle­ment plus terrible et l’on se rend compte que le plus souvent l’homme ne choi­sit plus rien .

Citations

La peur de l’Ehpad .

- Ce n’est pas l’état de Cathe­rine qui m’an­gois­sait, c’est l’Eh­pad : y aller me terro­ri­sait comme s’il s’agis­sait de mon prochain domicile !
« Lorsque j’ai enfin surmonté ma trouille, je suis arrivé là-bas un jour de chorale. Dans le grand salon de l’Eh­pad, une chef d’or­chestre tirait de toutes ses forces les voies épui­sés d’un demi-cercle de vieillards – vingt voix éraillées égre­nait comme elles pouvaient les sous-titres de la chan­son de Dalida qu’on leur proje­tait en mode karaoké :
» Je sais bien que tu l’adores, Bambino, Bambino
Et qu’elle a de jolis yeux, Bambino, bambino…
Mais tu es trop jeune encore, Bambino, Bambino,
Pour jouer les amoureux. »
» Cette chan­son qui clau­di­qué, lento, mollo, pas sano du tout, c’était à pleu­rer. Cathe­rine était la, hagarde au milieu de cette assem­blée de fauteuils roulants, et alors je me suis vu, je t’as­sure… vu à côté d’elle, en survêt lamen­table, édenté et gâteux. la vraie bombe, c’est celle-là, celle qui ne me tuera pas et me main­tien­dra en vie mais en ruine !
Coup de massue supplé­men­taire, un des choristes a fait rouler son fauteuil jusqu’à moi pour deman­der : « c’est vous le nouveau ? » Et j’ai soudain réalisé pour­quoi pas moi en effet ? après tout j’ai l’âge régle­men­taire pour dépo­ser un dossier d’ad­mis­sion dans un Ehpad. (Cathe­rine et moi, on est nés la même année !) 

J’ai souvent entendu cette remarque.

Même vides, les salles de théâtre ne sont jamais désertes. Les notes qu’on y a chan­tées, les pages qu’on y a dites, les âmes qui ont dansé sur la scène ont toutes laissé un bout d’elles-mêmes. Il suffit de fermer les yeux et d’écou­ter, les Théâtres palpitent tout le temps de milliers d’émotions


Édition l’aube, traduit du norvé­gien par Domi­nique Kristensen

J’avais été très atti­rée par ce que m’avait annoncé Babe­lio : une plon­gée dans une famille norvé­gienne. L’an­nonce est tenue et je croyais alors retrou­ver les mêmes sensa­tions d’exo­tisme que dans les séries qui viennent des pays du nord, que ce soit « Rita » qui m’a fait décou­vrir l’en­sei­gne­ment au Dane­mark ou « notre grande famille » qui décrit les familles recom­po­sées en Suède.

Quelle décep­tion, certes nous sommes bien chez les Norvé­giens et regar­dez bien la photo de la couver­ture du livre, le contenu est aussi vivant que la photo !

D’abord ne vous atten­dez pas à une seule note d’hu­mour, il y en a aucune. Ne croyez pas non plus que l’on vous épar­gnera la moindre évolu­tion dans la psycho­lo­gie des trois person­nages prin­ci­paux, vous boirez le calice jusqu’à la lie.
Je raconte rapi­de­ment le début – enfin le début si on veut car cela n’est dit qu’à la page 100- le père et la mère de trois enfants adultes vont divor­cer. Bizar­re­ment, ils l’an­noncent à l’an­ni­ver­saire des 70 ans du père alors que celui ci a invité tout le monde en Italie. Les trois enfants sont complè­te­ment pertur­bés et nous voilà partis sur 300 autres pages à parta­ger les diffi­culté de Liv la fille ainée, d’El­len la cadette et de Hakon le plus jeune. Rien ne vous sera épar­gné , ni les jalou­sies de l’en­fance, ni les diffi­cul­tés de couples des uns et des autres, ni la diffi­culté de faire l’amour quand cette fonc­tion ne sert qu’à avoir un enfant qui ne vient pas.

