Édition Presse de la Cité. Traduit du japo­nais par Jean-Baptiste Flamin

C’est avec « Treize marches » que j’avais décou­vert cet auteur et malgré la clas­si­fi­ca­tion thril­ler de celui-ci et ses 740 pages je m’étais promis de le le lire. Voilà qui est fait mais je ne suis pas certaine de relire de sitôt un thril­ler ! Les trois coquillages s’expliquent par ma grande diffi­culté à lire un roman où le ressort essen­tiel est dans le suspens. Mais si cela ne vous dérange pas, préci­pi­tez vous sur cet énorme roman, car dans le genre il doit être bien­fait et le côté « science à peine fiction » fonc­tionne bien. Pour une fois, le point de vue n’est pas améri­cain mais japo­nais et ça change pas mal de choses. D’abord sur les révé­la­tions des pratiques peu glorieuses des services secrets améri­cains. Par exemple : les lieux de tortures et d’assassinats des personnes soup­çon­nées de terro­risme, pour respec­ter les règles du droit améri­cain ces prisons sont dans des pays étran­gers. Le plus grand scan­dale c’est certai­ne­ment la guerre en Irak qui a laissé cette région complè­te­ment dévas­tée. Un jour où l’autre les États-Unis seront jugés pour avoir déclen­ché une guerre sous un prétexte qu’elle savait faux. Dans ce roman, il y a quelques person­nages posi­tifs des hommes désin­té­res­sés qui œuvrent pour le bien­fait de l’humanité et qui prennent des risques incroyables pour réus­sir à créer un médi­ca­ment qui sauvent des enfants atteints d’une mala­die rare, ce sont des scien­ti­fiques japo­nais, et c’est très amusant de voir les rôles habi­tuel­le­ment tenus par des améri­cains donnés à de jeunes nippons.
Je dois évoquer le côté science fiction du roman.Un enfants est né dans une tribu pygmée dans la forêt afri­caine au Congo avec une tête très bizarre mais surtout des capa­ci­tés cogni­tives complè­te­ment hors normes. Une expé­di­tion orga­ni­sée par la CIA sous la respon­sa­bi­lité directe du président des États-Unis veut abso­lu­ment liqui­der cet enfant. Comme tout roman de science-fiction celui-ci repose sur une ques­tion inté­res­sante que ferait notre espèce à l’arrivée d’une muta­tion d’hommes avec des capa­ci­tés nous dépas­sant complè­te­ment. Dans ce roman tout est mis en œuvre pour la détruire et cela permet de décrire tous les plus mauvais côtés de la puis­sance améri­caine, relayée par les pires instincts de violence des humains plon­gés dans les guerres tribales. Les violences dans les villages afri­cains sont à peine soute­nables et hélas elles ne sont pas loin de la vérité. Bref, 750 pages de tensions et d’horreurs de toutes sortes, ce n’est vrai­ment pas pour moi. Mais je suis quand même contente de l’avoir lu car je trouve que cet auteur pose de bonnes ques­tions, et n’hésite pas à décrire ce qui d’habitude est soigneu­se­ment dissi­mulé. Après la peine de mort du Japon, (dans treize marches) voici les pratiques de la CIA améri­caine, l’humanité est vrai­ment loin d’être un havre de paix !

Citations

Le personnage principal japonais.

Kento n’avait pas décidé de conti­nuer en docto­rat parce que le monde de la recherche l’at­ti­rait, mais parce qu’il n’avait plus se résoudre à rentrer dans celui du travail. Au contraire, depuis son premier jour à l’uni­ver­sité, Kento ne s’était jamais senti à sa place, comme s’il s’était trompé de voie. Il n’avait pas éprouvé une once d’in­té­rêt pour la phar­ma­cie ou la synthèse orga­nique. Comme il ne pouvait rien faire d’autre, il s’était rési­gné à pour­suivre, sans plus. Si rien ne chan­geait, dans vingt ans, il serait devenu un de ces cher­cheurs ennuyeux ayant trouvé refuge dans une niche, comme son père.

Les rapports amoureux chez les scientifiques (Humour)

- On s’ap­proche, on s’éloigne, sans jamais se heur­ter. Une vraie liai­son de van der Waals.
- Ah, le plai­gnit Doi. Dommage.
- Et toi, tu as quel­qu’un ? Il y a une fille mignonne dans mon labo. Avec elle c’est plutôt une liai­son métal­lique. On bouge comme des atomes dans un groupe sans parve­nir à se toucher. 
- Ce serait bien si je pouvais avoir une petite liai­son covalente…
-Pareil…

Le danger

Le conseiller scien­ti­fique avait mesuré avec justesse l’am­pleur de la menace biolo­gique née dans la jungle congo­laise. Cette menace c’était « le pouvoir » . Ce qu’il fallait craindre, ce n’était ni la force destruc­trice de la bombe nucléaire ni le poten­tiel des tech­no­lo­gies et des sciences les plus avan­cées, mais la puis­sance intel­lec­tuelle qui les engendrait.

La guerre des drones

La brusque onde de choc l’as­saillit par-derrière trans­perça tout son corps, la vague de chaleur et le souffle embrasé le firent voler en avant.

