Édition livre de poche

Traduit du suédois par Laurence Mennerich

Merci la Souris Jaune , sans toi je n’au­rais pas lu ce roman qui m’a fait passer un bon moment et qui, tout en décri­vant une réalité sociale assez dure n’est pas triste parce que nous voyons la vie d’une petite ville dans laquelle il n’y a plus de travail à travers les yeux de Britt-Marie une femme qui passe son temps à faire des listes et le ménage. Pour­quoi ne lui ai-je pas mis cinq coquillages à ce livre que j’ai lu avec plai­sir ? Il m’ar­rive de faire ma diffi­cile ! oui ce roman se lit bien , oui les person­nages sont atta­chants mais cette Britt-Marie est une cari­ca­ture de person­nage : est-ce qu’il existe encore des femmes qui se dévouent corps et âmes à leur mari sans rien exiger d’eux ? Est-ce qu’ils existent des femmes dont le seul hori­zon se limite au ménage bien fait ? Complè­te­ment effa­cée, Britt-Marie va « fuguer » du domi­cile conju­gal car elle découvre que, malgré tout son dévoue­ment, Kent son abruti de mari la trompe. Elle se met à la recherche d’un travail, mais elle a 63 ans et ce n’est pas une mince affaire. Ses rapports avec la femme de pôle emploi sont compli­qués et très drôles, celle-ci lui trou­vera fina­le­ment un poste de direc­trice d’une MJC qui doit fermer dans trois mois, elle peut donc occu­per cet emploi dans un petit village dont toutes les acti­vi­tés « normales » ont disparu à cause de la crise économique.

Notre super Madame-Propre dont les deux produits fétiches : le bicar­bo­nate et le Faxin (produit pour les vitres) va donc entre­prendre de nettoyer tout ce qui est à sa portée. Mais sa vie et ses valeurs vont être bous­cu­lées par le foot­ball. Car les rares enfants du village adorent ce sport et bien malgré elle Britt-Marie va devoir s’y inté­res­ser. Peu à peu nous décou­vri­rons les diffé­rents drames qui ont jalonné sa vie et nous la compren­drons un peu mieux ; je me suis atta­chée à Britt-Marie qui a été si mal aimée dans sa vie. Les habi­tants du village qui semblent aussi des cari­ca­tures vont prendre de la consis­tance. Pour deve­nir plus humains, il semble­rait qu’en Suède il faut connaître le déclas­se­ment social, à l’image de Kent qui, de gros « macho » stupide devient un mari plus atten­tif et plus aimant parce qu’il a perdu son travail.

Certes, c’est une vision sociale un peu trop simpliste mais, comme je le dis au début, c’est aussi un roman qui fait du bien car on le lit en souriant. Alors, lisez-le si vous voulez vous dépay­sez avec une femme d’un autre temps dans un pays plus connu pour ses auteurs de romans poli­ciers que pour le genre « conte social humaniste ».

Citations

Le début .

Four­chettes. couteau. cuillère.
Dans cet ordre.
Britt-Marie n’est certai­ne­ment pas femme à juger autrui, mais quelle personne civi­li­sée aurait l’idée d’or­ga­ni­ser un tiroir à couverts autre­ment ? Britt-Marie ne juge personne mais tout de même, nous ne sommes pas des animaux.

L’amour .

Diffi­cile à dire quand l’amour s’épa­nouit. Un jour, on se réveille et il a éclos d’un coup. C’est pareil dans l’autre sens : on s’aper­çoit trop tard qu’il a déjà fané. L’amour ressemble beau­coup aux fleurs de balcons, en cela. Parfois, même le bicar­bo­nate de marche pas.

Le couple.

C’est comme ça, quand on a vécu assez long­temps auprès d’un homme qui essaie constam­ment de faire de l’hu­mour. Il n’y avait plus de place pour d’autres plai­san­te­ries que les siennes dans leur rela­tion. Kent faisait le bout en train et Britt-Marie faisait la vais­selle. Voilà comment les tâches étaient réparties.

Humour suédois.

Elle place égale­ment des verres devant les enfants. L’un d’eux, celui que Britt-Marie ne décri­rait jamais comme « obèse », mais qui donne l’im­pres­sion d’avoir souvent chipé la limo­nade de ses cama­rades, lui dit avec entrain qu’il « préfère boire dans la canette ».
- Certai­ne­ment pas, ici on boit dans un verre, arti­cule impi­toya­ble­ment Britt-Marie. 
-Pour­quoi ? 
- Parce que nous ne sommes pas des animaux.
Le garçon observe sa canette de limo­nade dans un silence songeur, puis demande :
- Il y a des animaux qui arrivent à boire à la canette, en dehors de l’homme ?

Philosophie de la vie.

