J’avais suivi les recom­man­da­tions de la blogueuse de « Lire au lit » qui avec un grand enthou­siasme a défendu ce roman. À la lecture de son billet , j’avais déjà quelque réti­cences car le sujet était pour moi très risqué de faire ce que j’appelle de « l’entre-soi » . Tout est convenu dans ce roman, il a été fabri­qué pour des univer­si­taires qui passent leur temps à décor­ti­quer la créa­tion litté­raire. Cela veut être drôle mais c’est un rire convenu entre gens qui savent de quoi et comment rire.
J’explique le sujet, un écri­vain a obtenu une place à la Villa Médi­cis, il va y rester un an et écrira un roman dans ce lieu histo­rique. Ce séjour est réservé à de jeunes artistes (archi­tectes, sculp­teur, peintre, photo­graphe, musi­cien, écri­vain …) qui sont reçus dans ce palais qui appar­tient à la France pour favo­ri­ser la créa­tion de leur œuvre. Ils sont donc logés et nour­ris, reçoivent une bourse et n’ont qu’une obli­ga­tion morale de créer quelque chose. C’est l’oc­ca­sion pour le narra­teur de se moquer des artistes qui cherchent plus à choquer qu’à créer, mais on sait tout cela main­te­nant et le musi­cien qui veut faire la musique sans son et la peintre qui ne veut utili­ser que le sang de ses règles pour recou­vrir des fresques du XVI° siècle ne m’ont pas amusée du tout. Il reste le roman en cours de fabri­ca­tion de l’écri­vain, puisque celui-ci a décidé que publier sa corres­pon­dance d’une année à la villa Médi­cis consti­tue­rait son roman, se met alors en place une gymnas­tique intel­lec­tuelle qui se joue des noms propres et des spécia­li­tés litté­raires de chacun, des clins d’œil à la culture des gens comme il faut, pour arri­ver à la mort de Louise « la Demoi­selle à coeur ouvert ». J’ai en vain cher­ché l’hu­mour et la lége­reté que promet­tait « lire au lit », bref une énorme déception !

Citations

Expression à la mode.

Son expres­sion, c’est « laisse tomber » (« Les kumqua­tiers ? laisse tomber, j’adore »).

Prétention intellectuelle .

Dans la basi­lique Santa Maria del Popolo, Raphaëlle m’a expli­qué que Cara­vage était un peintre machiste, violent, et au fond, extrê­me­ment conven­tion­nel, et que d’ailleurs sa pein­ture n’avait pas de grain, regarde-moi ça, a‑t-elle ajouté en jetant sa main vers « La conver­sa­tion de Saint-Paul ». Une italienne, qui avait surpris notre conver­sa­tion, nous a fait remar­quer que le tableau était remplacé par une affiche de la même taille, et Raphaëlle a répondu froi­de­ment : « Le fait qu’on ne puisse même pas distin­guer un tableau de Cara­vage d’une affiche prouve que sa pein­ture n’a pas de grain. »

La Peintre .

Depuis le début de l’an­née, elle récu­père le sang de ses règles et le conserve dans de petites bouteilles dispo­sées sur le bord de sa fenêtre. J’ai raté le début de la soirée, où appa­rem­ment elle s’est asper­gée les cheveux de sang, quand je l’ai vue elle avait simple­ment les cheveux collés. Elle a utilisé une partie de son sang pour couvrir les murs de signes censés consti­tuer un équi­valent visuel et olfac­tif au bruit de son corps. Le malaise que cette pein­ture doit provo­quer chez le visi­teur est compa­rable à « la douleur que ressentent la majo­rité des femmes au moment des règles. »

Le compositeur de musique.

Il m’a expli­qué que cette pièce était fondée sur le sans, sans instru­ment, sans voix, sans musique. Juste les bruits de la ville derrière ceux de la nature.

Édition JC Lattès, traduit de l’an­glais par Freddy Michalski

Une histoire à deux voix, deux jeunesses , celle d’Odile qui a vingt ans en 1939 à Paris et Lily qui en a seize en 1988 à Froid dans le Montana. Lily rencontre Odile qui vit à Froid à l’oc­ca­sion d’un exposé sur la France. Les deux vies vont se dérou­ler devant nos yeux. Odile réus­sit, grâce à l’énergie de sa jeunesse à être employée à la Biblio­thèques améri­caine de Paris , et elle y a trouvé le bonheur au milieu des livres qu’elle aime tant. Elle est issue de la petite bour­geoi­sie pari­sienne, sa mère est prison­nière de toutes les conve­nances sociales, et son père, commis­saire de police mène sa famille d’une main de fer. La biblio­thèque est son espace de liberté dont elle a besoin pour deve­nir plei­ne­ment adulte. La guerre va détruire tout cela et détruira Odile en lui mettant devant les yeux ce qu’elle ne voulait pas voir. La vie de Lily est moins tragique même si elle perd sa mère trop tôt et se retrouve vivre avec une belle mère et deux petits frères aussi adorables que fati­gants. Odile aidera, Lily à comprendre sa belle mère et surtout à ne pas perdre son amitié pour Mary-Louise. La soli­tude d’Odile loin de sa famille pari­sienne cache bien des drames qui ne sont révé­lés que peu à peu. Très vite on comprend que les juifs qui dispa­raissent peu à peu de l’uni­vers de la biblio­thèque vont hanter l’es­prit d’Odile mais le pire est à venir et on le décou­vrira à travers la vie de Marga­ret son amie anglaise qui a réussi à rester vivre à Paris.

J’avoue ne pas avoir beau­coup appré­cié cette lecture malgré l’im­por­tance donnée aux livres. Je ne crois pas aux person­nages et je sens que tout l’in­té­rêt vient du dévoi­le­ment progres­sif des horreurs de la guerre à Paris . Fina­le­ment le pire est une réac­tion de jalou­sie d’Odile vis à vis de Marga­ret. Quand j’ai lu ce roman, je me disais que lorsque les Fran­çais ont connu cette période ou que leurs descen­dants essaient de trans­crire ce qu’ont vécu leurs aïeux, ils le font de façon beau­coup plus juste . Ici, on a le regard d’une améri­caine sur la France et cela se déroule comme dans un film améri­cain où toutes les expli­ca­tions psycho­lo­giques sont si simples à comprendre et la réalité de la France occu­pée par les Nazis comme un décor pour un film à suspens.

Citations

L’amour d’un père dans le Montana

- Les gens sont maladroits, ils ne savent pas toujours ce qu’il faut faire ou dire. Essaie de ne pas leur en tenir rigueur. Tu ne sais jamais ce qu’ils ont dans le coeur. 

- Papa est trop souvent absent.
- Oh, quel dommage que les bébés ne gardent aucun souve­nir de la manière dont ils ont été chéris. Ton papa t’a bercée dans ses bras des nuits durant.

En 1939 à Paris, dans une famille conventionnelle

Les hommes impor­tants ont des maîtresses, pour­sui­vit-il. C’est un symbole de statut social, comme une montre en or.
- Le divorce, avait répété maman d’une voix blanche. Mais qu’al­lons nous dire aux gens ?
Ma mère avait une tour­nure d’es­prit bien à elle et sa première réac­tion était inva­ria­ble­ment : » Que vont penser les gens ? » Elle avait jeté un coup d’œil à Mgr Clément qui se tenait sur les marches de l’église. 
- C’est tout ce que tu trouves, à dire ? s’était exclamé tante Caro.
- Tu ne pour­ras pas assis­ter à la messe.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adélaïde Pralon.

