Édition Dialogues 

Je sais que j’ai trouvé le nom de cet auteur dans la blogo­sphère, j’es­père que celle ou celui qui me l’a fait connaître se mani­fes­tera afin que je puisse mettre un lien vers son blog. Et cela n’éton­nera personne c’est chez Keisha que j’ai trouvé ce petit bijou. Depuis, Sylire m’a envoyé son billet inté­res­sant égalememnt.

Je suis amenée à lire beau­coup de recueils de nouvelles pour mes lectures à haute voix dans une rési­dence pour personnes très âgées. C’est très compli­qué de trou­ver des nouvelles qui conviennent à la fois à ce public et à mes capa­ci­tés de lectrice. J’éli­mine les histoires trop violentes et trop glauques, ainsi que toutes les nouvelles qui se passent dans des maisons de retraite (curieu­se­ment ce thème fait florès dans le genre, d’ailleurs dans ce recueil il y en a une que je ne leur lirai pas : « La révol­tée des quatre saisons »). J’écarte égale­ment des nouvelles que j’aime beau­coup où il n’y a pas vrai­ment de fin, qui sont comme des petits moments suspen­dus dans le vide. Je ne suis pas assez bonne lectrice pour en donner toute leur saveur. Ainsi que les nouvelles trop courtes qui donnent un peu le tour­nis à mon public. Nos préfé­rées sont celles qui nous font rire mais elles sont rares nous avons passé de bons moments avec « les racon­tars » de Jorn Riel et la « vengeance du wombat » de Kenneth Cook .

Bref, ces nouvelles sont des petits chefs d’oeuvre. Cet écri­vain a une sensi­bi­lité qui corres­pond exac­te­ment à ce que je recherche. Jamais dans le juge­ment, ce méde­cin comprend ses patients et sait nous les rendre sympa­thiques. Sauf l’hor­rible M Kervert qui j’es­père se recon­naî­tra dans cette nouvelle afin que son crime silen­cieux ne reste pas tota­le­ment impuni. J’ai eu plusieurs coups de cœur la plus souriante et qui a fait sourire mon public : « le ventre de Clémen­tine » la scène de la morsure du ventre par le méde­cin scien­ti­fique fran­çais pour chas­ser le mauvais esprit qui a envahi les rêves de la femme noire est irré­sis­tible. J’ai aussi beau­coup aimé « Le Bistrot » et la sensi­bi­lité avec laquelle ce méde­cin aborde l’ad­dic­tion à l’al­cool. Je vous ai mis quelques passages pour vous donner envie d’al­ler lire ces nouvelles. Ma préfé­rée qui résonne si fort en moi que j’ai eu du mal à contrô­ler mon émotion c’est sans doute » Docteur Schu­mann ». Aucune de ses nouvelles ne m’a déplu et comme elles ont un fil conduc­teur : « la rela­tion du malade et de son méde­cin » , c’est facile de passer de lune à l’autre. Un vrai coup de cœur que j’es­père parta­ger avec vous.

Citations

Bistrot

« Depuis la mort de son fils de quinze ans dans un acci­dent de moto , mon ami Jean Lentour s’aban­donne à la bois­son . Je compte sur toi. »
La lettre était brève mais suffi­sam­ment éloquente pour que j’ima­gine l’am­pleur des dégâts . Elle était signée par l’un de mes fidèles confrères. Je la repliai et me sentit immé­dia­te­ment désarmé. Comment contre­car­rer une telle souf­france , comment imagi­ner faire contre­poids à un tel proces­sus de destruc­tion ? Je savais toute­fois qu’en matière d’al­cool, l’ave­nir restait impré­vi­sible. Avec certains maux, il faut se conten­ter d’être là, juste pour en limi­ter les nuisances.

Le bistrot

« Ce café , me dit-il un jour , c’est ma bouée ». La présen­ta­tion de ce lieu comme moyen théra­peu­tique finis­sait par m’aga­cer. Pour avoir soigner beau­coup de patients alcoo­liques , je n’étais pas dupe de la fausse compli­cité entre piliers de bistrot , et de cette préten­due chaude ambiance où l’on se détruit en groupe dans une incroyable soli­tude.

La fin

Un samedi matin , me dit il , il faisait parti­cu­liè­re­ment beau . Je m’ap­prê­tais à partir servir comp­toir lorsque mon épouse , qui n’a jamais mani­fes­ter la moindre exigence m’a proposé : « Et si, aujourd’hui, nous allions ensemble au marché ? »
Je ne sais pour­quoi , je n’ai pu résis­ter à sa demande . Je me suis bruta­le­ment réveillé et rendu compte de l’amour de la femme qui était à mes côtés . Je lui avais fait vivre l’en­fer . Elle aussi avec perdu son fils . Pendant que je déri­vais dans l’al­cool , elle avait tenu bon , atten­dant mon retour. Vous ne me croi­rez peut être pas, mais depuis ce jour, j’ai retrouvé la paix.

11 Thoughts on “Nouvelles sur Ordonnance ‑Denis LABAYLE

  1. keisha on 16 septembre 2019 at 07:50 said:

    Je sais que je l’ai lu et aimé, il y a longtemps

  2. Les extraits sont beaux et donnent envie d’en lire davantage.

  3. Ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas chez moi que tu as entendu parler de ce livre… Très beaux extraits…

  4. le thème ne m’in­té­resse pas plus que ça mais tu as l’air telle­ment convain­cue ! Belle initia­tive de lire dans une maison de retraite !

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