Parce que la vie est plus que les chaus­sures dans lesquelles on marche, plus que la personne qu’on est. Ce sont les liens. Les frag­ments de soi dans le cœur d’une autre personne. Les souve­nirs, les murs, les placards et les tiroir à couverts dans lesquels on sait où sont rangés les affaires. Toute une vie d’ajus­te­ments visant à l’or­ga­ni­sa­tion parfaite, à l’aé­ro­dy­na­mique unique de deux person­na­li­tés. Une vie commune, faite de tout ce qui est commun. Pierre et mortier, télé­com­mandes et mots croi­sés, chemise et bicar­bo­nate, placard de salle de bains et rasoir élec­trique dans le troi­sième tiroir. Il a besoin d’elle pour tout cela. Si elle n’est pas la, rien ne va. Elle est essen­tielle, ines­ti­mable, irremplaçable.

Joli dialogue.

-J’avais cru comprendre qu’on devient poli­cier parce qu’on croit aux lois et aux règles souffle-t-elle
-Je crois que Sven est devenu poli­cier parce qu’il croit à la justice répond Samy.

Édition Albin Michel . Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

Traduit du suédois par Anne Karila

Un roman qui décrit des rela­tions très lourdes entre des parents et leurs trois garçons, toujours à la limite de l’ex­plo­sion. On comprend très vite qu’un drame a eu lieu mais on n’aura toutes les clés qu’à la fin du roman, donc promis je ne vous révè­le­rai rien. Nous sommes avec Benja­min le cadet de l’aîné Niels, et Pierre le plus jeune, ils ont passé leur enfance à se battre, du moins c’est comme ça que nous le raconte Benja­min. Les parents sont le plus souvent sous l’in­fluence de l’al­cool et le père éclate de colères impré­vi­sibles et violentes et la mère tota­le­ment dépas­sée semble absente. Je me demande si cette façon de vivre « à la sauvage » chez des gens culti­vés repré­sente quelque chose en Suède, ce qui ferait que les Suédois ont une autre lecture de ce roman que nous pour la repré­sen­ta­tion de cette famille.
Le roman commence à la mort de la mère, le père est décédé depuis quelques années, elle n’ex­prime qu’un seul souhait que ses trois fils dispersent ses cendres autour du petit lac près duquel ils passaient toutes leurs vacances et où ils ne sont plus retour­nés depuis le fameux jour, qui a tota­le­ment détruit la famille.

Le roman est entiè­re­ment sous-tendu par cette révé­la­tion, et c’est pour moi un bémol, vrai­ment je n’aime pas le suspens mais ici il n’est pas gratuit, car effec­ti­ve­ment Benja­min doit repar­tir dans les souve­nirs embrouillés de tout ce qui a consti­tué son enfance pour avoir une chance de pouvoir se recon­ci­lier avec lui-même.

J’ai été un peu gênée par le mélange des temps du récit, c’est très compli­qué de savoir à partir de quand la famille a dysfonc­tionné et pour­quoi exac­te­ment et j’ai aussi été éton­née par la violence des bagarres entre les frères. On est bien loin de l’image de calme et de self contrôle atta­chée à la Suède. C’est un roman étouf­fant qui manque de lumière à mon goût mais qui raconte très bien l’en­fance dans une famille détruite.

PS je suis gênée pour rédi­ger mon billet sans parler de la fin, lisez le vite pour que je puisse discu­ter avec vous sans cette contrainte. Par exemple que pensez vous du silence de Niels et Pierre adulte lorsque Benja­min évoque la scène où son père a percuté un jeune faon ? (Et réflé­chis­sez au titre vous saurez une intui­tion sur le drame qui sous-tend ce roman.)

Citations

La fatigue dans l’eau froide.

La fatigue arriva sans crier gare. L’ex­cès d’acide lactique lui engour­dit les bras. Sous le choc il en oublia les mouve­ments des jambes, il ne savait plus comment on faisait. Une sensa­tion de froid partie de la nuque irra­dia l’ar­rière de son crâne. Il enten­dait sa propre respi­ra­tion, son souffle plus cours et pressé, un pres­sen­ti­ment glaçant lui serra la poitrine : il n’au­rait pas la force de retour­ner jusqu’au rivage. 

Bagarre de frères adultes.

Pierre lui envoie un coup de pied dans les jambes, Niels s’af­faisse sur les cailloux. Alors Pierre se jette sur lui, ils roulent, se bourrent de coups de poing, se frappent au visage, sur le thorax, les épaules. Sans cesser de se parler. Benja­min croit assis­ter à une scène irréelle, quasi­ment sortie de son imagi­na­tion : ils se parlent tout en essayant de se tuer.

Les disputes en voiture.

Ils montèrent dans la voiture. À l’in­té­rieur du véhi­cule, Benja­min était toujours sur ses gardes, car c’était toujours là, semblait-il, que se dérou­lait les scènes les plus terribles, lorsque la famille était enfer­mée dans un si petit espace. C’est là qu’a­vait lieu les plus violentes disputes entre papa et maman, quand papa faisait tanguer la voiture en essayant de régler la radio, ou quand maman ratait une bifur­ca­tion sur l’au­to­route et que papa poussé des cris déses­pé­rés en voyant s’éloi­gner la sortie derrière eux.