4
Il est des livres qui touchent profon­dé­ment alors qu’ils se veulent légers. Ce sont sans aucun doute mes livres préfé­rés. « Les fiancé d’Odessa » raconte les diffi­cul­tés d’une femme belle et intel­li­gente qui veut sortir à tout prix de son pays où la vie est trop diffi­cile. Du côté anec­do­tique, il y a une histoire d’amour très compli­quée : son cœur et son corps palpitent pour le chef de la mafia locale, son patron David est loin de la lais­ser indif­fé­rente, et elle épou­sera Tris­tan, l’Américain homme d’entretien dans une école, qui lui a permis de fuir Odessa.

La situa­tion décrite à Odessa date des années 90, c’est la misère et la corrup­tion géné­ra­li­sée. Mais pour autant, l’Ukraine est un pays de culture et ne ressemble pas à l’idée que s’en font les Améri­cains de base repré­sen­tés par Tris­tan et ses amis. L’écrivaine décrit avec une grande finesse la contra­dic­tion entre l’attachement à Odessa et l’aspiration à un ailleurs : « le fameux rêve améri­cain ». Autant si ce rêve est fondé sur une volonté d’entreprendre, il peut, sans doute deve­nir réalité, mais s’il est fondé sur un mariage, les dés sont immé­dia­te­ment pipés. On pense au film « je vous trouve très beau » d’Isabelle Mergault avec Michel Blanc, moins le Happy end.

Janet Skes­lien Charles, a vécu à Odessa et elle parle le russe. Elle a connu le travail à plein temps pour 25 dollars par mois, et elle a côtoyé, ces belles jeunes femmes ukrai­niennes prêtes à tout pour vivre autre chose qu’un quoti­dien sans futur possible. Pour une fois, quelqu’un se donne la peine de mettre en scène ce désir de partir tout en maniant l’humour , car je le redis c’est un roman drôle plein de scènes qui font sourire. C’était encore plus simple pour cette écri­vaine de décrire la décep­tion de ces femmes une fois arri­vées aux USA , évidem­ment le rêve améri­cain ne corres­pond pas à celui d’une femme culti­vée qui rêve d’épanouissement person­nel et cultu­rel. L homme qui est venu les cher­cher de si loin, et qui a dépensé tant d’argent pour cela, est d’abord venu cher­cher une femme soumise qui sera recon­nais­sante de la bonne action qu’il a faite pour elle.

Je sais que le ton sérieux de mon billet ne corres­pond pas à l’ambiance du livre, alors comme Keisha, Aifelle, et bien d’autres.. lisez le car en plus vous amuserez.

Citations

Humour

- Les hommes ukrai­niens sont souvent pares­seux, alcoo­liques et violents…

- Pour­quoi refu­ser de sortir avec un beau jeune homme ?

- Tu veux dire le roi de l’es­cro­que­rie, un chef de la mafia et sûre­ment aussi un assassin ?

- Personne n’est parfait. Au moins, il ne fume pas. »

L’embauche en Ukraine d’une secrétaire par un patron étranger

Insi­nuait-il que j’étais embau­chée ? Il m avait fait alors un clin d’œil avant d’ajouter :

- Bien sûr, coucher avec moi reste l’as­pect le plus agréable du travail !

La vie sous le régime soviétique

En théo­rie, le régime dispen­sait des soins médi­caux gratuits. En réalité, les choses étaient légè­re­ment diffé­rentes. Pas de cadeau, pas de trai­te­ment. Pas de présent, pas d’avenir.

Scène qui en dit long sur la pauvreté dans les années 90

Quatre soldats déchar­nés, qui ne devaient pas avoir plus de dix neuf ans, vêtus d’uniformes gris trois fois trop grands, s’approchèrent de nous.

- S’il vous plaît, rien qu’un morceau de pain.

Je vidai mon stock de bonbons et de pommes. J’en avais toujours sur moi parce qu’à Odessa, il fallait toujours avoir de quoi surmon­ter les barrières. J’ap­pe­lais ça la rede­vance, Jane la corrup­tion. Mais elle apprit bien vite qu’une boîte de choco­lat ouvrait les portes plus faci­le­ment qu un long débat.

- Merci, Mademoiselle !

Les Israé­liens étaient choqués. Je leur expli­quai que tous les jeunes hommes, sauf ceux qui payaient très cher pour être décla­rés « médi­ca­le­ment inaptes », étaient appe­lés sous les drapeaux. Malheu­reu­se­ment, l’armée n’arrivait pas à nour­rir ses recrues. La pauvreté était un vrai problème.

Les motivations des femmes dans les agences en Ukraine

Elles étaient convain­cues que les Améri­cains étaient plus riches, plus gentils que les hommes d’ici et supé­rieurs dans tous les domaines. Il fallait le recon­naître, nos machos infi­dèles, fainéants et alcoo­liques ne soute­naient pas la comparaison.

Premières impressions à propos de l’Amérique

J’ai­mais l’Amérique. Ses rues larges et propres. Ses grandes maisons en bois érigées au milieu d’irréprochables pelouses vertes. Les varié­tés des produits d’entretien. J’aimais vivre dans un pays où personne ne volait les ampoules élec­triques des couloirs, où les ascen­seurs ne sentaient pas l’urine, où la pous­sière ne couvrait ni mes chaus­sures, ni les rues, ni les trot­toirs, ni les immeubles.

En Amérique, les habi­ta­tions étaient indi­vi­duelles. Les habi­tants aussi. Tout était person­na­lisé. Même les plaques d’immatriculation portaient des messages allant de Vive Les Pakers sur une jeep, à Merci Papa sur un cabrio­let rouge. Les Améri­cains n’avaient pas tous les cœur sur la main, mais ils portaient tous leur logos sur le cœur. Nike.Coke.Pepsi . Le drapeau flot­tait partout, sur les pulls, sur les voitures, devant les maisons et dans les lieux publics. A Odessa, personne n’aurait jamais porté le drapeau ukrai­nien. Jamais de la vie.

Propos d’accueil de la famille de son mari

Tu as de la chance de passer si faci­le­ment de la misère à la richesse, dit-elle. Toutes les femmes de ton pays rêvent de vivre aux Etats-Unis. J’espère que tu n’oublieras pas ce que cette famille a fait pour toi.

