Édition Acte Sud
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 
Cet auteur fait partie de mes favo­ris, j’aime beau­coup la saga des Rosiers : la traver­sée du conti­nent, Victoire, La traver­sée de la ville, la traver­sée des sentiments. 
Dans ses romans la musique a toujours de l’im­por­tance et dans cet ensemble de textes, il a réuni des moments de sa vie liés à la musique . C’est parfois drôle, triste ou tragique. Comme le premier moment lié à la mort de son frère qu’il aimait tant. C’est parfois cruel, comme lors­qu’il raconte combien Mont­se­rat Caballé avait gardé une voix superbe mais un corps qui ne lui permet­tait plus de jouer les jeunes amou­reuses. Je comprends Le fou rire qui le saisit à la vue de cette grosse femme enve­lop­pée de taffe­tas vire­vol­tant mais je trouve son rire cruel pour cette grande artiste. En revanche j’ai bien aimé qu’il critique de façon drôle et méchante le spec­tacle de Luis Mariano. Je comprends sa rancœur car il a eu l’im­pres­sion que ce mauvais spec­tacle avait été envoyé au Québec en prenant les habi­tants pour des « ploucs » tout juste bon à chan­ter en choeur « Mexiiiiiiiiiiiiiiiiiiico » . Mais il faut dire que la salle était pleine, hélas Luis était si fati­gué qu’il a eu bien du mal à chanter.
J’ai bien aimé son obser­va­tion du concert de Céline Dion à Las Vegas, concert pour lequel ses fans ont payé des fortunes pour ne pas entendre la chan­teuse car la salle repre­nait en chœur les chan­sons sans écou­ter leur idole. J’ai choisi un passage sur Barbara, chan­teuse qu’il se faisait un point d’hon­neur à ne pas aimer jusqu’au jour où sur scène, elle l’a tota­le­ment ému.
Bref un bon petit livre mais sans plus pour moi. Je me suis un peu fati­guée de passer d’une nouvelle à l’autre.

Citations.

Un bel hommage à Barbara.

Le génie de Barbara fut plus fort que mes ridi­cules réti­cences, est au bout d’un quart d’heure, cette fois assis au fond de mon fauteuil, je fus obli­gée de sortir le petit paquet de klee­nex que je gardais toujours sur moi l’hi­ver. Et pendant l’heure et demie qui suivit, je décou­vris toutes les beau­tés que je n’avais jamais voulu voir, les aveux boule­ver­sants, les chucho­te­ments dont je m’étais tant moqué et qui conte­nait pour­tant toute la douleur du monde, je vis des paysages tristes décrits en mots simples et des femmes qui souf­fraient d’une absence, de départ, je me lais­sais couler dans ce monde glauque ou l’es­poir semblait banni à tout jamais, j’en­ten­dis des décla­ra­tions d’amour déchi­rantes et oui, tout de même, des paroles véhé­mentes annon­çant de terribles vengeances ou, du moins, leur désir .

Le boléro de Ravel.

Le tambour conti­nue son rythme régu­lier qui, curieu­se­ment, commence à le déran­ger : c’est comme le vrom­bis­se­ment d’une mouche dont on arrive pas à se débar­ras­ser. C’était bien au début, ça partait bien l’œuvre, mais on devrait passer à autre chose. L’or­chestre entier commence alors à suivre le rythme du tambour, c’est plus doux, plus langou­reux, moins acha­lant, ça couvre un peu la caisse, puis se lance dans la première mélo­die et il sent son cœur battre plus fort. Que ces beau. L’or­chestre se gonfle tout à coup, et entonne un nouveau thème, très court, avant de reve­nir au premier. Les instru­ments se répondent, les sections semblent lancer des défis, mais à travers tout ça, à travers tout l’or­chestre, les deux thèmes qui se répètent et se mélangent, il se rend compte qu’il entend quand même encore le tambour, pour­tant discret, enterré sous le reste de l’or­chestre, et ça l’énerve de plus en plus comme un grat­te­ment sans fin au fond de son oreille.

10 Thoughts on “Offrandes musicales – Michel TREMBLAY

  1. keisha on 16 janvier 2023 at 08:07 said:

    Je mélange un peu tous ces Trem­blay. ^_​^

  2. Je n’en ai lu que deux de cet auteur, je suis loin d’être lassée, mais j’avoue être un peu perdue dans ses séries.

  3. C’est origi­nal mais je ne pense pas que ce soit pour moi, mais il faudrait quand même que je lise l’au­teur, je retiens donc la saga des rosiers.

  4. Les textes plus person­nels de Trem­blay ne sont pas forcé­ment ceux que je préfère ; ces anec­dotes m’ont plu mais pas autant, par exemple, que celles de Conver­sa­tions avec un enfant curieux. Mais il y a tant à décou­vrir chez lui, entre ses romans, son théâtre, ses nouvelles ou ses souve­nirs, qu’on est sûr de trou­ver un texte qui nous plaise.

  5. Un auteur que je n’ai jamais lu mais tu piques ma curio­sité ! Merci
    Anne

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Post Navigation