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Traduit de l’an­glais (améri­cain) par Isabelle MAILLET.

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J’avais noté ce titre car « Wiscon­sin » est un mot qui résonne en moi : j’ai pendant toute ma carrière ensei­gné le fran­çais aux étudiants de Beloit College, petite univer­sité de cet état lors de leur semestre en immer­sion en France. De plus, Clara Brize et bien d’autres m’avaient fait noter ce titre, que j’ai ensuite oublié.

C’est un roman à plusieurs voix, chaque prota­go­niste du roman a, un moment, la parole. L’axe prin­ci­pal, c’est la violence perverse d’un père de famille John Lucas. Mais pour nous amener à suppor­ter l’hor­reur dévoi­lée à petite dose, Mary Relindes Ellis remonte dans le passé des person­nages et peu à peu le lecteur a l’im­pres­sion de comprendre et d’évo­luer dans une société dont il connaît les règles et les soubas­se­ments.

Tout commence par un père alle­mand, violent et alcoo­lique qui n’a su trans­mettre que des messages de construc­tion d’une person­na­lité mascu­line mépri­sant la femme et cher­chant à tout prix à s’af­fir­mer par la force. Son fils commence sa vie d’homme par un énorme mensonge qui brise à jamais son estime de lui-même, tous ceux qu’il pourra faire souf­frir paie­ront très cher d’avoir croisé sa route. Les deux fils de John préfèrent fuir chez leur voisin, chez qui l’amour et le respect de la vie sont de vraies valeurs. La femme et la mère de ces enfants, Claire Lucas a eu pour son malheur une éduca­tion catho­lique rigou­reuse qui en gros lui disait « supporte ma fille, ton bonheur est dans l’au delà », elle ne saura pas proté­ger ses enfants qu’elle aimait d’un amour sincère. Jimmy l’ainé, partira faire la guerre au Viet­nam et Bill restera dans cette famille, lieu de souf­france abso­lue. Heureu­se­ment pour lui, il y a la nature et sa passion pour les animaux bles­sés qu’il veut sauver et y parvient souvent. Sans « divul­ga­cher » la fin, il est bon de savoir que la famille des voisins, celle d’El­lis et de Rose­mary appor­te­ront l’es­poir dans l’hu­ma­nité.

La force du livre vient de la façon d’écrire de cette auteure, chaque morceau de son récit est comme une petite nouvelle dans un univers qui va mal, elle ne donne pas toutes les clés immé­dia­te­ment mais nous laisse ressen­tir l’at­mo­sphère qui empri­sonne ou qui, au contraire, fait du bien à ses person­nages. Ceux qui savent appré­cier la nature si impor­tante dans cette région du Nord du Wiscon­sin, sont un jour ou l’autre sauvés du déses­poir causé par la cruauté du mâle humain domi­na­teur sans limite quand s’y mêle la perver­sion, y échap­per demande une force que peu d’entre eux sauront trou­ver.

Citations

Une citation qui hantera Ellis toute sa vie

Le prin­temps est la saison des femmes et de la nais­sance. L’au­tomne est la saison des hommes et de la chasse.

Le poids du silence dans les familles

Mieux vaut vivre avec ses bles­sures que mourir étouffé dans sa coquille.

L’image du bonheur dans la famille d’origine allemande qui a forgé le caractère du père violent et sadique

Quand tu seras proprié­taire de ta terre, ce sera toi le patron. Le secret , c’est de la (ta femme ) faire travailler pour toi. Comme ça, t’au­ras plus de liberté. Après, tu pour­ras partir pêcher et chas­ser tout ton saoul ! Tu seras heureux. Tu connaî­tras la Gemüt­li­ch­keit ! avait-il lancé en lui donnant une bonne bour­rade dans le dos.

Milieu allemand avant la guerre 39 45

John savait que son père ne l’au­rait jamais laissé entrer chez eux s’il n’avait pas été méde­cin, car il était juif.

La perversité

Il a guetté ma réac­tion en se fendant de ce sourire qui ponc­tuait toujours ses tenta­tives pour me faire du mal. Sur un enfant, un tel sourire – mani­fes­tant la joie d’avoir accom­pli un exploit au prix de gros efforts, comme par exemple placer des blocs ronds dans des trous ronds – aurait été touchant ; sur un adulte, il parais­sait sinistre et mena­çant.

La douleur

Moi, j’ai beau­coup pleuré, comme bien des femmes ici. Mais même au plus fort de la douleur, nous gardons toujours espoir. Nous les femmes, nous mani­fes­tons notre chagrin à la manière des loups et des coyotes, hurlant à l’adresse de nos parte­naires et de toute la meute. Quand les hommes pleurent, ils expriment une telle vulné­ra­bi­lité, une telle angoisse, qu’ils semblent presque à l’ago­nie.

La nature

Les feuillages décli­nant toutes les nuances du feu, que les premières tempêtes d’oc­tobre empor­te­rait comme de la fumée. L’éton­nante beauté des branches nues dres­sées vers le ciel, comme si il les avait désha­billé pour les mettre au lit.

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)