La perception du laissé aller de sa maison .

Peu à peu, il réunis­sait les indices, appre­nait à se connaître lui-même en regar­dant autour de lui. La saleté à la maison, les taches d’urine par terre autour de la cuvette des WC, ça cris­sait sous les pantoufles de papa, les moutons sous les lits, qui tour­noyaient douce­ment dans le courant d’air quand les fenêtres étaient ouvertes. Les draps qui jaunis­saient dans les lits des enfants avant d’être chan­gés. Les pile de vais­selle sale dans l’évier et les petites mouches qui sortaient affo­lées de leurs cachettes entre les assiettes, quand on ouvrait le robi­net. Les cernes de crasse sur l’émail de la baignoire, telles des lignes de marée dans un port, les sacs d’or­dures qui s’emploient à côté de l’éta­gère à chaus­sures dans l’en­trée. Benja­min s’était rendu compte qu’il n’y avait pas que la maison qui était sales ses habi­tants l’étaient aussi.

Édition L’Élan . Traduit du suédois par Margue­rite Gay

Encore une fois , j’ai oublié comment j’ai noté ce roman. Et en plus, de façon suffi­sam­ment forte puisque je l’ai même acheté . Fina­le­ment je crois qu’il vaut mieux se plon­ger dans « la saga des émigrants » le livre qui a fait connaître Vilhelm Moberg, mais je ne le ferai sans doute jamais. En lisant cette passion amou­reuse racon­tée dans les moindres détails, je croyais vivre un film d’Ing­mar Berg­man , tourné au ralenti … Je dois avouer que j’ai fait l’im­passe sur quelques pages au milieu du livre telle­ment il me pesait. Inutile de vous dire qu’on comprend dès le début que cette belle Märit épouse du trop sage et trop gentil Pavel va succom­ber au charme de Hakan grâce à qui elle éprouve le plai­sir physique pour la première fois de sa vie.

Si j’ai acheté ce roman, c’est certai­ne­ment qu’il promet au delà de la passion amou­reuse, une pein­ture de la société rurale du 19° siècle. C’est vrai on apprend pas mal de détails sur l’or­ga­ni­sa­tion foncière de la Suède et la diffi­culté pour les petits paysans à sortir de la misère. On voit aussi le poids de la reli­gion protes­tante, peu encline au plai­sir physique. Mais cela n’a pas suffi pour m’embarquer dans une lecture plus atten­tive. On peut même penser parfois à Flau­bert ou Maupas­sant mais à la suédoise donc sans une once de joie ou d’hu­mour : pour moi, un ennui total que la qualité d’écri­ture n’a pas pu soulever.

Citations

Le mariage

Il est vrai qu’on ne se marie qu’à deux périodes de la vie : ou avant d’avoir tout son bon sens ou quand on l’a perdu.

L’amour physique

Les hommes et les femmes sont faits pour se donner mutuel­le­ment du plai­sir par leur corps. Et, pour­tant, ils s’écartent sans néces­sité l’un de l’autre, tant le prêtre leur inspire la peur de l’en­fer et dans l’en­fer leur inspire la peur du prêtre. Que de volupté perdues chaque jour dans le monde ! Et dire qu’un pareil gaspillage reçoit des louanges ! Celui qui le premier à prêcher cela était d’une bien grande naïveté !

La femme d’un paysan « gentil » !

Pour lui, elle fait partie de son bétail. Dans cette situa­tion, elle a tout de même eu de bons jours, bien que qu’elle ne les ait peut-être pas appré­ciés à leur juste valeur. Car il l’a entou­rée de soins. Il s’est préoc­cupé de son bien-être. On tient à voir son bétail bien portant et pros­père. Il a peur qu’elle ne travaille trop. Celui qui est raison­nable ne veut pas surme­ner ses boeufs . Il a veillé sur elle d’une manière parfaite. Un homme raison­nable ne laisse pas dépé­rir ses animaux. Un paysan raison­nable profite de de la santé et des forces de son bétail, il gagne­rait moins si ses bêtes se portaient mal ou s’af­fai­blis­saient. Et quand elle était bien dispo­sée, il lui donnait parfois une tape sur la hanche, comme il cares­sait à l’oc­ca­sion les flancs d’une jument.

Traduit du Suédois par Anna Postel

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. et comme vous le voyez, il a obtenu un coup de cœur du club !

