J’ai décou­vert ce roman sur un blog que je lis régu­liè­re­ment « La souris jaune ». J’aime bien ce blog car j’y trouve des livres qui ne sont pas dans l’actualité litté­raire. La Souris Jaune, fouine dans tous les lieux où l’on trouve des livres pas chers ou dans les média­thèques pour assou­vir ses envies de lecture. Ce roman avait tout pour me plaire, car il parle d’un sujet très peu traité : que sont deve­nus les traces de la présence juive en Egypte ? Le début m’a enchan­tée et je me suis instal­lée pour faire un voyage origi­nal dans un pays où je n’irai sans doute jamais. Mais lorsque l’hé­roïne, Camé­lia arrive en Egypte, très vite, j’ai déchanté. Elle arrive dans ce pays avec l’argent de sa mère et des ses tantes pour faire construire une sépul­ture digne des attentes des sœurs de la morte, Carlotta . Carlotta est restée en Egypte et n’a pas suivi ses sœurs en France. Cela aussi m’in­té­res­sait, celle qu’on surnom­mait « la juive au nombril arabe » a mené une vie hors du commun. Mais il en est si peu ques­tion ou d’une façon si embrouillée que je me suis vite lassée. Vers la page 200 d’un roman qui en compte 350, j’ai parcouru en diago­nal un récit qui « arri­vait pas à rete­nir mon atten­tion. Je n’ai rien compris aux aven­tures amou­reuses de Camé­lia qui a des rela­tion sexuelles avec l’homme qui la reçoit et qui l’oblige à l’ap­pe­ler « papa ». Ses rencontres avec les pension­naires de l’ancienne demeure qui étaient la maison de retraite de sa tante sont tota­le­ment étranges. On sent que l’au­teur veut nous faire vivre à la fois la décré­pi­tude de ce monde ancien et celui de la vieillesse , j’ai parfois pensé à la famille « Mange­clous » d’Al­bert Cohen, mais le récit n’ar­ri­vait pas à se construire. Comme « la souris jaune » j’ai bien aimé les inces­sants coups de fil de Lounna la mère juive plus vraie que nature de Camé­lia. Et puis je dois souli­gner la scène de départ dans l’aéroport qui est vrai­ment très drôle. Au moment où j’écris ce billet, alors que je ne peux pas dire que j’ai lu jusqu’au bout ce roman, j’es­père que plusieurs d’entre vous l’avez lu et que vous saurez m’ex­pli­quer ce que vous avez aimé dans la partie égyptienne

Citations

Quand j’ai cru à la première page que je lirai ce roman jusqu’au bout

Morte Carlotta ? Morte la sœur aînée née de la même mère ? Maman s’échauf­fait . Le mystère de la mort la lais­sait sans voix hurlait-elle, et je sus qu’elle criait en montrant toutes ses dents au télé­phone. Les morts vont vite ! Le monde s’en va. ! Quoi ! apprendre la funeste nouvelles aujourd’­hui samedi ? Le seul jour consa­cré à la partie de bridge hebdo­ma­daire ? Voilà bien la chance de maman ! Tant pis, Dieu était grand, ce qu’il donnait d’une main il le repre­nait de l’autre, bien­tôt il pren­drait tout des deux mains.… Maman sentait appro­cher sa dernière heure.

Toujours sa mère

Sa liai­son avec le produc­teur Rachid « Un musul­man qui n’est même pas chré­tien » fulmi­nait Maman.

La scène de l’aéroport sa fille de 26 ans doit écouter les conseils de ses tantes, comme tous les voyageurs car elles parlent très fort.