Il tomba la tête la première dans un ruis­seau, ce qui lui évita de perdre conscience. Il ne récolta que des éraflures au visage. L’ex­plo­sion l’avait rendu sourd, il se tapota les côtés du crâne pour tenter de retrou­ver l’ouîe. Il se releva, se retourna, et là, à cinquante mètres de l’en­droit qu’il avait foulé quelques secondes plus tôt, décou­vrit un gigan­tesque cratère, bordée d’ar­bris­seaux apla­tis par le souffle.
Yeag­ger se coucha à plat ventre, dégaina son fusil, sans la moindre idée du point de tir de les nuits. Il leva fina­le­ment les yeux, regarda à travers les branches qui recou­vraient sa tête, et frémit. L’en­nemi était dans le ciel. À six cents mètres d’al­ti­tude un Preda­tor, drone de recon­nais­sance armée, avait lancé un missile anti­char Hell­fire. Son pilote avait déclen­ché ses flammes infer­nales depuis une base de l’ar­mée de l’air situé dans le Nevada : un dispo­si­tif de pilo­tage semblable à une console de jeux lui permet­tait de manœu­vrer cet engin à distance, de l’autre côté du globe.

Ce passage résonne aujourd’hui :

Il y a entraide parce qu’il est lucra­tif de s’en­trai­der. Un exer­cice simple : l’aide publique au déve­lop­pe­ment des pays indus­tria­li­sés n’a d’autre but que de permettre à terme d’in­ves­tir dans les pays en déve­lop­pe­ment. Tôt ou tard, l’Afrique sera suffi­sam­ment déve­lop­pée pour garan­tir assez de ressources et de consom­ma­teurs. Allons plus loin : prenez les trai­te­ments médi­caux. Dans ce domaine le profit passe avant tout le reste, même dans le déve­lop­pe­ment de trai­te­ments contre les mala­dies graves. Les remèdes aux infec­tions les plus rares ne sont pas déve­lop­pés faute de débou­chés assez juteux.

Édition Le livre de poche. Traduit de l’es­pa­gnol par Isabelle Gugnon

Je dois ce roman à Violette , et, vingt pages plus tard, j’ai bien failli le lais­ser tomber. J’ai relu son billet et je me suis accro­chée, je dois l’avouer ce roman a fini par me plaire, il est, pour moi, un excellent roman poli­cier. C’est la preuve que la blogo­sphère fonc­tionne bien, elle peut me faire sortir de ma zone de confort. Qu’est ce que j’ap­pelle un « excellent » poli­cier ? Un roman où tous les fils finissent par se réunir et donner une logique au récit. Pour moi, peu importe que l’on devine ou pas la chute finale, ce que j’aime c’est de voir que tout rendre dans l’ordre à la fin. Et ici ce n’était pas gagné ! Car nous sommes dans le cerveau d’un homme malade qui souffre de ne pas se souve­nir de ce qu’il a fait exac­te­ment. Si j’ai failli lais­ser tomber c’est que j’étais partie sur une autre intrigue, en effet, je pensais partir avec quel­qu’un qui n’avait plus rien à perdre. C’est une ques­tion que je me pose parfois : qu’est ce que je chan­ge­rai à ma vie si je connais­sais l’heure de ma mort ? Est ce que comme Ted j’ac­cep­te­rai de commettre un meurtre d’une crapule finie qui a échappé à la justice ? Mais ce n’est pas du tout le sujet du roman. Il raconte la recons­ti­tu­tion de la mémoire de quel­qu’un qui a commis un fait très grave. L’au­teur très habi­le­ment nous fait passer par des moments très diffé­rents : on croit Ted, le person­nage prin­ci­pal, parfois victime d’un complot où tout le monde se ligue contre lui et parfois très logi­que­ment, on a peur qu’il ne soit une véri­table crapule respon­sable de meurtres en série.

La quatrième de couver­ture parle d’ana­lo­gie avec Shut­ter Island. Je suis d’ac­cord, on retrouve cette même angoisse latente. Sauf qu’ici on sait très vite que le person­nage prin­ci­pal est dans un hôpi­tal psychiatrique.

Un moment de lecture très prenant et à mon tour, je recom­mande la lecture à tous les amateurs du genre (entre polar et thriller).

Citations

La folie et le terrain de basket

Regarde ce terrain de basket. Il y a deux côtés clai­re­ment diffé­ren­ciés et sépa­rés par une ligne. C’est la même chose entre le monde réel et le monde de la folie. Soit tu as toute ta tête, soit tu es fou, c’est l’un ou l’autre fois tu joues dans une équipe ou dans l’autre, et si tu es enfermé ici, si tu as de la chance, si les médi­ca­ments fonc­tionnent et si les docteurs iden­ti­fient ton problème et appliquent le bon trai­te­ment, tu pour­ras peut-être chan­ger d’équipe, au moins un moment. Mais tu ne peux pas jouer dans les deux équipes à la fois, tu comprends 
Tu vois le rond au milieu du terrain ? C’est une zone inter­mé­diaire. J’aime cette analo­gie, je n’y avais encore jamais pensé. Souvent je m’as­sois ici et je réflé­chis à tout ça. Ce rond est la porte qui relie les deux mondes, l’en­droit on n’est pas censé être, parce que, préci­sé­ment, on ne peut pas jouer dans les deux équipes. Pour­tant il y a des gens comme toi, moi ou Espo­sito, qui y restent pendant une période plus ou moins longue. Ils sont devant la porte. Bien entendu ce n’est pas ce qu’il y a de mieux. Le rond est dange­reux, ajouta-t-il après avoir marqué une pause. Les deux mondes y coexistent.