Édition Char­les­ton. Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Laura Bourgeois

Encore un livre sur mon Kindle qui a bien rempli sa fonc­tion de me faire oublier tous ces fils multi­co­lores auxquels j’ai été reliée une petite semaine l’été dernier. Je ne peux que vous recom­man­der cette lecture, cette auteure vous permet­tra de revivre le martyre du peuple coréen colo­nisé par le Japon.
Le roman commence en Corée dans une famille qui héberge et nour­rit des pêcheurs. Ce n’est pas la richesse mais grâce au travail haras­sant du couple, ils y arrivent. Plusieurs malheurs vont s’abattre sur cette famille, d’abord la mort du mari puis la gros­sesse non dési­rée de leur fille unique qui s’est laissé abuser par un riche Coréen habi­tant au Japon. Heureu­se­ment elle trou­vera un homme qui veut bien l’épouser et toute la famille partira vivre au Japon qui est alors la puis­sance colo­niale domi­nant la Corée.
La deuxième partie du roman raconte le sort des Coréens au Japon. Pendant la guerre, ils sont consi­dé­rés comme des « sous-hommes » et après, ils sont l’objet de toutes les discri­mi­na­tions habi­tuelles dans un pays qui est en proie au racisme et au mépris pour tout ce qui n’est pas japo­nais. La famille va s’en sortir grâce au travail incroyable des femmes et on l’apprendra plus tard grâce aussi, à la protec­tion du riche Coréen qui est le père biolo­gique du premier enfant du person­nage prin­ci­pal. C’est aussi un mafieux très puis­sant qui lui ne craint pas d’affronter les Japonais.
Le roman est passion­nant. Suivre le destin de cette famille est un voyage qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout. J’ai beau­coup aimé me plon­ger ainsi dans la culture coréenne en parti­cu­lier la cuisine qui semble déli­cieuse. L’image du Japon ne sort pas grandi, pendant et avant la deuxième guerre mondiale c’était une puis­sance colo­niale barbare pour les popu­la­tions sous son joug et ensuite ce pays est apparu comme victime de la bombe atomique et n’a pas fait le même travail de mémoire que l’Allemagne. Et donc, a gardé des aspects contes­tables de sa civi­li­sa­tion, en parti­cu­lier le mépris voire le racisme envers les Coréens.

Citations

Le destin de femmes

Évidem­ment ! Sunja-ya, le destin d’une femme est de travailler et de souf­frir. Souf­frir, et souf­frir encore. Mieux vaut t’y attendre dès main­te­nant, tu sais. Tu gran­dis, alors il faut bien te préve­nir. Ta vie va dépendre de l’homme que tu vas épou­ser. Avec un bon mari, tu auras une vie correcte, mais avec un homme mauvais, c’est la malé­dic­tion assu­rée. Dans tous les cas, il y aura de la douleur. Prépare-toi à souf­frir et conti­nue de travailler dur. Personne ne pren­dra soin d’une pauvre femme : on ne peut comp­ter que sur soi-même.

Le deuil

Shin adressa un sourire faible au jeune pasteur. Cinq ans plus tôt, le choléra avait emporté quatre de ses enfants ainsi que sa femme et, depuis, il avait compris qu’il ne pouvait plus parler du deuil – tout ce qu’une personne pouvait lui dire à ce sujet lui semblait désor­mais ridi­cu­le­ment senti­men­tal et insensé. Avant de les perdre, il
n’avait jamais fait l’expérience de la douleur de cette manière, pas vrai­ment. Ce qu’il avait appris de Dieu et de la théo­lo­gie lui avait paru plus concret après sa tragé­die person­nelle. Sa foi n’en avait pas été ébran­lée, mais son tempé­ra­ment avait changé pour toujours. Comme si une pièce chauf­fée s’était refroi­die d’un coup.

La vertu de la femme

Pour autant, nous devons préser­ver ta vertu – elle est plus précieuse que ton argent. Ton corps est un temple sacré où repose le Saint-Esprit. Les inquié­tudes de ton frère sont légi­times. La foi mise de côté, et pour parler avec prag­ma­tisme : si tu devais te marier, ta pureté et ta répu­ta­tion seraient essen­tielles. Le monde juge sévè­re­ment une fille pour son incon­ve­nance – même lorsqu’il s’agit d’un acci­dent. C’est terrible, mais c’est ainsi

L’après guerre au Japon

Tous ces gens – les Japo­nais et les Coréens – sont dans la merde parce qu’ils pensent en termes de groupe. Mais je vais te dire la vérité : un leader bien­veillant, ça n’existe pas. Je te protège parce que tu travailles pour moi. 
Quant à tous ces partis de Coréens, il faut que tu te souviennes qu’au bout du compte, les diri­geants ne sont que des hommes, ce qui ne les rend pas plus intel­li­gents que des porcs. Et les porcs, on les bouffe. Tu as vécu dans une ferme qui vendait des patates douces à des prix indé­cents aux Japo­nais affa­més par la guerre. Tama­gu­shi a violé les régu­la­tions gouver­ne­men­tales, et je l’ai aidé, parce qu’il voulait faire de l’argent, et moi aussi. Il se voit proba­ble­ment comme un Japo­nais respec­table, hono­rable même, plein d’une fierté natio­na­liste – comme tous, pas vrai ? La vérité, c’est qu’il fait un très mauvais Japo­nais, mais un homme d’affaires avisé. Je ne suis pas un bon Coréen, et je ne suis pas japonais.

Le patriotisme

Le patrio­tisme n’est qu’un prin­cipe, comme le capi­ta­lisme, ou le commu­nisme. Mais les prin­cipes font oublier aux hommes leurs propres inté­rêts. Et les types au pouvoir exploi­te­ront toujours les hommes qui croient trop en leurs prin­cipes. Tu ne peux pas répa­rer la Corée. Des centaines d’hommes comme toi et des centaines d’hommes
comme moi ne suffi­raient pas à la remettre sur pied. Les Japs sont partis, et main­te­nant la Russie, la Chine et les États-Unis se disputent notre petit pays de merde. Tu crois que tu peux riva­li­ser avec eux ? Oublie la Corée.
Concentre-toi sur ce que tu peux avoir. Tu veux l’épouse ? Parfait. Tu n’as qu’à te débar­ras­ser du mari, ou attendre qu’il crève. Ça, c’est quelque chose que tu peux maîtriser.

Le savoir

Absorbe tout le savoir que tu pour­ras. Remplis ton cerveau de connais­sances – c’est la seule forme de pouvoir que personne ne pourra jamais te reprendre. 

Édition la Table Ronde

Après « les Forêts de Ravel » , « Deux Remords de Claude Monet », « Le Bon Coeur » voici donc la suite du procès de Jeanne d’Arc : la victoire de Charles VII sur les Anglais et la révi­sion du procès de Jeanne d’Arc. Encore une fois, cet auteur a su m’in­té­res­ser à une période que je connais mal. L’angle qu’il a choisi est passion­nant, le roi va de victoire en victoire et recon­quiert son royaume. Il met fin à la guerre de cent ans. C’est un roi négo­cia­teur et au lieu de pour­chas­ser tous ceux qui l’ont trahi en s’al­liant aux Bour­bons ou aux Anglais, il les accueille dans le royaume de France. les popu­la­tions vont donc se rallier plus faci­le­ment au roi de France. Mais il reste une tâche sur son « CV », il a été couronné à Reims grâce à Jeanne d’Arc. Comment lui le roi si pieux, pouvait-il devoir son couron­ne­ment une femme jugée par l’église pour héré­sie ? C’est pour cette raison qu’il pous­sera à la révi­sion de son procès pour démon­trer que celui-ci n’avait été instruit que pour plaire aux Anglais. Soit, mais les poten­tats de l’église sont encore en place, ils sont même encore plus impor­tants et le roi ne veut pas d’épu­ra­tion … Peu importe, ils se tairont et Jeanne d’Arc pourra être lavée de tout soup­çon d’hé­ré­sie. Inté­res­sant comme l’est aussi le travail du peintre du peintre Jean Fouquet à qui l’on doit ce portrait du roi et de sa maîtresse :

Voyez vous dans ce portrait « un petit homme dans un grand roi » ?

