Je ne sais pas, si un jour, je compren­drai pour­quoi les Améri­cains ont besoin d’écrire des énormes pavés et pour­quoi les Euro­péens se contentent de livres très courts sur des sujets tout aussi graves et impor­tants. Stépha­nie Hochet s’empare de la vie d’un Kami­kaze japo­nais. Un de ceux qui ont choisi le suicide comme mode de combat. Elle raconte très bien l’en­doc­tri­ne­ment de cette jeunesse japo­naise qui pensait servir la plus noble des causes : celle qui permet­trait aux valeurs du Grand Japon de domi­ner toute l’Asie au nom de l’Em­pe­reur repré­sen­tant de Dieu sur terre. Nous revi­vons l’en­fance et la forma­tion mili­taire d’Isao Kaneda, beau­coup de choses sont dites en peu de pages : son éduca­tion par une grand-mère issue d’une famille de Samou­raïs et qui place l’hon­neur du Japon au-dessus de toutes les autres valeurs. Puis l’exal­ta­tion mili­taire et l’embrigadement dans le corps des Kami­kazes . C’est très bien raconté mais je pense, comme souvent, quand un auteur non autoch­tone s’empare d’un phéno­mène qui nous est telle­ment étran­ger, que rien ne vaut un témoi­gnage même romancé écrit par un écri­vain du pays concerné. Dans la troi­sième partie , le kami­kaze atter­rit bien malgré lui dans une petit île coupée du monde. Cela nous vaut une réflexion sur ce que veut dire la civi­li­sa­tion, la version idyl­lique de la vie sur cette île para­di­siaque est brus­que­ment inter­rom­pue par un procédé très barbare de mise à mort pour des voleurs de nourriture.

Un roman agréable à lire et qui décrit bien l’état dans lequel devait être les Japo­nais qui accep­taient le sacri­fice suprême pour défendre les valeurs de leur pays. Je trouve que, par rapport à notre époque où des gens sont prêts à tuer et se faire tuer pour défendre leur concep­tion de la reli­gion qu’ils veulent impo­ser au monde entier, réflé­chir sur ce sujet est intéressant.

Citations

Début du roman

Je noue le « hachi­maki » au couleur de notre Japon éter­nel autour de mon casque. J’ai effec­tué ce geste avec lenteur et solen­nité, sans pensées sans émotions. Le froid dans mes veines, le temps s’est arrêté, je suis une fleur de ceri­sier pous­sée par le vent.
Ai-je le choix ? Ai-je eu le choix il y a un mois, quand nous avons été réunis par les offi­ciers au petit matin sur la base aéro­nau­tique ? Le soleil se levait, rond et rouge, l’image du drapeau impé­rial. Ils ont annoncé que notre esca­drille se portait volon­taire pour deve­nir des « Kiku­sui », des « chry­san­thèmes flot­tants ». C’est le nom poétique donné au sacri­fice d’un avion et de son pilote sur un navire ennemi. Pour être plus exact, ils nous ont demandé sans nous deman­der : « Ceux d’entre vous qui ne veulent pas donner leur vie pour notre grand empire nippon n’y seront pas forcés, qu’ils lèvent la main, ceux qui ne se sentent pas capables d’ac­cep­ter cet honneur. Qu’ils lèvent la main maintenant ! »
Nous étions prêts. Personne n’au­rait osé refu­ser la mission, aucun soldat japo­nais n’ar­ri­vera jamais à cette igno­mi­nie. Être volon­taire est le devoir du combat­tant. Il n’est pas en son pouvoir d’agir autre­ment. Et nous n’avions qu’une envie, être à la hauteur. Celui qui aurait levé la main aurait été vu comme un traître. En réalité, mes cama­rades et moi étions téta­ni­sée. À vingt et un ans, j’ai l’hon­neur d’ac­cep­ter de mourir pour l’empire du Grand Japon. Je dissi­mule le vertige qui me saisit.

