Édition Noir sur Blanc .

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard 

 

 

Je ne connaissais pas du tout cet auteur qui se plaît à creuser les rapports familiaux qui détruisent les personnalités (d’après ce que j’ai lu sur lui). Ce roman se situe au stade ultime de la destruction, nous sommes avec un homme qui est interné, il parle à un psychiatre et à une infirmière de ce qui l’a sans doute conduit dans cette chambre d’hôpital dont il n’a pas le droit de sortir. Le roman ne donne que les paroles de ce malade, à nous d’imaginer les questions de son thérapeute qui impliquent ses réponses. On ne peut jamais savoir si ce qu’il dit est vrai, sans doute est-ce là le quotidien des soignants des hôpitaux psychiatriques. A-t-il été lui même un psychologue ? A-t-il conseillé à des patients des passages à l’acte dévastateur ? A-t-il écrit un livre qui révolutionne les thérapie ? On sent que le psychiatre s’intéresse assez peu à ses théories sur les soins mais l’amène souvent à parler de sa famille en particulier de son frère disparu en mer.

La plongée dans le cerveau tortueux de Robert, le patient, et l’absence d’une parole ancrée dans la réalité ne m’ont pas beaucoup intéressées. Et j’ai été très agacée par la quatrième de couverture qui dit ceci :

Un livre corrosif, plus jamais d’actualité, sur la menace constante du populisme, la tentation et le danger d’une simplification de la pensée.

 

Je ne sais pas si c’était dans les intentions de l’auteur, mais alors c’est vraiment raté. Bien sûr que l’on ne peut donner le moindre crédit à un thérapeute qui proposerait de supprimer toute forme d’oppression psychologique par le crime. Extrapoler vers la dénonciation du populisme cela me semble un simple argument pour vendre ce roman.

Pour moi l’intérêt de ce roman (auquel j’aurais mis 3 étoiles sans cette quatrième de couverture) , c’est de voir combien il est difficile de se frayer un chemin vers la vérité quand on est face à une personne dont le cerveau est malade. Robert fuit la seule question à laquelle le psychiatre doit répondre – réponse qu’il doit peut-être donner à un juge- que s’est-il il passé sur le catamaran avec lequel lui et son frère Honoré, moniteur de voile, sont partis en mer et que Robert a ramené en étant seul à son bord ? Honoré a-t-il été victime d’une solution thérapeutique radicale mise en œuvre par son frère ?
À travers les propos de Robert nous découvrons la façon dont les malades vivent l’internement, la cuisine, le compagnon de chambre, la volonté de sortir, mais surtout nous essayons comme le psychiatre de nous frayer un chemin vers la vérité qui est profondément enfouie dans ce cerveau bien malade.

 

Citations

La nourriture de l’hôpital

 Depuis que je fais moins d’exercice physique, mes fesses se ramollissent un peu chaque jour, j’aurai bientôt du pudding à la place du derrière, comme celui qu’on nous sert presque quotidiennement dans cette affreuse cantine. Si vous pouviez user de votre entregent pour faire varier un peu les desserts, nous vous en saurions gré… Car entre le pudding, les entremets et les yaourts, nous allons tous finir par croire qu’il nous manque des dents, or ma dentition est parfaite.

Est-ce vrai ?

 Il est rare que des gens beaux viennent consulter. Pour cause : il existe objectivement aucune raison valable. La beauté est un véritable aimant qui attire à la fois le désir, le respect, la fascination, la richesse, la puissance, et si vous vous y prenez correctement. : la célébrité.

 

9 Thoughts on “Encore une journée divine. – Denis MICHELIS

  1. keisha on 29 octobre 2021 at 08:31 said:

    Bizarre quand même..; Finalement, cette quatrième de couverture a plutôt desservi le roman?

    • Ah oui complètement, le roman vaut beaucoup au moins un coquillage en plus si je n’avais pas lu en quatrième de couverture cette histoire de complotisme.

  2. L’idée de départ est intéressante, et le fait que le narrateur ne soit pas fiable, également… mais les quatrièmes de couverture, non mais, quand ça commence à ressembler à ça, non, non !

  3. On se demande vraiment comment certaines 4e de couverture sont faites .. il y en a plus d’une qui gâche la lecture. Raison pour laquelle je ne les lis plus. Au moins tu entres dans le roman sans idée préconçue.

    • Mais quand on avait pas les blogs c’était avec ça que l’on se faisait une idée du roman, ici pour ce roman intéressant l’idée aurait été fausse et juste racoleuse, le complotisme est un mot à la mode.

  4. Des fois.. arrf Aifelle a écrit ce que j’allais écrire ! Je le dis tout de même… Des fois, je me demande si ceux qui rédigent les 4ème de couv ont vraiment lu l’ouvrage. Ce serait tellement mieux si les 4ème de couv se contenter une description succincte de l’histoire…
    Bon mais maintenant que je suis prévenue du contenu réel de ce roman, j’avoue qu’il me tente tout de même un peu !

    • Il a beaucoup plu à la bibliothécaire de Dinard et j’ai été très étonnée elle l’a trouvé très drôle. Je ne l’ai pas vu l’aspect comique de ce cerveau malade. La maladie mentale me rend triste.

  5. Malgré tes réticences, je suis tentée … C’est le côté tortueux, surement ! A suivre en poche.

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