Un petit trésor que cette BD, à lire avec la musique jouée par cet incroyable inter­prète . La vie de ce musi­cien hors du commun a déjà inspiré de nombreux ouvrages, le talent de Sandrine Revel nous plonge dans l’uni­vers mental de Glenn Gould à celui qui disait :

Je tenais pour acquis que tout le monde parta­geait ma passion pour les ciels nuageux. J’ai eu tout un choc en appre­nant que certaines personnes préfé­raient le soleil.

elle a répondu par ces dessins abso­lu­ment magiques de nuages

Elle raconte très bien à la fois son obses­sion pour la pureté du son et le respect de la musique. C’est une vie triste mais aussi merveilleuse car habi­tée par la musique la seule chose qui pour lui avait de la valeur et était sa seule lumière. On retrouve tout ce que l’on sait de cet homme et quand on referme cette BD on pense que c’est si triste qu’il soit disparu trop tôt . Il ne s’est jamais épar­gné et il a tout le temps mis sa vie en danger par des peurs réelles ou imaginaires.

La BD vaut autant pour ce qu’on découvre de la vie de cet artiste si origi­nal que par le talent de la dessinatrice.

Une BD à regar­der et un artiste à écou­ter encore et encore

R‑T

R

Ragou­gneau (Alexis) (Opus 77 6 juillet 2020)

Raufast (Pierre) (La Frac­tale des Ravio­lis 21 septembre 2015) (La Variante Chilienne 7 juillet 2016) (Habe­mus Pira­tam 15 avril 2019)

Rault (Antoine) (La Danse des Vivants 14 octobre 2019)

Renaud (Claire) (La valse des petits pas 28 avril 2002)

Revel (Sandrine)(Glen Gould Une vie à contre temps 4 aout 2021)

Rostain (Michel) (L’étoile et la vieille 14 mars 2013) (Le vieux 11 avril 2022)

Roux Laurine (Une immense sensa­tion de calme 2 aout 2021)

Roth (Philip) (la Tâche 27 octobre 2009)(le complot contre l’Amé­rique 20 avril 2015) (Un Homme 15 octobre 2020)

Rufin (Jean-Chis­tophe) (Le grand Cœur 7 aout 2012) (Rouge Brésil 4 novembre 2013)(Immor­telle Randon­née 24 octobre 2013)

Ryan (Jenni­fer) (La Chorale des Dames de Chil­bury 29 juin 2018)

S

Sack­ville-West (Vita) (l’hé­ri­tier 8 février 2021)

Salvayre (Lydie) ( Les belles Âmes 3 juin 2013)

Scheuer (Norbert) (Les Abeilles d’Hi­ver 17 janvier 2022)

Schlink (Bern­hard) (Olga 11 novembre 2019)

Schul­man (Alex) (Les survi­vants 12 mai 2022)

Schwartz­mann (Jacky) (Pension Complète 8 juillet 2019)

Scias­cia) Leonardo (Le Jour de la chouette 3 juin 2021)

Sebas­tian (Barry)(Le testa­ment caché 27 octobre 2021)

Seethal­ter (Robert) (Le Tabac Tres­niek 29 mai 2015) (Une vie entière 1 octobre 2018)

Seigle (Jean-Luc) (En Vieillis­sant les Hommes pleurent 20 août 2018)

Seksik (Laurent) (Le cas d’Eduard Einsthttps://luocine.fr/?p=13243ein 5 décembre 2013) (L’exer­cice de la méde­cine 26 octobre 2015) (Romain Gary s’en va-t-en Guerre 22 juin 2017) (les derniers jours de Stefan Zweig 1 août 2018) (Un fils obéis­sant 27 janvier 2020)

Sepul­veda (Luis) (Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler 5 août 2019)

Shri­ver (Lionel) (Double faute 14 janvier 2011)(quatre heures dix huit minutes … 19 novembre 2021)

Sijie (Dai) (L’évan­gile Selon Yong Sheng 24 février 2020) (Trois vies chinoises 24 aout 2020)

Sini­salo Johanna (Jamais avant le coucher du soleil 27 novembre 2019)

Sizun (Marie) (La Femme de l’Al­le­mand 27 août 2009) (La Gouver­nante Suédoise 30 août 2018)

Skes­lien-Charles (Janet) (Une soif de livres et de liberté 25 février 2021)

Slimani (Leila) ( Le pays des autres 25 janvier 2021)

Smiley (Jane) (Une vie à part 11 aout 2018)

Smith(Tom Rob) (Enfant 44 24 décembre 2009) (Kolyma février 2010)(La ferme 23 octobre 2014)

Solo­mons Nata­sha (Jack Rosen­blum rêve en anglais 14 aout 2011) (Le manoir de Tyne­ford 21 mai 2014)

Spit­zer (Sébas­tien) (Le coeur battant du monde 4 février 2021)

Stegner (Wallace) (La montagne en sucre 9 mais 2016) (En leu sûr 1° aout 2016)

T

Takano (Kazuaki) (Treize Marches 15 mars 2021) (Génocide(s) 29 juillet 2021)

Tani­zaki (Juni­chiro (Eloge de l’ombre 27 aout 2009)

Tapply (G.William) (Dark Tiger 17 décembre 2021)

Tardieu Laurence (Un temps fou 13 septembre 2009) (Nous aurons été vivants 2 septembre 2019)

Taver­nier (Tiffany) (L’ami 15 octobre 2021)

Taylor Eliza­beth (Vue sur le port 28 juin 2021)

Thibert (Colin) (Torren­tius 16 mars 2020)

Thuy (Kim) (Ru 24 février 2010) (Man 21 juin 2013) (Vi 16 novembre 2020)

Thomas (Chan­tal) (le Testa­ment d’Olympe 14 avril 2011) (Souve­nirs de la Marée Basse 15 novembre 2017) mars

Tibu­leac (Tatiana) (L’été où maman a eu les yeux verts 8 mars 2021)

Tixier (Marjo­rie) (Un autre bleu que le tien 21 mars 2022)

Tokarc­zuck (Olga) (Sur les Osse­ments et les Morts 13 avril 2020) (Dieu, le Temps, les hommes et les Anges 20 avril 2020) juin

Tong Cuong (Valé­rie) (Par Amour 8 juin 2017) (les guerres inté­rieures 8 juin 2020)

Trem­blay (Michel) ( La traver­sée du Conti­nent 9 janvier 2014) (Victoire 15 novembre 2021) (La traver­sée de la ville, la traver­sée des senti­ments 13 décembre 2021)

Troël (Yuna) (Le coq soli­taire 11 mars 2021)

Tron­chet (Didier) (Le Chan­teur Perdu 25 décembre 2020)

décembre )

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­theque de Dinard où il a (grâce à moi) obtenu un coup de cœur.


Un livre éton­nant, et encore, pour mon plus grand plai­sir, un écri­vain qui aime racon­ter des histoires et qui aime jouer avec la langue et les situa­tions de tous les jours (il me fait penser à Pierre Raufast). Le billet de Sandrine sur son Blog « Tête de lecture » vous montrera que je ne suis pas la seule à avoir été séduite par ce roman. Tout ce livre est construit sur la tension de la révé­la­tion de l’ori­gine de la cica­trice du narra­teur cachée par l’écharpe drapée autour du cou. Comme je déteste le suspens, j’ai commencé par le chapitre 0 qui termine le roman. Soyez rassu­rés, je n’en dirai pas un mot dans mon billet, mais j’ai pu ainsi savou­rer à un rythme plus lent tous les méandres de ce récit qui abou­tissent à l’indicible.

Il y a plusieurs façons d’ai­mer le style de Gilles Marchand, il sait si bien obser­ver l’hu­ma­nité qu’il nous fait sourire en recon­nais­sant notre boulan­gère qui, tous les matins, fait un petit commen­taire météo­ro­lo­gique, et qui nous inter­roge toujours au futur.

Et pour vous, ce sera ?

Il nous fait rire quand il répond calme­ment aux inter­ro­ga­tions de son direc­teur à propos des notes de frais des commer­ciaux. Il a noté pendant 30 ans « restau­rant » « café », alors il s’est amusé à rempla­cer ces mots si banal par « fausse barbe » « tutu »… On n’est pas très loin de la démis­sion ou du licenciement.

Un soir, son écharpe gorgée de café dévoile à ses meilleurs amis sa cica­trice, il entre­prend alors de racon­ter son enfance pour leur expli­quer le pour­quoi de ce qu’il a toujours voulu cacher. Ses amis de café après le travail : Lisa la serveuse dont ils sont tous amou­reux, Thomas, et Sam enten­dront donc, s’ils sont aussi patients que l’au­di­toire qui gran­dit jour après, le récit de sa vie. Il leur parle de Pierre-Jean son grand père qui l’a élevé en rendant la réalité du quoti­dien magique pour lui faire oublier le tragique de son passé. Soirée après soirée, les récits de son grand père vont capti­ver un public de plus en plus nombreux mais la fin, l’ex­pli­ca­tion de tout ce que l’on doit mettre en place pour oublier, ce qui est trop lourd à porter, seuls ses amis l’entendront.

Je n’ai cessé pendant toute ma lecture de noter des passages ou des petites phrases pour les parta­ger avec vous. Je ne suis d’ha­bi­tude pas très tentée par le fantas­tique, ni le déjanté, mais grâce à sa langue j’ai tout accepté même le tunnel creusé dans les ordures que la concierge morte depuis quelques mois ne peut plus enle­ver. Il m’a fait décou­vrir un air de Beatles moins connu que d’autres (my guitar gently weeps ) et que j’aime bien. Bref un petit régal avec une tragé­die, dont vous remar­que­rez, je n’ai rien dit.

Merci Jérôme de me signa­ler que Noukette en avait fait un coup de coeur

Citations

Le début en espérant que, comme moi, vous vous direz je veux aller plus loin dans la lecture.

J’ai un poème et une cicatrice.

De la lèvre infé­rieure jusqu’au tréfonds de ma chemise, il y a cette empreinte de l’his­toire, cette marque indé­lé­bile que je m’ef­force de recou­vrir de mon écharpe afin d’en épar­gner la vue à ceux qui croisent ma route. Quant au poème, il me hante comme une musique entê­tante, ses mots rampent dans mon crâne d’où il voudrait sortir pour dire leur douleur au monde. Poème et cica­trice font partie de moi au même titre que mes jambes, mes bras ou mes omoplates. Je ne me sens pas tenu de les exami­ner pour savoir qu’ils existent. J’ai seule­ment appris à essayer de les oublier.
Voilà pour mon armoire à souve­nirs. J’ai pris soin de le cade­nas­ser soli­de­ment et, la plupart du temps, cela marche. C’est la seule solu­tion pour rester à ma manière assez heureux. Mais les cade­nas son travail fragiles et il est impos­sible d’ou­blier une cica­trice lorsque celle-ci fait office de masque que l’on ne peut retirer.

Un personnage dont je partage les goûts musicaux

Sa seule lacune, « le rock, la pop et leurs frères et sœurs élec­tri­fiés » comme il les nomme. Pour lui, la musique n’a pas besoin d’amplificateur.

Le malheur d’être comptable

Quand un inter­lo­cu­teur me demande ce que je fais dans la vie, il change irré­mé­dia­ble­ment de sujet dès qu’il a pris connais­sance de la terrible nouvelle : je suis comptable.

Sa boulangère

Il fait froid. C’est ce que m’a affirmé ma boulan­gère qui a beau­coup de conversation.

La cuisine des solitaires

J’al­lume le gaz et mets de l’eau à chauf­fer pour les pâtes. Ce n’est qu’une fois que l’eau bout que je me rends compte que je n’ai pas de pâtes et je me résigne à y mettre un sachet de thé. Moins nour­ris­sant mais mieux que rien.

L’humour

L’ar­rache cœur…c’était en fait le dernier titre de l’au­teur, qui avait laissé sa trilo­gie inache­vée (33 % du projet initial, avais-je pensé, me promet­tant de ne plus mêler comp­ta­bi­lité et litté­ra­ture). Alors, la suite, je l’ai imagi­née. Mais c’était moins bon. Boris Vian a beau­coup baissé après sa mort.

Petit détail de la vie courante, et c’est tellement bien vu !

Les toilettes sont toujours au fond à gauche. Et si elles n’y sont pas, c’est qu’elles se situent juste en face. Mais on inter­roge au cas où. De peur peut-être de se perdre ou que le patron ne se demande où l’on va comme ça sans deman­der la permis­sion et sorte une arme de derrière le comp­toir . Personne ne veut mourir parce qu’il n’a pas demandé où se trou­vait les toilettes, alors on demande et on attend la réponse : au fond à gauche.

Oh, que OUI !

Mais qu’y a‑t-il de pire que de lire un mauvais livre ? Lire le mauvais livre d’un ami… Et je ne veux impo­ser ça à personne.

Tous les gens malades des bronches peuvent en témoigner.

« Quand tu marches,tu ne regardes pas tes jambes et quand tu respires, tu ne regardes pas tes poumons … »

Ça m’avait trou­blé et l’es­pace de quelques secondes, je m’étais concen­tré sur ma respi­ra­tion, réali­sant à quel point la vie serait pénible s’il fallait se concen­trer sur chaque mouve­ment de sa cage thoracique.

Voilà le style qui m’amuse

Il lui est même arrivé de me faire la bise, pour me souhai­ter une bonne année, une bonne santé, un bon anni­ver­saire .… Bernard était un excellent souhaiteur