Éditions Gras­set

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

Après le Secret et la Mauvaise Rencontre, je renoue avec cet auteur grâce au club de lecture. Le narra­teur doit faire face au deuil de sa compagne tendre­ment aimé. Cela lui devrait être chose plus aisée qu’à d’autres puis­qu’une de ses spécia­li­tés en tant que psycha­na­lyste c’est juste­ment « Le deuil ». Seule­ment comme chacun le sait, c’est telle­ment plus simple d’ex­pli­quer et d’ai­der les autres que de se comprendre soi-même et de ne pas faire les erreurs que l’on a vu les autres commettre. Le narra­teur plonge donc dans le deuil sans que rien ne puisse le rete­nir : ni l’af­fec­tion de sa fille, ni son ami violon­cel­liste, ni son méde­cin qui surveille la pile qui doit empê­cher son coeur de s’ar­rê­ter. La nouveauté qui nous vaut ce roman, c’est le « service » que propose des « start-up » : créer un avatar de la personne récem­ment dispa­rue et dialo­guer avec elle . Oui, ce service existe, et non, je ne connais personne qui l’a essayé. On devine comment cela marche, et l’au­teur le raconte très bien, vous lais­sez des créa­teurs de logi­ciel entrer dans votre vie virtuelle, vous leur confiez photos et docu­ment sonores, grâce à des entre­tiens, ils découvrent votre vie et celle du défunt, et moyen­nant un budget consé­quent, ils créent l’ava­tar de la personne dispa­rue qui pourra dialo­guer avec vous.

Pour le roman­cier ce sera salu­taire puisque c’est grâce à cela qu’il retrou­vera l’ins­pi­ra­tion nous racon­ter son deuil enri­chi de cette expé­rience : et hop ! la boucle est bouclée.

On apprend au passage qu’a­voir une pile dans le coeur, n’est pas anodin et que vous donnez à une compa­gnie le droit de ralen­tir ou d’ac­cé­lé­rer votre rythme cardiaque. D’ailleurs, il y a quel­qu’un qui a montré qu’un hacker pour­rait ainsi neutra­li­ser des personnes très âgées porteuses de ce genre de pile (si possible des diri­geants politiques).

C’est un roman très facile à lire et qui met en lumière une pratique funé­raire qui risque de se déve­lop­per : notre société veut telle­ment fuir la mort que je pense que ce genre d’en­tre­prise va connaître un bel essor. Malgré une écri­ture très agréable, je n’ai pas été touchée par ce roman que j’ai trouvé vide. Il est rare que j’ap­pré­cie un livre où l’au­teur raconte comment il a du mal à écrire tout en écri­vant, c’est une impu­deur qui me gêne.

PS c’est tout à fait par hasard que sur mon blog deux auteurs ayant le même nom se suivent !

Citations

Un père et sa fille.

Quelques années aupa­ra­vant, Agnès avait rencon­tré l’homme de sa vie qui allait deve­nir son mari, puis le père du petit miracle devant lequel Irène et moi sommes retom­bés en enfance. Seule ombre au tableau : la compli­cité qui me liait à ma fille s’était émous­sée. Il m’était diffi­cile de perce­voir encore dans la femme épanouie celle qui, autre­fois blot­tie dans mes bras, me confiait ses secrets. La gros­sesse puis la mater­nité d’Agnès avait natu­rel­le­ment installé une nouvelle distance : la fille aimée était main­te­nant avant tout une épouse et une mère. J’ai su faire bonne figure afin que personne n’aper­çoive, sous les atten­tions et la tendresse d’un grand-père, la nostal­gie d’un père.

L’Après.

Dans le tiroir du meuble de la salle de bain, j’avais entre­pris d’en­fer­mer ses produits de beauté mais au moment de les ranger je n’ai pu résis­ter au besoin de dévis­ser le bouchon de son parfum : tel le génie de la lampe, Irène avait jailli du flacon, remplis­sant la pièce de ces effluves autant que de son absence.

