Édition Feux croi­sés Plon . Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Karine Lalechère

Un roman peu banal sur un sujet qui démarre pour­tant de façon si clas­sique dans la litté­ra­ture et hélas dans les faits divers améri­cains : Un jeune homme, Roy, marié depuis peu à la belle Celes­tial est accusé d’avoir violé une jeune femme blanche dans le motel où il passait la nuit . Sa femme a eu beau dire qu’il était auprès d’elle cela n’a pas empê­cher un jury de le décla­rer coupable et de lui infli­ger douze ans de prison. Il n’a rien fait mais il est noir et c’est donc suffi­sant. Cela pour­rait être le sujet du roman mais pas vrai­ment. Les trai­te­ments qu’il a dû subir en prison et sa lutte pour prou­ver son inno­cence ne sont évoqués qu’à travers les cour­riers que s’échangent Roy et Céles­tial. Cour­rier qui est plus allu­sif sur ces sujets car tous les deux parlent surtout de leurs liens amou­reux . Roy et Celes­tial se sont aimés mais leur couple ne résis­tera pas à la prison , les parents de Roy se sont aimés toute leur vie . C’est un bel exemple de couple améri­cain uni pour la réus­site de leur fils, enfin le fils de sa mère car son père, Big Roy, l’a adopté quand il a épousé Olive . Le père biolo­gique jouera pour­tant un rôle dans l’his­toire de Roy. Les parents de Celes­tial parents fortu­nés feront tout ce qu’ils peuvent pour aider Roy à sortir de prison. Il est effec­ti­ve­ment acquitté au bout de cinq ans mais sa femme l’a quitté pour son ami d’en­fance André. Un roman passion­nant car complè­te­ment en dehors des évidences sur la condi­tion des noirs aux États-Unis, tout en nuances mais qui par la même m’a beau­coup touchée.

Citations

L’amour

Mais en te perdant j’ai appris une chose au sujet de l’amour. Notre maison n’est pas simple­ment vide. Elle a été vidée. L’amour se crée une place dans ta vie, il se crée une place dans ton lit. À ton insu, il se crée une place dans ton corps, détourne tes vais­seaux sanguins, bat juste à côté de ton cœur. Et quand il part, il laisse un trou.
Avant de te rencon­trer je ne me sentais pas seule. À présent je me sens si seule que je parle aux murs et chante pour le plafond.

Être noir aux USA face à la justice

Ce calvaire n’aurait alors été qu’une histoire que nous lui aurions racon­tée plus tard, pour qu’il comprenne qu’il fallait être prudent quand on était un homme noir aux États-Unis. Lorsque nous avons décidé qu’il valait mieux avor­ter, d’une certaine manière, nous nous sommes rési­gnés. Nous avons cessé de croire que je serais acquitté.

Humour de prison

C’est le destin de l’homme noir. Porté par six ou jugé par douze. 

Les femmes

L’immense géné­ro­sité des femmes est un tunnel mysté­rieux et nul ne sait où il mène. Partout, il y a des indices qui sont autant de pièges et, quand on est un homme, il faut être conscient que la logique ne nous conduira pas néces­sai­re­ment à la sortie.

11 Thoughts on “Un mariage américain – Tayari JONES

  1. keisha on 17 juin 2021 at 07:59 said:

    5 coquillages quand même !

  2. Son origi­na­lité me tente ! C’est un roman que j’avais vu puis laissé passer, je le note de nouveau.

  3. tu me donnes très envie même si les romans sur les vies de couples ne m’en­thou­siasment pas plus que ça, ici cela a l’air très particulier
    c’est noté grâce à toi

    • J’ai beau­coup appré­cié la pudeur avec laquelle est trai­tée l’in-«justice » améri­caine. En revanche leurs problèmes de couple face à l’adversité est très bien analysée.

  4. Ah tiens, une liseuse ?!!!
    Quant au roman, je l’avais déjà remar­qué sur d’autres blogs, tu confirmes donc !

    • Oui, je confirme, ce roman vaut la peine. J’ai la chance que des amis ou ma famille mettent des livres,sur ma liseuse et quand je pars en voyage surtout en bateau je peux ne plus trim­bal­ler des livres un peu trop lourd.

  5. Un fait divers clas­sique mais qui sort de l’or­di­naire, visi­ble­ment, dans son approche de biais, si j’ai bien compris … J’aime beau­coup la première cita­tion sur l’amour, elle est très juste­ment tournée.

  6. Je te rejoins. Il m’a beau­coup plu égale­ment (lu en audio).

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