Je ne lis presque jamais de romans policiers,mais celui-ci a été défendu avec un tel enthou­siasme par les membres de mon club, que je n’ai pas hésité à me plon­ger dans cette lecture. Ce roman a très bien occupé ma nuit d’in­som­nie et comme c’était une nuit de tempête j’avais quelque peu du mal avec les bruits du vent dans les arbres qui ryth­mait trop bien ma lecture. Signe que ce roman est vrai­ment bien mené, c’est la première fois que je ne commence pas par la fin, Camilla Grebe a su rete­nir mon atten­tion jusqu’au bout. Non seule­ment à cause du suspens, mais encore parce qu’elle dévoi­lait peu à peu de la vie de ce petit village suédois aux confins du grand nord, dans l’obs­cu­rité et le froid de l’hi­ver. L’intérêt du roman poli­cier vient de la double enquête qui y est menée :

  • celle de Malin, une jeune poli­cière dyna­mique qui s’apprête à quit­ter défi­ni­ti­ve­ment cette région dont elle est native.
  • celle de Jack un jeune garçon qui aime se traves­tir en femme et se prome­ner la nuit . Un soir il trouve une femme qui erre hagard les pieds nus et qui semble perdue, il a le temps de se cacher et d’en­tendre qu’elle est prise en charge par quelqu’un qui l’a aperçu dans cette tenue. Il ramasse un gros carnet, commence alors la deuxième enquête, car cette femme c’est Hanne est une enquê­trice qui est venu dans le village pour résoudre une ancienne histoire d’un cadavre trouvé dans le village, c’était celui d’une enfant de cinq ans qu’on n’a jamais pu iden­ti­fier. Elle écrit tout sur un carnet car elle commence une mala­die d’Alzheimer.

Grâce à ces deux enquêtes paral­lèles, le petit village de Ormberg prend vie devant nos yeux. Les deux usines ont été délo­ca­li­sées là où la main d’oeuvre est bon marché, donc ne reste au village que ceux qui n’ont pas eu la force, ni l’en­vie de partir. Ce sont pour la plupart des gens aigris et très alcoo­li­sés. Dans ce village, l’état y a implanté un centre pour réfu­giés qui sont bien vite accu­sés de tous les maux . Ces étran­gers cris­tal­lisent le mécon­ten­te­ment de la popu­la­tion qui trouve que l’état en fait plus pour eux que pour les Suédois très pauvres qui ont perdu leur emploi. Le village revit l’été grâce à des amou­reux de la nature, mais ces riches oisifs sont détes­tés par la popu­la­tion locale. Voilà pour le cadre, pour les deux enquêtes je vous les laisse décou­vrir, elles plai­ront certai­ne­ment à toutes les amatrices et les amateurs du genre !

Ce livre est dans mes listes depuis .….. long­temps ! j’ap­pré­cie cette auteure qui fait partie des gens qui me font du bien. D’abord parce que Kata­rina Mazetti aime racon­ter des histoires et que j’adore que l’on m’en raconte. Ensuite, parce qu’elle a un sens de l’hu­mour avec lequel je suis bien : jamais méchant mais telle­ment perti­nent. La fin est peut-être trop gentille, mais elle ne fait que deux pages et il fallait bien finir ! C’est pour­tant pour cette raison et l’as­pect un peu cari­ca­tu­ral de certains person­nages que ce roman n’a pas eu ses cinq coquillages que j’ai parfois eu très envie de lui mettre. Nous sommes embar­qués sur un bateau de croi­sière vers l’Antarctique avec des Suédois sans soucis finan­ciers mais avec parfois des diffi­cul­tés bien plus graves. Les deux person­nages centraux sont un jour­na­liste et une certaine Wilma. Le jour­na­liste se noie dans un divorce qui le prive de ses enfants. Tous les torts sont évidem­ment, selon lui, du côté de son épouse, mais peu à peu on se rendra compte que ce n’est peut être pas si simple. Et surtout, comme dit mon beau-frère préféré « il y a malheur plus grand » : que cache, en effet, la raideur et la maladresse de Wilma ? Il prend le risque à force de ne s’in­té­res­ser qu’à sa petite personne et profi­ter sans vergogne de la gentillesse et de l’optimisme de celle qui ne veut pas étaler ses problèmes de passer à côté d’une véri­table diffi­culté de la vie. Et puis, il y a, Alba qui compare chaque type humain à des compor­te­ments des animaux mais préfère ces derniers au hommes car : l’ex­pres­sion « les hommes sont des animaux » est une offense aussi bien envers les manchots que les autres espèces animales. C’est vrai que ce n’est pas un roman qui va rester à vie dans ma mémoire mais il m’a fait sourire et j’ai bien aimé les obser­va­tions sur les compor­te­ments des mammi­fères dits supé­rieurs, un peu cari­ca­tu­raux, peut-être comme ces deux sœurs : l’une, la riche exploite sans pitié la gentillesse de l’autre, la plus pauvre. Ces petits bémols ne doivent pas faire oublier que c’est avant tout un roman léger et agréable et pas l’étude du siècle sur les mœurs de la société suédoise.

Citations

Préface

Tous les person­nage de ce roman ont été tirés d’un compost d’ob­ser­va­tion diverses et de frag­ments de souve­nirs qui a mûri dans la tête de l’au­teur durant un laps de temps indéfini.

C’est indi­qué « bagages » avec une flèche à droite et une autre à gauche. Sur le même panneau ! J’ai un faible pour les Fran­çais, mais Charles-de-Gaulle est un concen­tré de leurs pires défauts.

