Édition La Martinière

 

Les hommes de notre famille ont toujours été des salauds, de magnifiques salauds. 

 

Un récit de retour vers les souvenirs d’enfance de la narratrice (sans doute très proche de l’auteure) . Son enfance est marquée par l’origine russe de son père. Au début, on pense à un récit léger et nostalgique mais hélas la violence alcoolisée de son père donne une dimension dramatique à ce récit.

Le charme de ce roman vient du style de l’écrivaine, il est léger et drôle sauf quand la violence s’installe. Les souvenirs de la Russie sont entretenus par une grand mère qui se souvient de sa fuite de son paradis du temps où sa famille de la noblesse vivait à Saint Pétersbourg. Le plus amusant, c’est la façon dont le père de cette grand mère a gardé les comportements des nobles russes : en arrivant en France il a dépensé sans compter pour faire la fête et cela, jusqu’au dernier centime de la fortune familiale.

Le fils de cette grand-mère est le père de la narratrice, sa vie a rencontré la violence et l’alcool, les trois enfants se sont enfuis de cet univers morbide. On le comprend facilement, il n’empêche que la narratrice veut revoir une dernière fois la maison des vacances où elle a été si heureuse.
Un roman bien écrit une langue moderne qui sert bien le propos de cette écrivaine. C’est un peu léger mais c’est voulu le ton ne devient dramatique qu’à certains moments, la violence de son père, la mort de sa grand mère tant aimée.

 

Extraits

Elle retrouve son père.

 Je suis à présent une vieille petite fille qu’il pourrait enfin prendre dans ses bras mais c’est trop tard, nous n’avons jamais su. La seul chose que nous somme capables de faire, c’est de nous asseoir l’un à côté de l’autre dans la voiture (ça va ? me dit-il après vingt ans d’absence …) et de rouler dans la garrigue fenêtres ouvertes pour allez une dernière fois ensemble dans la Maison blanche aux volets clos.

Son père.

 Ma sœur mon frère et moi savions bien que ma mère lui avait tout imposé, la maison, le chien, Noël, les saisons, et les choses à prévoir.
 Peut-être que nous aussi, elle nous avait imposés ? Parfois j’en avais la sensation.
– Mais je croyais que les enfants, il faut les désirer à deux ? demandai-je à ma sœur, le soir, quand nous discutions serrées l’une contre l’autre sous les couettes.
– Tu parles ! répondait-elle. Il y a des femmes qui mettre comme cela le grappin sur des hommes.
– Le grappin ? comme pour les bateaux de pirates ?
– Oui, un peu comme ça, si tu veux  ! disait-elle en riant. Une sorte d’arbordage , !

Son grand père et l’argent.

 Il était parti de Saint-Pétersbourg en laissant toute son histoire mais il a eu le temps d’emporter une petite statue de Pouchkine un buste, qu’il m’offrit ce jour-là.
– Tiens Ptit’sa. C’est pour toi. Comme cela tu n’oublieras jamais d’où nous venons. Et sache bien que l’argent n’a aucune importance, crois moi je peux te le dire ! L’argent est une chose fragile, qui va et vient et s’épuise. Sois riche de mille autres choses ma chérie, c’est ce que t’enseigneras cette statue. Ne te laisse jamais engourdir. Souviens-toi de notre histoire et des chemins que la vie peut parfois prendre …

L’alcool.

Quand les hommes se mettent à boire, ils le font avec ceux qui passent et qu’ils ne voient même pas. Ce ne sont que des fausses amitiés, des gorges ouvertes sur le vide. Quand les hommes se mettent à boire, ils commencent à plusieurs mais finissent toujours seuls.

Une mère battue.

Les hurlements d’une mère sont une des rares choses qui vous détruisent définitivement de l’intérieur. C’est irréparable. 

15 Thoughts on “La maison russe – Tania Sollogoub

  1. keisha on 15 janvier 2024 at 08:21 said:

    L’alcool en Russie, oui…

  2. tu n’es pas tout à fait d’accord avec ton club de lecture. Je vois que les membres ont attribué un cœur tandis que tu donnes 4 coquillages…

    • L’attribution des cœurs au club de lecture est assez complexe. Chaque lectrice dit si elle met un coup de cœur ou non. Moi je n’en aurais pas mis car au club je ne mets un coup de cœur que si j’ai mis cinq coquillages sur Luocine. Si le livre a obtenu plusieurs coups de cœur il obtiendra deux ou trois coups de cœur. Il en obtient un si la majorité des lectrices n’en met pas mais qu’il a quand même au moins deux ou trois lectrices qui le défendent. Il a trois coups de cœur si nous sommes toutes d’accord. C’est un peu compliqué mais j’aime bien ce procédé car sinon il fallait défendre ou attaquer avec passion le roman à qui on voulait où on ne voulait pas attribuer un cœur. Notre avis est plus respecté de cette façon là. Sauf si le livre n’a pas été beaucoup lu.

  3. Je suis déjà beaucoup dans « les origines russes » dans mes lectures actuelles, donc je vais passer et changer de sujet !

    • bien sûr , maintenant que le soleil d’hiver tu vas retrouver de belles lumières pour te promener le nez en l’air pour regarder les oiseaux

  4. J’ai l’impression d’avoir déjà lu ce genre d’histoire. Décidément, l’alcool détruit beaucoup de familles.

  5. Bonjour Luocine, c’est un livre récent? Je vais regarder si je le trouverais en bibli à Paris. Rien que la couverture à la couleur, cela me donne envie de le lire. Très bonne journée.

    • Bonjour Dasola
      Je pense que ce n’est pas très ancien mais tu me donnes une idée j’essaierai de mettre l’année de la parution dorénavant.

  6. Bonjour Luocine, merci. J’ai vu que le livre datait de 2014. En revanche, pour le trouver en bibli à Paris, ce n’est pas simple: peu d’exemplaire et loin de chez moi. Très bonne journée.

  7. C’est amusant que tu dises que c’est léger au vu du thème !

  8. Je ne connais pas mais ça me tente bien.

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