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Je consi­dère Domi­nique comme une bien­fai­trice de l’hu­ma­nité des lecteurs et lectrices. Je n’avais pas un moral extra­or­di­naire et ce livre m’a fait beau­coup rire et m’a remis en forme. Pour­quoi « une bien­fai­trice » et non « la » bien­fai­trice ? Car je donne égale­ment ce titre à tous les auteurs qui me font du bien . Cepen­dant, les signa­ler à mon inten­tion doit être récom­pensé comme il se doit ! Vous devez lire cet ouvrage, surtout si, comme moi, dans les musées, il vous est arrivé de mourir d’ennui en traver­sant certaines salles . Savoir que, si l’on porte un regard critique sur des chef d’œuvre (s’ils sont au Louvre, ce sont bien des chef d’œuvre non ?) on est en bonne compa­gnie, m’a fait un plai­sir immense.

Avez-vous déjà remar­qué le nombre de vierges à l’en­fant qui tiennent très mal le bébé qu’on leur a mis dans les bras ? Si vous avez essayé de tenir le vôtre de cette façon, il serait à coup sûr tombé par terre. Peut-être qu’elle ne l’ai­mait pas tant que ça, ce bébé, et après tout, avec tous les soucis qu’il lui donnera plus tard, on peut la comprendre. Je suis aussi souvent agacée sur les remarques basiques que j’en­tends sur l’art de notre époque, pour ça aussi cela me fait du bien qu’on se moque des œuvres qui, bien qu’anciennes et consa­crées, ne sont pas si bien construites que ça ! Je me demande si, depuis que ce livre est paru, des gens se promènent avec ce guide sous le bras et se tordent de rire dans cette véné­rable insti­tu­tion en regar­dant ce genre de tableau et en lisant le commen­taire qu’en on fait nos auteurs.

Pour vous donner un avant-goût de ce qui vous attend voici un exemple :

20160504_154547Il s’agit de l’en­lè­ve­ment de Déja­nire par le centaure Nessus 1755 peint par Louis Lagre­née (vous le trou­ve­rez Sully 2e étage. Vigier Le Brun salle 52)

Centaure et sans reproche

Au moins, on ne pourra pas dire repro­cher à Louis Lagre­née de gâcher de la toile ! Il a incon­tes­ta­ble­ment travaillé les effets de matière, à tel point qu’on ne sait plus quoi regar­der : le paysage flou et sucré à l’ar­rière-plan, les muscles bien dessi­nés des athlètes sans maillot, les mètres de drapés vire­vol­tants, sans oublier le crin blanc de la queue nerveuse du centaure, ni la trans­pa­rence de l’eau.

Au premier plan, un homme âgé – quoique fort bien bâti- se roule part terre de dépit, tirant la queue d’un autre candi­dat, qui a telle­ment abusé des hormones que son corps en a été modi­fié, moitié cheval, moitié vache (notez la robe, si carac­té­ris­tique des normandes). A l’ar­rière-plan, un candi­dat en plein effort. Certes, il appuie légè­re­ment son pied gauche sur un rocher, mais il pour­rait déco­cher ses flèches en faisant des pointes s’il le voulait tant il a travaillé ses quadri­ceps. Concen­trons nous sur Déna­jire : pour­quoi avoir investi dans autant de tissu pour se retrou­ver un sein (fort beau d’ailleurs) à l’air ? Est-ce pour cela qu’elle arbore un air si tragique ou bien est-elle déçue d’être embar­quée par le cultu­riste blond ? L’énorme jarre située en bas à gauche prend alors tout son sens : tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse.

Grâce à ce tableau, Luis Lagre­née a été reçu membre de l’Aca­dé­mie royale de pein­ture. Autre temps, autre mœurs.

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)(Formica 12 février 2020)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020) (Snobs 30 mars 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Grif­fin (Anne) (Toute une Vie et Un Soir 6 avril 2020)

Grum­berg (Jean-Claude) (La plus précieuse des marchan­dises 24 février 2020)

Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)

Que les faisceaux du phare du Créac'h vous apportent à tous et toutes, paix, bonheur, santé et joie, pour une année 2017 sous le signe de lectures partagées par la blogosphère.

Je ne fais pas souvent de retour en arrière mais, comme j’aime bien lire vos bilans, je vous offre le mien mes trois livres deve­nus quatre et puis toute ma liste de ceux qui en 2016, m’ont enchan­tée :

Disper­sés d’Inaam Kacha­chi


À lire abso­lu­ment pour comprendre et aimer les Irakiens tous les Irakiens qui ne recon­naissent plus leur grand et beau pays détruit par une reli­gion musul­mane deve­nue folle.

Water­ship Down de Richard Adams


Je ne connais­sais pas cette fable qui se penche sur les mœurs des lapins pour comprendre l’hu­ma­nité tout entière.

La variante Chilienne de Pierre Raufast


Cet auteur a un talent de conteur qui me ravit.

Le pouvoir du chien de Thomas Savage


Un roman parfait : dépay­se­ment, grands espaces améri­cains et analyse très fine des carac­tères.

Mais pour en laisser trois(plus un), j’ai laissé de côté avec tellement de regrets :