Un livre fort inté­res­sant, même si, à mon goût, on est trop dans les histoires des puis­sants et pas assez avec la popu­la­tion qui souffrent tant pendant ces conflits armés. On peut espé­rer qu’a­près cette guerre qui n’en finis­sait pas la France connaî­tra une période de pros­pé­rité. Avant d’autres guerres, des croi­sades et des guerres de religion.…

Citations

L’importance d’être pucelle

Trois jours avant, mercredi 9 mai, deux bour­reaux avaient présenté à l’ac­cusé les instru­ments de torture, la roue, les chaînes, les pinces, dans une salle basse du donjon du château. En la terro­ri­sant, on voulait lui faire avouer ce qu’elle taisait obsti­né­ment, les révé­la­tions reçues à Domrémy. Elle avait tenu bon, ce qui avait beau­coup impres­sionné les assis­tants. Plus tard, après réflexion et hors sa présence, avait été débat­tue et mise aux voies l’op­por­tu­nité de la soumettre effec­ti­ve­ment à la torture. C’était assez rare, surtout pour une femme, pucelle par surcroît.

Il y avait donc une flèche sur la cathédrale de Paris en 1429

Jeanne avait eu la cuisse trans­percé d’un trait d’ar­ba­lète dans l’as­saut raté du 8 septembre 1429. L’ar­ba­lé­trier était un soldat de Jean Villiers de l’Isle-Adam, capi­taine bour­gui­gnon réputé pour sa propen­sion aux tueries, viols et rapines. Il trot­tait main­te­nant à ses côtés. Après un service funèbre à la mémoire de son père dans l’église Saint-Martin des Champs, Charles VII avait solen­nel­le­ment répété le serment des rois de France au retour du sacre, sous la flèche de la cathé­drale Notre-Dame bondée.

Les armées royales rentrent dans Rouen

Sur tous s’éten­dait la géné­reuse amnis­tie royale. On le croyait. Son armée était précé­dée d’une répu­ta­tion favo­rable. Depuis qu’elle avait été réor­ga­ni­sée en force perma­nente, régu­liè­re­ment rému­né­rée, sa tenue faisait contraste avec les mauvaises habi­tudes des Anglais. Les mangeurs de viande bouillie conti­nuaient d’être rétri­bués par le pillage. Disci­pli­nés au combat, ils se compor­taient en soudards le reste du temps. Par précau­tion, Dunois avait quand même laissé le gros de l’ar­mée hors les murs. Les éléments qui défi­laient avait été choisi pour leur mérite, une grande partie était les Écos­sais, les préféré du roi. Il y avait aussi des merce­naires italiens. Des hommes d’armes fermaient la marche derrière la bannière royale où, sur fond de satin cramoisi, on voyait Saint-Michel, le soleil et les étoiles. Tous, gens et bêtes, marchaient vers la cathédrale.

Agnes Sorel

Il avait quitté sa maîtresse enceinte ; elle devait être main­te­nant dans le septième mois de sa gros­sesse. C’était folie d’avoir entre­pris ce long voyage dans cet état et en plein hiver, si humide et quin­teux en Norman­die. Il était malgré tout heureux de la revoir. Il avait regretté quelle ne fût pas à ses côtés dans Rouen. Elle était sa maîtresse depuis sept ans, pour­tant son charme conti­nuait d’agir. Elle lui manquait. La liai­son avait commencé à Toulouse, en février 1443, après qu’il avait remar­qué cette blonde de dix neuf ans à l’ex­tra­or­di­naire beauté parmi les suivantes d’Isa­belle de Lorraine, épouse de René II, duc d’An­jou. Elle avait main­te­nant trois enfants de lui, ce serait le quatrième . Dès qu’elle fut rassu­rée de ses senti­ments, elle l’en­cou­ra­gea à pour­suivre la recon­quête. En riant, elle mena­çait de se refu­ser à lui s’il réser­vait sa vaillance à leur couche.

Le tableau d Agnès Sorel

Le génie de l’ar­tiste n’était pas sures­timé. La ressem­blance était parfaite. Sa blon­deur, l’éblouis­sante pureté de sa peau blanche, le brillant de ses yeux bleus, ses lèvres déli­ca­te­ment renflées au dessin parfait, jusqu’à la palpi­ta­tion de l’air autour d’elle étaient admi­rables. Il n’avait jamais vu une aussi belle pein­ture. Il aurait presque regretté de ne pouvoir l’ex­po­ser à l’ad­mi­ra­tion géné­rale. Mais si d’aven­ture il en avait eu l’in­ten­tion, ce qu’il voyait l’au­rait inter­dit. Jean Fouquet avait repré­senté Agnès le corsage délacé, le sein gauche entiè­re­ment dégagé.

Les façons de résoudre les conflits épargnent souvent les puissants

L’ab­sence de coopé­ra­tion du haut clergé de Rouen ne le surprit aucu­ne­ment. Pour contraindre ses respon­sables à livrer leur témoi­gnage il eût fallu une inter­ven­tion directe et person­nelle du roi lui-même auprès d’eux. Ces premières infor­ma­tions, bien qu’i­na­bou­ties, révé­laient suffi­sam­ment la forte impli­ca­tion de l’Uni­ver­sité de Paris dans la condam­na­tion de la Pucelle. Elle indi­quait aussi que beau­coup de ses respon­sables étaient toujours en acti­vité et occu­paient les fonc­tions élevées dans la hiérar­chie de l’église. La mort de Cauchon masquait une réalité de l’ac­cé­lé­ra­tion subite des temps dissi­mu­lait ; beau­coup d’hommes clés du procès étaient encore vivants et déci­dés à défendre leur posi­tion actuelle en même temps que leurs actions passées.

Le mont saint Michel

Son frère, Louis, avec une centaine d’hommes d’armes, quelques archers et les molosses qui montaient la garde aux créneaux, avait vaillam­ment défendu le Mont-Saint-Michel contre les Anglais pendant dix huit années. Jamais, grâce à ce capi­taine normand intrai­table et à quelques autres, la prière du sublime rocher ne s’était élevée vers Dieu dans une autre langue que le latin ou le français

Petitesse de Charles VII

Charles VII n’était pas venu à Rouen pour assis­ter à la procla­ma­tion de l’ar­rêt annu­lant la condam­na­tion de Jeanne, fille de Jacques d’Arc et d’Isa­belle Rommée , par l’ar­che­vêque de Reims, dans le palais archi­épis­co­pal, le matin du 7 juillet 1456. Quel geste pour l’his­toire s’il avait écouté ce qu’on lui conseillait. Jusqu’au bout, il fut un petit homme dans un grand roi.

A‑D

A

Abbot (Rachel ) (La dispa­rue de Noël 24 septembre 2020)

Abecas­sis (Eliette) ( Le Maître du Talmud 24 juillet 2018))

Ackroyd (Peter) (Trois frères 23 mais 2015.)