Joli passage :

« C’est une curieuse expé­rience de consta­ter que ma vie ne tient qu’à un fil, celui qui relie cette pile à mon cœur, un cœur qui ne bat plus pour personne »
Lui confiai-je, Peu après la mort d’Irène, un jour où l’ab­sence de mon épouse me pesait plus encore que d’or­di­naire et me rendait impos­sible cet exer­cice dans j’avais pour­tant la maîtrise : faire bonne figure. Une autre fois où je retrou­vais un peu de mon humour, je parvins à lui demander :
« Docteur vous qui savez redon­ner du rythme à ceux qui défaillent, pouvez-vous faire quelque chose pour les cœurs brisés ? »
Il répon­dit en souriant :
« Et vous, qui savez si bien écrire sur le deuil, votre sagesse et votre plume ne peuvent-elles vous aider à traver­ser cette épreuve ? »

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Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

4
Il a fallu la force de persua­sion de ma biblio­thé­caire préfé­rée pour que je lise ce roman. J’avais gardé un souve­nir en mi teinte du « Secret » mais je ne sais plus pour­quoi, et surtout je crois que je confonds le livre et le film. Ce roman raconte une amitié de petits garçons qui se pour­suit jusque dans l’âge jeune adulte. L’au­teur nous fait revivre les années 50 , celles de son enfance et mai 68 époque de sa jeunesse, comme cela se passe à Paris dans un milieu bour­geois où les femmes passent leur temps à jouer au bridge en mangeant des petits fours, ce n’est pas tout fait la vie de tout le monde. Ce roman nous concerne cepen­dant, car Philippe Grim­bert raconte très bien l’uni­ver­sa­lité des compor­te­ments humains, des nôtres donc. On aurait pu appe­ler ce roman, récits des trahi­sons ordi­naires : comme beau­coup d’en­fants, Loup, le narra­teur, niera de connaître son meilleur ami Mango quand une bande de garne­ments lui deman­dera s’il ne connaît pas l’Ita­lien de Féne­lon, à l’ado­les­cence Loup espa­cera les visites à sa tante Nine, qu’il a tant aimé dans sa petite enfance, et plus grave il la trahira au moment de sa à la mort comme il trahira égale­ment Gaby, l’amie excen­trique qui lui a tant apporté.

Mais ce roman n’est pas un énième roman sur la mauvaise conscience, même si la culpa­bi­lité y joue un grand rôle, c’est beau­coup plus un roman sur « la » mauvaise rencontre​.Et là, il m’a beau­coup touchée, je sais que chaque mot est exact, ce n’est pas si diffi­cile pour Philippe Grim­bert étant donné sa forma­tion et sa profes­sion, mais c’est très bien raconté .

Je sais que beau­coup d’entre vous n’ai­mez pas qu’on donne les clés de l’in­trigue roma­nesque, alors je ne peux vous en dire plus et ne lisez pas ma dernière cita­tion, qui est trop expli­cite si vous voulez lire ce roman avec un effet de suspens. Pour moi, c’est l’in­verse, je l’ai lu une première fois assez légè­re­ment sans trop m’y inté­res­ser. Avec la clé qui n’est donnée qu’à la fin ou presque, je l’ai relu avec beau­coup plus d’in­té­rêt, j’ai alors décidé de lui mettre 4 coquillages.

Citations

Il y a presque tout dans ce début de roman

Rien n’au­rait dû les sépa­rer, croix de bois croix de fer, à la vie à la mort. Il n’y a pas eu de riva­li­tés imbé­ciles, c’est autre chose qui les a déchi­rés, quelque chose qui était là depuis le début, mais que personne ne pouvait encore imaginer.

Amitié de petits garçons

Très vite nous avions su que nous allions deve­nir insé­pa­rables, mais, au contraire des filles, les petits garçons ne se disent jamais qu’ils s’aiment : ils se donnent des tapes dans le dos, se pour­suivent, se bagarrent.