Le cerveau malade raconté par un autre malade

Ted ce que je viens de te dire est vrai, ton cerveau guérira et ouvrira cette porte le moment venu. Tu te souvien­dras de ton ami et des raisons pour lesquelles tu l’as frappé. Tous ces .… « cycles » dont tu m’as parlé sont une tenta­tive de ton esprit pour fabri­quer une illu­sion qui te protège, comme les toiles de fond des décors au théâtre. Quand l’illu­sion dispa­raî­tra, tu verras ce qui se cache derrière. L’opos­sum t’y conduira quand tu seras prêt, mais atten­tion, ça peut se révé­ler dangereux.

Édition 1018 traduit du japo­nais par Jean-Baptiste Flamin

Je dois cette lecture à Dasola et mes cinq coquillages seront, je l’es­père, une inci­ta­tion pour que ce livre extra­or­di­naire trouve un large public parmi mes amies blogueuses et amis blogueurs. Ce roman remplit trois fonc­tions, décrire avec minu­tie les ressorts de la justice japo­naise (depuis l’af­faire Carlos Gohn, on a tous l’idée que ce n’est pas facile de sortir de ses griffes), une réflexion très four­nie sur la peine de mort, et enfin un thril­ler bien construit. Pour moi, c’est ce dernier aspect que j’ai trouvé le moins inté­res­sant, mais sans doute parce que je suis peu adepte du genre. En revanche la descrip­tion de la justice japo­naise m’a abso­lu­ment passion­née. Le roman débute dans le couloir de la mort, à neuf heures du matin, c’est l’heure où, lorsque l’on entend des pas se rappro­cher de la cellule où on est enfermé, cela peut être ceux des gardiens qui viennent cher­cher le condamné qui doit alors être exécuté. Ryô Kihara écoute et on imagine sa souf­france puis­qu’il est condamné à la pendai­son, puis les pas passent et ce n’est pas pour lui pas cette fois… Après cette scène, il est impos­sible que vous ne vouliez pas en savoir plus ; alors vous suivrez la levée d’écrou de Jun’i­chi qui part en condi­tion­nelle après avoir fait deux ans de prison pour avoir tué acci­den­tel­le­ment un homme dans un bar. Ce départ se fait selon un rituel où le condamné ne doit son départ vers la liberté qu’à une atti­tude où il montre à quel point il se repent pour tout le mal qu’il a fait. Toute la justice japo­naise est là, il ne sert à rien de clamer son inno­cence, il faut montrer qu’on a changé, que la prison vous a changé et que vous ne recom­men­ce­rez jamais. C’est pour cela que l’on voit à la télé­vi­sion, s’hu­mi­lier devant le pays des grands patrons ou des diri­geants poli­tiques. Ils peuvent repar­tir libres car ils recon­naissent à la fois leur culpa­bi­lité et les bien­faits de la justice japo­naise qui a œuvré pour leur bien et celui de la société. (Tout ce que Carlos Gohn n’a jamais voulu faire.). Enfin grâce à Shôgi Nangô, le gardien de prison qui va recru­ter Jun’i­chi pour essayer d’innocenter Ryô Kihara avant qu’il ne soit trop tard, le lecteur est plongé dans une réflexion appro­fon­die sur ce que repré­sente la peine de mort pour celui qui l’ad­mi­nistre. Depuis « L’Étran­ger » je n’ai rien lu d’aussi marquant. Je ne dirai rien du thril­ler car je sais bien qu’il ne faut surtout pas divul­gâ­cher ce genre d’in­trigue. Un des aspects qui joue un grand rôle dans le roman, ce sont les sommes d’argent qui sont en jeu. Les parents du jeune Jun’i­chi ont versé aux parents de la victime une somme si colos­sale qu’ils sont réduits à la misère. C’est d’ailleurs pour cela que ce jeune accep­tera de partir dans l’en­quête de Shôgi Nangô car il espère, grâce à l’argent gagné, aider ses parents à sortir de la pauvreté où il les avait plongés.

Je ne voudrais pas que vous pensiez que ce roman est unique­ment une charge sévère contre la justice japo­naise, il s’agit plus exac­te­ment d’un ques­tion­ne­ment sur son fonc­tion­ne­ment et cela amène le lecteur à réflé­chir sur ce que la société recherche en empri­son­nant des délin­quants. Si c’est les écar­ter de la société, ils ressor­ti­ront et recom­men­ce­ront, si c’est les réadap­ter alors on s’in­té­res­sera au système japo­nais qui veut être certain que l’in­di­vidu a changé et ne recom­men­cera pas parce qu’il a compris les consé­quences de ses actes.