À aucun moment un des trois enfants ne cherchent à comprendre les parents, ils sont surtout extrê­me­ment en colère, furieux que leur modèle paren­tal s’écroule. Ah oui, j’ou­bliais de vous le dire, en plus d’être terri­ble­ment ennuyeux, ils sont tota­le­ment inin­té­res­sants. J’avais envie de mettre des claques à tout ce petit monde qui vit sans soucis d’argent ni de travail, ils occupent visi­ble­ment des postes très inté­res­sants et quand ils en en ont assez du climat et des autres Norvé­giens qui sont peut être tous à leur image, ils vont passer une petite semaine à Rome !

Bref un livre terri­ble­ment ennuyeux et j’es­père que la Norvège vaut mieux que ça

Je n’ai noté qu’un passage (c’est toujours mauvais signe)

Citation

l’écologie en Norvège.

Mon faible enga­ge­ment pour l’en­vi­ron­ne­ment est déso­lant, je trie mes déchets par devoir, mais je ne crois abso­lu­ment pas que le fait qu’une mino­rité de ménages norvé­giens de la classe moyenne trie conscien­cieu­se­ment la nour­ri­ture et le plas­tique dans les sacs verts et bleus ‑ou l’in­verse- soit d’une utilité quel­conque surtout depuis mon voyage en Asie pour un repor­tage au cours duquel j’ai parcouru les rues de Katman­dou ou de New Delhi en patau­geant dans les ordures. Je ne le dis jamais ouver­te­ment, et je parti­cipe bien sûr au tri sélec­tif ‑c’est acquis une fois pour toutes, les petits ruis­seaux font les grandes rivières.

Édition « roman­Bel­fond » . Lu dans le cadre de masse critique de Babelio

Mais pour­quoi diable me suis-je lais­sée tenter par ce titre ? En lisant la présen­ta­tion, j’ai cru que j’allais décou­vrir un aspect que je connais­sais mal de la carrière de Clark Gable à savoir, son enga­ge­ment dans l’aviation pendant la seconde guerre mondiale. J’ai été élevée par une mère qui adorait cet acteur et j’ai partagé son enthou­siasme pour le célèbre film « Autant en emporte le Vent » , et à mon tour j’ai fait aimer ce film à mes filles. Je me suis pâmée d’amour pour Rhett Butl­ler mais je dois dire plus dans le roman que dans le film. (Tant pis pour Clark !)
Bien sûr ce roman parle de Cark Gable, mais le prin­ci­pal sujet de ce récit c’est le projet qu’aurait eu Hitler de s’emparer de ce célèbre acteur pour renfor­cer le pres­tige du troi­sième Reich et de son Führer. Le début de l’en­ga­ge­ment de l’ac­teur dans l’avia­tion améri­caine doit être assez proche de la réalité, mais son aven­ture en France et en Alle­magne est de la pure fiction. Ce n’est là que pour permettre à l’au­teur quelques chapitres sur la résis­tance fran­çaise et tout le roman est construit ainsi, un mélange de la réalité histo­rique avec une fiction digne d’un film de guerre Holly­woo­dien, c’est sans doute ce que voulait l’au­teur, peut-être que d’autres que moi accep­te­ront son parti pris.
L’auteur part dans une succes­sion d’aventures avec, comme arrière fond, les horreurs de la guerre menée par les nazis. Le mélange de la réalité histo­rique et de la fiction m’a mise très mal à l’aise. Les aven­tures d’Eva Braun avec un bel offi­cier SS m’ont semblé être une entre­prise de raco­lage pour pimen­ter un peu plus les récits habi­tuels sur ce qu’il se passait dans l’entourage d’Hitler, les diffé­rentes scènes sexuelles n’ont pas d’autre inté­rêt selon moi.
À partir de ce moment, je me suis déta­chée du projet de l’écrivain et tout me semblait faux, je lui en voulais d’avoir pris ce cadre histo­rique chargé des horreurs les plus insou­te­nables de l’his­toire de l’hu­ma­nité, pour donner vie à son imagi­na­tion. Tout ce qu’il raconte : la bataille de Stalin­grad, l’extermination des popu­la­tions juives dans les pays baltes, la consom­ma­tion de drogue par Hitler tout cela est vrai et est connu mais se servir de ce décor pour une histoire d’amour entre Eva Braun et son bel offi­cier, pour imagi­ner la capture puis l’évasion de Clark Gable c’est pour moi à la limite de l’indécence.
Bref un flop total et je retrouve ma ques­tion du début : Pour­quoi me suis-je lais­sée tenter ?

