Traduit de l’an­glais Etats-Unis par Aline AZOULAY

Un article sur le blog de Keisha m’a conduite à m’in­té­res­ser à cette auteure. J’at­ten­drai que sa trilo­gie (Un siècle améri­cain) soit traduite entiè­re­ment pour la lire, car je n’ai pas cette cette chance incroyable de pouvoir lire en anglais. (Heureu­se­ment les traduc­teurs, en l’occurrence pour ce roman une traduc­trice, font un excellent travail !). Je suis donc partie dans la vie de Marga­ret Mayfield de 1883 à 1942. Et n’en déplaise à certaines que je ne nomme­rai pas, le roman commence par la fin grâce à un prologue qui devrait plutôt se nommer « post-logue » nous sommes en 1942 pendant quelques pages. Nous sommes dans un lieu où des Japo­nais ont été regrou­pés aux Etats-Unis car ce pays est en guerre contre le Japon. Si leurs condi­tions de vie ont peu de choses à voir avec les camps japo­nais ou nazis, ce sont quand même des condi­tions de vie très rudes où l’hu­ma­nité a peu de place. Ensuite nous suivons cette Marga­ret et surtout sont très curieux mari le capi­taine Early. Voici un person­nage fort inté­res­sant et peu souvent l’ob­jet de romans. Il s’agit d’un scien­ti­fique raté, les deux termes sont impor­tants, il est vrai­ment scien­ti­fique et fait des recherches incroyables et parfois à la limite du génial, mais raté car ses convic­tions l’emportent sur la raison. Il passera une grande partie de sa vie à dénon­cer les erreurs d’Ein­stein et essaiera de convaincre la commu­nauté scien­ti­fique de son char­la­ta­nisme. Il se mettra à dos tous ses confrères scien­ti­fiques et fera le malheur autour de lui. Marga­ret sent que son mari ne tourne pas très rond, mais elle a peu de moyen de le contre­dire, une seule personne pour­rait l’ai­der la mère du colo­nel Early, malheu­reu­se­ment celle-ci dispa­raî­tra dans le séisme de San-Francisco

Après la mort de sa mère Andrew Early m’a plus aucun frein à sa méga­lo­ma­nie. Evidem­ment il trouve sur sa route des disciples pour flat­ter son ego et la tris­tesse de la vie de son épouse est acca­blante, surtout que celle-ci n’a pas pu avoir d’en­fant. Je ne suis pas surprise que Jane Smiley ait écrit une trilo­gie de l’his­toire améri­caine car dans ce roman déjà , les person­nages sont très ancrés dans l’his­toire des Etats-Unis. C’est d’ailleurs un ressort impor­tant de ce roman. La person­na­lité de Marga­ret m’a lais­sée assez froide, je comprends mal sa passi­vité ou son peu d’intérêt pour son mari . Je trouve que cet entre deux est agaçant, elle ne mène pas sa propre vie le titre fran­çais le dit assez bien elle est « à part » .

Citations

Portrait d’un américain le grand père du personnage principal à la fin du 19 siècle prononcé par le prêtre à sa mort.

John Gentry fit son entrée dans l’état du Missouri assis à l’ar­rière d’un chariot. Enfant du Sud, il prouva son patrio­tisme à une nation élar­gie et gagna le respect des deux parties.
– Certes, mais le fusil à la main, murmura Lavinia.
Il prit soin de ses esclaves et, après ça, de ses domes­tiques, de ses ouvriers agri­coles, de ses mules, de ses arpents, de ses chevaux, de ses filles et de ses petites filles. Il conti­nua à entre­te­nir des rapports avec ses amis et ses rela­tions des deux camps, ce que l’on ne saurait dire de beau­coup de Missou­riens. Et ainsi, il prit soin de son âme. Aussi, nous comp­tons bien le retrou­ver là-haut, où il est certain qu’on lui a déjà attri­bué quelques charges.

Coïncidence

Je viens de regar­der un docu­men­taire à propos de Tesla cela corres­pond à l’idée que j’avais de lui .
-Que pensez-vous de Tesla ?
Nikola Tesla ! Enfin du véri­table talent, quoique euro­péen jusqu’à l’os. Vous l’avez rencon­tré ? Oui.
Un homme étrange, reprit Andrew. Bavard. Il vous inter­rompt sans cesse pour déve­lop­per ses idées. Il ne vous écoute pas, en fait, même si vous compre­nez parfai­te­ment ces idées et que vous en avez une meilleure à lui exposer.

Le mariage

Personne ne lui avait jamais dit ce qu’elle avait appris au fil des années, que le mariage était usant et terrifiant.

Le choix d’une épouse et le sort des femmes.

C’était lors de ce prin­temps-là qu’il lui avait fait sa demande, finis­sant par se confor­mer au choix de sa mère d’épou­ser une vieille fille du coin, inof­fen­sive mais utile, qui pour­rait prendre soin de lui. Marga­ret réflé­chit un instant. Elle était certaine que Lavi­gna avait été au courant, et que les deux mères avaient commu­ni­qué à son insu. Avait-elle perçu que Marga­ret n’était pas dépourvu de cette fierté missou­rienne que possé­dait Andrew ? N’avait-elle alors songé qu’à la préci­pi­ter dans ce piège ? Sans doute. Lavi­nia n’avait jamais envi­sagé que les aspects pratiques du mariage. L’amour est toujours le premier acte d’une tragé­die, disait-elle. Lavi­nia l’avait envoyée porter des châles et des plats à des dames soli­taires et dépen­dantes pour lui montrer ce qu’é­tait la vie d’une vieille fille : jeune, vous deviez rendre service à tout le monde, et une fois vieille, vous atten­diez patiem­ment qu’on vous vienne en aide.

Phrases finales d’une femme qui est passée à côté de sa vie.

Je me rends compte que je m’en souviens à présent que j’ose y penser . Il y a telle­ment de choses que j’au­rais dû oser.

12 Thoughts on “Une vie à part – Jane SMILEY

  1. J’ai lu Jane Smiley il y a long­temps, je ne sais plus quels titres. J’ai le premier volume de la trilo­gie dans ma PAL.

  2. Tu devrais être plus enthou­siaste pour la trilo­gie, tu verras ! (je n’ai lu que la première partie pour le moment)

  3. J’ai lu l’au­teur il y a long­temps avec plaisir
    Je note l’an­nonce d’une trilogie

  4. Allons bon je ne connais pas ce titre ! Il en existe bien d’autres, pas que la dernière trilogie

  5. Ah ah, comme toi, la trilo­gie attend son tour ici aussi… suite au billet de Keisha :)
    Malgré tes bémols notam­ment sur le person­nage, le pense que celui-ci pour­rait m’in­té­res­ser aussi. Je note, donc !

    • Le person­nage du scien­ti­fique raté est très inté­res­sant et la toile de fond histo­rique aussi. C’est un bon roman. Et j’ai hâte de lire la trilogie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation