Ce livre est dans mes listes depuis .….. long­temps ! j’ap­pré­cie cette auteure qui fait partie des gens qui me font du bien. D’abord parce que Kata­rina Mazetti aime racon­ter des histoires et que j’adore que l’on m’en raconte. Ensuite, parce qu’elle a un sens de l’hu­mour avec lequel je suis bien : jamais méchant mais telle­ment perti­nent. La fin est peut-être trop gentille, mais elle ne fait que deux pages et il fallait bien finir ! C’est pour­tant pour cette raison et l’as­pect un peu cari­ca­tu­ral de certains person­nages que ce roman n’a pas eu ses cinq coquillages que j’ai parfois eu très envie de lui mettre. Nous sommes embar­qués sur un bateau de croi­sière vers l’Antarctique avec des Suédois sans soucis finan­ciers mais avec parfois des diffi­cul­tés bien plus graves. Les deux person­nages centraux sont un jour­na­liste et une certaine Wilma. Le jour­na­liste se noie dans un divorce qui le prive de ses enfants. Tous les torts sont évidem­ment, selon lui, du côté de son épouse, mais peu à peu on se rendra compte que ce n’est peut être pas si simple. Et surtout, comme dit mon beau-frère préféré « il y a malheur plus grand » : que cache, en effet, la raideur et la maladresse de Wilma ? Il prend le risque à force de ne s’in­té­res­ser qu’à sa petite personne et profi­ter sans vergogne de la gentillesse et de l’optimisme de celle qui ne veut pas étaler ses problèmes de passer à côté d’une véri­table diffi­culté de la vie. Et puis, il y a, Alba qui compare chaque type humain à des compor­te­ments des animaux mais préfère ces derniers au hommes car : l’ex­pres­sion « les hommes sont des animaux » est une offense aussi bien envers les manchots que les autres espèces animales. C’est vrai que ce n’est pas un roman qui va rester à vie dans ma mémoire mais il m’a fait sourire et j’ai bien aimé les obser­va­tions sur les compor­te­ments des mammi­fères dits supé­rieurs, un peu cari­ca­tu­raux, peut-être comme ces deux sœurs : l’une, la riche exploite sans pitié la gentillesse de l’autre, la plus pauvre. Ces petits bémols ne doivent pas faire oublier que c’est avant tout un roman léger et agréable et pas l’étude du siècle sur les mœurs de la société suédoise.

Citations

Préface

Tous les person­nage de ce roman ont été tirés d’un compost d’ob­ser­va­tion diverses et de frag­ments de souve­nirs qui a mûri dans la tête de l’au­teur durant un laps de temps indé­fini.

C’est indi­qué « bagages » avec une flèche à droite et une autre à gauche. Sur le même panneau ! J’ai un faible pour les Fran­çais, mais Charles-de-Gaulle est un concen­tré de leurs pires défauts.

Des noms qui font rêver (ou pas)

Thiru­va­nan­tha­pu­ram 

C’est vrai en France aussi

Regar­dez le public au théâtre ou dans les vernis­sages ! Quatre-vingt-dix pour cent sont des femmes, la plupart ayant dépassé la cinquan­taine, les dix pour cent restants y ont été traî­nés par une femme. Inter­di­sez l’ac­cès aux femmes de plus de quarante-cinq ans et vous pouvez annu­ler toute vie cultu­relle suédoise !

Le résultat d’une enquête journalistique

Le conseiller d’édu­ca­tion s’est pendu avant le procès lais­sant une épouse et trois enfants dont deux fréquen­taient son école. La répu­ta­tion de la rempla­çante a été ruinée et elle a perdu son boulot. Le seul à être vrai­ment heureux à proba­ble­ment été l’en­foiré qui avait vendu l’his­toire au départ. Et puis, nous les trois épau­lards . Dans une bonne humeur forcée, nous sommes allés nous saou­ler au pub pour célé­brer notre acti­vité si utile à la société.
Bon évidem­ment qu’elle était utile à la société, je le soutiens encore aujourd’­hui. Mais. La vie de six personnes à été détruite.

Philosophie du marin

Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a‑t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend compte qu’on n’a pas grand-chose à oppo­ser à la nature. Je crois que je vais inven­ter un comprimé de mal de mer qui fonc­tionne à l’en­vers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omni­po­tents aux quatre coins du monde quand ils s’ap­prêtent à enva­hir un pays , ou à dévas­ter une forêt, ou simple­ment à battre leur femme.

Un vantard

Göran est resté au bar à racon­ter à ceux qui voulaient bien l’écou­ter qu’il n’avait jamais eu le mal de mer. Ce qui est sans doute vrai ‑mais il n’a pas précisé qu’il n’avait jamais vrai­ment pris la mer, seule­ment fait des courses en hors-bord sur le lac près de chez nous.

J’ai souri

C’est un peu comme boire un verre de cognac quand on sent venir un gros rhume. Ça ne guérit personne, mais on s’amuse plus en atten­dant d’être patraque.

4
J’avais trouvé cette réfé­rence sur un site inter­net qui recom­man­dait « une année à la campagne ». Les deux livres n’ont rien à voir mais j’ai pensé que si le premier me plai­sait pour­quoi pas celui-ci. J’ai aimé l’histoire d’amour mais le plus inté­res­sant c’est l’incompréhension de deux personnes : la femme intello cita­dine et le fermier qui bosse comme un fou. Aucun des deux ne sait, ni ne peut, faire des conces­sions, ils s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. La fin me surprend : ils feront un enfant ensemble sans avoir résolu leurs problèmes de diffé­rences. L’en­semble du roman est drôle et tonique. Comme mes lectures de l’été 2009 étaient plutôt tris­tounes, j’ai bien appré­cié.

Citations

Jamais un point de croix ne fran­chira ma porte, et il est probable qu’un Käthe Koll­witz ne fran­chira la sienne. (paroles de Dési­rée)

Je devrais peut-être lui faire cadeau de quelques brode­ries de maman (paroles de Benny)

Elle ne sait même pas prépa­rer des boulettes de viande, ai-je dit.Elle sait seule­ment lire des livres et parler des théo­ries d’un certain Lacong (paroles de Benny).