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L’horreur d’être élevée par une mère suicidaire :

Souvent, elle raconte à Char­lotte qu’au ciel tout est plus beau.
Et ajoute:quand j’y serai, je t’en­ver­rai une lettre pour te racon­ter.
L’au – delà devient une obses­sion.
Tu ne veux pas que maman devienne un ange ?

Ce serait prodi­gieux, n’est ce pas ?
Char­lotte se tait.

La grand-mère neurasthénique

Évidem­ment, sa grand mère l’aime profon­dé­ment.
Mais il y a comme une force noire dans son amour.
Comment cette femme peut-elle s’oc­cu­per d’une enfant ?
Elle, dont les deux filles se sont suici­dées.

Le grand amour de Charlotte le professeur de chant et ses intéressantes théories

Il a déve­loppé des théo­ries nouvelles sur les méthodes de chant.
Il faut aller cher­cher la voix au plus profond de soi.
Comment est-il possible que les bébés puissent crier si long­temps ?
Et sans même abîmer leurs codes vocales.

On en parle

Allez sur Babe­lio vous verrez que ce roman a touché tant de lecteurs et de lectrices.

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Cela devrait être facile d’écrire sur ce livre que j’ai adoré. Mais voilà, j’ai été si émue que j’ai peur de rater mon billet, d’être trop dans l’émotion et de ne pas savoir faire parta­ger mon plai­sir de lecture. C’est la première fois qu’un livre me fait pleu­rer ? Rire toute seule en lisant un livre, ça m’arrive souvent, pleu­rer jamais.

À l’évocation de la mort de sa grand-mère mes larmes sont sorties sans que je puisse les arrê­ter. Evidem­ment d’autres morts en sont la cause ! Assez parlé de moi, reve­nons donc à David Foen­ki­nos, j’avais adoré La déli­ca­tesse, pour son humour et son style. On retrouve ces deux quali­tés dans les souve­nirs.La scène où le narra­teur se décide à présen­ter sa compagne pour annon­cer le mariage à ses parents alors que ceux-ci sont persua­dés qu’ils viennent parce que leur fils a enfin compris qu’ils allaient divor­cer est d’un tragi comique irré­sis­tible. Les petites remarques rapides comme par exemple, le nom donné aux cliniques où l’on soigne les dépres­sifs, Camille Clau­del et Van Gogh qui ne sont quand même pas des modèles d’équilibre mental m’ont fait sourire. Les souve­nirs qu’il invente aux person­nages, célèbres ou non, qu’il fait vivre dans son roman, m’ont égale­ment beau­coup amusée.

Mais pour moi, l’essentiel du roman, c’est la réflexion sur le vieillis­se­ment, et l’amour du narra­teur pour ses grand parents. Sa grand-mère ne se sent pas bien en maison de retraite, elle est très émou­vante et on comprend sa fugue vers son enfance, vers cette petite fille qu’elle a été et qui à cause de la faillite finan­cière de ses parents a quitté l’école en CE2. Elle m’a boule­ver­sée et il faut un vrai talent d’écrivain pour faire parta­ger la force de ses émotions. Ses rela­tions avec ses parents évoluent au fil des pages, et gagne en profon­deur par contre je n’ai pas bien compris pour­quoi son couple ne résiste pas à l’usure du temps.

Un beau livre qui permet de réflé­chir en souriant aux liens fami­liaux.

Citations

On cherche toujours des raisons à l’étroitesse affec­tive de nos parents. On cherche toujours des raisons au manque d’amour qui nous ronge. Parfois il n’y a simple­ment rien dire.

Il y avait aussi un tableau avec une vache. Le tableau devait être un pension­naire et on l’exposait pour lui faire plai­sir. Après rensei­gne­ment, non, personne ne savait qui avait peint cette horreur, ni pour­quoi elle était pendue là. On ne souciait pas de l’esthétique. Mon dégoût pour ce tableau allait pour­tant provo­quer chez moi une étrange réac­tion : à chacune de mes visites, je ne pour­rai faire autre­ment que de m’arrêter devant pour le contem­pler. Cette vache faisait main­te­nant partie de ma vie. Elle serait pour toujours le symbole de la laideur. Ce n’est pas rien d’avoir ainsi un accès à la laideur, comme point de mire à l’horizon vers lequel il ne faut surtout pas aller. Cette vache là je passe­rai ma vie à la fuir.