Enfin pour­quoi treize marches : d’abord il semble­rait que dans les premiers temps il y ait eu treize marches pour monter à l’écha­faud , ensuite Ryô Kihara qui souffre d’une amné­sie et ne se souvient de rien se rappelle soudain avoir gravi treize marches, et enfin il faut treize signa­tures succes­sives pour vali­der la condam­na­tion à mort avant de l’exé­cu­ter. Et évidem­ment, avant cette trei­zième signa­ture, nos deux enquê­teurs doivent boucler leur enquête. Voilà pour le suspens qui est très prenant. C’est peu de dire que j’ai aimé ce livre, j’ai été passion­née de bout en bout.

PS

Vous pouvez vous infor­mer sur l’hor­reur de la peine de mort au Japon, en tapant le nom de Sakae Menda ou Iwao Hakamada

Citations

Le procureur tout puissant

Pour avoir été lui-même jugé, Jun’i­chi n’avait pas beau­coup de sympa­thie pour les procu­reurs. Leur réus­site au concours natio­nal de la magis­tra­ture faisait d’eux l’élite de la nation. Ils agis­saient au nom de la justice, avec la loi pour seule arme, sans aucune place pour les sentiments.

La sortie de prison en conditionnelle

Une lumière diffuse , filtrée par le verre dépoli des fenêtres , confé­rait au surveillant un air plus humain , que Jun’i­chi décou­vrait pour la première fois . Mais la séré­nité que ce tableau inspi­rait au jeune homme fut balayée par la phrase suivante.
- Je m’en­gage à prier pour le repos de l’âme de ma victime, et m’ef­for­cer en toute bonne foi de l’apaiser.
Il blêmit.
« Prier pour l’âme de sa victime et s’ef­for­cer de l’apaiser… »
Jun’i­chi se demanda si l’homme qu’il avait tué se trou­vait à présent au ciel ou en enfer.

La prison japonaise

Après une alter­ca­tion avec un maton qui l’avait dans le colli­ma­teur, il avait été envoyé dans cette cellule indi­vi­duelle, minus­cule et puante, où on l’avait laissé crou­pir une semaine, les bras immo­bi­li­sés par des sangles de cuir. Sa nour­ri­ture, dépo­sée dans une assiette à même le sol, il avait dû la laper comme un chien, et quant à ses besoins il n’avait eu d’autre choix que de se faire dessus ‑une expé­rience atroce.

La peine de mort

Si jamais son propre enfant avait été tué, et que son meur­trier se trou­vât devant ses yeux, il lui réser­ve­rait à coup sûr le même sort. Cepen­dant, auto­ri­ser à rendre justice soi-même plon­ge­rait la société dans le chaos. C’est pour­quoi l’État se posait en tiers entre les parties et s’ar­ro­geait le droit de punir, d’in­fli­ger des peines à leur place. Le cœur humain était en proie au senti­ment de vengeance, un senti­ment né de l’amour porté à la personne décé­dée. Ainsi, la loi étant faite par les Hommes et pour les Hommes, la justice rétri­bu­tive et l’idée de peine de mort qu’elle implique n’étaient-elles pas naturelles ?

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. 

Quel roman ! Je suis peu sensible à la science fiction, je ne l’ap­pré­cie que, lorsque le côté futu­riste n’est qu’une légère exagé­ra­tion de notre réalité. Et c’est le cas ici ! Aussi bien pour la société dans laquelle l’écri­vain au chômage a retrouvé du travail que dans la vie de sa fille qui s’adonne à un jeu vidéo.

J’ai eu peur et je me suis sentie oppres­sée aussi bien par l’am­biance de l’en­tre­prise « Larcher » que par le jeu « Your­land » inter­ac­tif de sa fille. On sent très bien que les deux vont vers une chute angois­sante, évidem­ment, je ne racon­te­rai rien de ce suspens d’au­tant plus faci­le­ment que ce n’est pas ce qui m’a fait appré­cier ce roman. Le narra­teur est un écri­vain en panne d’ins­pi­ra­tion au bout de ses droits au chômage, sa femme l’a quitté et il ne voit plus beau­coup sa fille qu’il aime beau­coup. Il retrouve du travail – et donc l’es­poir de sortir du marasme- dans une grande société : Larcher, qui l’emploie à rédi­ger des modes d’emploi. En appa­rence en tout cas, car cela semble la couver­ture pour des tâches qui pour­raient êtres anodines si on n’exigeait pas de ses employés un secret absolu qui cachent des phéno­mènes étranges qui seront dévoi­lés peu à peu. Et le jeu vidéo de sa fille ? Et bien, il rejoint en partie les problèmes de son père. Bien sûr c’est une fiction, mais qui nous inter­roge de façon percu­tante sur tous les rensei­gne­ments que nous lais­sons sur nos person­na­li­tés dans les diffé­rents réseaux connec­tés entre eux. Et s’il y avait derrière tout cela une intel­li­gence capable de nous mani­pu­ler ? D’ailleurs, n’est-ce pas déjà le cas, nous enten­dons à longueur de temps que la richesse et la puis­sance de Google et autres GAFA proviennent des DATA, c’est à dire de toutes les données que nous lais­sons un peu partout en utili­sant nos ordi­na­teurs, télé­phones, tablettes et autres appa­reils connec­tés. On retrouve la roman de Pierre Raufast, « Habe­mus Pira­tam », sans l’hu­mour, ce que j’ai (un peu) regretté. La descrip­tion des nouvelles tech­niques de mana­ge­ments des grandes entre­prises sont très bien vues et on retrouve les compor­te­ments grégaires même de gens qui seraient censés réflé­chir plus que d’autres, comme cet écri­vain. Et Dieu dans tout ça ? Ce n’est pas pour moi la partie la plus inté­res­sante du roman, le narra­teur (l’au­teur ?) semble avoir des comptes à régler avec une certaine forme de catho­li­cisme repré­sen­tée ici par le nouveau conjoint de son ex-femme. Ce petit bémol et une fin qui ne m’a pas tota­le­ment convain­cue lui ont fait rater un cinquième coquillage, sur Luocine. Mais j’es­père bien qu’il trou­vera son public car ce roman a le mérite de nous capti­ver et de nous faire réfléchir.