Des noms qui font rêver (ou pas)

Thiru­va­nan­tha­pu­ram 

C’est vrai en France aussi

Regar­dez le public au théâtre ou dans les vernis­sages ! Quatre-vingt-dix pour cent sont des femmes, la plupart ayant dépassé la cinquan­taine, les dix pour cent restants y ont été traî­nés par une femme. Inter­di­sez l’ac­cès aux femmes de plus de quarante-cinq ans et vous pouvez annu­ler toute vie cultu­relle suédoise !

Le résultat d’une enquête journalistique

Le conseiller d’édu­ca­tion s’est pendu avant le procès lais­sant une épouse et trois enfants dont deux fréquen­taient son école. La répu­ta­tion de la rempla­çante a été ruinée et elle a perdu son boulot. Le seul à être vrai­ment heureux à proba­ble­ment été l’en­foiré qui avait vendu l’his­toire au départ. Et puis, nous les trois épau­lards . Dans une bonne humeur forcée, nous sommes allés nous saou­ler au pub pour célé­brer notre acti­vité si utile à la société.
Bon évidem­ment qu’elle était utile à la société, je le soutiens encore aujourd’­hui. Mais. La vie de six personnes à été détruite.

Philosophie du marin

Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a‑t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend compte qu’on n’a pas grand-chose à oppo­ser à la nature. Je crois que je vais inven­ter un comprimé de mal de mer qui fonc­tionne à l’en­vers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omni­po­tents aux quatre coins du monde quand ils s’ap­prêtent à enva­hir un pays , ou à dévas­ter une forêt, ou simple­ment à battre leur femme.

Un vantard

Göran est resté au bar à racon­ter à ceux qui voulaient bien l’écou­ter qu’il n’avait jamais eu le mal de mer. Ce qui est sans doute vrai ‑mais il n’a pas précisé qu’il n’avait jamais vrai­ment pris la mer, seule­ment fait des courses en hors-bord sur le lac près de chez nous.

J’ai souri

C’est un peu comme boire un verre de cognac quand on sent venir un gros rhume. Ça ne guérit personne, mais on s’amuse plus en atten­dant d’être patraque.

Traduit du suédois par Max Stad­ler et Lucile Klauss

Merci à la petite souris qui a souvent de très bonnes idées de lecture . Mais, j’ai eu plus de mal qu’elle à lire ce roman, non pas qu’il ne soit pas inté­res­sant mais on s’at­tend à un livre léger et drôle, alors que le récit est long et le style pas très enlevé ( je pour­rai dire un peu lourd). Est-ce un effet du Suédois, mais les phrases très courtes, répé­ti­tives n’al­lègent pas forcé­ment la lecture. Ce récit donne une assez bonne idée de l’enseignement en Suède. J’ai lu récem­ment le livre de Jean Philippe Blon­del G229 , tout en finesse et en légè­reté , vrai­ment rien à voir. L’idée de départ est pour­tant géniale, une profes­seure d’an­glais et de suédois se retrouve coin­cée dans le local de la photo­co­pieuse de son collège. Cela n’au­rait jamais dû lui arri­ver, car c’est une femme orga­ni­sée qui ne laisse jamais rien au hasard. Elle est même carré­ment psycho-rigide et tout en s’épui­sant pour les autres, elle ne fait le bonheur de personne et surtout pas le sien. L’in­trigue est bien menée, car il faut une succes­sion d’er­reurs qu’elle ne commet jamais d’ha­bi­tude pour que son calvaire se prolonge jusqu’au dimanche après midi. Sur cette trame et en parta­geant les moments d’an­goisse de cette femme, l’au­teure peut nous faire comprendre peu à peu la vie des ensei­gnants en Suède et celle d’Eva-Lena en parti­cu­lier. C’est évidem­ment très diffé­rent de le France mais c’est inté­res­sant de se rendre compte qu’en partant de méthodes très diffé­rentes, on n’ar­rive toujours pas à inté­res­ser des adoles­cents qui n’ont pas envie de se mettre à travailler. Ce roman est plein de remarques très justes sur les rapports entre ensei­gnants, sur les diffi­cul­tés des personnes trop perfec­tion­nistes, sur la vie en Suède. Les person­nages ne sont pas trop cari­ca­tu­raux, sauf le person­nage prin­ci­pal, il lui en faudra du temps pour comprendre ce que le lecteur avait compris dès les premières lignes. Avec un peu plus de grâce et de légè­reté, j’au­rais adoré ce roman tout comme mes amies du blog de la petite souris jaune.

Citations

Portrait d’Aurora, l’amie non conventionnelle

Elle n’est ni grande ni grosse : mais elle se place toujours de façon à être au centre des événe­ments. Tout le monde vient s’at­trou­per autour d’elle. On l’en­tend tout le temps, bien qu’elle ne parle pas parti­cu­liè­re­ment fort.

Portrait d’Eva-Lena et origine du titre

Je ne peux récu­rer aucune baignoire, ni nettoyer un seul évier. Ni dégi­vrer le frigo. Ni rempo­ter les fleurs.

Il n’y a rien que je puisse faire main­te­nant. Pas passer l’as­pi­ra­teur, non : je n’ai pas accès à un quel­conque aspi­ra­teur. Pas un seul aspi­ra­teur à ma portée.

Mes possi­bi­li­tés de nettoyer les fenêtres sont réduites à néant. Dans cette pièce par exemple, il n’y a pas une seule fenêtre, pas même un soupirail.(.….)

En ce moment personne ne peut exiger quoi que ce soit de moi. Je suis tout simple­ment Hors-service.

Eva-Lena un prof qui manque d’humour

Elle passa en revue son emploi du temps du lundi. Anglais avec les cinquièmes. Suédois, leçon 8, intro­duc­tion aux consti­tuants de la phrase. Voilà qui serait vivant, et susci­te­rait inté­rêt des élèves.

Je suis comme Erik et j’aurais bien du mal à supporter Eva-Lena

Il arrive qu’E­rik, quand il lit un livre après moi, enrage à cause des anno­ta­tions que j’écris à la main dans les marges. Un petit point d’ex­cla­ma­tion par-ci, une étoile par-là. Un point d’in­ter­ro­ga­tion en face d’une phrase à la construc­tion alam­bi­quée. Une méta­phore origi­nale discrè­te­ment souli­gnée. Si un passage entier est inté­res­sant, je le marque d’un trait verti­cal dans la marge. Il prétend que perturbe sa lecture. Il fulmine, ne veut pas de mes « panneaux indi­ca­teurs ». Alors que je prends soin d’uti­li­ser un crayon bien pointu pour écrire de petits signes, d’une écri­ture soignée qui ne peut gêner personne.

Un bon professeur

Bengt-Göran Arvid­sson n’a jamais voulu entendre parler des nouvelles méthodes. Et pour­tant ses élèves l’adorent. Quand il passe dans les couloirs, ils se séparent comme la mer rouge devant le bâton de Moïse. Et ils le suivent, ils le suivraient quarante ans dans le désert s’il le fallait. Et ils l’écoutent atten­ti­ve­ment, en silence. Ils savent que leur silence sera récom­pensé. Parce que Bengt-Göran « raconte » il n’en­seigne pas. Il raconte.

SONY DSCTraduit du suédois par Esther Sermage.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

2
Je pense que, pour tous ceux et toutes celles qui ont des chats, ce roman va prendre une couleur parti­cu­lière tant il est vrai que main­te­nir son chat dans son jardin et empê­cher celui du voisin de venir dans le vôtre est une véri­table gageure. À partir de l’his­toire d’un chat qui a décidé que les jardins des voisins étaient aussi les siens, Maria Ernes­tam (qui, nous dit-elle en post­face, l’a vécu person­nel­le­ment) a écrit un très court roman ou une grande nouvelle comme vous voulez (99 pages). Le point de départ est moyen­ne­ment passion­nant : comment expli­quer à votre voisin que leur chat terro­rise le vôtre chez vous. Mais, en réalité, l’his­toire aurait pu finir très mal car derrière cette histoire de félins se cache une histoire de voisi­nage bien plus grave et qui aurait même pu être tragique.

Il ne faut pas plus d’une soirée pour lire ce livre , vous serez peut être plus indul­gente que moi. J’ai trouvé cette histoire de voisi­nage assez plate même si, fina­le­ment un peu de suspens assai­sonne la sauce au final.

Citations

Le grand gagnant : le chat du voisin

D’un bond, il monta sur le mur en pierre et inspecta son terri­toire, mettant tous ses sens à contri­bu­tion. Les jardins mitoyens, puis ceux des voisins plus éloi­gnés. Il avait impla­ca­ble­ment chassé tous ses concur­rents, l’un après l’autre, sans céder un pouce. Ceux qui osaient s’aven­tu­rer dehors, dans leur propre jardin, il les avait vain­cus à force de ruse et de haine raffinée.