Adam (Olivier) (le Cœur Régu­lier 22 septembre 2010) (Poids léger 24 mars 2016) Adams (Richard) (Water­ship Down 30 septembre 2016)

Adiga (Aravind) (Le Tigre Blanc 22 mai 2010)

Adimi (Kaou­ther) (Nos Richesses 29 janvier 2018) (Les Petits de Décembre 3 février 2020)

Alan­gui­lan (Gerry) (Elmer 5 décembre 2014)

Alcoba (Laura) (le bleu des abeilles 11 mai 2017)

Alexie (Sher­man) (le premier qui pleure a perdu 27 juillet 2009)

Alexie­vitch (Svet­lana) (La fin de l’homme rouge 18 janvier 2014) (Les Cercueils de Zinc 29 novembre 2021)

Al Khamissi (Khaled) (Taxi 14 mai 2011)

Alliot (David) (Céline, idées reçues sur un auteur sulfu­reux 2 août 2011)

Allot (Susan) (Les vies volées 24 février 2022)

Altan (Ahmet) (Je ne rever­rai plus le jour 23 septembre 2019)

Amadou Amal (Djaili) (Wallaande, l’art de parta­ger un mari 3 mai 2015) Ambjørn­sen (Ingvar) (Potes pour la vie 22 décembre 2014, Elling 28 janvier 2015) Amigo­rena (H Santiago) (Ghetto inté­rieur 17 août 2020)

Antoine (Amélie) (Quand on n’a que l’amour 31 juillet 2017)

Appa­nah (Nata­cha) (Le ciel par dessus les toits 28 septembre 2020) (les rochers de poudre d’or 12 octobre 2020) (la noce d’Anna 17 décembre 2020)

Appe­feld (Aharon) (L’his­toire d’une vie 22 juillet 2010) (Des jours d’une stupé­fiante clarté 5 novembre 2018)

Appeyri (Yann) (Farrago 15 août 2009)

Arditi (Metin) (Loin des Bras ; 19 novembre 2009) (Prince d’or­chestre 30 octobre 2012) (L’en­fant qui mesu­rait le monde 10 août 2017)

Arikawa (Hiro) (Les mémoires d’un chat 21 janvier 2021)

Arnaud (Emma­nuel) (Le théo­rème de Kropst 12 février 2012)

Arnim Von- (Eliza­beth) (Avril enchanté 14 avril 2011)

Aslam (Nadeem) (Le jardin de l’aveugle 30 septembre 2013)

Assou­line (Pierre) (Les invi­tés 27 aout 2009, Le portrait 27 aout 2009)

Atkin­son (Kate) (Dans les coulisses du musées 24 janvier 2010) (Une vie après l’autre 25 juillet 2016)

Attal (Jérôme) (la petite sonneuse de cloche 18 janvier 2021)

Aubry (Gwenaëlle) (Personne 24 décembre 2009)

Audiard (Michel) (le chant du départ 31 mars 2018)

Autis­sier (Isabelle) (Oublier Klara 4 janvier 2021)

Axat ( Fede­rico) (L’opos­sum rose 29 avril 2021)

Azze­dine (Saphia) (Mon père est femme de ménage 7 novembre 2011)

B

Ba (Omar) (je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus 27 juillet 2009)

Badel (Ronan) ( loup gris  1 septembre 2017)

Baer de Perignon (Pauline) (La collec­tion dispa­rue 18 février 2021)

Bailly (Pier­ric) (Le roman de Jim 10 juin 2021)

Baker-Kline (Chris­tina) (Le train des orphe­lins 1 juillet 2021)

Bake­well (Sarah) (Comment Vivre 30 mars 2015)

Baltas­sat (Jean-Daniel) (Le Divan de Staline 8 septembre 2013)

Banks (Russell) (Un Membre perma­nent de la Famille 20 mars 2015)

Barbery (Muriel) (L’élé­gance du Héris­son 25 août 2009) (Une rose seule 19 novembre 2020)

Bardon (Cathe­rine) (Les Déra­ci­nés 9 aout 2021)

Bardy(Gérard) (Les femmes du Général 18 octobre 2018)

Barnes (Julian) (Quand tout est déjà arrivé 15 janvier 2018)

Baron (Cécile) (Le Louvre inso­lent 6 juin 2016)

Barral (Le guide mondial des records 29 mai 2018)

Barrows (Annie) (Le cercle de mangeurs d’éplu­chures de patates 27 août 2009) Barry (Sébas­tian) (Le testa­ment caché 27 octobre 2009)

Bartol (Vladi­mir) (Alamut 9 aout 2015)

Bass (Eduard)(les onze de Klap­zuba 2 mai 2022)

Bass (Olivier) (La musique des Kergue­len 17 janvier 2012)

Bassi­gnac (Sophie) (Le plus fou des deux 11 mai 2020) (Les aqua­riums lumi­neux 22 octobre 2021)

Bauchau (Henry) (L’en­fant bleu 27 juillet 2009)

Baudouin (Jacques) (Petit Mao 23 avril 2010)

Baus­sant (Philippe) (Le roi se lève aussi 27 juillet 2009)

Bave­rez (Nico­las) (après le déluge 22 octobre 2009)

Beau­champ (Thierry ) (L’éti­quette olym­pique 6 décembre 2021)

Beins­tin­gel (Thierry) (Ils désertent 16 octobre 2014)

Bel (Hervé) (La femme qui ment 4 janvier 2018)

Bello (Antoine) (Les funam­bules 24 novembre 2009) (Ada 12 décembre 2016) (Sher­bius 28 décembre 2020)

Bena­meur (Jeanne) (Les Insur­rec­tions Singu­lières 12 novembre 2012)

Bena­quista (Tonino) (Homo Erec­tus 14 mai 2011) (Roma­nesque 7 novembre 2016) (Le guide mondial des records 29mai 208)

Bender (Aimée) ( La Singu­lière Tris­tesse du Gâteau au Citron 16 décembre 2019)

Benja­min (Chloé) (Les Immor­ta­listes 22 mars 2021)

Benke­moun (Brigitte) (Albert le Magni­fique 12 janvier 2017)

Bennett (Alan) (La dame à la Camion­nette 3 juin 2014)

Bent (Patrick) (Nuit Noire sur Dinard 02 mars 2020)

Bentoumi (Farid) (Good Luck Algé­ria 4 mars 2016)

Besson (Philippe) (Retour parmi les hommes 14 avril 2011)

Bernard (Michel) (Les Forêts de Ravel 18 mai 2015) (Deux remords de Claude Monet 23 septembre 2016)(Le bon cœur 12 août 2019)(Le bon sens 7 décembre 2020)

Bertin (Charles) (la petite dame en son jardin de Bruges 22 juillet 2012)

Berton (Benja­min) (La Chambre à Remon­ter le Temps 2 décembre 2011)

Beuglet (Nico­las) (Le Cri 19 juin 2017)

Bichet (Yves) (L’homme qui marche 6 mais 2019)

Bine­bine (Mahi) (le fou du roi 5 mars 2018)

Birgis­son (Berg­sveinn) (La lettre à Helga 16 octobre 2013)