- Je vous la confie, dit maman à l’hô­tesse de l’air en charge des bagages. C’est ma fille unique et je l’aime. Surveillez la bien, elle a l’air grande du dehors mais dans sa tête elle est très petite. Il marche bien votre avion ?
Les voya­geurs, écar­tés de force du guichet, parurent fort inté­res­sés par les conseils des dames en noir.
- Il n’y a pas, criait tante Marcelle, tu te débrouilles et tu pousses, mais tu prends place dans la queue, pour la vie sauve si l’avion s’écra­bouille en mer, Dieu préserve !
- Tu mettras immé­dia­te­ment le gilet gonflant, renché­ris­sait tante Fortunée.
-Tu n’iras pas à la toilette suspen­due, disait tante Melba à cause de l’as­pi­ra­tion, sait-on jamais. Il n’y a pas de canni­bales, au moins ? Elle jeta alen­tours des regard cour­roucé. Ah chères, j’ai lu l’ar­ticle abomi­nable, les uns mangeant les autres et tous commen­çant par les plus jeunes !
- Aucune bois­son alcoo­li­sée, voci­fé­rait Maman on te connaît, un verre, deux verres, trois et tu t’en­dors, quatre tu manques l’ar­rêt du Caire.
- Camé­lia chérie, n’ou­blie pas de sucer le bonbon de l’en­vol, conseillait tante Fortu­née sinon tu retour­ne­ras tes vomis­se­ments sur les voisins.
-Tu mange­ras tout, approu­vait maman. Ça fait passer le temps c’est compris dans le prix, mon Dieu comme tout augmente.
- Si tu n’aimes pas la confi­ture disait tante Melba, garde-moi le petit pot. Ça fait dînette, on voyage par le palais, et le goût est très français.
-Boucle-la Melba, se fâchait tante Marcelle, sommes-nous des mendiants ? Tu ne vois pas que les oreilles fran­çaises nous écoutent

Vraie question

Ils ont vendu le patri­moine des ancêtres. Un rouleau sacré par-ci, une relique du Temple de Jéru­sa­lem par là, une syna­gogue, quelques belles maisons du quar­tier juif. Les Améri­cains raffolent des marques du passé. Ils ont acheté. Qu’est-ce qu’ils n’ont pas acheté. Lequel est le plus coupable ? Celui qui achète ou celui qui vend ?

Le cimetière juif du Caire

Plus loin, deux jeunes femmes éten­daient du linge entre les piliers de la nef consa­crée en 1912 à un certain Isaac Pinto, le déli­vré, selon l’épi­taphe, d’une longue vie de douleur et de soli­tude. À deux pas de là, un vieillard arro­sait d’urine la dalle de Léda Gatte­gno (1903 1933) trop tôt arra­chée à son juge d’époux, lequel avait mis une ving­taine d’an­nées à la rejoindre sous le caveau où fleu­ris­sait la menthe sauvage et le persil. Des fèves cuisaient à gros bouillons dans la vasque funé­raire de Simon Fran­cis Bey, fumet exquis qui partait chatouiller les narines d’un autre pair d’Égypte, le baron Musta­pha Lévy, un grand philan­thrope , dit Sultana, il a beau­coup construit pour les pauvres, décédé en l’an 1948 et dont le mauso­lée, un petit palais baroque, s’en­va­his­sait de volailles.

12 Thoughts on “L’héritage de tante Carlotta – Paula JACQUES

  1. keisha on 5 avril 2021 at 07:45 said:

    Dommage, parce que tes passages ont l’air tB.

  2. J’ai­mais beau­coup écou­ter l’émis­sion de Paula Jacques « Cosmo­po­li­taine » sur France Inter, mais je ne l’ai jamais lue. Je ne peux donc pas t’ap­por­ter un autre avis.

  3. Déso­lée, je ne l’ai pas lu mais je me souviens avoir lu un roman de Paula Jacques un jour, je l’avais même appré­cié… Mais lequel ?

  4. mauvaise pioche du moins pour toi
    ça m’ar­rive régu­liè­re­ment de ne pas aimé un livre qui a mani­fes­te­ment plu !

  5. Je ne connais­sais pas ce titre et je suis à vraie dire peu tentée après lecture de ta chronique.

  6. Tu es trop miti­gée pour que je me laisse tenter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation