Traduit de l’an­glais (Ètats-Unis) par Brice Matthieussent ; collec­tion 1018

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

J’ai oublié sur quel blog j’avais lu qu’il fallait abso­lu­ment lire ce petit roman de John Fante, mais quand je l’ai vu au club de lecture de notre média­thèque, j’étais très contente. Oui, c’est un excellent moment de lecture tout en humour grin­çant et méchant qui décoiffe, parfois un peu trop pour moi. Le person­nage prin­ci­pal est un écri­vain qui trouve un soir un énorme chien devant chez lui. Un chien de race Akita qui, sur cette photo, semble bien sympa­thique mais qui est un véri­table danger dans une famille qui n’al­lait pas non plus très bien avant son arri­vée

Ce chien mérite très bien son nom, Stupide, il saute sur tout ce qui lui semble un compa­gnon sexuel accep­table et comme il est très puis­sant cela donne des scènes aussi comiques que gênantes. L’écri­vain, narra­teur de ce roman se sent mal de tous les livres qu’il ne réus­sit plus à écrire. Il se sent raté aussi bien socia­le­ment que dans sa vie fami­liale. Même s’il le raconte avec beau­coup d’hu­mour, on sent son déses­poir à l’image de la scène finale qui donne peu d’es­poirs sur la survie de son mariage. Ce roman raconte aussi très bien le choc des familles lors des départs des enfants qui occu­paient une place si impor­tante au quoti­dien dans la maison. J’ai trouvé très origi­nale dans ce roman la pein­ture de chaque person­nage, on peint souvent la famille améri­caine comme une force en soi. Dans les films, les séries, les romans, la famille made-in US semble un lieu d’en­ga­ge­ment et de résis­tance à toute épreuve. Ici, au contraire chaque indi­vi­dua­lité est carac­té­ri­sée par une desti­née propre et leur seul point commun lors de ce roman c’est ce chien, qu’elle le rejette ou l’aime. Un point de vue et un humour très parti­cu­lier qui fait du bien en contre point des images trop lisses que nous renvoie « la culture » améri­caine : John Fante est issu de l’immigration italienne, et a connu la misère, ceci explique cela. Je ne voudrais pas donner une fausse image de ce livre qui est surtout très drôle même si on sent une grande tris­tesse sous cette façon de rire de tout et surtout de lui.

Citations

Beaucoup de pères pourraient écrire cela

Jimmy avait cinq mois, et je l’ai détesté comme jamais parce qu’il avait des coliques et braillait encore plus que Tina. Les hurle­ments d’un enfant ! Faites-moi avaler du verre pilé, arra­chez-moi les ongles, mais ne me soumet­tez pas aux cris d’un nouveau-né, car ils se vrillent au plus profond de mon nombril et me ramènent dans les affres du commen­ce­ment de mon exis­tence.

Un père reste une fille s’en va

Pendant qu’Har­riet sanglo­tait dans le patio, je suis allé dans mon bureau écrire à Tina une lettre que je ne poste­rai jamais, je le savais, quatre ou cinq pages éplo­rées d’un gamin qui avait laissé tomber son cornet de glace par mégarde. Mais je lui disais tout, ma culpa­bi­lité, mon terrible désir de pardon. Quand je l’ai relu, la force et la sincé­rité de ma prose m’ont boule­versé. Je l’ai trouvé par endroits très belle, j’ai même envi­sagé d’en tirer un bref roman, mais je n’avais pas mon pareil pour tomber en extase devant ma prose, je n’ai pas eu trop de mal à déchi­rer ce que j’avais écrit et à le mettre à la poubelle.

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)

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Traduit de l’an­glais (Etats-Unis) par Chris­tiane et Da id ELLIS

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Et voilà, mon voyage est terminé, je suis de retour d’une Austra­lie si bien racon­tée par Bill Bryson, que cela va me préser­ver d’un trop long vol vers ce pays qui m’a toujours attiré. Comme toujours avec un humour qui n’ap­par­tient qu’à lui et un sérieux dans ce qu’il veut nous faire comprendre, Bill Bryson explique que l’Aus­tra­lie est un pays conti­nent si vaste et si varié que chacun d’entre nous peut y trou­ver des merveilles inou­bliables.

Ce qui m’a frap­pée à la lecture de ce livre c’est à quel point je savais peu de choses sur l’Aus­tra­lie. Mais je ne suis visi­ble­ment pas la seule comme nous le dit Bill Bryson c « est peut-être parce que

Ce pays ne connaît pas de coups d’État, n’épuise pas ses réserves de pois­sons, n’arme pas d’hor­rible despotes, ne pratique pas la culture de la drogue de façon indé­cente. Bref, c’est un pays qui ne joue pas les gros bras et ne fait pas sentir sa puis­sance d’une manière provo­cante et dépla­cée. Un pays stable, paci­fique et correct. Un pays qui n’a pas besoin d’être surveillé du coin de l’oeil, ce qui fait qu’on ne le regarde même plus.

J’ai beau­coup aimé les descrip­tions des petits musées qui sont souvent plus inté­res­sants qu’il ne le pensait de prime abord. Le danger de la faune m’a fait irré­sis­ti­ble­ment penser au « Koala tueur » je m’at­ten­dais que Bill Bryson cite Kenneth COOK car ils ont le même humour quand ils décrivent les dangers de la gent animale austra­lienne. Pendant toute la lecture, je me deman­dais comment (et quand) il allait parler des Abori­gènes, il le fait à la fin mais hélas on sent bien qu’il n » a discuté avec aucun d’entre eux. Je trouve que ça manque.

Alors si vous voulez qu’on vous raconte une nature abso­lu­ment superbe, déser­tique ou luxu­riante, rencon­trer des gens « cool et sympa » , avaler des kilo­mètres sous une chaleur étouf­fante, vous faire peur avec des requins, des arai­gnées, des méduses des serpents ou tout autre insecte, n’hé­si­tez pas prenez le temps de lire « nos voisins du dessous »

Citations

Les musiques d’ambiance

Le fond sonore, je le remar­quai avec un certain inté­rêt , avait évolué et on était passé de « pot-pourri de vos vieilles comé­dies musi­cales favo­rites » à » Jour de fête à la maison de retraite ».

Pour décomplexer à jamais ceux qui ont peur de ronfler

Je dors comme si on m’avait injecté une dose de cheval d’un relaxant muscu­laire des plus puis­sant.
Mes jambes s’écartent d’une manière grotesque. Mes mains retombent au niveau du plan­cher. Tous mes acces­soires internes – langue , glotte, gaz intes­ti­naux – décident d’al­ler faire un tour à l’ex­té­rieur. De temps en temps, comme un jouet ridi­cule, ma tête dode­line vers l’avant et déverse sur mes genoux un demi-litre de salive visqueuse , avant de repar­tir en arrière pour refaire le plein avec des borbo­rygmes de chasse d’eau qui se remplit. Et je ronfle de façon bruyante, indé­cente, comme des person­nages de dessins animés dont les lèvres exagé­ré­ment élas­tique émettent de gros nuages de vapeur.

Les charmes de l’Australie

En fait, je pense qu’il est tout simple­ment impos­sible de réper­to­rier en une seule vie l’in­té­gra­lité des dangers qui vous guettent dans le moindre buis­son d’aca­cia ou la moindre flaque d’eau de cette contrée si éton­nam­ment riche en espèces aux crocs veni­meux ou acérés

Les araignées

Personne n’a pu m » expli­quer, inci­dem­ment , pour­quoi ces bestioles sont d’une toxi­cité aussi phéno­mé­nale. Car possé­der assez de venin pour tuer un cheval, alors qu’il ne s’agit que de captu­rer des mouches, me paraît un cas flagrant de gaspillage de ressources natu­relles. Mais au moins les arai­gnées sont-elles sûres que les gens s’écar­te­ront sur leur passage.

Les serpents

la plupart des serpents ne vous feront aucun mal . Si vous vous trou­vez dans le bush face à l’un d’eux, arrê­tez-vous net et lais­sez-le passer tran­quille­ment sur vos chaus­sures. Person­nel­le­ment, au palma­rès des « conseils les moins suscep­tibles d’être suivis » j’ac­corde le premier prix à celui-là.