Citations

La pervitine

Déve­lop­pée dès l’au­tomne 1937 par la firme phar­ma­ceu­tique Temm­ler, la Pervi­tine a d’abord été acces­sible à toute la popu­la­tion alle­mande sans restric­tion. On la trouve alors au coin de la rue, dans son offi­cine habi­tuelle. Par la suite, elle est massi­ve­ment distri­buée aux soldats de la Wehr­macht qui, en atta­quant la Pologne puis la France avec une sauva­ge­rie inouïe, ont prouvé son effi­ca­cité. Le concept de « guerre éclair » est né. Les troupes de choc parcourent des dizaines de kilo­mètres par jour, galva­ni­sées par cette substance qui leur confère un senti­ment d’in­vin­ci­bi­lité. Elles attaquent avec rage, comme possé­dées, terro­risent l’en­nemi qui ne peut que battre en retraite devant tant de déter­mi­na­tion et de violence .

Un peu ce que j’attendais de ce roman.

Il se rappelle soudain une scène qui l’a marqué trois ans aupa­ra­vant. Lors de la première mondiale d » »Autant en emporte le vent », au Fox théâtre d’At­lanta, l’ac­trice afro-améri­caine Hattie McDa­niel, qui incar­nait une domes­tique, n’a pas été auto­ri­sée à assis­ter à la projec­tion. Pour la soute­nir, Gable a menacé de rester chez lui. Elle l’a supplié de reve­nir sur sa déci­sion pour ne pas gâcher la soirée. L’ac­teur à obtem­pé­rer. Deux mois plus tard, le 29 février 1940, Hattie McDa­niel rempor­tait l’os­car de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa pres­ta­tion dans ce film qui devien­dra le plus grand succès de tous les temps. Là encore, elle avait dû emprun­ter une entrée réser­vée aux gens de couleur pour parti­ci­per à la céré­mo­nie. Dans la salle, elle avait même dû s’as­seoir au dernier rang , à bonne distance de l’équipe du film.

Édition Galli­mard Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard  Si vous obser­vez bien la photo, vous verrez que ces petits livres sont signés des noms de poètes dont il sera beau­coup ques­tion dans ce roman. Baude­laire, Verlaine et Rimbaud et les nombreux Haïkus qui rythment ce roman à l’écri­ture si parti­cu­lière. Je n’ai pas adhéré à cette lecture, mais je recon­nais que c’est un extra­or­di­naire travail d’écri­ture. Si Fran­çois-Henri Désérable ne vous embarque avec son style parti­cu­lier, son histoire d’amour perd tout son charme. C’est diffi­cile d’ex­pli­quer pour­quoi on ne part pas dans un roman. Il faut d’abord que je dise que les conti­nuelles réfé­rences à la culture litté­raire m’agacent prodi­gieu­se­ment. Je sais que j’en ai raté beau­coup car cela ne m’amuse pas et j’ai trouvé que son roman fonc­tion­nait comme un jeu pour des lecteurs « culti­vés » : à qui en trou­ve­rait le plus. Ensuite l’his­toire m’a semblé très arti­fi­cielle, ces person­nages avaient beau s’ai­mer, je ne trou­vais ni leur âme ni leur sensi­bi­lité dans cette histoire passion­nelle. Bref un roman qui n’est pas pour moi mais qui a obtenu le prix de l’Aca­dé­mie Fran­çaise. Le poème dont est extrait le titre : 

Es-tu brune ou blonde ? Sont-ils noirs ou bleus, Tes yeux ? Je n’en sais rien mais j’aime leur clarté profonde, Mais j’adore le désordre de tes cheveux.

Es-tu douce ou dure ? Est-il sensible ou moqueur, Ton coeur ? Je n’en sais rien mais je rends grâce à la nature D’avoir fait de ton coeur mon maître et mon vainqueur.

Fidèle, infi­dèle ? Qu’est-ce que ça fait, Au fait Puisque toujours dispose à couron­ner mon zèle Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.

Paul Verlaine

Citations

Jeu des références littéraires

Elle n’était pas du tout son genre ; il n’avait jamais été le sien. Ils n’avaient rien pour se plaire ; ils se plurent pour­tant, s’ai­mèrent, souf­fri­ront de s’être aimés, se désai­mèrent, souf­fri­ront de s’être désai­més, se retrou­vèrent et se quit­tèrent pour de bon .

Je connais des gens avec la même pathologie

Elle disait souf­frir depuis plusieurs années d’une patho­lo­gie qu’elle crai­gnait irré­ver­sible, elle omet­tait de prendre en compte « le temps de trajet ». Elle ne partait de chez elle qu’à l’heure où elle était atten­due, comme si, d’un claque­ment de doigts, elle pouvait se retrou­ver sur le lieu de rendez-vous où elle arri­vait en géné­ral en retard d’un quart d’heure, parfois plus, jamais moins ‑elle ratait des trains, elle offus­quait des gens, c’est comme ça, mon vieux, il faut t’y faire, disait Tina.

Petite remarque assez juste

Alber­tine viens d’avoir dix huit ans : elle a décro­ché le bac, une mention assez bien avec un 18 en fran­çais, c’est l’été, elle n’est pas sûr de savoir ce qu’elle veut faire à la rentrée, elle hésite entre une fac de lettres et ne rien foutre, certains prétendent que c’est un peu la même chose.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard  Je vais, comme d’ha­bi­tude mettre des cita­tions ou plutôt des extraits à la fin de mon billet. L’une prise au début et l’autre à la fin. Mais entre ces deux extraits, il ne se passe vrai­ment pas grand chose sinon une ambiance à laquelle j’ai été un peu sensible. Nous sommes en 1912, en février, un homme va s’élan­cer de la tour Eiffel pour tester sur lui-même son para­chute destiné à sauver les avia­teurs dont les aéro­nefs avaient la mauvaise habi­tude de se crasher en tuant leur pilote. La presse était conviée, c’est le début du cinéma et c’est pour cela que l’on a un petit film où l’on voit cet homme mourir sous les yeux du public. Comme l’écrivain, j’éprouve une sensa­tion très forte devant l’hésitation de Franz Reichelt avant de se lancer tête bais­sée vers sa mort mais cela ne suffit pas à créer un roman. L’au­teur a recher­ché qui était Franz Reichelt, cet immi­gré venu de Bohème, tailleur de son métier. Mais on ne sait rien de lui, alors Étienne Kern raconte la vie des immi­grés venant des pays de l’est Pologne ou Bohème et l’en­goue­ment pour l’avia­tion mais aussi les dangers mortels que cela repré­sen­tait pour ces « fous volants ». L’am­biance à Paris est assez bien rendue, mais j’ai trouvé ce roman très vide et je me suis demandé pour­quoi il avait été écrit. En tout cas, je suis complè­te­ment passée à côté de son inté­rêt. Lors de la discus­sion du club, plusieurs lectrices avaient trouvé du charme à la vie du person­nage et ont bien défendu ce roman. En revanche, un parti­ci­pant – oui un homme parti­cipe à nos discus­sions ! – n’a pas du tout aimé ce livre repro­chant surtout le style de l’écrivain. 

