Édition Folio

J’ai certai­ne­ment suivi l’avis d’un blog pour ache­ter ce roman, qui n’est vrai­ment pas pour moi. C’est un très joli texte, écrit de façon poétique. Mais je ne suis abso­lu­ment pas rentrée dans cette histoire ni dans l’écri­ture. Ce livre raconte à la fois une histoire d’amour très puis­sante pour un homme des bois dans une région qui ressemble à la Sibé­rie. Mais c’est aussi l’his­toire des violences dues à la guerre et à l’in­to­lé­rance des hommes pour des gens diffé­rents. C’est aussi l’évo­ca­tion d’une contrée si rude que l’on peut mourir de ne pas se proté­ger du froid ou de la force des éléments. Je crois qu’en « livre lu » par une belle voix ce livre aurait pu me toucher mais je ne devais pas, ce jour là, être d’hu­meur à me lais­ser portée par les esprits , les guéris­seurs, les animaux sauvages qui peuvent avoir des rela­tions avec les hommes. Non, ce jour là, je n’étais pas récep­tive à ce roman qui a pour­tant de belles qualités.

Citations

Pour vous donner une idée du style de l’auteure :

Chez les Illia­kov, on se conten­tait de ce qu’en avait toujours dit la grand-mère, « Ajoute une herbe sèche dans le désert et ce n’est plus le désert ». La mère avait repris ses gestes et ses paroles. Elle les avait à son tour trans­mis à Olga. La décoc­tion avait un goût de terre. L’ha­leine d’hu­mus rappe­lait que sous l’écorce de glace, la glèbe sommeillait, prête à réap­pa­raître. Matin après matin, ce goût nous accom­pa­gnait un peu plus loin dans la fonte des neiges. Combien de fois l’hi­ver l’emportait-il sur le courage ? Combien de fois nous ôtait-il la force de nous lever ? Les ancêtres avaient trouvé des ruses. Déjoué la tenta­tion de l’aban­don. « Ajoute une herbe sèche dans le désert et ce n’est plus le désert. »

Les esprits

Immo­bile auprès d’Igor, je souris dans le vague. Je sais que ma bouche est traver­sée par une trace grise. On ne revient jamais indemne du Grand-Passage. Il faut bien payer un tribut aux esprits. Je n’en connais pas la nature. Je sens seule­ment, après chaque rituel, que mon corps pèse si lourd qu’il pour­rait s’en­fon­cer dans la terre. Mes mains pendent au bout de mes bras, plus lourdes que des outres pleines. On dirait que du plomb a coulé dans ma tête. Je souris car j’ai accom­pli mon devoir mais il me semble aussi que dans ma chaire deve­nue viande on m’a ôté un peu de vie. Alors Igor pose sa main sur ma tête, ainsi que Baba le faisait, et la régu­la­rité de son pouls, l’en­serre de ses doigts m’al­lège de cette pesan­teur. Je sors de ma torpeur comme on recouvre progres­si­ve­ment la vue après avoir regardé trop long­temps le soleil en face.

4 Thoughts on “Une immense sensation de calme – Laurine ROUX

  1. Contrai­re­ment à toi je l’ai beau­coup aimé, mais c’est vrai que c’est spécial. Il faut aimer le genre.

  2. Ah… je l’avais bien aimé moi aussi, comme Aifelle…

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