La vie avan­çait pour les autres, me lais­sant toujours sur le côté, et je demeu­rais bloqué dans l’âge des choses immo­biles. Ma vie sexuelle ressem­blait à un film suédois. Parfois même sans les sous-titres.

Que veulent les vieux ? Ils s’isolent lente­ment, sur ce chemin qui les conduit à la blan­cheur. Tout ce qui fait la matière des conver­sa­tions dispa­raît. Et on est là, comme des veilleurs de chagrin.

J’ai souvent entendu dire qu » »un véri­table ami c’est quelqu’un qu’on peut appe­ler en pleine nuit quand on se retrouve avec un cadavre sur les bras ». Je ne sais pas pour­quoi, mais j’ai toujours aimé cette idée. Il y a des gens qui passent leur temps à se deman­der ce qu’ils feraient s’ils gagnaient au Loto, moi je me demande qui j’ap­pel­le­rai le jour ou je devrai me débar­ras­ser d’un corps (car il est très peu probable que je gagne un jour au Loto) je parcours la liste de mes amis, et j’hésite. Je pèse le pour et le contre d’une lâcheté éven­tuelle. Et puis, je me rends compte que le chois est plus complexe que prévu : aimer un ami. C’est aussi éviter de l’im­pli­quer dans une histoire aussi sordide que risquée.

Mon père a trouvé une place de station­ne­ment rapi­de­ment, et comme toujours cela le mit en joie. Je pense qu’on pour­rait posi­tion­ner le fait de se garer faci­le­ment dans le trio de son panthéon du bonheur. Quelque part, c’est si symbo­lique : mon père a toujours voulu avoir une vie rangée. Je critique cet enthou­siasme de la place de parking, mais après tout chacun fait comme il peut pour se réjouir.

On en parle

Minou a lu

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Je ne veux pas être trop injuste avec ce roman qui m’a quand même beau­coup déçue. J’avais beau­coup aimé La Déli­ca­tesse. L’his­toire d’amour entre Fritz et Anna n’a pas réussi à me passion­ner, la descrip­tion à la fois des person­nages et des milieux m’a semblé proche de la cari­ca­ture. Je n’ai pas retrouvé la verve humo­ris­tique qui m’avait tant plu dans le précé­dent roman de cet auteur. Mais je ne veux pas être injuste car il m’a permis de passer une nuit d’in­som­nie beau­coup plus agréable que si j’avais zappé devant les repor­tages anima­liers de la télé.

On en parle

link.

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Encore « un cadeau » de mon club de lecture de Dinard. Je ne connais­sais pas cet auteur et ce roman d’amour est un petit joyau. J’ai ri, toute seule en le lisant hier soir , il n’a pas comblé une insom­nie, il m’a empê­chée de dormir, il était hors de ques­tion que je ne le termine pas avant de dormir. Il est vrai qu’il se lit très vite, c’est comme une bouf­fée de plai­sir. Le style est origi­nal, les person­nages sont vivants et sympa­thiques, et l’histoire très touchante. Les notes en bas de page sont très drôles. Ce qui m’a complè­te­ment charmé, ce sont les petits tableaux de la vie quoti­dienne, moi qui ne sais jamais quoi boire dans un café, j’ai beau­coup ri, lorsque Fran­çois réflé­chit à ce que Natha­lie va choi­sir à leur première rencontre.
J’ai quand même une sérieuse réserve sur la promo de son livre, on dirait un clip pour un chan­teur : link.

Citations

Exemple de notes en bas de page

Les sièges sont si étroits au théâtre. Markus était fran­che­ment mal à l’aise. Il regret­tait d’avoir de grandes jambes, et c’était là un regret abso­lu­ment stérile

La loca­tion de petites jambes n’existent pas.

Les idées de François, lors de la première rencontre au café

Un thé ce n’est guère mieux. À peine rencon­trés et déjà s’installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après midi à regar­der la télé­vi­sion. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui ; le thé c’est incon­tes­ta­ble­ment une ambiance belle-famille.

Des phrases que j’aime

Il y a peut-être une dicta­ture du concret qui contra­rie en perma­nence les voca­tions.

Markus sortit du bureau aussi stupé­fait que le soleil pendant une éclipse.

Des formules que je retiendrai

Oui il était marié. Il nageait dans ce qu’il appe­lait la vie conju­calme.

L’auteur nous parle

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)