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Un séjour assez long à Fonte­nay-sous-Bois à l’oc­ca­sion d’une nais­sance m’a permis d’uti­li­ser le Kindle pour satis­faire mon envie de lecture.
Traduit de l’an­glais par Nata­lie Zimmermann

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J’ai donc saisi l’oc­ca­sion de lire un livre de plus sur « l’af­faire » grâce à Sandrine qui tient le blog « Tête de lecture » et j’en suis ravie. Ce n’est pas la première fois que je dois au roman­cier l’évo­ca­tion de l’af­faire Drey­fus. Adoles­cente, j’ai dévoré les romans de Roger Martin du Gard , plus tard j’ai retrouvé « l’af­faire » chez Proust , j’ai étudié en classe « J’ac­cuse » de Zola. Et voilà donc un roman qui m’a replon­gée dans cette incroyable erreur judi­ciaire. Le roman­cier choi­sit de racon­ter la prise de conscience du colo­nel Picquart, et en cela il est nova­teur et passion­nant. Deux concep­tions de l’hon­neur de l’ar­mée s’af­frontent. Celle de Picquart.

Ce jeune et brillant colo­nel persuadé de l’innocence de Drey­fus est égale­ment certain que l’ar­mée doit recon­naître son erreur pour retrou­ver son honneur.

Commence alors pour lui une véri­table descente aux enfers digne d’un véri­table thril­ler et écrit comme tel par Robert Harris. Même si on connaît la fin, on craint pour sa vie , et même si on connaît bien l’af­faire, on est surpris de l’acharnement de l’ar­mée à son encontre. Il risque de perdre sa carrière, son honneur et sa vie pour défendre un homme pour qui, au début, il a très peu d’es­time. Lors­qu’il a la preuve que celui qui a écrit le borde­reau sur lequel se fonde l’ac­cu­sa­tion est Este­rhazy , il croit naïve­ment qu’une enquête va être dili­gen­tée pour confondre le traitre et inno­cen­ter Dreyfus.

Il s’op­pose à l’état major pari­sien qui croit aussi défendre l’hon­neur de l’ar­mée, en préfé­rant ne pas recon­naître ses erreurs plutôt que de décla­rer un juif inno­cent. Tout le monde au début est de bonne foi , mais lorsque les preuves des faux d’Henry seront décou­vertes, une autre affaire commence : celle des preuves secrètes (entiè­re­ment fabri­quées) pour ne pas reve­nir sur un juge­ment qui arran­geait tout le monde. Tout cela mené par le ministre de la guerre le géné­ral Mercier

Ce roman se dévore comme un roman poli­cier et en ces temps où l’in­to­lé­rance fait encore des ravages, cela fait du bien de se replon­ger dans les périodes diffi­ciles qui ont forgé les valeurs de la répu­blique fran­çaise. Comme dans le livre de Bredin, on constate que, même si Drey­fus a été réin­té­gré avec les honneurs dans l’ar­mée fran­çaise à laquelle il était si atta­ché, ses années aux bagnes n’ont pas été prises en compte dans sa carrière mili­taire alors que les deux années où Picquart a été renvoyé de l’ar­mée lui ont permis un avan­ce­ment rapide.

Citations

Les bassesses humaines, la présence de la foule haineuse lors de la dégradation de Dreyfus

C’est à ce moment que je compris ce que Mercier avait saisi depuis le début, à savoir que le désir humain d’as­sis­ter à l’hu­mi­lia­tion de l’autre forme­rait toujours une protec­tion ample­ment suffi­sante contre le froid le plus intense.

L’antisémitisme dans l’armée et le plaisir des bons mots :

Remar­quez, comman­dant Picquart : les Romains jetaient les chré­tiens aux lions ; nous leur servons des Juifs. C’est un progrès, me semble-t-il.

Propos prêtés au Colonel Sandhers responsable du contre-espionnage et du dossier contre Dreyfus :

- Vous pensez que si la guerre éclate, il sera néces­saire d’en­fer­mer les juifs ?

- Il faudra au moins les obli­ger à s’ins­crire sur un registre et les contraindre à un couvre-feu et des restric­tions de déplacement.

Le choix du silence, le choix de l’armée française en 1894, le choix de Picquart :

- Je peux vous assu­rer que je n’éprouve stric­te­ment rien pour Drey­fus, ni dans un sens ni dans un autre. Fran­che­ment, je voudrais qu’il soit coupable – cela me faci­li­te­rait gran­de­ment la vie. Et, jusqu’à très récem­ment, j’étais persuadé de sa culpa­bi­lité. Mais main­te­nant que j’ai les pièces entre les mains, j’ai le senti­ment qu’il ne peut pas être coupable. Le traitre c’est Esterhazy

- Peut-être que c’est Este­rhazy, et peut-être pas. Vous ne pouvez pas en être certain. Cepen­dant, le fait est que si vous ne dites rien, personne ne le saura.

Nous avons donc enfin atteint le cœur même de ce sombre problème. La pièce me paraît encore plus silen­cieuse qu’au­pa­ra­vant. Gonse me regarde bien en face. Je choi­sis mes mots avant de répondre :

- Mon Géné­ral, ce que vous dites est abomi­nable ; je ne sais pas ce que je ferai, mais je n’emporterai pas ce secret dans la tombe.

On en parle

Un excellent site, Alfred Drey­fus pour ou contre.

Ce livre atten­dait une occa­sion pour être « re » lu car j’avais déjà lu et commenté « L’af­faire » le 19 juin 2015 !. Un problème de santé m’a obli­gée à ralen­tir mes acti­vi­tés et quel plai­sir alors d’avoir une liseuse sur laquelle je mets des livres qui n’at­tendent que mon bon plai­sir. J’ai adoré cette lecture et cela m’a fait oublier tous mes tracas. Quand je rédige cet article, j’ap­prends la mort de Jean-Denis Bredin triste coïn­ci­dence !

Ce livre décrit avec minu­tie toute l’af­faire Drey­fus et cette incroyable injus­tice que cet homme a subi. On n’au­rait bien du mal à comprendre le pour­quoi de « l’Af­faire » si on ne connaît pas le contexte. Et c’est tout le talent de ce grand histo­rien, avocat et écri­vain : Jean-Denis Bredin, de nous permettre de comprendre l’état de la société fran­çaise dans lequel s’est dérou­lée l’af­faire Dreyfus.

Il y a d’abord l’armée fran­çaise vain­cue à Sedan en 1871 qui vit très mal cette défaite et qui, plutôt que de se remettre en cause préfère l’ex­pli­quer par la trahi­son. On cherche, et on trouve des espions partout. Avoir un juif à l’état major des armées voilà bien un coupable facile à accu­ser, parce qu’il est vrai que des docu­ments sont arri­vés à l’am­bas­sade d’Al­le­magne. En parti­cu­lier le fameux borde­reau dont l’écri­ture ressemble à celle de Drey­fus. C’est une preuve bien mince surtout quand on ne cherche pas d’autres écri­tures qui pour­raient ressem­bler à celle-ci. En parti­cu­lier l’écri­ture d’Es­te­rhazy qui est un person­nage très louche et toujours à court d’argent. Peu importe, fin 1894, Drey­fus est condamné , dégradé en public et envoyé au bagne pour sept ans.

Commence alors une campagne, très discrète au départ, et qui prend peu à peu de l’am­pleur pour sa réha­bi­li­ta­tion. L’af­faire commence vrai­ment, la passion anti­sé­mite soute­nue par une église catho­lique abso­lu­ment fana­ti­sée accom­pagne chaque révé­la­tion de ce qui pour­rait inno­cen­ter Drey­fus. C’est abso­lu­ment incroyable de relire la presse catho­lique de l’époque, et peu à peu s’im­pose ce para­doxe incroyable : il y a bien un traitre, plutôt que de trou­ver qui était ce traitre c’est beau­coup mieux d’ac­cu­ser un juif que de salir l’hon­neur de l’ar­mée française.