La philosophie de sa grand mère qui l’a élevé

Grand-mère cite le « bushido » comme la source de l’es­prit de l’ar­mée. Se compor­ter avec courage, droi­ture, bien­veillance et poli­tesse était le credo du samou­raï. Ce combat­tant devait aussi mépri­ser la mort et choi­sir de se tuer dans certaines circons­tances. Envi­sa­geant sa fin avec déta­che­ment, le guer­rier devais choi­sir soigneu­se­ment le moment où ils allaient procé­der au « seppuku », agir comme s’il n’était déjà plus de ce monde. Elle citait un « bushi » célèbre : « La recti­tude est le pouvoir de prendre une réso­lu­tion selon une certaine ligne de conduite conforme à la raison, sans hési­ta­tion – mourir quand il est bon de mourir, frap­per quand il est bon de frapper. »

Phrase scandée en chœur par toute la classe

Monsieur le profes­seur, nous compre­nons le rôle primor­dial de l’empire du Grand Japon dans la libé­ra­tion des pays d’Asie de l’Est. Notre mission consis­tera à rendre aux peuples asia­tiques l’hu­ma­nité que l’Oc­ci­dent a flétrie, nous les libé­re­rons du poids de l’ex­ploi­ta­tion colo­niale. Un jour, grâce à l’ar­mée japo­naise, les peuples vivront en paix, dans la concorde et le respect de leurs traditions.

E‑H

E

El Aswany (Alaa) (L’im­meuble Yacou­bian 14 avril 2011) (J’ai couru vers le Nil 23 aout 2021)

Éliard (Astrid) (Danser 19 août 2017)

Ellis (Mary Relindes) (Wiscon­sin 5 octobre 2015)

Eltcha­ni­noff (Michel) (Dans la tête de Vladi­mir Poutine 22 juin 2015)

Enia (Davide) (La loi de la mer 15 juillet 2019)

Epenoux (Fran­çois d ») (Le réveil du Cœur 4 avril 2014)( Le presque 7 juillet 2018)

Ernaux (Annie) (L’autre Fille 14 avril 2011) (Une Femme 17 décembre 2015)

Esqui­vel (Laura) (Choco­lat amer 25 mai 2010)

Etkind (Efim) (La traduc­trice 11 janvier 2014)

F

Fabcaro (Zaï Zaï Zaï Zaï 22 février 2016) (Et si l’amour c’était d’aimer 29 mai 2018)(Formica 12 février 2020) (Moon River 6 décembre 2021)

Fadelle (Joseph) (le prix à payer 25 mai 2013)

Fante (John) (Mon chien stupide 22 juillet 2019

Fargues (Nico­las) (La ligne de cour­toi­sie 3 avril 2012)

Fauquem­berg (David) (Bluff 11 juin 2018) (Nullar­bor 5 juillet 2021)

Favier (Emma­nuelle) (Virgi­nia 5 novembre 2020)

Fawas( Hussain) ( le syrien du septième étage 18 mars 2021)

Faye (Eric) (Éclipses japo­naises 20 février 2017)

Faye(Gaël) (Petits Pays 3 décembre 2020)

Fellowes (Julian)(Passé Impar­fait 13 janvier 2020) (Snobs 30 mars 2020)

Fermine (Maxence) (Neige 19 novembre 2012)

Fernan­dez (Domi­nique) (Ramon 27 aout 2006)

Ferney (Alice) (Les Bour­geois 25 février 2019)

Ferrante (Elena) (l’amie prodi­gieuse 4 juillet 2016)

Ferrari (Jérôme) (le Sermon sur la chute de Rome 30 août 2013)

Ferrier (Fran­çois) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Filhol (Elisa­beth) (La Centrale 24 février 2010)

Finn (Anne) (Le tyran domes­tique 14 janvier 2011)

Flagg (Fanny) (Miss Alabama et ses petits secrets 29 août 2016)

Flana­gan (Richard) ( Disper­sés par le Vent 2 septembre 2021)

Flaten (Isabelle) (Adelphe 15 juillet 2021)

Flat­land (Helga) (Une famille moderne 24 mars 2022)

Flau­bert (Gustave) (Madame Bovary  7 janvier 2016)

Foen­ki­nos (David) (La déli­ca­tesse 26 novembre 2009) (Nos sépa­ra­tions 23 avril 2010) (Les souve­nirs 15 octobre 2011) (Char­lotte 5 janvier 2015) (La famille Martin 29 octobre 2020)