Citations

Le début

4 février 1912, au petit matin. Une tren­taine de personnes s’étaient rassem­blées là, devant la tour Eiffel. Des poli­ciers, des jour­na­listes, des curieux. Tous levaient les yeux vers la plate-forme du première étage. De là-haut, le pied posé sur la rambarde, un homme les regar­dait. Un inventeur.
Il avait trente-trois ans. Il n’était pas ingé­nieur, ni savant. Il n’avait aucune compé­tence scien­ti­fique et se souciait peu d’en avoir.
Il était tailleur pour dames. 
Il s’ap­pe­lait Franz Reichelt. 

la fin

Pour la dernière fois, je lance la vidéo. Tu es là, face à nous, immobile.
Tu décroises les bras et, lente, silen­cieuse comme la mort qui vient, la céré­mo­nie reprend : je retrouve tes gestes, le mouve­ment des pieds, ton corps qui tourne sur lui-même, ton sourire quand tu portes la main à ta casquette. Chaque seconde, désor­mais, est compté. Te voici déjà sur la chaise, un pied sur la rambarde.
Les deux autres hommes sont sortis du champ. Tu es seul. Seul face au vide. Le sacri­fice humain se prépare ; tu es le prêtre et la victime.
Ta mort est devant toi. Elle se dit au futur. Tu es mort mais tu vas mourir encore.
Tu te penches, recules, te courbes vers l’avant puis recules à nouveau. Ce léger repli du tissu, dans ton dos, c’est l’ins­tant, nous y sommes. 

Édition Albin Michel. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. Il fallait mon club de lecture pour que j’aille vers ce livre et que je le finisse même si à la fin, je le parcou­rais plus que je ne le lisais. Je dois dire qu’à la façon dont notre biblio­thé­caire nous avait présenté ce roman, je me doutais qu’il ne me plai­rait pas : « C’est un écri­vain de la région, et il a situé son roman dans une station balnéaire qui pour­rait être la nôtre. » Ce roman se passe dans la région vanne­taise et parle d’amour, celui que l’on fait et celui qu’on n’éprouve pas pour un fiancé choisi par son père pour sauver les affaires fami­liales, bien mal en point. Tout n’est que lieux communs dans ce roman, quand on quitte un moment convenu, c’est pour aller vers un autre : la fian­cée qui ne décide rien de sa vie, le patron qui se croit supé­rieur et méprise tout le monde, le noble du coin revenu de tout, L’amour pour les chiens et les chats, la gouver­nante au grand coeur fidèle à la famille, la chasse où il ne faut pas tuer les animaux, le Yacht-club où le petit monde de notables de province se pavane… Bref, je ne conseille ce livre qu’aux Pari­siens qui veulent se persua­der que la vie en province n’a pas changé depuis le XIX° siècle (mais vrai­ment Flau­bert ou Maupas­sant vous en appren­dra plus). Ou aux provin­ciaux qui veulent comprendre pour­quoi on cherche à les cari­ca­tu­rer de cette façon. Mais surtout, je ne le conseille ni à ceux et celles qui aiment qu’un roman les accroche par le style, l’hu­mour, ou la réalité sociale vue sous un angle origi­nal. L’avez-vous deviné ? Je n’ai pas du tout aimé cette lecture. Et lors de notre discus­sion au club de lecture, toutes les lectrices étaient de mon avis. 

Citations

Cliché !

En douce, Louise se glisse dans le hangar où s’ag­glu­tinent avec gravité des bons­hommes un peu rougeauds, en panta­lon blanc, blazer à boutons dorés, cravates aux rayures lichen et rose Mount­bat­ten. Ce sont les digni­taires du yacht club du Guénic-sur-Vilaine. On dirait une chorale de pépères. Flan­qués de leurs dames en robe à fleurs et de leurs enfants que Louise côtoie sans les aimer à la faculté de droit de Vanne, ils semblent inti­mi­dés, presque apeurés.