Jeux de garçons

Nous y mourions aussi, car les petits garçons adorent ce jeu : deux doigts poin­tés vers l’autre et bang ! Le corps qui s’ef­fon­drait en vrille, avec la grimace du cow-boy rencon­trant enfin la balle qui lui était desti­née… Les petites filles qui parta­geaient nos jeux se préci­pi­taient et sanglo­taient, couchées sur notre poitrine. Nous aimions mourir, elles aimaient pleurer.

La mort

Mais il ne peut plus m’en­tendre, un raz de marée l’a emporté, avec tout ce qui faisait notre compli­cité. Du sans-retour, aussi fort que la mort. Alors un nouveau choc, encore plus violent, me fait vaciller. Je viens de comprendre que Mando, l’in­tègre, l’exi­geant Mando, a une fois de plus tenu parole. Ce soir, après toutes ces années et en dépit du silence de ces derniers mois, il est resté fidèle au pacte de notre adoles­cence, au serment échangé solen­nel­le­ment : le premier qui passe de l’autre côté fait un signe à celui qui reste.

La mauvaise rencontre

On ne devient pas psycho­tique on l’est . L’apparition des symp­tômes était souvent le fruit de ce qu’il a appelé la mauvaise rencontre…


Éditions Le Dilet­tante . Couver­ture Camille Cazau­bon.
 

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

J’ai indi­qué le nom de la personne qui a imaginé cette couver­ture car elle m’a bien plu. Dans le grand rond, le titre je vais l’ex­pli­quer dans mon billet, mais dans tous les petits ronds d’autres chiffres et peut-être vous amuse­rez vous comme moi, et la biblio­thé­caire du club de Dinard à en trou­ver la signi­fi­ca­tion – pour 1515, ok nous sommes nombreux mais pour 8848 ?- . (Je me demande ce que Goran aurait pensé de cette couverture ?)

Mes coquillages parlent pour moi : ce roman a su me séduire et pour­tant j’ai quelques réserves. Je trouve que les person­nages manquent d’humanité , la compagne du « héros » montre l’éten­due de ses senti­ments, seule­ment au dernier chapitre.

Reve­nons à l’his­toire : Fran­çois est un haut cadre chez Google France, il gagne très bien sa vie, il est divorcé et père d’une adoles­cente peu sympa­thique, il va de conquête en conquête, bref tout va bien pour lui. Sauf que … il va avoir soixante ans et il est abso­lu­ment terri­fié par la vieillesse. Heureu­se­ment, il fait beau­coup plus jeune que son âge.

La fiction peut commen­cer, dans une société où on peut deman­der à chan­ger de nom, de sexe pour­quoi ne pas deman­der à chan­ger de date de nais­sance et se rajeu­nir de quelques années. Fran­çois fera calcu­ler son âge par un algo­rithme mis au point par une toute nouvelle société : « Human­prog » et décou­vrira que son âge biolo­gique est de trente neuf ans et quatre mois.- d’où le titre 39,4.

On le comprend bien ce roman est l’oc­ca­sion pour cet auteur dont j’ai très envie de lire le premier roman (Panne de secteur), de se moquer de la peur du vieillis­se­ment. Il le fait avec un don incroyable, celui de saisir tous les travers de notre société. Je pense que son poste d’ob­ser­va­tion de profes­seur et chef de clinique dans un grand hôpi­tal pari­sien lui donne accès aux gran­deurs et aux peti­tesses de l’âme humaine. La scène chez le chro­ni­queur Ruquier est telle­ment vraie, le pauvre philo­sophe qui veut simple­ment dire que fina­le­ment nous mour­rons tous et la façon dont une chro­ni­queuse le renvoie « à la niche » sans lui permettre de s’ex­pri­mer est d’une tris­tesse qui n’a d’égale que celle que nous éprou­vons parfois quand nous regar­dons les inter­ve­nants sur les plateaux de télé­vi­sion mettre en pièce un philo­sophe ou un scien­ti­fique qui ne parle pas le langage à la mode du petit monde parisien.