Fonta­nel (Sophie) (Gran­dir 14 janvier 2011)

Fotto­rino (Eric)( Chevro­tine 15 octobre 2014) (Korsa­kov 13 février 2015) (L’homme qui m’ai­mait tout bas 7 février 2022)

Fourest (Caro­line) (Libres de le dire 23 avril 2010)

Four­nel (Paul) (La liseuse 22 mars 2012)

Four­nier (Jean-louis) (Veuf 14 avril 2012) (Ma mère du Nord 10 mars 2013) (Mon Autopsie 20 octobre 2017)

Fran­ces­chi (Patrice) (Première personne du singu­lier 11 octobre 2016)

Freche (Emilie) (Chou­kette 23 avril 2010)

Fromm (Pete) (Mon Désir le plus Ardent 17 décembre 2019)

G

Gagnon (Pierre) (Mon vieux et moi 21 novembre 2010)

Garcin (Jérôme) (Le dernier Hiver du Cid 20 juillet 2020)

Gior­dano (Paolo)( La soli­tude des nombres premiers 27 octobre 2009)

Goddard Robert (La Croi­sière Charn­wood 4 décembre 2019)

Gran (Iegor) (L’éco­lo­gie en bas de chez moi 14 avril 2011) (Ipso Facto 9 janvier 2017) (Les services compé­tents 28 février 2022)

Gran­nec (Yannick) (La Déesse des Petites Victoires 24 mai 2021) (Les simples 19 mai 2022)

Grebe (Camilla) (Le Jour­nal de ma Dispa­ri­tion 11 février 2019)

Greer (Andrew Sean) (Les Tribu­la­tions d’Ar­thur Mineur 12 juillet 2021)

Grif­fin (Anne) (Toute une Vie et Un Soir 6 avril 2020)

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Guene (Faïza) (Millé­nium Blues 27 Mai 2019)

mai

H

Haddad (Hubert) (Un Monstre et un Chaos 3 août 2020)

Hara­ti­sch­wili (Nino) (Le chat le géné­ral et la Corneille 17 mars 2022)

Harris (Joanne) (L’été des Saltim­banques 9 mai 2022)

Harris (Robert) (D 20 janvier 2015)

Hegland (Jean) (Dans la Forêt 29 juin 2017) (Apai­ser nos tempêtes 27 décembre 2021)

Heis­bourg (Fran­çois) (Cet étrange nazi qui sauva mon père 26 août 2019)

Heller (Peter) (La rivière 24 décembre 2021) (la constel­la­tion du chien 03 mars 2022)

Hert­mans (Stefan) (Guerre et téré­ben­thine 9 décembre 2019)

Hink­son (Jake) (Au nom du bien 11 janvier 2021)

Hill (Nathan) (Les Fantômes du Vieux Pays 20 novembre 2018)

Hochet (Stépha­nie) (Paci­fique 21 décembre 2020)

Hoff­mann (Stéphane) (On ne parle que d’amour 31 décembre 2021)

Hofman (Gene­viève) (Histoire du pain 9 novembre 2015)

Hoda­sava( Olivier) (Une ville de Papier 24 juin 2021)

Honey­man (Gail) (Elea­nor va très bien 31 octobre 2018)

Hope Anna ( Le chagrin des vivants 28 novembre 2016) (La sale de bal 20 décembre 2017) (Nos espé­rances 22 juillet 2021)

Horna­kova-Civade (Lenka) (La sympho­nie du nouveau monde 27 juillet 2020)

Houel­le­beck Michel (Plate­forme 9 septembre 2019)

Houston (Nancy) (Lèvres de Pierre 3 décembre 2018)

Hug (Natha­lie) (L’en­fant Rien 26 avril 2021)

Humbert (Fabrice) (L’ori­gine de la violence 14 janvier 2011) (La fortune de Sila 22 novembre 2012) (Le monde n’existe pas 1 novembre 2021)

Hureau (Simon) (L’Oa­sis 31 mars 2021)

Huth (Angela) (Valse Hési­ta­tion 30 aout 2021) (Les Filles de Hallows Farm 30aout 2021)