Et pendant que les passions se déchaînent, Alfred Drey­fus est le seul à croire vrai­ment à l’hon­neur de l’ar­mée, il ne veut pas lutter contre l’an­ti­sé­mi­tisme, il n’est pas du tout le porte parole d’une cause, il veut laver son honneur et que les siens soient de nouveau fiers de lui. Il déce­vra ses parti­sans quand il accep­tera la grâce prési­den­tielle, après le procès de Rennes en 1899. Il faudra attendre 1906 pour qu’en­fin son honneur lui soit complè­te­ment rendu, et 1995 pour que l’ar­mée recon­naisse son rôle dans la condam­na­tion d’un inno­cent. Il doit beau­coup à un autre acteur de cette affaire : le colo­nel Picquart, qui, bien que n’ap­pré­ciant pas Drey­fus, veut que la vérité soit établie. Il ira en prison pour cela, mais quand les deux seront réha­bi­li­tés ses années de déten­tion lui seront comp­tées pour son ancien­neté contrai­re­ment à Drey­fus : une dernière injus­tice. En 2015, j’avais dévoré le livre de Robert Harris « D » qui fait sans doute un trop beau rôle au colo­nel Picquart

Il ne faut pas oublier (le moment le plus célèbre de cette affaire) Émile Zola et son célèbre « J’ac­cuse » publié dans l’Au­rore, le 13 janvier 1998. Mais c’est aussi ce qui cache une partie de la vérité, comme on le sait grâce, entre autre, au travail de Jean-Denis Bredin, Drey­fus ne voulait pas être un mili­tant de la cause juive, il était et est resté un offi­cier de l’ar­mée fran­çaise en qui il croyait plus que tout. Les valeurs de la France n’au­ront pas fini de trahir cette famille puisque sa petite fille, Made­leine Levy résis­tante, mourra à Ausch­witz en janvier 1944.

Un livre passion­nant qui éclaire cette époque d’un regard nouveau : la violence de l’an­ti­sé­mi­tisme catho­lique explique sans doute la violence faite aux juifs par le nazisme et la passi­vité des réac­tions de l’église. Il n’y a eu à ma connais­sance que l’évêque de Toulouse, Jules Saliège à avoir inter­rogé offi­ciel­le­ment la conscience de ses fidèles en impo­sant dans tous ses diocèses la lecture de cette lettre dont voici un passage :

Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étran­gers sont des hommes, les étran­gères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chré­tien ne peut l’oublier..

C’est une autre époque, mais que, le défer­le­ment de la haine anti­sé­mite lors de l’af­faire Drey­fus, avait bien préparé.

Citations

Les forces antidreyfusardes

À l’inverse, les anti­drey­fu­sards se sont eux aussi regrou­pés. L’armée anti­drey­fu­sarde compte les monar­chistes, les anti­sé­mites, la grande majo­rité des mili­taires, la plupart des prêtres, la quasi-tota­lité des congré­ga­tions, la masse des catho­liques prati­quants, et de manière géné­rale tous ceux qui veulent défendre la France tradi­tion­nelle, sa morale, ses vertus, ses insti­tu­tions, son écono­mie même, contre le pour­ris­se­ment de la Répu­blique, de la laïcité, du capi­ta­lisme, tout ce que les Juifs leur semblent appor­ter avec eux. Le natio­na­lisme et l’antisémitisme sont le fonds commun du bloc anti­drey­fu­sard. Et il n’est pas contes­table que l’Église en est la force principale. 