Le style de cet auteur est très parti­cu­lier, il avait, semble-t-il rebuté des lecteurs par un goût prononcé pour des mots rares de la langue fran­çaise, il le fait ici aussi mais ça ne gène pas la lecture. Je ne suis pas certaine que je me souvien­drai de

un quéru­lent processif 

Bien que l’au­teur en donne l’ex­pli­ca­tion dans la fin de sa phrase :

Fran­çois se trou­ver présenté comme un quéru­lent proces­sif, l’un de ces illu­mi­nés en proie à un délire de reven­di­ca­tion destiné à redres­ser un dommages fictif.

Ce n’est pas un roman que l’on lit faci­le­ment car souvent on doit rester concen­trer pour savou­rer ce qu’il va nous décrire et comme hélas ce qu’il nous raconte sont les côtés les plus super­fi­ciels et les plus tristes de notre société, le lecteur (en tout cas moi) est un peu sonné par sa lecture. On rejoint mon bémol du début, je suis certaine que même chez les bobos pari­siens il y a plus d’hu­ma­nité que ce qui est décrit par Philipe B Grim­bert. (à ne pas confondre avec un autre Philippe Grimbert !)

(PS : lors de notre réunion du club de lecture 7 avril, une lectrice a exprimé son dégoût de ce roman, car elle trou­vait le person­nage abso­lu­ment « machiste », ce qui est vrai, mais à aucun moment l’au­teur n’a de la sympa­thie pour son person­nage . Et pour moi j’y ai vu surtout une condam­na­tion du machisme de ces hommes qui ont tout réussi en même temps qu’ils gardent une appa­rence physique digne de la jeunesse. Et fina­le­ment la seule person­nage sympa­thique sera la femme qui clôt l’his­toire. Mais si vous lisez ce livre j’ai hâte de savoir comment vous inter­pré­tez les inten­tions de l’auteur )

Citations

Portrait de la chroniqueuse chez Ruquier.

Elle était à cet instant semblable à ces chiens de combat muscu­leux de petite taille qui paraissent trou­ver dans l’ob­tu­ra­tion déter­mi­née de leur mâchoire sur leur proie, le point d’équi­libre et de justi­fi­ca­tion de l’en­semble de leur person­na­lité. elle s’était saisie du vieux philo­sophe, lui agrip­pait un morceau de chair pendante avec une telle puis­sance qu’il parais­sait impro­bable, même en la soule­vant dans les airs, de lui faire lâcher prise.

Et fin de l’émission

François et Jehan rega­gnèrent les coulisses, lais­sant sur le plateau Jacques Hofstein et son regard aussi expres­sif qu’une feuille de papier jour­nal frois­sée. L’as­sis­tante leur assura qu’ils avaient été « top » avec une pointe d’au­di­mat enre­gis­trées pendant près d’une minute quarante. On enten­dit une voix loin­taine l’ani­ma­teur intro­duire les invi­tés suivant pour un débat consa­cré à « l’in­sé­mi­na­tion des vaches laitières et ses rela­tions avec notre culture du viol ».

Quel art de la formule.

À part quelques épidé­mies virales géron­to­phages on conti­nuait à s’en­li­ser dans la comp­ta­bi­lité maré­ca­geuse des régimes de retraites et les dernières réformes, illus­trées du slogan tout droit sorti du cerveau d’un énarque facé­tieux « travailler plus long­temps pour vieillir moins lente­ment » lais­sant craindre une nouvelle secousse tellurique. 

La description des urgences de Cochin sent le vécu.

