Édition JC Lattès, traduit de l’an­glais par Freddy Michalski

Une histoire à deux voix, deux jeunesses , celle d’Odile qui a vingt ans en 1939 à Paris et Lily qui en a seize en 1988 à Froid dans le Montana. Lily rencontre Odile qui vit à Froid à l’oc­ca­sion d’un exposé sur la France. Les deux vies vont se dérou­ler devant nos yeux. Odile réus­sit, grâce à l’énergie de sa jeunesse à être employée à la Biblio­thèques améri­caine de Paris , et elle y a trouvé le bonheur au milieu des livres qu’elle aime tant. Elle est issue de la petite bour­geoi­sie pari­sienne, sa mère est prison­nière de toutes les conve­nances sociales, et son père, commis­saire de police mène sa famille d’une main de fer. La biblio­thèque est son espace de liberté dont elle a besoin pour deve­nir plei­ne­ment adulte. La guerre va détruire tout cela et détruira Odile en lui mettant devant les yeux ce qu’elle ne voulait pas voir. La vie de Lily est moins tragique même si elle perd sa mère trop tôt et se retrouve vivre avec une belle mère et deux petits frères aussi adorables que fati­gants. Odile aidera, Lily à comprendre sa belle mère et surtout à ne pas perdre son amitié pour Mary-Louise. La soli­tude d’Odile loin de sa famille pari­sienne cache bien des drames qui ne sont révé­lés que peu à peu. Très vite on comprend que les juifs qui dispa­raissent peu à peu de l’uni­vers de la biblio­thèque vont hanter l’es­prit d’Odile mais le pire est à venir et on le décou­vrira à travers la vie de Marga­ret son amie anglaise qui a réussi à rester vivre à Paris.

J’avoue ne pas avoir beau­coup appré­cié cette lecture malgré l’im­por­tance donnée aux livres. Je ne crois pas aux person­nages et je sens que tout l’in­té­rêt vient du dévoi­le­ment progres­sif des horreurs de la guerre à Paris . Fina­le­ment le pire est une réac­tion de jalou­sie d’Odile vis à vis de Marga­ret. Quand j’ai lu ce roman, je me disais que lorsque les Fran­çais ont connu cette période ou que leurs descen­dants essaient de trans­crire ce qu’ont vécu leurs aïeux, ils le font de façon beau­coup plus juste . Ici, on a le regard d’une améri­caine sur la France et cela se déroule comme dans un film améri­cain où toutes les expli­ca­tions psycho­lo­giques sont si simples à comprendre et la réalité de la France occu­pée par les Nazis comme un décor pour un film à suspens.

Citations

L’amour d’un père dans le Montana

- Les gens sont maladroits, ils ne savent pas toujours ce qu’il faut faire ou dire. Essaie de ne pas leur en tenir rigueur. Tu ne sais jamais ce qu’ils ont dans le coeur. 

- Papa est trop souvent absent.
- Oh, quel dommage que les bébés ne gardent aucun souve­nir de la manière dont ils ont été chéris. Ton papa t’a bercée dans ses bras des nuits durant.

En 1939 à Paris, dans une famille conventionnelle

Les hommes impor­tants ont des maîtresses, pour­sui­vit-il. C’est un symbole de statut social, comme une montre en or.
- Le divorce, avait répété maman d’une voix blanche. Mais qu’al­lons nous dire aux gens ?
Ma mère avait une tour­nure d’es­prit bien à elle et sa première réac­tion était inva­ria­ble­ment : » Que vont penser les gens ? » Elle avait jeté un coup d’œil à Mgr Clément qui se tenait sur les marches de l’église. 
- C’est tout ce que tu trouves, à dire ? s’était exclamé tante Caro.
- Tu ne pour­ras pas assis­ter à la messe.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adélaïde Pralon.

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Il est des livres qui touchent profon­dé­ment alors qu’ils se veulent légers. Ce sont sans aucun doute mes livres préfé­rés. « Les fiancé d’Odessa » raconte les diffi­cul­tés d’une femme belle et intel­li­gente qui veut sortir à tout prix de son pays où la vie est trop diffi­cile. Du côté anec­do­tique, il y a une histoire d’amour très compli­quée : son cœur et son corps palpitent pour le chef de la mafia locale, son patron David est loin de la lais­ser indif­fé­rente, et elle épou­sera Tris­tan, l’Américain homme d’entretien dans une école, qui lui a permis de fuir Odessa.

La situa­tion décrite à Odessa date des années 90, c’est la misère et la corrup­tion géné­ra­li­sée. Mais pour autant, l’Ukraine est un pays de culture et ne ressemble pas à l’idée que s’en font les Améri­cains de base repré­sen­tés par Tris­tan et ses amis. L’écrivaine décrit avec une grande finesse la contra­dic­tion entre l’attachement à Odessa et l’aspiration à un ailleurs : « le fameux rêve améri­cain ». Autant si ce rêve est fondé sur une volonté d’entreprendre, il peut, sans doute deve­nir réalité, mais s’il est fondé sur un mariage, les dés sont immé­dia­te­ment pipés. On pense au film « je vous trouve très beau » d’Isabelle Mergault avec Michel Blanc, moins le Happy end.