Bihel (Frédé­ric)( Exauce-nous 27 juillet 2009)

Bizouerne (Gilles) (Loup gris 1 septembre 2017)( Pierre et la sorcière 1 septembre 2017)

Bizot (Véro­nique) (Mon couron­ne­ment 22 mai 2010) ( Un avenir 18 novembre 2011)

Blan­chot (Mathieu) (une vie avec Alexan­dra David-Neel 15 mars 2018)

Blanc-Gras (Julien) ( Touriste 8 octobre 2018) (Comme à la guerre 13 mais 2019) Blake (Stépha­nie) ( Caca boudin 2 février 2017)

Blank (Sébas­tien) (L’un et l’autre 24 janvier 2010)

Bleys (Olivier) (Le fantôme de la Tour Eiffel 28 juillet 2015)

Blon­del (Jean-Philippe) (Au Rebond 27 octobre 2007) (G229 24 mai 2017) (Juke box 24 mai 2017) (Un minus­cule inven­taire avril 2018) (Rester vivant 26 novembre 2018) (La Grande Esca­pade 1 juin 2020)

Blun­dell (Judy) (Ce que j’ai vu et pour­quoi j’ai menti 15 août 2012)

Bois­ro­bert (Anouk) (Dans la forêt du Pares­seux 2 février 2017)

Boley (Guy) (Fils du feu 4 juillet 2018)

Boltansky (Chris­tophe) (La cache 3 décembre 2015)

Bombar­dier (Denise) (une enfance à l’eau bénite 4 janvier 2014)

Boncenne (Colombe) (Comme Neige 30 mai 2016)

Bondoux (Anne-Laure) (le Temps des Miracles 27 juillet 2009) (Pépites 11 janvier 2016) (Et je danse Aussi 28 janvier 2016) (L’aube sera gran­diose 26 juillet 2021)

Bonneau (Renée) (Meurtre chez Sir Alfred 4 décembre 2019)

Bonne­foix (Miguel) (Sucre noir 28 février 2018)

Bonnet (Laurent) ( Bordeaux, Carnet de Voyage 19 octobre 2012)

Bordas (Camille) (Isidore et les Autres 18 février 2019)

Bose (Buddha­deva) (la fille de nos rêves 21 janvier 2012)

Bouraoui (Nina)( Stan­dard 7 février 2014)

Bour­bon Parme (de) (Amélie) (Le secret de l’Em­pe­reur 29 mai 2017)

Bour­deaut (Olivier) (En atten­dant Bojangles 18 avril 2016)

Bour­geau (Vincent) (Au Secours Sortez moi de là 2 février 2017)

Bouysse (Franck) (Né d’au­cune femme 1 octobre 2020)

Boyd (William) (L’at­tente de l’Aube 21 août 2013)(Orages Ordi­naires 22 juin 2012)

Boyden (Joseph) (Le chemin des âmes 27 août 2009) (Les saisons de la soli­tude 24 septembre 2009)

Boyne (John) (L’Au­da­cieux Monsieur Swift 11 octobre 2021)

Bragde (Anna B.)(Zona Frigida 14 novembre 2014)

Bredin (Jean-Denis) (L’af­faire 19 juin 2015) (relec­ture de l’af­faire 27 septembre 2021)

Brijs (Stefan) (Cour­rier des tran­chées 10 septembre 2018)

Brink (André) (Une saison blanche et sèche 24 janvier 2014)

Brocas (Alexis) (Dieu dans la machine 20 mai 2019)

Brocas Sophie (le cercle des femmes 29 mars 2016)

Brom­field (Louis) (Mrs Parking­ton 17 mai 2021)

Bronsky (Alina) (Le dernier Amour de Baba Dounia 4novembre 2019) Brooks (Géral­dine) (Le livre d’Hanna 10 novembre 2009) (la soli­tude du docteur March 29 septembre 2010)

Bruder (Jessica) (Nomad­land 6 janvier 2020)

Brunet (Marion (L’été circu­laire 26 aout 2021)

Bryson (Bill) (Ameri­can rigo­los 22 août 2012) (Motel Blues 12 septembre 2012) (une histoire de tout ou presque 28 septembre 2012) (Shakes­peare anti­bio­gra­phie 5 janvier 2013) (Nos voisins du dessous 18 janvier 2013) (Une Histoire du monde sans sortir de chez moi 19 juillet 2014)(Des Corn­flakes dans le Porridge 6 mai 2021)

Burton (Jessie) (Minia­tu­riste 16 juin 2015)(Les filles au lion 21 septembre 2017)

Butler (Nicko­las) (Le petit fils 14 décembre 2020)

C

Caillé-Bastide (Virgi­nie) (Le Sans-Dieu 12 novembre 2018)

Cala­ciura (Giosué)( Borgo Vecchio 17 août 2020)

Calvetti (Paola) ( L’Amour est à la lettre A 8 février 2016)

Campos (Llanos) (Le trésor de Barra­cuda 02 décembre 2019)

Campoy (Fred) (Une vie avec Alexan­dra David-Neel15 mars 2018)

Capek (Karel) (L’an­née du jardi­nier 1 février 2021)

Capus (Alex) (Le faus­saire, l’es­pionne et le faiseur de bombes 7 septembre 2015)

Carerre (Emma­nuel) (D’autres vies que la mienne 16 septembre 2006) (Un Roman Russe 22 mars 2017)

Carlain (Noé) (les nouveaux dino­saures 13 novembre 2011)

Carle­ton (Jetta) (Les fleurs de Lune 24 décembre 2009)

Carlier (Stéphane) (L’en­ter­re­ment de Serge 8 octobre 2021)

Caro (Fabrice) (Le discours 4 mars 2019) (Figu­rec 29 mars 2021)

Cassidy (Anne) (Inno­cents 24 novembre 2009)

Cathrine (Arnaud)(Edvar Munch L’en­fant terrible de la pein­ture 23 avril 2010)

Caugant (Caro­line) (Les Heures Solaires 10 juin 2019)

Cauuet (Paul)( Les vieux four­neaux tome 1 15 décembre 2014)

Cayre (Hanne­lore) (La Daronne 28 août 2017)

Céline (Louis-Ferdi­nand) (Voyage au Bout de la Nuit 14 aout 2011)

Cendres (Axl) (la drôle de vie de Bibow Bradwley 19 décembre 2013)

Cercas (Javier) (le Monarque des Ombres 21 janvier 2019)

Cestac (Florence) (Un amour exem­plaire 8 octobre 2015) Ceylan (Nuri Bilge) (Il était une fois l’Ana­to­lie , 28 janvier 2012)

Chalen­don (Sorj) (Retour à Killy­begs 17 novembre 2011) (Le quatrième mur 26 novembre 2013) (Profes­sion du père 13 février 2017) (Le jour d’avant 9 novembre 2017)

Cham­baz (Bernard) (Un autre Eden 23 novembre 2020)

Chang (Kang Myoung) ( Parce que je déteste la Corée 10 décembre 2017)

Charles (Elise) (La demoi­selle à cœur ouvert 19 aout 2021)

Chast (Roz) (Est ce qu’on peut parler d’autre chose, 7 mars 2016)

Châte­let (Noëlle) (Au Pays des Vermeilles 26 novembre 2009)