Il s’était bête­ment tordu une cheville un dimanche matin en plein footing et, crai­gnant une entorse grave, s’était rendu aux urgences de l’hô­pi­tal Cochin. Arrivé vers 11heure , il avait quitté les lieux à 19 heures armé d’une ordon­nance pour du Doli­prane rédigé par un interne moldave qui l’avait examiné d’un air flapi. Bien avant cela, il avait patienté dans une salle d’at­tente surpeu­plée, à côté d’un vieillard couché sur un bran­card, qui répan­dait autour de lui une forte odeur d’urine ne semblant même plus incom­mo­der la femme usée qui lui tenait la main. Le sol était macu­lée de taches diverses et, tous les quarts d’heure, une voix de femme annon­çait en hurlant le nom de la personne invi­tée à s’ap­pro­cher de l’of­fice où trois infir­mières s’af­fai­raient. Tout autour se tenait une foule compo­site d’adultes seuls ou de familles. Un peu à l’écart s’ag­glu­ti­naient en grappes près d’une ving­taine d’hommes, de femmes et d’en­fants autour d’un homme d’une soixan­taine d’an­nées coiffé d’un feutre vert élimé. Le voisin de Fran­çois l’in­forma, avec le ton rési­gné d’un homme rompu à la fréquen­ta­tion des lieux, qu’il s’agis­sait du patriarche d’une famille de gitans donc les avatars cultu­rels l’in­ci­taient à ne jamais se dépla­cer à l’hô­pi­tal sans la tota­lité de son « cheptel ».

Quel regard acerbe ! Paris était envahi par les manifestants « gilets jaunes ».

Par le plus grand des hasards et pour le plus grand bonheur de Fran­çois, Jehan Lamarc et Tigrane Fanfard s’étaient vu empê­cher l’ac­cès au théâtre du Rond-Point pour l’un et à la fonda­tion de Louis Vuit­ton pour l’autre. C’est ainsi qu’un miracle se produi­sit. Unis par la frus­tra­tion domi­ni­cale, tels deux naufra­gés d’une croi­sière de luxe échoués sur une plage de Sicile parmi les clan­des­tins, la glace se brisa.

« Baiser » avec une grand mère.

Il venait de baiser avec une grand-mère. Une vision d’ef­froi le parcou­rut comme un fris­son. Celle du loup dans « le petit chape­ron rouge » après qu’il eut ingur­gité la mère-grand. Fran­çois avait toujours redouté que la vieille, ses os décal­ci­fiés est sa chair avariée, intoxique grave­ment l’ani­mal. Il se sentit fiévreux. Moins d’une minute plus tard il traver­sait au pas de course la cour de l’am­phi­théâtre, les lacets défaits, la chemise hors du panta­lon, la conscience souillée comme s’il venait de s’adon­ner à un acte de haute perver­sité, et sitôt rentré chez lui, se nettoya avec fréné­sie pour effa­cer les traces de cet acte odieux.

Le tourisme écologique.

Bien que presque tout, jusqu’à l’eau, fût importé de Casa­blanca ou d’autres villes du Maroc par avion, héli­co­ptère et puis­sant 4×4, l’en­semble du village affi­chait son esprit « éco-friendly ». Cela se tradui­sait par une absence de papier hygié­nique et de télé­vi­sion, l’uti­li­sa­tion exclu­sive de serviettes recy­clables, une poli­tique zéro plas­tique et un club enfant écopé­da­go­gique même si, élément appré­ciable, il n’y avait aucun enfant en ce milieu.

La vieillesse et la dépendance.

En écou­tant les récits de certains de ses amis sur les fin de vie pathé­tiques de leurs propres parents, Fran­çois réali­sait la chance qu’il avait eue. Il avait échappé au dimanche en EHPAD, aux vacances boule­ver­sés par les aléas médi­caux, sans parler des consé­quences finan­cières, les sommes exor­bi­tantes avalées pour main­te­nir des vieillards graba­taires et énuré­tiques « dans le confort et la dignité », qui enta­maient parfois de façon dras­tique le montant des héri­tages futurs.

Le vieillissement.

