Édition « le livre de poche » , Traduit de l’An­glais (Austra­lie) par Béatrice Taupeau

L’époque étant ce qu’elle est, je suis souvent à la recherche de lectures pas trop violentes. J’ai trouvé cette sugges­tion chez Aifelle . Et ce roman a bien rempli son office. Je suis partie en Austra­lie à la sortie d’une école mater­nelle avec des gens surin­ves­tis dans leur rôle de parents compé­tents, il y a bien sûr plus de mamans que de papas mais ces derniers ont aussi un rôle impor­tant à jouer. Dès le début nous savons que lors d’une soirée à l’école, il y a eu un mort et donc une enquête pour connaître les circons­tances de ce drame. Le roman raconte en détail ce qui s’est passé pour en arri­ver là. Nous plon­geons donc dans la vie de quatre familles : la famille la plus impor­tante pour l’in­trigue est celle de Céleste et Perry , un couple idéal, des parents jeunes, spor­tifs beaux et riches mais qui cachent un lourd secret de violence conju­gale . Celui de Made­line et Ed avec un problème pour Made­line de se retrou­ver parent d’élève avec son ex-mari et sa nouvelle femme parfaite, Bonny, ce qu’elle n’est abso­lu­ment pas. Enfin il y a Jane et son petit garçon Ziggy qui sera accusé d’être harce­leur ce qu’il n’était pas. Tous ces person­nages gravitent donc autour des acti­vi­tés scolaires diri­gées par le « clan des « serre-tête » qui inter­viennent fort mal à propos dans les histoires des enfants.

L’au­teure a un bon sens de l’ob­ser­va­tion et s’amuse visi­ble­ment avec tout ce petit monde, il y a hélas derrière tout cela une femme qui doit échap­per à l’emprise d’un homme violent et c’est vrai­ment bien raconté. Comme souvent, pour les romans style romans améri­cains (et pour­tant l’au­teure est Austra­lienne) je trouve que le récit se traîne un peu longueur mais c’est une lecture facile qui permet de quit­ter faci­le­ment le monde du Covid !. Je ne suis pas surprise que l’on en ai fait une série.

Citations

J’aime ce sens de l’observation, on se sent tout de suite à une sortie d’école en Australie

Mais elle adorait entendre l’in­croyable brou­haha de voix enfan­tines à inter­valles régu­liers dans la jour­née, et comme elle ne se dépla­çait plus en voiture, elle n’avait que faire des embou­teillages dans la rue, causés par ces énormes véhi­cules que tout le monde condui­sait aujourd’­hui, et ses femmes affu­blés d’im­menses lunettes de soleil qui se penchaient sur leur volant pour échan­ger à tue-tête des infor­ma­tions de la plus haute impor­tance concer­nant le cours de danse de Harriette et la séance d’or­tho­pho­nie de Charlie.
Comme elles prenaient le rôle de mère au sérieux. Il fallait les voir, avec leur petit visage affolé, leur démarche dyna­mique et leur air impor­tant lors­qu’elles péné­traient dans l’école, fesses moulées dans leur tenue de gym, queue de cheval au vent, regards rivés sur l’écran de leur télé­phone portable au creux de la main telle une boussole.

Les enfants à hauts potentiels

Chaque semaine, Renata et Harper fréquen­taient le même groupe d’en­traide destiné aux parents d’en­fants à « haut poten­tiel ». Made­line les imagi­nait sans peine, instal­lés en cercle, se tordant les mains d’an­goisse, le cœur secrè­te­ment gonflé d’orgueil.

Une femme maltraitée

Sans comp­ter que son indé­ci­sion repo­sait sur un fait indé­niable : elle aimait son mari. Passion­né­ment. Il la rendait heureuse, la faisait rire. Elle adorait discu­ter avec lui, regar­der la télé­vi­sion avec lui, à rester au lit avec lui le matin quand le temps était froid et pluvieux. Elle le dési­rait toujours.
Mais rester, c’était lui donner la permis­sion impli­cite de recom­men­cer. Elle en avait bien conscience. C’était une femme instruite, elle avait plusieurs options, des endroits où se réfu­gier, des amis et des parents pour la soute­nir, des avocats pour la défendre. Elle pouvait reprendre le travail, subve­nir à ses besoins. Elle pouvait le quit­ter sans craindre qu’il l’a tue. Sans craindre qu’il lui prenne les enfants.

Attitude des parents de maternelle face à un enterrement du père d’un de leur camarade

Ceux qui avaient choisi de mettre leur cher petit à l’abri d’une telle expé­rience tablaient sur le fait que les enfants qui n’au­raient pas cette chance feraient des cauche­mars et seraient trau­ma­ti­sés à vie, suffi­sam­ment en tout cas pour que le résul­tat d’exa­men au lycée s’en ressentent. Les autres espé­raient que cette expé­rience serait une leçon précieuse pour leurs bambins, leçon sur le cycle de la vie, l’im­por­tance d’épau­ler leurs amis dans la détresse. Elle les rendrait plus « résis­tants » plus à même de se tenir à l’écart des conduites à risque à l’adolescence.