Juif donc coupable

Drey­fus est deux fois coupable, parce qu’il est juif, et parce que l’honneur de l’Armée le veut. Le débat sur l’innocence de Drey­fus est fina­le­ment secon­daire. « Son pire crime, dira Barrès, expri­mant la conviction
anti­drey­fu­sarde, est d’avoir servi pendant cinq ans à ébran­ler l’Armée et la Nation .

Toujours l’antisémitisme

Mais beau­coup ont sans doute sous­crit anony­me­ment. Un prêtre infirme qui envoie huit centimes voudrait manier l’épée aussi bien que le goupillon. Un autre prie « pour avoir une descente de lit en peaux de youpin » afin de la piéti­ner matin et soir. Un troi­sième signe : « Un prêtre pauvre écœuré qu’aucun évêque de France n’apporte sa sous­crip­tion ». Un petit curé poite­vin, qui envoie 1 franc, chan­te­rait avec plai­sir le requiem du dernier des youpins.

Le rôle de la presse

Sans L’Aurore et Zola, Drey­fus serait peut-être resté au bagne. Mais, sans Drumont et La Libre Parole, y serait- il allé ? La presse nais­sante révèle déjà qu’elle est, qu’elle sera, dans l’histoire de la démo­cra­tie, le meilleur et le pire : rempart contre l’arbitraire, arme de la Vérité, mais aussi véhi­cule de la calom­nie, péda­go­gie de l’abêtissement, école du fana­tisme, en bref, instru­ment docile à ceux qui la font et à ceux qui la reçoivent.

L’importance de la trahison

Et l’opinion géné­rale est que la France a perdu la guerre non parce qu’elle a été la victime d’un rapport de forces, mais parce qu’elle a été trahie. Partout les patriotes suspectent des espions. Répu­bli­cains et monarchistes
riva­lisent dans leur zèle à traquer les traîtres. La trahi­son est bien le crime total, que nul n’excuse, que rien n’expie. Quand Drey­fus est condamné, Jaurès s’indigne à la tribune de l’Assemblée qu’il ne soit pas fusillé. Clemen­ceau déplore le sort trop doux que la faiblesse du pouvoir lui réserve. Drey­fus, qui parti­cipe à la foi commune, ne cessera d’écrire, de l’île du Diable, que son trai­te­ment serait bien trop clément s’il était un traître. En cette année 1894 l’espion est bien la bête à abattre.

Culpabilité de Dreyfus

Je suis convaincu de l’innocence de Drey­fus, dit un offi­cier fran­çais à Émile Duclaux, mais si on me le donne à juger, je le condam­ne­rai de nouveau pour l’honneur de l’Armée. » Pour l’honneur de l’Armée. Parce que la Patrie l’exige. Parce que ceux qui sont grou­pés aux côtés de Drey­fus sont les enne­mis de l’Armée, qu’ils affai­blissent la France. Drey­fus fut succes­si­ve­ment coupable de trois manières. Il fut d’abord coupable parce que dési­gné pour cet emploi. Coupable, il le fut ensuite parce qu’il l’avait été. L’intérêt de la France, l’honneur de l’Armée comman­daient qu’il restât condamné. Puis il fut coupable d’« avoir servi pendant cinq ans à ébranler
l’Armée et la Nation totale[1802] », d’avoir été le symbole et l’instrument des forces du mal.

Le dreyfusisme

Mais la ligne qui sépare le drey­fu­sard de l’antidreyfusard passe le plus souvent en chacun. La part qui sacri­fie l’innocence au préjugé, qui condamne sans preuve, qui hait la diffé­rence, qui fabrique l’accusation, qui habille l’intérêt person­nel d’intérêts supé­rieurs, qui n’aime de la liberté que la sienne, elle est en chacun de nous ou presque. Il y avait de l’antidreyfusard chez Picquart, mais sa vertu était plus forte que ses préjugés.

La grandeur de Dreyfus

Nulle haine, nul signe de la moindre amer­tume chez Alfred Drey­fus. Il semble n’en vouloir à quiconque. Son martyre fut encore pour lui l’expression tragique d’un devoir. Les épreuves physiques et morales qu’il a endu­rées, l’humiliation de la parade, les cris de haine, les crachats, les années de bagne, la double palis­sade, les fers aux pieds, son destin détruit, sa santé ruinée, tout cela il le voit comme « une étape gran­diose vers une ère de progrès ». Il ne met pas en doute que la liberté univer­selle soit au bout du chemin. Simple­ment ce Fran­çais, qui a tant souf­fert de la France, regarde main­te­nant au-delà des fron­tières. Il voudrait que son « Affaire » ait servi l’humanité.


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Un séjour assez long à Fonte­nay m’a permis de prendre le temps pour lire sur ma liseuse deux livres impor­tants, je commence par celui qui, de l’aveu même Robert Harris, a été à l’ori­gine de son excellent roman « D ». Ce livre d’his­to­rien est abso­lu­ment passion­nant et se lit très faci­le­ment. Je ne peux qu’en recom­man­der la lecture à tous ceux et toutes celles qui sont inté­res­sés par cette période et à qui le fana­tisme et l’in­to­lé­rance font peur. Jean-Denis Bredin permet de comprendre complè­te­ment » le pour­quoi » de cette affaire. Elle a réussi à prendre forme pour des raisons bien particulières :

  • L’ar­mée fran­çaise vient de subir une défaite en 1870 et se sent trahie par la nation disons qu’elle préfère rendre la trahi­son respon­sable de sa défaite plutôt que ses propres incompétences.
  • L’ar­mée est le refuge de la noblesse qui se sent au dessus du pouvoir civile et croit repré­sen­ter le « véri­table » esprit français.
  • L’an­ti­sé­mi­tisme était latent et entre­tenu par l’église catho­lique qui voulait prendre sa revanche sur l’athéisme de la révo­lu­tion française.
  • L’église et l’ar­mée étaient donc les deux piliers de la cause antidreyfusarde.
  • Le pouvoir civil était très régu­liè­re­ment secoué par des scan­dales et avait peu envie de défendre « un juif ».

Tous ces diffé­rents facteurs permettent de comprendre pour­quoi, quand on a cru avoir trouvé le respon­sable de l’es­pion­nage et de celui qui livrait aux Alle­mands les ingé­nieux systèmes de l’ar­tille­rie fran­çaise, tout le monde était bien content de punir ce traitre et que ce soit un juif arran­geait vrai­ment tout le monde. Le travail de Jean-Denis Bredin permet aussi de mieux connaître les diffé­rents prota­go­nistes de l’af­faire , en parti­cu­lier le colo­nel Picquart qui sera le person­nage central du roman de Robert Harris. Mais aussi la famille Drey­fus en parti­cu­lier Alfred qui est un pur produit de l’ar­mée fran­çaise et qui ne souhaite qu’une chose qu’on lui rende son honneur.

Nous suivons aussi « l’af­faire » comme un incroyable moment de folie natio­nale, folie anti­sé­mite d’un côté , soutenu par l’église et son jour­nal « La Croix » et surtout « la libre parole » de Drumont. Et de l’autre côté les Drey­fu­sards entraîné par le talent de Zola , qui veut réta­blir la justice et s’op­pose aux secrets militaires.

Pendant ce temps un homme, Alfred Drey­fus connaît un sort terrible isolé du monde dans l’Ile du diable où pendant deux ans il n’aura le droit de parler à personne. Il ne doit sa survie qu’à son courage et à sa déter­mi­na­tion de prou­ver son inno­cence. Cette affaire ne finit pas de trou­bler les fran­çais et le monde entier. Comment oublier que lors de la dégra­da­tion de Drey­fus et des cris de la foule « Mort aux juifs » un jour­na­liste Théo­dore Herzl , corres­pon­dant d’un grand quoti­dien vien­nois, a compris que les juifs seraient persé­cu­tés tant qu’ils n’au­ront pas leur propre pays ? Comment oublier que toutes les thèses de Drumont et de son jour­nal « la libre parole » seront reprises par les Nazis et mises en œuvre de la façon qu’on connaît ?