L’amour

L’un et l’autre sont comme deux enfants perdus qui se repèrent et sentent , sans se l’être encore dit , qu’ils seront moins malheu­reux ensemble.

Je n’invente rien ! (Hélas !)

- Qu’at­tends-tu d’une épouse ? Lui avait, demandé le prêtre qui le prépare au mariage.
- Qu’elle soit sûre, avait-il répondu. Qu’elle me fasse de l’usage. 
On avait ri. Le prêtre avait voulu ne voir dans cette réponse qu’une ode à la fidé­lité. Pour laquelle on avait prié.

Éditions Gall­meis­ter. Traduit de l’amé­ri­cain par Fran­çoise Happe Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard  Le club de lectures me conduit à lire des livres que je ne choi­si­rai jamais, et souvent ce sont de bonnes surprises. Ici il s’agit d’un roman poli­cier, on ne peut plus clas­sique, et, ce fut un vrai pensum pour moi. Le seul inté­rêt réside dans le suspens ce qui entrave toujours ma lecture. J’ai essayé de jouer le jeu et de ne pas commen­cer le roman par la fin mais pas de chance les ficelles sont si grosses que j’ai immé­dia­te­ment compris de quoi il s’agis­sait. Comme l’en­quê­teur est un person­nage récurent on sait qu’il ne va pas mourir puis­qu’il doit être dispo­nible pour les autres enquêtes. Calhoun est un homme amné­sique qui a été un agent très perfor­mant d’une agence secrété améri­caine. Même s’il ne se souvient de rien ses réflexes d’en­quê­teurs sont parfaits et donc la même agence l’uti­lise pour résoudre une affaire étrange dans laquelle un de leurs hommes a trouvé la mort. Ce qui est bizarre c’est qu’on l’a retrouvé avec une balle en plein coeur alors qu’il était déjà mort de botu­lisme à côté d’une jeune femme morte dans les mêmes condi­tions. J’es­pé­rais qu’en dehors de cette enquête sans le moindre inté­rêt, j’al­lais me plaire dans des paysages somp­tueux du nord améri­cain. Mais à part une partie de pêche rien n’est venu égayer cette lecture. Je vais sans aucun doute choquer touts les amateurs du genre et de cette pres­ti­gieuse maison d’édi­tion, mais je le redis les polars dont l’intérêt ne réside que dans le suspens, ce n’est vrai­ment pas pour moi. 

Citations

Humour, choix des mouches et psychologie des poissons

Il y a des jours, dit Calhoun en hochant la tête, ils restent là sans bouger et ils se disent, je mordrais à rien, sauf si c’est une Matuka jaune avec trois bandes de Flasha­bou de chaque côté, fixée à un hame­çon Lime­rick 4XL avec du fil blanc. D’au­tre­fois, ils vont attendre une Black Ghost Carrie Steven toute la jour­née, et s’ils s’aper­çoivent que ce n’est pas une authen­tique, ils disent : Bn, je laisse tomber, ils préfèrent rester sur leur faim. 
Fallows fronça les sour­cils comme s’il se disait qu’on était peut-être en train de se payer sa tête, mais il n’en était pas sûr.
- Stoner a raison, dit Kate. On emporte jamais trop de mouches parce que, comme vous l’avez dit, on ne sait jamais ce que les pois­sons pour­raient penser.