Janet Skes­lien Charles, a vécu à Odessa et elle parle le russe. Elle a connu le travail à plein temps pour 25 dollars par mois, et elle a côtoyé, ces belles jeunes femmes ukrai­niennes prêtes à tout pour vivre autre chose qu’un quoti­dien sans futur possible. Pour une fois, quelqu’un se donne la peine de mettre en scène ce désir de partir tout en maniant l’humour , car je le redis c’est un roman drôle plein de scènes qui font sourire. C’était encore plus simple pour cette écri­vaine de décrire la décep­tion de ces femmes une fois arri­vées aux USA , évidem­ment le rêve améri­cain ne corres­pond pas à celui d’une femme culti­vée qui rêve d’épanouissement person­nel et cultu­rel. L homme qui est venu les cher­cher de si loin, et qui a dépensé tant d’argent pour cela, est d’abord venu cher­cher une femme soumise qui sera recon­nais­sante de la bonne action qu’il a faite pour elle.

Je sais que le ton sérieux de mon billet ne corres­pond pas à l’ambiance du livre, alors comme Keisha, Aifelle, et bien d’autres.. lisez le car en plus vous amuserez.

Citations

Humour

- Les hommes ukrai­niens sont souvent pares­seux, alcoo­liques et violents…

- Pour­quoi refu­ser de sortir avec un beau jeune homme ?

- Tu veux dire le roi de l’es­cro­que­rie, un chef de la mafia et sûre­ment aussi un assassin ?

- Personne n’est parfait. Au moins, il ne fume pas. »

L’embauche en Ukraine d’une secrétaire par un patron étranger

Insi­nuait-il que j’étais embau­chée ? Il m avait fait alors un clin d’œil avant d’ajouter :

- Bien sûr, coucher avec moi reste l’as­pect le plus agréable du travail !

La vie sous le régime soviétique

En théo­rie, le régime dispen­sait des soins médi­caux gratuits. En réalité, les choses étaient légè­re­ment diffé­rentes. Pas de cadeau, pas de trai­te­ment. Pas de présent, pas d’avenir.

Scène qui en dit long sur la pauvreté dans les années 90

Quatre soldats déchar­nés, qui ne devaient pas avoir plus de dix neuf ans, vêtus d’uniformes gris trois fois trop grands, s’approchèrent de nous.

- S’il vous plaît, rien qu’un morceau de pain.

Je vidai mon stock de bonbons et de pommes. J’en avais toujours sur moi parce qu’à Odessa, il fallait toujours avoir de quoi surmon­ter les barrières. J’ap­pe­lais ça la rede­vance, Jane la corrup­tion. Mais elle apprit bien vite qu’une boîte de choco­lat ouvrait les portes plus faci­le­ment qu un long débat.

- Merci, Mademoiselle !

Les Israé­liens étaient choqués. Je leur expli­quai que tous les jeunes hommes, sauf ceux qui payaient très cher pour être décla­rés « médi­ca­le­ment inaptes », étaient appe­lés sous les drapeaux. Malheu­reu­se­ment, l’armée n’arrivait pas à nour­rir ses recrues. La pauvreté était un vrai problème.

Les motivations des femmes dans les agences en Ukraine

Elles étaient convain­cues que les Améri­cains étaient plus riches, plus gentils que les hommes d’ici et supé­rieurs dans tous les domaines. Il fallait le recon­naître, nos machos infi­dèles, fainéants et alcoo­liques ne soute­naient pas la comparaison.

Premières impressions à propos de l’Amérique

J’ai­mais l’Amérique. Ses rues larges et propres. Ses grandes maisons en bois érigées au milieu d’irréprochables pelouses vertes. Les varié­tés des produits d’entretien. J’aimais vivre dans un pays où personne ne volait les ampoules élec­triques des couloirs, où les ascen­seurs ne sentaient pas l’urine, où la pous­sière ne couvrait ni mes chaus­sures, ni les rues, ni les trot­toirs, ni les immeubles.

En Amérique, les habi­ta­tions étaient indi­vi­duelles. Les habi­tants aussi. Tout était person­na­lisé. Même les plaques d’immatriculation portaient des messages allant de Vive Les Pakers sur une jeep, à Merci Papa sur un cabrio­let rouge. Les Améri­cains n’avaient pas tous les cœur sur la main, mais ils portaient tous leur logos sur le cœur. Nike.Coke.Pepsi . Le drapeau flot­tait partout, sur les pulls, sur les voitures, devant les maisons et dans les lieux publics. A Odessa, personne n’aurait jamais porté le drapeau ukrai­nien. Jamais de la vie.

Propos d’accueil de la famille de son mari

Tu as de la chance de passer si faci­le­ment de la misère à la richesse, dit-elle. Toutes les femmes de ton pays rêvent de vivre aux Etats-Unis. J’espère que tu n’oublieras pas ce que cette famille a fait pour toi.

R‑T

R

Ragou­gneau (Alexis) (Opus 77 6 juillet 2020)

Raufast (Pierre) (La Frac­tale des Ravio­lis 21 septembre 2015) (La Variante Chilienne 7 juillet 2016) (Habe­mus Pira­tam 15 avril 2019)

Rault (Antoine) (La Danse des Vivants 14 octobre 2019)

Rautia­nen (Petra) (Un pays de neige et de cendres 8 aout 2022)

Renaud (Claire) (La valse des petits pas 28 avril 2002)

Revel (Sandrine)(Glen Gould Une vie à contre temps 4 aout 2021)

Robert-Diard (Pascale) (la petite menteuse 27 novembre 2022)

Rostain (Michel) (L’étoile et la vieille 14 mars 2013) (Le vieux 11 avril 2022)

Roux Laurine (Une immense sensa­tion de calme 2 aout 2021)

Roth (Philip) (la Tâche 27 octobre 2009)(le complot c)ontre l’Amé­rique 20 avril 2015) (Un Homme 15 octobre 2020)

Rufin (Jean-Chis­tophe) (Le grand Cœur 7 aout 2012) (Rouge Brésil 4 novembre 2013)(Immor­telle Randon­née 24 octobre 2013)

Ryan (Jenni­fer) (La Chorale des Dames de Chil­bury 29 juin 2018)

S

Sack­ville-West (Vita) (l’hé­ri­tier 8 février 2021)

Salvayre (Lydie) ( Les belles Âmes 3 juin 2013)

Sands (Philippe) (La filière 21 novembre 2022)

Scheuer (Norbert) (Les Abeilles d’Hi­ver 17 janvier 2022)

Schlink (Bern­hard) (Olga 11 novembre 2019)

Schul­man (Alex) (Les survi­vants 12 mai 2022)

Schwartz­mann (Jacky) (Pension Complète 8 juillet 2019)

Scias­cia) Leonardo (Le Jour de la chouette 3 juin 2021)

Sebas­tian (Barry)(Le testa­ment caché 27 octobre 2021)

Seethal­ter (Robert) (Le Tabac Tres­niek 29 mai 2015) (Une vie entière 1 octobre 2018) ( Le dernier mouve­ment 20 février 2023)

Seigle (Jean-Luc) (En Vieillis­sant les Hommes pleurent 20 août 2018)

Seksik (Laurent) (Le cas d’Eduard Einsthttps://luocine.fr/?p=13243ein 5 décembre 2013) (L’exer­cice de la méde­cine 26 octobre 2015) (Romain Gary s’en va-t-en Guerre 22 juin 2017) (les derniers jours de Stefan Zweig 1 août 2018) (Un fils obéis­sant 27 janvier 2020)

Sepul­veda (Luis) (Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler 5 août 2019)

Shri­ver (Lionel) (Double faute 14 janvier 2011)(quatre heures dix huit minutes … 19 novembre 2021)

Sijie (Dai) (L’évan­gile Selon Yong Sheng 24 février 2020) (Trois vies chinoises 24 aout 2020)

Sini­salo Johanna (Jamais avant le coucher du soleil 27 novembre 2019)

Sire (Guillaume) (Avant la longue flamme rouge 20 juin 2022)

Sizun (Marie) (La Femme de l’Al­le­mand 27 août 2009) (La Gouver­nante Suédoise 30 août 2018)

Skes­lien-Charles (Janet) (Une soif de livres et de liberté 25 février 2021)

Slimani (Leila) ( Le pays des autres 25 janvier 2021)

Smiley (Jane) (Une vie à part 11 aout 2018)

Smith(Tom Rob) (Enfant 44 24 décembre 2009) (Kolyma février 2010)(La ferme 23 octobre 2014)

Solo­mons Nata­sha (Jack Rosen­blum rêve en anglais 14 aout 2011) (Le manoir de Tyne­ford 21 mai 2014)

Spit­zer (Sébas­tien) (Le coeur battant du monde 4 février 2021)

Stegner (Wallace) (La montagne en sucre 9 mais 2016) (En leu sûr 1° aout 2016)

Strout Eliza­beth (Olive Kitte­ridge 22 aout 2022)

Stucki (Walter) (La fin du régime de Vichy 7 novembre 2022)

Sulli­van (J. Court­ney) (Maine 14 aout 2014) (Les affi­ni­tés sélec­tives 5 septembre 2022)

Süskind (Patrick) (La contre­basse 3 novembre 2022)

T

Takano (Kazuaki) (Treize Marches aout  15 mars 2021) (Génocide(s) 29 juillet 2021)

Tani­zaki (Juni­chiro (Eloge de l’ombre 27 aout 2009)

Tapply (G.William) (Dark Tiger 17 décembre 2021)

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