Outre le fait que la majo­rité de ses fréquen­ta­tions, passé le demi-siècle, se trou­vaient enga­gées dans une rela­tion exclu­sive avec une hyper­tro­phie de la pros­tate, un carci­nome mammaire ou les prodromes d’une isché­mie coro­na­rienne, beau­coup exhi­bait un inté­rêt nauséa­bond, qui suin­tait comme un exsu­dat dans leurs conver­sa­tions quoti­diennes, pour la fréquence de leur colo­sco­pie, la gran­deur d’âme de leur urologue, ou le talent démiur­gique de leur nutritionniste.

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011) (J’ai couru vers le Nil 23 aout 2021)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)(Formica 12 février 2020) (Moon River 6 décembre 2021)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Fauquem­berg (David) (Bluff 11 juin 2018) (Nullar­bor 5 juillet 2021)

Favier (Emma­nuelle) (Virgi­nia 5 novembre 2020)

Fawas( Hussain) ( le syrien du septième étage 18 mars 2021)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Faye(Gaël) (Petits Pays 3 décembre 2020)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020) (Snobs 30 mars 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flana­gan (Richard) ( Disper­sés par le Vent 2 septembre 2021)

Flaten (Isabelle) (Adelphe 15 juillet 2021)

Flat­land (Helga) (Une famille moderne 24 mars 2022)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015) (La famille Martin 29 octobre 2020)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015) (L’homme qui m’ai­mait tout bas 7 février 2022)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Garcin (Jérôme) (Le dernier Hiver du Cid 20 juillet 2020)

Gior­dano (Paolo)( La soli­tude des nombres premiers 27 octobre 2009)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Gran (Iegor) (L’éco­lo­gie en bas de chez moi 14 avril 2011) (Ipso Facto 9 janvier 2017) (Les services compé­tents 28 février 2022)

Gran­nec (Yannick) (La Déesse des Petites Victoires 24 mai 2021) (Les simples 19 mai 2022)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Greer (Andrew Sean) (Les Tribu­la­tions d’Ar­thur Mineur 12 juillet 2021)

Grif­fin (Anne) (Toute une Vie et Un Soir 6 avril 2020)

Grim­bert ( Philippe) (La mauvaise rencontre 4 février 2015) (les morts ne nous aiment plus 22 avril 2022)

Grim­bert (Philippe B) (39.4 18 avril 2022)

Grum­berg (Jean-Claude) (La plus précieuse des marchan­dises 24 février 2020)

Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Haddad (Hubert) (Un Monstre et un Chaos 3 août 2020)

Hara­ti­sch­wili (Nino) (Le chat le géné­ral et la Corneille 17 mars 2022)

Harris (Joanne) (L’été des Saltim­banques 9 mai 2022)

Harris (Robert) (D 20 janvier 2015)

Hegland (Jean) (Dans la Forêt 29 juin 2017) (Apai­ser nos tempêtes 27 décembre 2021)

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Heller (Peter) (La rivière 24 décembre 2021) (la constel­la­tion du chien 03 mars 2022)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hink­son (Jake) (Au nom du bien 11 janvier 2021)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Hochet (Stépha­nie) (Paci­fique 21 décembre 2020)

Hoff­mann (Stéphane) (On ne parle que d’amour 31 décembre 2021)

Hofman (Gene­viève) (Histoire du pain 9 novembre 2015)

Hoda­sava( Olivier) (Une ville de Papier 24 juin 2021)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Hope Anna ( Le chagrin des vivants 28 novembre 2016) (La sale de bal 20 décembre 2017) (Nos espé­rances 22 juillet 2021)

Horna­kova-Civade (Lenka) (La sympho­nie du nouveau monde 27 juillet 2020)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)

Hug (Natha­lie) (L’en­fant Rien 26 avril 2021)

Humbert (Fabrice) (L’ori­gine de la violence 14 janvier 2011) (La fortune de Sila 22 novembre 2012) (Le monde n’existe pas 1 novembre 2021)

Hureau (Simon) (L’Oa­sis 31 mars 2021)

Huth (Angela) (Valse Hési­ta­tion 30 aout 2021) (Les Filles de Hallows Farm 30aout 2021)