Citations

Début du roman

Cette histoire a de multiples débuts. Pour moi, elle commence en 2003 : je suis marié, j’ai 31 ans et je regarde par la fenêtre le monde chan­ger. Les voitures prennent des rondeurs de nuages comme pour circu­ler dans des tubes à air comprimé. Les costumes se cintrent à la taille ils épousent la svel­tesse capi­ta­lis­tique à la mode et le rêve d’un corps social dégraissé. Les télé­phones se changent en ordi­na­teur, les ordi­na­teurs en home cinéma, les films en jeux vidéos, les jeux vidéos en film, l’argent en abstrac­tion, les licen­cie­ments en plan de sauve­garde de l’emploi. Le vingt et unième siècle sera robo­tique, virtuel et plus sauva­ge­ment libé­ral encore que le ving­tième , proclament les experts. Comme ça les excite – et quelle peur on sent derrière.

Formation d’adultes

Un seul candi­dat montre une appli­ca­tion à la hauteur de la mienne : Brice. Il devient l’ami à côté duquel je m’as­sieds chaque matin, preuve que renvoyer des adultes à l’école les rend à leur socia­bi­lité d’enfants.

Dialogue d informaticiens

- Et si j’ai un programme paral­lèle à mémoire parta­gée en C +++ que je veux faire migrer sur l’in­fra­struc­ture Hadhop ?
-Tu sais que sur Hadhop les hommes ne commu­niquent pas ? On t’a appris quoi à l » ESDI ? Passe sur Spark. Avec Apache ignite, t’au­ras une couche parta­gée. Sinon tu viens au bowling vendredi ?- – Ouais. On t’in­vite le nouveau ?
-Tu as pas vu ? Il boit des menthe à l’eau, donc il aime pas le bowling.
- S’il n’aime pas le bowling il risque pas de nous griller dans les promos.
-Toute façon pour moi l’an prochain c’est le siège.
-C’est con que ce soit pas réver­sible. Je veux dire, si j’ar­rive devant toi dans le tableau des promos, je baise­rai ta femme et c’est cool mais si je baise déjà ta femme, j’ar­ri­ve­rai pas forcé­ment devant toi dans le tableau.

Portait de sa fille qui lit « Le père Goriot » pour le bac de français.

Si l’en­fance est un fluide, une rivière chan­tante, alors l’ado­les­cence se compose de ciment à prise rapide. Je l’ai vue se déver­ser sur Emma depuis ses 12 ans. Pour figer ma petite mous­que­taire qui n’ai­mait rien tant que rire, se faire peur et passer de l’un à l’autre en un bloc de réti­cence figé depuis une heure sur la page 112 du « Père Goriot ». L’ado­les­cence d’Emma se concentre dans sa moue, qui semble dire au monde. « Vous avez beau être bien déce­vant, vous n’ajou­te­rez pas à ma décep­tion ». Ou plutôt elle surgit dans le contraste entre cet air blasé et ses regards de mésange affo­lée, perdue hors de ses couloirs migra­toires. Et aussi dans le mouve­ment de sa tresse manga atta­chée comme une balan­celle entre ses oreilles.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard

Grâce à mon club, je me suis lais­sée tentée par un « Thril­ler », le mot est sur la couver­ture. Ah ! les étiquettes ! Si elles permettent de vendre tant mieux car ce roman le mérite. Il vous permet­tra de décou­vrir des faits abso­lu­ment révol­tants et bien pires sans doute que ce que Nico­las Beuglet (son nom est prédes­tiné non ?) a imaginé pour écrire son roman. Que les anti-divul­gâ­cheuses se rassurent, je ne racon­te­rai rien de la quête folle de Chris­to­pher un jour­na­liste d’in­ves­ti­ga­tion fran­çais et de Sarah une poli­cière norvé­gienne seront amenés à accom­plir pour sauver (ou non) la vie d’un enfant. Ce que je peux racon­ter, en revanche, ce sont les faits histo­riques sur lesquels se fondent ce roman. La CIA a, pendant la guerre froide, menée des expé­riences sur les espions et des malades mentaux pour trou­ver le réflexe de peur abso­lue, cela dans le but d’en faire une arme mortelle contre l’hu­ma­nité. Elle n’au­rait sans doute pas porté le nom « d’arme de destruc­tion massive » mais elle était très effi­cace pour réduire la person­na­lité d’un oppo­sant, et toutes ces recherches se sont faites sur des humains et à base de tortures. Ce programme a existé, si, comme vous le propose l’au­teur, vous tapez MK-Ultra sur inter­net, ce que vous décou­vri­rez est propre­ment ahuris­sant et telle­ment révol­tant. De la même façon, si vous tapez Carl Gustav Jung matri­cule 488, à votre stupé­fac­tion vous appren­drez que cet éminent cher­cheur de l’in­cons­cient a bien été un agent de la CIA. Tout cela est vrai et donne matière à un roman hale­tant et très bien conduit dont je ne dévoile que l’ins­pi­ra­tion. J’ai passé une nuit à avoir peur, j’ai évidem­ment commencé par la fin mais cela n’a pas suffi à calmer mes angoisses. Alors, je pense que les amateurs du genre vont en faire un critère de qualité. Si je lui attri­bue 4 coquillages, c’est parce que j’ai décou­vert une horreur conduite et réali­sée par un grand pays que je respecte, horreur dont je n’avais jamais entendu parlé, le coquillage qui lui manque, il le doit au genre « Thril­ler » ou roman poli­cier qui n’est pas exac­te­ment le genre que je préfère en littérature.

