la-traversee-du-continent

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque, Thème litté­ra­ture fran­co­phone cana­dienne.

5Et voilà 5 coquillages sans l’ombre d’une hési­ta­tion : quel plai­sir de décou­vrir un petit bijou de lecture qu’on a immé­dia­te­ment envie de parta­ger avec tous ceux qu’on aime. Un club de lecture, ça sert à ça : PARTAGER des plai­sirs. Une enfant de 11 ans vit depuis 5 ans avec ses grands parents aimants et ses deux petites soeurs, dans un tout petit village fran­co­phone, au milieu des champs de maïs ; elle doit traver­ser le conti­nent Nord améri­cain , pour retrou­ver sa mère .

Tout est parfait et sonne juste dans ce roman, d’abord la sépa­ra­tion avec les grands parents. L’au­teur change de point de vue à chaque fois que Rhéauna (Nana) doit se confron­ter à la peine d’un membre de sa famille, on suit d’abord les diffi­cul­tés de la petite fille, puis en quelques pages très sobres, on comprend pour­quoi l’adulte en est arrivé à vivre une vie qui semble parfois tota­le­ment absurde. Comme le mari de Bébette monstre obèse qui dégoûte profon­dé­ment la petite Rhéauna.

Le grand-père sait qu’a­près le départ de ses petites filles qu’il aime encore plus fort que sa propre fille, il n’y aura plus que la mort comme pers­pec­tive. Sa souf­france m’a beau­coup touchée. La première halte de l’en­fant, c’est chez la petite soeur de son grand-père. La mal aimée, l’aca­riâtre tante révè­lera son doulou­reux et si beau secret à la petite fille émer­veillée. Ensuite, elle retrouve Bebette et son fameux « saper­li­po­pette », que de tris­tesse derrière cette person­na­lité exubé­rante !

Puis elle retrouve Ti-Lou , qui est deve­nue « guidoune » pour faire souf­frir son tortion­naire de père. À travers ce voyage , l’enfant va peu à peu se déta­cher de la déchi­rure qu’a repré­sen­tée la sépa­ra­tion de son lieu d’enfance protégé par ses grands-parents et en même temps, s’attacher et aller vers sa mère. Les trois rêves qu’elle fait dans le train sont de très beaux moments de litté­ra­ture et permettent de comprendre le chemin incons­cient de l’enfant qui part de la terreur pour aller vers l’indépendance et l’affection.

La chute, la fin, je ne peux pas la racon­ter sans déflo­rer le roman, mais c’est abso­lu­ment génial. Le style fait beau­coup pour le plai­sir de lecture, on ne comprend pas tous les mots mais on savoure une langue venue d’ailleurs, plus rocailleuse que le fran­çais mais qui va bien avec ce que décrit l’auteur.

PS je n’ex­plique pas le mot « guidoune » à vous de trou­ver !

Citations

Les mots qu’on ne connaît pas mais qu’on comprend

Il l’embrasse à pleine bouche, cette fois en ratou­reux qui n’a pas d’autre argu­ment.

Les personnalité et les rôles dans les fratries

Elle conti­nuait de faire rire tout le monde, comme toujours, tout en faisant preuve d’une assu­rance éton­nante. Et se montrait tran­chante quand elle trou­vait bon de l’être, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

C’est ainsi qu’elle s’était trans­for­mée sans trop s’en soucier en tortion­naire de cette petite sœur qu’elle consi­dé­rait davan­tage, à l’instar des autres membres de la famille, comme la servante de la maison­née que comme la fille cadette des Desro­siers, Bebette comman­dait, Régina obéis­sait. Ce n’était nulle part, c’était juste une chose qu’on accep­tait sans discu­ter. Et qui avait durer des années.

J’ai enfin compris l’utilité des dimunitifs

Ils portent des noms impos­sibles, Althéode, Olivine, Euphré­mise, Téles­phore, Frida, Euclide, qu’ils font claquer à grands coups de tapes dans le dos ou entre deux embras­sades.

La société dans les années 1900

En gran­dis­sant , tu vas te rendre compte qu’on vit dans un monde fait par les hommes, pour les hommes….pis souvent contre les femmes…C’est comme ça depuis la nuit des temps, on peut rien y chan­ger, pis celles qui essayent de chan­ger quequ’chose font rire d’elles… Elles ont beau se prome­ner dans les rues avec des bande­roles pour exiger le droit de vote par exemple, tout le monde rit d’elles…même les autres femmes. Tu comprends, on a juste trois choix, nous autres : la vieille fille ou ben la reli­gieuse ‑pour moi c’est la même chose- , la mère de famille, pis la guidoune.

On en parle

Babe­lio en atten­dant de mettre des liens plus précis