Chau­veau (Sophie) (Noce de Char­bon 1 février 2014)

Charles (Maryse et Jean-Fran­çois) (Far Away 10 octobre 2012)

Chedid (Andrée) (Le Message 26 octobre 2020)

Ches­nel (Fanny) (Une jeune fille au cheveux blancs 14 juin 2011)

Ches­not (Chris­tian) (Qatar : le sacret du coffre fort 19 mai 2014)

Cheva­lier (Tracy) (Prodi­gieuses Créa­tures , 14 aout 2011) (Le Réci­tal des Anges 13 janvier 2015)

Chia­rello (Fanny) (Une faiblesse de Carlotta Delmont 14 avril 2016) (Le ciel de tes yeux 9 novembre 2020) Chirousse (Myriam) (Miel et Vin 15 avril 2010)

Choplin (Antoine) (L’in­cendie 13 mars 2015)

Chou­kri (Moham­med) (Le pain nu 8 mai 2017)

Chris­tie (Michael) (Lorsque le dernier des arbres 21 février 2022)

Cipolla (Carlo M.) (les lois de la stupi­dité humaine 7 mai 2012)

Clarke (Brock) (guide des incen­diaires des maisons d’écri­vains 23 novembre 2009)

Clau­del Philippe (Tous les soleil film 14 avril 2011) (L’arbre au pays Toraja 21 avril 2016) (les âmes grises 19 avril 2018)

Clemen­ceau (Fran­çois) (Vivre avec les Améri­cains 24 janvier 2010)

Clement (Jenni­fer) (Prières pour celles qui furent volées 9 mars 2015)

Cloa­rec (Fran­çoise) (L’in­do­lente le mystère de Marthe Bonnard 19 janver 2017)

Coata­lem (Jean-Luc) (La part du fils 7 septembre 2020)

Coe (Jona­than) (La pluie avant qu’elle ne tombe 23 avril 2010) (expo 58 6 avril 2014)

Coet­zee ( John Maxwell) (l’abat­toir de verre 10 décembre 2018)

Cohen Hadria (Victor) (les trois saisons de la rage 3 décembre 2011)

Coher (Sylvain) (Nord Nord Ouest 10 avril 2015)

Colic (Véli­bor) (Manuel d’Exil 7 juin 2021)

Colize (Paul) (Toutes la violence des hommes 12 novembre 2021)

Coman (Caro­lyn)( Céleste et la banque des rêves 25 janvier 2013)

Commengé (Béatrice) (Le Paris de Modiano 14 août 2017)

Condé (Maryse) (L’évan­gile du nouveau monde 21 janvier 2022)

Confiant (Raphaël) (Rue des Syriens 6 mars 2017)

Conroy (Pat) ( Le Prince des Marées 4 avril 2016) ( la mort de Santini 14 septembre 2017)

Constan­tine (Barbara) (Tom petit Tom tout petit Homme Tom 24 février 2010) Cook (Eileen) (Ne dites pas à ma mère .. 5 juilet 2012)

Cook (Kenneth) (à coups redou­blés 23 avril 2010) (la vengeance du Wombat 23 avril 2010) ( Le Koala Tueur 22 Mai 2010)

Cordier (Daniel) (Alias Cara­calla 25 décembre 2009)

Cossé (Laurence) (La grande Arche 10 mars 2018)

Cossery (Albert) (Mendiants et Orgueilleux 5 mais 2016)

Couderc (Frédé­ric) (Un été blanc et noir 24 janvier 2022)

Court­ney Sulli­van (Julie) (Maine 14 aout 2014)

Cronen­berg (David) (Consu­més 21 juillet 2020)

Crown (Jona­than) (Sirius 13 juin 2016)

Curiol (Céline) (Les vieux ne pleurent jamais 7 avril 2016)

Cush­man (Karen) (Le livre de Cathe­rine 24 février 2010) Czapski (Joseph) (Proust contre la déchéance 5 juin 2017)

D

Dai (Sijie) (L’évan­gile selon Yong Sheng 24 février 2020)

Dalam­bert (Louis-Philippe) (Avant que les Ombres s’ef­facent 7 février 2018)

Damas (Gene­viève) (Si tu passes la rivière 25 avril 2015)

Daoud (Kamel) (Meur­sault Contre-Enquête 4 novembre 2014)

Daull (Sophie) ( Au grand Lavoir 18 mars 2019)

Darka­nian (Pierre) (Le rapport Chinois 27 janvier 2022)

David (Michel) (Un bonheur si fragile 11 juin 2015)

David­sen (Leif) (à la recherche d’Hemingway 24 juin 2010)

Davo­deau (Etienne) (Le chien qui louche et les Igno­rants 21 septembre 2014)

Davri­chewy (Kéthé­vane) (Les Sépa­rées 4 avril 2012) (Quatre Murs 15 mars 2014) (La mer noire 14 avril 2017)

Deck (Julia)( Propriété privée 5 octobre 2020)(Monu­ment natio­nal 5 mai 2022)

Deghelt (Frédé­rique) (La grand mère de Jade 14 janvier 2011)

Dela­court (Grégoire) (la liste de mes envies 4 janvier 2013) (La femme qui ne vieillis­sait pas 9 juillet 2018)

Dela­motte (Isabelle) (le roman de Jeanne à l’ombre de Zola 24 novembre 2009)

Dele­croix (Vincent) (La chaus­sure sur le toit 27 août 2009)

Delisle (Guy) (Les Chro­niques de Jéru­sa­lem 5 février 2012)

Delmaire (Julien) (Minuit Mont­martre 24 mars 2019)

De Luca (Erri) (le jour d’avant le bonheur 23 février 2012) (le tort du soldat 18 août 2014) (Le poids du papillon 11 mars 2019) (La nature expo­sée 25 novembre 2019)

Depestre (René) (Hadriana dans tous mes rêves 20 février 2010)

De Recondo Leonor (Rêves oubliés 7 juin 2012) (Reve­nir à toi 3 décembre 2021)

Desarthe (Agnès) (Le Rempla­çant 20 août 2009) (Ce cœur chan­geant 29 février 2016) (Les bonnes inten­tions 5 novembre 2021)

Désérable (Fran­çois-Henri) (Mon Maître et mon Vain­queur 14 janvier 2022)

Despentes (Virgine) (Apoca­lypse Bébé 21 novembre 2010)

Destre­mau (Yolaine) (White noise 24 février 2010)

Detam­bel (Régine) ( Trois ex 17 mai 2017 )

De Vigan (Delphine) (No et moi 27 août 2009)

D’Hal­luin (Bruno) (L’égaré de Lisbonne 3 aout 2015) (Jon l’Is­lan­dais 2 novembre 2015)

Dicker (Joël) (La Vérité sur l’af­faire Harry Quebert 1 décembre 2009)

Didier­laurent (Jean-Paul) Le liseur du 6H27 26 décembre 2016)

Dilies (Abélard tome 1 et 2, 11 juillet 2016)

Dongala (Emma­nuel) (Photo de groupe au bord du fleuve 14 juin 2011) (La sonate à Brid­ge­to­wer 21 septembre 2021)

Donner (Chris) (Mes débuts dans l’art 20 novembre 2014)