Citations

Personnage de Sarah par elle même

Elle avait envie de lui répondre qu’elle avait de la pitié pour cette femme qui avait encore le réflexe de se soucier de l’avis d’un homme qui l’avait trom­pée et quit­tée cette nuit même

L’oubli

La vie nous tuerait tous si nous n’avions pas l’ou­bli. Cet oubli qui fait que nous ne pensons pas chaque seconde à l’ab­sur­dité de notre existence.

Une des clés du roman et fait historique

Natha­liel Evan et son équipe cher­chaient à déter­mi­ner la peur abso­lue chez l’hu­main pour en faire une arme à des fins mili­taires. Ils se sont servis de vous pour explo­rer les zones les plus enfouies du cerveau à travers toute une série d’ex­pé­riences sous hypnose et sous une drogue déri­vée du LSD, le LSD 34.

Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard. Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Cécile Leclère et coup de coeur de mon club.

Dans ma volonté d’al­ler vers des lectures qui ne sont pas trop dans mes goûts, je me suis lancée dans ce roman poli­cier car il était au programme de mon club. J’ai vrai­ment du mal avec le suspens et, encore une fois, j’ai commencé par la fin. Pour ce roman cela n’en­lève pas grand chose à l’in­té­rêt, sauf que je ne peux pas vous la racon­ter alors que j’en brûle d’en­vie. J’ima­gine vos décep­tions et la colère de Krol si je révé­lais la solu­tion de cet horrible suspens : est-ce que la pauvre Tessa « presque » victime d’un tueur en série quand elle avait 16 ans arri­vera à sauver du couloir de la mort celui qui avait été arrêté à l’époque ? Elle est adulte main­te­nant et doit donc revivre son calvaire car il n’est pas certain que le coupable idéal : un noir qui passait par là, soit vrai­ment le tueur. Je vous promets que ce que je dévoile ne va pas au delà des premières pages.

Ce qui rend ce roman origi­nal, c’est que la tension ne vient pas de la peur de l’ado séques­trée dans une tombe, on sait dès le début qu’elle a été sauvée contrai­re­ment aux autres « margue­rites » qui, elles, ont été assas­si­nées. Mais du fait que l’en­quête doit reprendre et que les fils si embrouillés doivent être de nouveau démê­lés, l’an­goisse s’ins­talle quand même car Tessa semble si fragile et ce qu’elle a vécu si terrible. Je pense que les amateurs du genre doivent adorer, moi je le trouve éton­nant, bien construit et posant au passage le problème des préju­gés racistes qui empêchent que la justice améri­caine soit « juste » pour tous ses citoyens. Mais je ne comprends pas le plai­sir qu’on peut avoir à lire des horreurs abso­lues qui montent en tension grâce au suspens.

20160718_100133Traduit de l’an­glais par Mathilde Bach. Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard, il a obtenu « un coup de cœur », ce sont des valeurs sûres ces coups de cœur de notre club !

4
Superbe roman qui tient en haleine le lecteur jusqu’au point final. Plusieurs histoires se croisent et inter­fèrent les unes dans les autres. On y retrouve cette sensa­tion qu’un « frois­se­ment d’aile de papillon » dans un coin de la planète aura des réper­cus­sions dans le monde entier. Dans la péri­phé­rie de Las Vegas, la famille de Daniel vit au rythme des missions mili­taires d’un genre parti­cu­lier. Il dirige des drones sur des terro­ristes qui menacent la planète. Une guerre propre ? Seule­ment est-ce qu’une guerre peut l’être ? Ce jour là , Daniel et Maria ne tueront pas seule­ment un terro­riste sur la fron­tière afghane et pakis­ta­naise, en appuyant sur un bouton, ils tueront aussi le grand amour d’un écri­vain : Michael. Celui-ci, terrassé par cette mort qu’il ne comprend pas, essaie de se recons­truire auprès de Saman­tha (à qui le livre est dédié) Josh et leurs deux filles dans un agréable quar­tier de Londres. Mais là encore, la bavure des mili­taires améri­cains aura des consé­quences tragiques.