97079299Traduit du Suédois par Jeanne Gauf­fin 

4J’ai trouvé ce roman chez Hélène, et son enthou­siasme m’a convain­cue. Je sortais d’un roman très dense et j ai faili passer à côté du charme de ce tendre récit. Après une première page promet­teuse, où la grand-mère et la petite fille recherchent un dentier dans un massif de pivoines , j’ai commencé à m’en­nuyer. Dans ce cas là, je vous l’avoue, je peste après les blogueuses amies : « Mais qu’est ce qu’elle a bien pu lui trou­ver à ce bouquin ! » « Je ne suivrais plus jamais ses conseils ! ». Et puis , petit à petit le charme à commen­cer à opérer, j » ai résisté .… et puis.…j’ai succombé !
Avec une pudeur très suédoise, Tove Janson nous fait comprendre les joies et les peines d’une petite qui vient de perdre sa mère. L’af­fec­tion de sa grand-mère se mani­feste par des gestes et des actes plus que par les mots. (On est chez les gens du nord). Sophie a la chance d’avoir une grand-mère qui entre dans son imagi­naire, ensemble, elles recons­truisent une île où le bonheur est possible. La construc­tion roma­nesque est origi­nale, car on passe du point de vue de l’en­fant à celui de la grand-mère , il n y a pas un narra­teur mais deux. Le père est là , très impor­tant pour l’en­fant mais ne rentre pas dans la narration.
J’ai parfois du mal à comprendre la nature qui les entoure, car elle est vue à travers l’ima­gi­naire de l’en­fant. C’est peut être pour cela qu’une premiere lecture trop rapide m’a ennuyée. Et puis, vous n’avez jamais d’ex­pli­ca­tions psycho­lo­giques , c’est à vous de les construire. Par exemple, quand elles reçoivent une petite Béré­nice amie de Sophie, le récit permet de comprendre qu’elle en devient jalouse parce que cette dernière capte l’at­ten­tion de sa grand-mère.
Les faits sont racon­tés mais aucune expli­ca­tion n’est donnée. J ai souri aux discus­sions théo­lo­giques et j’ai bien retrouvé les remarques de mes petits enfants. Un petit air de mer et d’été qui fait du bien. Un grand merci Hélène et pour ceux ou celles qui veulent se lais­ser tenter , sachez que la forme n est pas évidente et peut , comme moi, vous dérou­ter , mais que c’est un petit bijou de tendresse et de pudeur.

Citations

Le deuil d’une maman

- Regarde, maman , cria-t-elle, j’ai trouvé un nouveau palais !
- Ma chère enfant , dit la grand-mère, je suis la maman de ton papa seulement .
Elle était ennuyée.
– Vrai­ment , cria Sophie, Et pour­quoi serait-il le seul à pouvoir dire maman ? 
Elle jeta le palais dans le canal et s’éloigna.

Discussion théologique

Elle demanda comment Dieu pouvait faire atten­tion à tous les gens qui le priaient en même temps.
- Il est très sage, murmura la grand-mère en somno­lant sous son chapeau .
– Réponds correc­te­ment, dit Sophie . Comment a‑t-il le temps ?
- Il a des secrétaires …
- Mais comment arrive ‑t-il à exau­cer votre prière s’il n’a pas le temps de parler avec ses secré­taires avant que ça ne tourne mal ?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu’elle ne trom­pait personne et, fina­le­ment elle déclara qu’il s’était arrangé pour que rien ne puisse arri­ver entre le moment où on priait et celui où il rece­vait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arri­vait quand on tombait d’un sapin et qu’on priait pendant qu’on était en l’air.

Les odeurs

Les odeurs sont impor­tantes, elles évoquent tout ce qu’on a vécu,elles sont comme une enve­loppe de souve­nirs et de sécurité.

On en parle

Chez Hélène, bien sûr et Babe­lio où vous lirez deux critiques néga­tives de lectrices qui sont passées à côté de ce roman comme j’ai failli le faire.

Traduit du uédois par Lena GRUMBACH et Marc Gouvenain.

4
Je cher­chais un roman pour me diver­tir après ma lecture très sérieuse sur la guerre 1418. Et puis ma station de radio préfé­rée, France Culture, donne tous les soirs sous forme de feuille­ton la trilo­gie Millé­nium. Comme quoi elle n’est pas une station si intello que ça ! Je ne lis que très rare­ment des romans poli­ciers mais j’avais gardé un très bon souve­nir de ces trois romans. Vous vous souve­nez sans doute de l’été où à chaque fois que l’on voyait quel­qu’un plongé dans un énorme bouquin, il s’agis­sait d’un des tomes de Millénium ?

J’ai retrouvé avec grand plai­sir Mikael Blomk­vist, et Lisbeth Salan­der, j’ai bien aimé la façon dont les diffé­rents scan­dales sont dénon­cés dans ces romans : les femmes qu’on fait venir de diffé­rents pays pauvres pour satis­faire les besoins de la pros­ti­tu­tion, les écono­mistes qui s’amusent à faire de l’argent sans aucune morale, les violences faites aux femmes et aux enfants sous tutelle, l’ex­ploi­ta­tion des enfants ou des prison­niers dans des pays très pauvres. Tout cela en Suède qui est un pays où on essaie de respec­ter les droits de chacun et où la liberté des mœurs semble de mise pour le plus grand bonheur de l’en­semble de la popu­la­tion. Mais hélas cela n’empêche pas les pervers d’exister.

Un des charmes de ce livre c’est la descrip­tion de l’intelligence redou­table d’une poignée d’in­ter­nautes qu’au­cune barrière infor­ma­tique ne peut empê­cher de venir espion­ner les ordi­na­teurs des puis­sants de ce monde. Je ne connais pas la part de vérité mais ça fait un peu froid dans le dos. La qualité d’un roman poli­cier c’est la façon dont le suspens nous oblige à nous plon­ger dans l’his­toire sans pouvoir lâcher le livre. La relec­ture, à de nouveau bien marché et j’ai retrouvé, intact, le plai­sir du dénoue­ment quand tous les méchants sont enfin démasqués.

