Édition autre­ment traduit de l’an­glais (et préfacé sans grand inté­rêt à mon avis) par Jean Pavans

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Peut-on tomber amou­reux d’un domaine ? Cela est arrivé à l’au­teure qui est, je ne l’ai décou­vert qu’en­suite, la femme qui a aimé Virgi­nia Woolf. Dans ce roman, elle sait racon­ter à la perfec­tion ce qui peut loin de toute ratio­na­lité embar­quer une personne sage et raison­nable dans l’achat d’une demeure et d’un jardin qui lui pompera toutes ses ressources finan­cières et ses forces de vie tout en lui assu­rant un bonheur ines­ti­mable. Celui de possé­der et de faire revivre ce lieu. L’au­teure l’a fait pour le château de Sissing­hurtst et on peut comprendre son choix :

Pour le roman, il s’agit d’une belle demeure qui sans être un château a tout le charme des lieux qui aujourd’hui se visitent surtout quand ils sont entouré d’un beau jardin. Le person­nage prin­ci­pal, hérite de l’en­semble des biens d’une parente mais ne peut les garder, d’ailleurs au début il n’a qu’une envie vendre le tout pour se faire une vie person­nelle plus confor­table, lui l’hé­ri­tier qui porte ce nom Chase , les Chase ont possédé ce domaine pendant cinq siècles mais lui n’est qu’un pâle employé d’assurance et il cache son prénom Peregrine (qui signe­rait la noblesse de ses origines). Et puis, il s’ins­talle plus long­temps que prévu dans cette maison et il se fait prendre par son charme, jusqu’à en perdre ses propres repères. Cette posses­sion d’une personne par un lieu superbe est très bien racon­tée et mérite large­ment 5 coquillages, en revanche, il y a telle­ment de détails que je n’ai pas compris que cela m’a empê­chée d’être bien dans ce court texte. J’au­rais aimé savoir pour­quoi l’hé­ri­tier de cette grande famille ne connaît abso­lu­ment pas ce lieu ni sa tante. L’Angleterre n’est pas si vaste qu’il ne puisse pas, parfois, rendre visite à sa tante. Et sans dévoi­ler la fin, je comprends encore moins pour­quoi il doit rache­ter son domaine plutôt que simple­ment le reti­rer de la vente et ne payer alors que les hypo­thèques. Mais le sujet du roman ce ne sont donc pas ces banales histoires d’hé­ri­tage et de finances mais la prise de pouvoir amou­reuse d’un lieu sur une personne.

Citations

Les habits après la mort

Je ne sais pas ce que vous allez faire des vête­ments de la vieille dame, Mr. Chase. Ils ne rappor­te­raient pas grand-chose, voyez-vous, à l’ex­cep­tion des dentelles. Il y a la de belles dentelles authen­tiques, qui devraient valoir quelque chose. Tout est inscrit dans l’in­ven­taire, il faudra les découdre des vête­ments. Mais quand au reste… mettons vingt livres. Ces robes de soie, dirais-je, sont faites d’une bonne étoffe » , observa Mr. Nutley en tâtant une rangée de robes noires pendues dans le placard, qui remuèrent avec un faible bruis­se­ment de feuilles mortes. « Suivez mon conseil, donnez-en quelques-unes à la gouver­nante, cela en fin de compte vous fera plus de profit que les quelques livres que vous pour­riez en tirer. Il faut toujours avoir les domes­tiques de son côté, c’est mon axiome.. Enfin, c’est votre affaire, vous êtes le seul héri­tier et personne ne doit s’immiscer. »

Les traditions en Angleterre

Il avait dû déni­cher la copie de quelques vieux rapport. Mais non ; il était revenu à la première page et il y avait trouvé la date de l’an­née précé­dente. Il était consterné à l’idée que si de telles choses avaient concerné sa tante, elles risquaient aussi de le concer­ner. Que ferait-il d’un porc « de pasnage » à suppo­ser qu’on en amenât un devant sa porte ? Il aurait été encore plus embar­rassé si l’un des fermiers qu’il avait vus aux obsèques était venu lui dire : « Je tiens de toi, le Seigneur. »

Première impression de la maison

La maison lui rendait un regard grave et doux. Sa façade de vieilles briques lit de vin, les V inver­sés des deux pignons, les rectangles des fenêtres et le stuc crémeux de la petite colon­nade qui réunis­sait les deux ailes en saillie, tout se reflé­tait sans défor­ma­tion dans le calme verdâtre des douves. Ce n’était pas une grande maison, elle se résu­mait aux deux ailes et au corps central, mais elle était parfaite est ache­vée, si parfaite que Chase, qui pour­tant ne connais­sait rien et ne s’in­té­res­sait nulle­ment à l’ar­chi­tec­ture, (…), se sentit peu à peu apai­sée par une confor­table satis­fac­tion. Oui, vrai­ment la maison était petite, char­mante, et satis­fai­sante. On ne pouvait lui trou­ver aucun défaut. Elle était exquise de forme et de couleur. Dans ses propor­tions parfaites, elle portait la gran­deur de son style avec une digne simpli­cité. Elle était tran­quille, la soirée était tran­quille, la campagne et était tran­quille ; elle faisait partie de la soirée, de la campagne.

Séduction

Tel un enfant égaré dans le royaume des délices, il était stupé­fié par les enchan­te­ments du soleil et de l’ombre. Il s’at­tar­dait pendant des heures à contem­pler, dans une béati­tude stupide, les grandes nappes de soleil répan­dus sur l’herbe, et les ombres intenses qui s’en­fouis­saient dans les profon­deurs des bois. Il se levait tôt le matin et, se penchait à la fenêtre ouverte, se livrait à la rosée, au senti­ment de la clarté nouvelle, aux oiseaux. Que de gazouillis. !

Sous le charme

Et comme sa vision s’élar­gis­sait, il sentit que la maison, très gracieu­se­ment fondue dans les arbres, les prai­ries, les collines, avait poussé là comme eux, faisant partie d’une tradi­tion sécu­laire. Il recon­si­déra même les tableaux, non comme repré­sen­ta­tion de fantôme insi­gni­fiant, mais comme des hommes et des femmes dans le sang avez contri­bué à la compo­si­tion de celui qui coulait dans c’est pas propre. C’était la terre, les fermes, les meules, les sommeil, les jachères qui lui ensei­gnaient cette sagesse

9 Thoughts on “L’héritier – Vita SACKVILLE-WEST

  1. keisha on 8 février 2021 at 08:05 said:

    Pas atti­rée par le livre mais si on me donne la demeure (et les jardi­niers qui vont avoir) je signe ! ^_​^

  2. Je ne connais pas du tout cette auteure clas­sique mais après une petite recherche je crois que j’ai­me­rais la décou­vrir avec un autre titre…

  3. j’aime bien le sujet et j’aime cette auteure surtout lors­qu’elle parle de demeure, de jardins alors je vais noté j’ai aimé plusieurs livres d’elle au fil du temps

  4. Il y a une dizaine d’an­née, j’avais adoré « toute passion abolie » de cette roman­cière, je te le conseille donc. Quant au titre que tu présentes, je ne sens pas d’ur­gence par rapport à mes goût, et les ques­tions qui sont lais­sées sans réponse me gêne­raient aussi sans doute.

  5. J’ai beau­coup aimé « toute passion abolie » d’elle et je serais toute prête à la relire, surtout que le thème de la demeure et du jardin me plaît bien.

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