Édition Belfond. Traduit de l’anglais(États-Unis) par Cathe­rine Gibert . Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard  Je pensais avoir fait un billet sur « Il faut qu’on parle de Kevin », mais visi­ble­ment non alors que j’ai lu . En revanche j’ai chro­ni­qué et peu appré­cié « Double-Faute« de la même auteure. Je suis déçue par cette lecture qui pour­tant commen­çait bien : un couple de sexa­gé­naires se trouve à la retraite devoir résoudre la ques­tion qui traverse tant de couples : Que faire de tout ce temps libre que l’on doit main­te­nant passer ensemble, sans le travail ni les enfants ? La femme était une grande spor­tive elle a complè­te­ment détruit les carti­lages de ses genoux à force de courir tous les jours, l’homme au contraire n’a prati­qué aucun sport mais vient de se faire virer de son boulot à la ville car il s’est opposé à une jeune femme noire qui est une spécia­liste du « Woke » à défaut se s’y connaître en urba­nisme. Le roman commence par son annonce surpre­nante et qui m’a fait croire que j’al­lais aimer ce roman : il annonce à sa femme qu’il va courir un mara­thon. Sa femme vit très mal cette nouvelle passion de son mari. D’ailleurs cette femme vit tout très mal, il faut dire qu’il n’y a rien de très réjouis­sant dans sa vie. Sa fille est confite en reli­gion et en veut terri­ble­ment à sa mère, son fils est délin­quant et sans doute dealer, et elle souffre le martyre tout en conti­nuant à s’imposer le maxi­mum d’efforts physiques que son corps peut suppor­ter. Tout cela pour­rait faire un bon roman, mais moi je m’y suis terri­ble­ment ennuyée. Comme pour beau­coup d’auteurs nord-améri­cains c’est beau­coup trop long, mais ce n’est pas la seule raison. Cette écri­vaine ne sait résoudre les problèmes de ses person­nages qu’à travers des dialogues qui s’étirent en longueur. Cela a provo­qué chez moi une envie d’en finir au plus vite avec cette lecture. Il faut dire aussi que je n’étais bien, ni avec la femme, ni avec son mari et son coach Bambi abso­lu­ment insup­por­table, ni avec la fille confite en reli­gion qui va faire le malheur de tous ses nombreux enfants. Je n’ai toujours pas compris ‑mais je l’avoue ma lecture a été très rapide à partir de la moitié du roman- pour­quoi après tant d’événements qui déchirent ce couple, ils restent ensemble fina­le­ment. Ce n’est donc pas une lecture que je peux conseiller, mais si ce roman vous a plu, je lirai volon­tiers vos billets. 

Citations

C’est bien vu

- Ce qui m’agace à propos de ces expres­sions subi­te­ment ubiquitaires… 
Tommy n’al­lait pas deman­der la signi­fi­ca­tion de « ubiquitaire »
- … c’est-à-dire celles que soudain tout le monde emploie, ajouta Sere­nata, c’est seule­ment que ces gens qui balancent une expres­sion à la mode a tout bout de champ sont persua­dés d’être hyper bran­chés et plein d’ima­gi­na­tion. Or on ne peut pas être bran­chés et plein d’ima­gi­na­tion. On peut être ringard et sans imagi­na­tion ou bien bran­ché et conformiste.

Bizarreries du couple

En fait, toute honte bue, Sere­nata était en train de se servir de leur fille diffi­cile pour réveiller un senti­ment de cama­ra­de­rie entre-eux. Ils s’étaient sentis tous les deux maltrai­tés, avaient tous les d’eux été sidé­rés par le sombre grief que leur fille entre­te­nait contre eux et tous les deux déses­pé­rés de son adhé­sion à l’Église du Sentier Lumi­neux, dont les fonda­teurs igno­raient certai­ne­ment qu’il s’agis­sait du nom d’une orga­ni­sa­tion terro­riste péru­vienne. Unis dans la conster­na­tion, ils n’en demeu­raient pas moins unis, et elle ne se sentait même pas coupable d’éta­ler effron­té­ment l’his­toire incon­sé­quente de Vale­ria pour faire émer­ger une soli­da­rité. les chagrins devaient avoir leur utilité.