Toujours le même talent a nous raconter avec humour les aventuriers qui ont sillonné l’Australie au 19e siècle

On choi­sit comme chef un offi­cier de police irlan­dais , un certain Robert O’Hara Burke, qui de sa vie n’avait jamais mis les pieds dans l’out­back, qui était réputé se même à Dublin et qui ne connais­sait rien au monde de la science ou de l’ex­plo­ra­tion. Le topo­graphe serait William John Wills , dont les prin­ci­pales quali­fi­ca­tions semblent avoir été une origine très respec­table et son désir de partir là-bas. Un des atouts les plus remar­quables de ces deux gent­le­men étaient un visage orné d’un système pileux excep­tion­nel.

Un petit clin d’œil à la Française que je suis

Si La Pérouse avait été plus rapide, il aurait pu procla­mer l’Aus­tra­lie terre fran­çaise et épar­gner à ce pays deux cents ans de cuisine britan­nique.

À propos du peuplement de l’Australie

À la fin du XVIIIe siècle , les textes de loi britan­niques offraient une longue liste de crimes passibles de la peine capi­tale. On pouvait être pendu pour deux cents délits compre­nant, notam­ment, le crime impar­don­nable de « se faire passer pour un Egyp­tien ».

Le paragraphe sur le cricket

Après des années d’études patientes et labo­rieuses (avec le cricket il ne peut en être autre­ment) , j’en suis arrivé à la conclu­sion que ce jeu gagne­rait beau­coup à l’in­tro­duc­tion de quelques chariots de golf. Ceux qui prétendent que les Anglais ont inventé le cricket unique­ment pour rendre inté­res­sante et palpi­tante toute autre forme d’ac­ti­vité humaine ont tort. Loin de moi l’idée de déni­grer un sport qui fait le bonheur de millions de gens – dont certains arrivent même à garder les yeux ouverts pendant les matchs- mais, fran­che­ment, c’est un jeu bizarre. C’est le seul sport qui inclut une pause pour le thé. C’est le seul sport qui porte le même nom qu’un insecte. C’est le seul sport où les spec­ta­teurs brûlent autant de calo­ries que les joueurs ( et même plus , s’ils sont un brin enthou­siaste). C’est la seule acti­vité de type compé­ti­tif- mis à part les concours de boulan­gers- où les acteurs s’ha­billent tout en blanc le matin et se retrouvent aussi imma­cu­lés en fin de jour­née.

Encore le cricket

Suivre deux jour­na­listes spor­tifs commen­tant une rencontre de cricket à la radio, c’est comme écou­ter deux pêcheurs assis dans une barque un jour où le pois­son ne mord pas.

Une bonne blague australienne

Un homme arrive à la finale de la coupe de foot­ball austra­lien à Melbourne et constate avec surprise que le siège à côté de lui est vacant. Or géné­ra­le­ment, tous les billets de finale sont vendus des mois à l’avance et il ne reste jamais le moindre place libre. L’homme s’étonne donc.
- excu­sez-moi dit-il à son voisin , mais comment se fait-il que cette place soit inoc­cu­pée ?
- c’est la place de ma femme, réplique celui-ci, un peu morose. Malheu­reu­se­ment elle est décé­dée.
- Mais c’est affreux ! Je suis terri­ble­ment navré !
- Ouais. Elle n’a jamais raté un match de sa vie.
- Vous auriez pu propo­ser sa place à un ami ou a l’un de vos parents ?
- Impos­sible :ils sont tous à l’en­ter­re­ment.

J’aime cette remarque à propos des voyages au bout de la terre

Ma prome­nade m’a conduit devant des maga­sins au luxe tapa­geur – Prada,Hermès, Ralph Lauren. Impec­cable. Mais pas très inté­res­sant. Je n’avais pas parcouru treize mille kilo­mètres pour contem­pler des serviettes de bain signées Ralph Lauren.

On en parle

Chez Keisha et chez Urba­nik (que je ne connais­sais pas)

Voulez vous écouter Mathilda et essayer avec les paroles de Bill Bryson légèrement imbibé à la bière locale

Oubliant que les cuillères avaient été inven­tées, 
Le Swag­man immer­gea son zizi dans le thé
Et il soupira en voyant l’ob­jet bouillir
« C’est pas demain que j’au­rais du plai­sir ! »