Je trouve le deuxième tome un peu moins passion­nant car on sent qu’il n’est écrit que pour amener le dénoue­ment du 3° tome. Vrai­ment si vous ne le savez pas lus et que vous voulez partir dans des romans très prenants, je vous en recom­mande la lecture, si vous faites parties des rares personnes à avoir échappé au phéno­mène Millénium.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51OYqWhnqzL._SL500_AA300_.jpg

Traduit du suédois par Caro­line Berg

4
Je le dis tout de suite à la petite Souris Jaune (voire le lien à la fin de l’article) dont j’apprécie beau­coup les critiques d’habitude, je suis comme Clara ( idem pour le lien) j’ai adoré. J’ai ri, et puis, ça m’a fait un bien fou de revi­si­ter certains drames de notre histoire à travers les aven­tures si peu probables d’un génie suédois de l’explosif en tout genre (tiens tiens, Monsieur Nobel … serait-ce une tradi­tion dans votre froid pays !).

On ne s’ennuie jamais dans cette aven­ture, on suit avec plai­sir la fuite des bras « pas si cassés » que ça, de la bande du cente­naire qui arri­ve­ront à se défaire et des malfrats et de la police, tout en conser­vant un énorme magot permet­tant à tout ce petit monde de finir leurs jours sous le chaud soleil de Bali. Aupa­ra­vant, nous connaî­trons les cent ans d’une vie agitée, où toutes les crapules (Staline, Mao, John­son, Kim Il-sun…) ayant bien contri­bués au malheur de l’humanité auront eu affaire à Allan Karl­son qui veut bien discu­ter de tout sauf de poli­tique car il n’y connaît rien.

Le moment où en Iran il se retrouve avec un pasteur britan­nique qui essaie de conver­tir les Iraniens à l’anglicanisme m’a fait mourir de rire. Je te l’accorde Petite Souris Jaune, ce n’est pas un humour très fin, et toi qui aimes les belles enquêtes poli­cières tu as dû être déçu par le peu de pers­pi­ca­cité du poli­cier suédois de base. Comme moi je m’ennuie à la lecture des polars , la cari­ca­ture de la logique de l’enquête poli­cière m’a bien fait rire.

Je devais être dans de bonnes dispo­si­tions, mais je persiste à recom­man­der ce roman à tous ceux et toutes celles qui veulent s’amuser sans préten­tion et allez, je le recon­nais à ceux et celles qui aiment le rire un peu gras, la bière et l’alcool fort !

Citations

Il fuyait sa propre fête d’anniversaire, et c’est aussi une chose qu’on fait rare­ment à cet âge-là, prin­ci­pa­le­ment parce qu’il n’est pas fréquent d’arriver jusque là.

Le cente­naire se mit en route sur ses chaus­son-pisse (on les appelle comme ça parce que les hommes d’un certain âge ont du mal à faire pipi plus loin que les bouts de leurs chaussons).

Il avait travaillé comme commis dans une ferme battu quoti­dien­ne­ment par son père qui le consi­dé­rait comme un bon à rien. L’année des ses vingt-cinq ans, un cancer emporta sa mère, ce qui lui fit de la peine. Peu après, son père se noya dans l’étang en essayant de sauver une génisse. L’événement affecta Julius car il aimait bien la génisse.

Alan trou­vait incom­pré­hen­sible que les gens aient eu envie de s’entretuer au XVIIe siècle. S’ils avaient patienté un peu, ils seraient morts de toute manière.

Trois heures plus tard, les deux hommes se donnaient du Harry et du Allan, ce qui en dit long sur ce que deux bouteilles d’alcool sont capables de faire pour le rappro­che­ment entre les peuples.

On peut dire ce qu’on veut de la cuisine fran­çaise, mais une chose est sûre : on a beau vider son assiette, on n’est pas rassasié.

La première déci­sion prise par Gorbat­chev, le petit jeune qui avait pris la barre, avait été de lancer une campagne contre la consom­ma­tion exces­sive de vodka dans le pays. Ce n’était pas comme ça qu’on sédui­sait les masses, n’importe quel imbé­cile était capable de le comprendre.

Il fut accueilli par sœur Alice, qui avec un sourire aimable lui fit perdre toute sa joie de vivre en quelques minutes simple­ment en lui faisant part du règle­ment inté­rieur : inter­dic­tion de fumer, inter­dic­tion de boire de l’alcool et inter­dic­tion de regar­der la télé­vi­sion après 23 heures. Elle précisa que le petit déjeu­ner était servi à 6h45 en semaine et une heure plus tard les jours fériés. Le déjeu­ner à 11h15, le goûter à 15h15 et le dîner à 18h15. Tout pension­naire arri­vant après ces heures s’exposait à être privé de repas.

-Est- ce qu’on peut aller chier quand on veut ? demanda Allan

On en parle

néga­tif : La souris jaune, posi­tif : Clara et les mots