Le livre s’ar­rête en 1906 lors de la réin­té­gra­tion de Picquart et de Drey­fus dans l’ar­mée , mais il faudra attendre 1995 pour que l’ar­mée fran­çaise recon­naisse défi­ni­ti­ve­ment l’in­no­cence de Drey­fus. Cela, à la suite d’une note du service histo­rique parue l’an­née d’avant mettant en doute son innocence.

Citations

L’armée en 1894

Pour beau­coup de milieux tradi­tion­nels, l’Ar­mée est vécue comme un refuge, une sauve­garde contre l’ordre nouveau. Elle semble le dernier lieu où se conservent les valeurs anciennes ; elle préserve la fidé­lité légi­ti­miste. Elle est l » « Arche sainte » à laquelle les répu­bli­cains n’ont pas encore osé toucher, un précieux domaine main­tenu intact au milieu de la subver­sion générale.

La position de l’église catholique soutient des « antidreyfusards »

On se révolte contre le refus de Dieu, le prin­cipe de laïcité, la destruc­tion des vertus chré­tiennes, l’ébranlement de l’in­fluence catholique.

L’absolue confiance de Dreyfus dans l’armée française, son armée

« La vérité finit toujours par se faire jour, envers et malgré tous. Nous ne sommes plus dans un siècle où la lumière pouvaient être étouf­fée. Il faudra qu’elle se fasse entière et abso­lue, il faudra que ma voix soit enten­due par toute notre chère France, comme l’a été mon accu­sa­tion. Ce n’ai pas seule­ment mon honneur que j’ai à défendre, mais encore l’hon­neur de tout le corps d’of­fi­ciers dont je fais partie et dont je suis digne . » Alfred Drey­fus au bagne de Cayenne.

Bilan pour le pouvoir de la presse

La presse décou­vrant sa puis­sance, a vite prouvé que celle-ci s’exer­çait en tous sens. Sans » l’Au­rore » et Zola, Drey­fus serait peut-être resté au bagne. Mais,sans Drumont et « La libre parole » y serait-il allé ? La presse nais­sante révèle déjà qu’elle est, qu’elle sera, dans la démo­cra­tie, le meilleur et l e pire : rempart de la Vérité , mais aussi véhi­cule de la calom­nie, péda­go­gie de l’abê­tis­se­ment, école du fana­tisme, en bref , instru­ment docile à ceux qui la font et à ceux qui la reçoivent.

La culpabilité de Dreyfus pour l’Armée

Drey­fus fut succes­si­ve­ment coupable de trois manières.Il fut d’abord coupable parce que dési­gné pour cet emploi. Coupable, il le fut ensuite parce qu’il l’avait été. L’in­té­rêt de la France l’hon­neur de l’Ar­mée comman­daient qu’il restât condamné. Puis il fut coupable d » « avoir servi pendant cinq ans à ébran­ler l’Ar­mée et la Nation » d’avoir été le symbole et l’ins­tru­ment des forces du mal.

Libération du 12 septembre 1995

Le 7 septembre 1995 face à un audi­toire de 1.700 personnes rassem­blées à l’hô­tel de ville de Paris, le géné­ral Jean-Louis Mour­rut, chef du service histo­rique de l’ar­mée de terre (SHAT), a estimé que cette affaire qui n’en finit pas de provo­quer des remous est « un fait divers judi­ciaire provo­qué par une conspi­ra­tion mili­taire [qui] abou­tit à une condam­na­tion à la dépor­ta­tion ­ celle d’un inno­cent ­ en partie fondée sur un docu­ment truqué ». Des mots qui n’avaient encore jamais été pronon­cés au nom de l’ins­ti­tu­tion mili­taire, et qui suivent ceux que Gérard Defoix, alors évêque de Sens, avait pronon­cés en octobre 1994, dans le même sens, au nom de l’Eglise de France.