Le roman raconte la lente recons­truc­tion d’un homme écri­vain après un deuil tragique. Le fait qu’il soit écri­vain est impor­tant, il a toujours écrit ses livres grâce à un un don parti­cu­lier : il sait entrer dans la vie des gens et ceux-ci lui font confiance au point de ne rien lui cacher de leur senti­ments les plus intimes. Grâce à ce don, il devient l’ami indis­pen­sable de ses voisins, celui qui est invité à toutes les fêtes et qui peut donc un jour pous­ser la porte de leur maison en leur absence afin de récu­pé­rer le tour­ne­vis dont il a un besoin urgent. Le roman peut commen­cer, nous progres­sons dans la maison des voisins de Michael, saisi peu à peu par un senti­ment d’an­goisse terrible.

Je m’ar­rête là, car le roman est construit sur un suspens que je n’ai pas le droit de divul­gâ­cher sans me mettre à dos tous les amateurs du genre qui seront ravis, car c’est vrai­ment bien imaginé. J’ai person­nel­le­ment été plus sensible aux réflexions sur l’écri­ture. Ce person­nage d’écri­vain repor­ter m’a beau­coup inté­res­sée. Faire son métier en utili­sant la vie d’au­trui comporte toujours une part de voyeu­risme qui est aussi un des thèmes de ce roman. Mais évidem­ment l’autre centre d’in­té­rêt qui ques­tionne aussi beau­coup notre époque ce sont les consé­quences de la guerre de notre temps qui utilise des drones pour éviter de faire mourir au sol les soldats de la force dominante.

Citations

Une bonne description

Ces hommes qui travaillaient dans des bureaux, et que les costumes ne semblaient jamais quit­ter, même nus.

L’anglais international

Il n’ar­ri­vait pas à recon­naître son accent. Ses phrases commen­çaient en Europe puis elles migraient, comme des hiron­delles, survo­laient l’Afrique à mi-chemin du point final.

Les vertus de la mer

La côte n’avait jamais été son décor natu­rel. Et cepen­dant il se réveilla avec la certi­tude que seul l’océan pouvait l’apai­ser. La mer semblait assez immense pour répri­mer les angoisses qui le déchi­raient . Assez pure pour lui dessiller les yeux.

Les peurs américaines et la guerre des drones

Las Vegas four­nis­sait à l’Amé­rique des versions du monde, afin que l’Amé­rique n’ait pas besoin de s’y aven­tu­rer. D’autres pays, d’autres lieux étaient ainsi simul­ta­né­ment rappro­chés et tenus à distance. Exac­te­ment comme ils l’étaient sur ces écrans qu’il obser­vait à Creech. N’était-ce pas ce qu’ils faisaient égale­ment là-bas, lui et Maria, avec leur tasse à café qui refroi­dis­sait sur l’éta­gère à côté ? Intro­duire dans l’Amé­rique une version de la guerre. Une version à la loupe mais à distance, un équi­valent sécu­risé, où ils n’étaient pas obli­gés d’al­ler eux-mêmes.

20151011_123211Traduit de l’an­glais par Florence VIDAL. Titre origi­nal : One Step too Far.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

2
Je me demande ce que veut dire cette caté­go­rie « Thril­ler », je l’y ai mis car c’est écrit sur la couver­ture. Pas de suspens diffi­cile à suppor­ter, pas de sang, pas de peur. Alors ? sans doute le manque d’ima­gi­na­tion de l’édi­teur et la volonté d’at­ti­rer un public plus large. J’ima­gine faci­le­ment sa décep­tion. Bien sûr, je vais tout faire pour ne pas « divul­ga­cher » la fin, car une surprise il y en a une, que je n’avais pas vu venir, donc si vous voulez lire ce roman, je ne vous dis que l’es­sen­tiel. Une femme décide de recom­men­cer sa vie en quit­tant son foyer et en essayant de ne lais­ser aucune chance à ses proches de la retrou­ver. Parmi ses proches, une sœur jumelle qui est très pertur­bée et qui détruit tous les gens autour d’elle

C’est le récit de l’as­cen­sion dans une nouvelle vie, de cette femme qui était douce, équi­li­brée et sage, elle va se mettre à la cocaïne et à voler dans les maga­sins, et tout lui réus­sira. La quatrième de couver­ture dit qu » « elle cache un secret obsé­dant, jusqu’à la dernière ligne, sans aucun répit ». Je n’ai pas ce plai­sir de lecture, et les person­nages que l’on voit passer sont trop proches de la cari­ca­ture sans y tomber complè­te­ment, cepen­dant. Comme pendant le festi­val du film britan­nique, j’ai retrouvé l’am­biance du milieu bran­ché de Londres, alcool et cocaïne ne rendent pas les gens très attrayants. Un roman qui se lit en deux soirées et s’ou­bliera encore plus vite.

Keisha avait bien aimé , mais elle a la chance de pouvoir lire en anglais, cela rajoute sans doute au plaisir.

Citation

La méchante sœur

- Le rôti était vrai­ment savou­reux, maman, où est-ce que tu l’as acheté ? 
- En ville, chez le boucher, ma chérie. Je trouve que la viande est meilleure qu’en grande surface.
- Certes, lâcha Caro­line. Je préfère large­ment les animaux morts quand ils sont du quartier.

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Traduit de l’an­glais par Cathe­rine Berthet.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

3
C’est tout le charme d’un club de lecture, sortir de mes apriori, je n’ap­pré­cie que très peu la litté­ra­ture à suspens. Et, ici, le suspens est fort : une femme Hannah paléon­to­logue dans un musée de Bris­tol , voit son amie Ellen qui est morte et enter­rée depuis vingt ans​.Ne vous inquié­tez pas je ne vais pas vous racon­ter la fin du roman ! Je vous explique quand même comment il est construit : deux romans en un , on suit les souve­nirs de la très forte amitié qui a unit Ellen et Hannah dans leur enfance et la diffi­culté de la Hannah d’au­jourd’­hui qui doit faire face à ses souve­nirs et à cette appa­ri­tion. Le roman est bien mené se lit vite et la solu­tion est crédible. Au nœud du drame une tragé­die qui explique bien des choses. Avec encore un mani­pu­la­teur pervers , déci­dé­ment très à la mode dans les romans que je lis en ce moment. Et résul­tat, j’ai passée une soirée et une partie de la nuit avec ces person­nages pour connaître le fin mot de l’his­toire. Un autre plai­sir de lecture, un peu à La « Daph­née Du Maurier » , genre de lecture que j’ai adoré dans ma jeunesse. Voilà , ce roman m’a plon­gée dans ce plai­sir régres­sif et il est bien ficelé. C’est cela aussi un roman, une évasion pour une jour­née de pluie vers les côtes de Cornouailles juste en face de mon Dinard.

Citation

Phrases qui m’agacent fortement

Il me paraît que j’eus un sombre pres­sen­ti­ment. Je savais qu’une chose terrible allait se passer dans cette demeure .Je le savais déjà à ce moment.

On en parle

Romans sur canapés 

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Traduit de l’an­glais par Elisa­beth Peelaert

Livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.com
Un petit déjeu­ner complet ne se conçoit pas sans un bon roman. Livre criti­qué dans le cadre du programme Masse Critique de Babe​lio​.com

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J’avais décidé de ne plus parti­ci­per à « Masse Critique » de Babe­lio depuis ma dernière décep­tion. Mais pour ce livre, je me suis lais­sée tenter. D’abord, parce que je n’avais pas à choi­sir, et que, de plus, cet auteur m’avait scot­chée avec « Enfant 44 « . Même si je n’ai pas été passion­née, je ne regrette pas ma lecture. Donc merci Babe­lio pour ce cadeau.

Dans mes blogs amis, je lis souvent des billets enthou­siastes à propos de thril­lers, j’ai­me­rais que mon texte vous donne envie de lire celui-la pour savoir s’il s’agit d’un bon thril­ler, car je me sens incom­pé­tente en la matière. Le suspens me gêne pour la lecture si bien que je commence toujours par la fin pour lire tran­quille­ment le roman. Que les fans du genre se rassurent, je ne la dévoi­le­rai pas ! Je sais que cela consti­tue une grande partie de leur plaisir.

Ce roman raconte de façon très détaillée un complot qui a abouti à la dispa­ri­tion d une jeune femme en Suède. Mia est une très jeune fille qui a été adop­tée par un couple de riches fermiers suédois. Très jolie jeune femme noire , elle est le centre d’in­té­rêt et des ragots du petit village.

La personne qui a conscience que rien n’est normal dans cette dispa­ri­tion, c’est Tilde, la mère du narra­teur. Seule­ment voilà personne ne veut la croire et tout le monde la croit folle même son mari. C’est là que réside l inté­rêt du roman : montrer comment l’im­pres­sion d’un complot est proche de la folie , quand on commence à voir des signes d’hos­ti­lité dans le moindre des compor­te­ments d’au­trui, les lignes entre la folie et la raison deviennent floues.

Il est certain qu’être victime d’un complot doit donner à la victime des compor­te­ments para­noïaques, et l’in­verse est vrai égale­ment, quel­qu’un qui est para­noïaque peut lire tout compor­te­ment hostile comme une preuve du complot qui veut la faire taire. Le narra­teur a bien du mal à démê­ler les fils de l’his­toire qui a tant perturbé sa mère. Et la façon dont celle-ci essaye de se raccro­cher de toutes ses forces à la chro­no­lo­gie pour convaincre son fils est très émouvante.

Si lire ce roman sans en connaître la fin, permet­trait de savoir si c’est un bon thril­ler, je ne peux pas répondre à cette ques­tion. Mais ce que je peux dire, c’est que ce roman analyse très bien les ressem­blances et la souf­france engen­drées par le fait d’être victime d’un complot ou par la folie. Un petit détail agaçant dans la typo­gra­phie, c’est la redon­dance des deux types de guille­mets pour les citations.

Citation

Le poids des ragots dans le monde rural

Au sujet de cet enfant malheu­reux, il y aura des ragots. Ces ragots seront la plupart du temps des mensonges. Mais cela ne change rien, car lors­qu’on vit dans une commu­nauté qui croit à ces mensonges, qui les répète, ils deviennent réalité ‑pour toi et pour les autres. Impos­sible d’y échap­per, parce qu’il n’y a pas de preuve qui tienne. Il s’agit là de méchan­ceté, et la méchan­ceté se moque des preuves.

On en parle

Kitty la mouette (encore un oiseau de mer !), qui a beau­coup aimé.