On en parle

Un site qui permet de garder en tête les diffé­rents moments de l’af­faire : L’Af­faire Drey­fus et une chro­no­lo­gie très complète sur le site Chrono.

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011) (J’ai couru vers le Nil 23 aout 2021)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)(Formica 12 février 2020) (Moon River 6 décembre 2021)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Fauquem­berg (David) (Bluff 11 juin 2018) (Nullar­bor 5 juillet 2021)

Favier (Emma­nuelle) (Virgi­nia 5 novembre 2020)

Fawas( Hussain) ( le syrien du septième étage 18 mars 2021)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Faye(Gaël) (Petits Pays 3 décembre 2020)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020) (Snobs 30 mars 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flana­gan (Richard) ( Disper­sés par le Vent 2 septembre 2021)

Flaten (Isabelle) (Adelphe 15 juillet 2021)

Flat­land (Helga) (Une famille moderne 24 mars 2022)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015) (La famille Martin 29 octobre 2020)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015) (L’homme qui m’ai­mait tout bas 7 février 2022)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Garcin (Jérôme) (Le dernier Hiver du Cid 20 juillet 2020)

Gior­dano (Paolo)( La soli­tude des nombres premiers 27 octobre 2009)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Gran (Iegor) (L’éco­lo­gie en bas de chez moi 14 avril 2011) (Ipso Facto 9 janvier 2017) (Les services compé­tents 28 février 2022)

Gran­nec (Yannick) (La Déesse des Petites Victoires 24 mai 2021) (Les simples 19 mai 2022)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Greer (Andrew Sean) (Les Tribu­la­tions d’Ar­thur Mineur 12 juillet 2021)

Grif­fin (Anne) (Toute une Vie et Un Soir 6 avril 2020)

Grim­bert ( Philippe) (La mauvaise rencontre 4 février 2015) (les morts ne nous aiment plus 22 avril 2022)

Grim­bert (Philippe B) (39.4 18 avril 2022)

Grum­berg (Jean-Claude) (La plus précieuse des marchan­dises 24 février 2020)

Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Haddad (Hubert) (Un Monstre et un Chaos 3 août 2020)

Hara­ti­sch­wili (Nino) (Le chat le géné­ral et la Corneille 17 mars 2022)

Harris (Joanne) (L’été des Saltim­banques 9 mai 2022)

Harris (Robert) (D 20 janvier 2015)

Hegland (Jean) (Dans la Forêt 29 juin 2017) (Apai­ser nos tempêtes 27 décembre 2021)

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Heller (Peter) (La rivière 24 décembre 2021) (la constel­la­tion du chien 03 mars 2022)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hink­son (Jake) (Au nom du bien 11 janvier 2021)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Hochet (Stépha­nie) (Paci­fique 21 décembre 2020)

Hoff­mann (Stéphane) (On ne parle que d’amour 31 décembre 2021)

Hofman (Gene­viève) (Histoire du pain 9 novembre 2015)

Hoda­sava( Olivier) (Une ville de Papier 24 juin 2021)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Hope Anna ( Le chagrin des vivants 28 novembre 2016) (La sale de bal 20 décembre 2017) (Nos espé­rances 22 juillet 2021)

Horna­kova-Civade (Lenka) (La sympho­nie du nouveau monde 27 juillet 2020)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)

Hug (Natha­lie) (L’en­fant Rien 26 avril 2021)

Humbert (Fabrice) (L’ori­gine de la violence 14 janvier 2011) (La fortune de Sila 22 novembre 2012) (Le monde n’existe pas 1 novembre 2021)

Hureau (Simon) (L’Oa­sis 31 mars 2021)

Huth (Angela) (Valse Hési­ta­tion 30 aout 2021) (Les Filles de Hallows Farm 30aout 2021)