Douglas (Louise) (Nos mensonges 10 décembre 2014)

Dowd (Siob­han) (L’éton­nante dispa­ri­tion de mon cousin Salim 2 octobre 2009)

Doxia­dis (Apos­to­los) (La Conjec­ture De Gold­bach 16 aout 2018)

Doyle (Roddy) (The Commint­ments 25 octobre 2017)

Drey­fus (Pauline) (Ce sont des choses qui arrivent 18 décembre 2014) ( le déjeu­ner des barri­cades 2 février 2018)

Dryansky (Joanne et Gerry) (L’ex­tra­or­di­naire histoire de Fatima Mansour 22 mai 2010)

Dubois (Jean-Paul) (les accom­mo­de­ments raison­nables 22 février 2021)

Dudek (Arnaud) (Une plage au pôle nord 8 mai 2015)

Duenas (Maria) ( L’es­pionne de Tanger 3 octobre 2016)

Dugain (Marc) (L’in­som­nie des étoiles 14 février 2011) (la volonté 4 avril 2022)

Dune­ton (Claude) (Rires d’hommes entre deux pluies 16 novembre 2011)

Dupont-Monod (Clara) ( le roi disait que j’étais le diable 25 février 2015)

Duro­selle (Jean-Baptiste) (La grande guerre des Fran­çais 19141918 30 mai 2012)

Duroy (Lionel) (Le chagrin 15 septembre 2011)

Duteurtre (Benoît) (Les pieds dans l’eau 27 juiller 2009) (Le Retour du Géné­ral 22 mai 2010) (l’Or­di­na­teur du Para­dis 8 décembre 2014) (Livre pour adulte 21 août 2017)

Duyck Alexandre ( Augus­tin 8 avril 2019)

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

Édition Albin Michel

Encore la guerre 1418 ? Non, pas tout à fait ! Il s’agit ici de la fin de cette guerre et le fait qu’elle a engen­dré celle qui a suivie, et que, d’après l’auteur, rien n’a été fait pour l’évi­ter. Antoine Rault mêle à son roman des pages très précises d’ana­lyses histo­riques, et le lecteur revit avec préci­sion la signa­ture du traité de Versailles.

Il sera ressenti comme un « Diktat » humi­liant pour tous les alle­mands. Peu d’entre eux verront dans les années qui suivent l’oc­ca­sion de fuir la guerre et on connaît la suite l’es­prit de vengeance et la folie du National-Socialisme.
Côté roma­nesque : le personne de Charles-Albert, un soldat amné­sique, il sera utilisé par les services de rensei­gne­ment fran­çais pour espion­ner l’Al­le­magne, il est à la fois crédible, tragique et atta­chant. On suit, donc, son parcours, d’abord dans les centres de soins fran­çais qui n’ont qu’un seul but dépis­ter les simu­la­teurs. Puis à travers son enga­ge­ment dans ce qui reste de l’ar­mée alle­mande, la montée inexo­rable vers un natio­na­lisme qui va bien­tôt détruire ce qui reste de la nation alle­mande. L’état de l’Al­le­magne après cette guerre que l’ar­mée n’a pas eu la sensa­tion de perdre est parfai­te­ment raconté et même si j’ai trouvé parfois que l’au­teur est trop didac­tique, ses argu­ments sont impa­rables et ses démons­tra­tions très convain­cantes. Les horreurs de la guerre sont insou­te­nables et j’avoue avoir décou­vert ce qui s’est passé, grâce à ce livre, en Letto­nie ? Dans les temps actuels, où beau­coup de gens doutent de l’Eu­rope, ce roman permet d’ou­vrir les yeux sur les dangers des guerres guidées par le natio­na­lisme c’est donc une lecture que je ne peux que recom­man­der même si la nature humaine appa­raît comme bien cruelle qu’il s’agisse des puis­sants de ce monde qui se jouent de la vie des popu­la­tions, que des simples soldats qui deviennent des tortion­naires et des bouchers à la première occa­sion lorsque le droit de tuer leur est donné.

Citations

Les soins aux traumatisés de la guerre

Les poilus appe­laient « le torpillage » pour expri­mer qu’a­près s’être fait mitrailler et pilon­ner dans les champs de bataille, le soldat trau­ma­tisé avait droit, en plus, de se faire torpiller à coups de décharges élec­triques – mais les méde­cins, eux, parlaient De réali­sa­tion ou de galva­ni­sa­tion, suivant le courant utilisé, ça vous avait tout de suite un petit air régé­né­rant, et, bien sûr, ils prenaient soin de préci­ser que c’était « pour ainsi dire indolore ».
Derrière toute cette approche, une grande idée en ces temps de patrio­tisme exacerbé et de chasse aux « lâches » , aux embus­qués, aux déser­teurs : consciem­ment ou incons­ciem­ment, les trau­ma­ti­sés simulent pour fuir les combats. Le but n’est donc pas de les soigner mais de les renvoyer là-bas. Petite préci­sion inté­res­sante : en France, les trau­ma­tismes psychiques dus à la guerre ne sont recon­nus comme des bles­sures ouvrant droit à une inva­li­dité que depuis 1992.

Les banques

Et puis, de toute façon, une banque ne peut pas être un profi­teur de guerre puisque la voca­tion même d’une banque, c’est de savoir profi­ter en toute circons­tance… Une banque fonc­tionne de la même manière en temps de paix qu’en temps de guerre. On lui confie des valeurs et elle accorde des crédits et contri­buent ainsi à soute­nir l’éco­no­mie. C’est très noble, au fond, très noble, en temps de paix comme en temps de guerre. Parfois, Alfred se repré­sen­tait en Dieu multi­pli­ca­teur et redis­tri­bu­teur. Il y avait un côté magique, démiur­gique, dans son métier, qui le mettait en joie. La banque était le métier le plus… aérien… oui, c’est ça… le plus subli­me­ment éthéré du monde. Bien plus qu’un peintre qui emploie de vraies couleurs ou qu’un écri­vain qui utilise des mots pour racon­ter une histoire, le banquier, lui, n’a recourt qu’à l’abs­trac­tion et au senti­ment. Pour créer, il compte sur la confiance, sur la crédu­lité humaine. Un Dieu, donc, un illu­sion­niste, un grand manipulateur.

Cruautés de la guerre pays balte 1919

Avant d’aban­don­ner Riga, les géné­raux russes ordon­nèrent à leurs troupes de mettre à mort des centaines de Lettons qui avaient été jetés en prison parce qu’il était suspecté d’être hostiles aux Soviets. Les soldats refu­sèrent de se livrer à cette bouche­rie mais les femmes bolche­viques fana­ti­sées l’ac­com­plir avec une sauva­ge­rie inouïe. Natu­rel­le­ment, « à titre de repré­sailles », comme ils se justi­fièrent eux-mêmes, les Alle­mands ne furent pas en reste. Ils fusillèrent non seule­ment ces femmes crimi­nelles mais près de mille prison­niers. Sans comp­ter bien sûr les tortures, les viols et des pillages. Alors, en repré­sailles de ces repré­sailles, les natio­na­listes Lettons se livrèrent à leur tour à des atro­ci­tés à l’en­contre des soldats qu’ils parve­naient à captu­rer. C’est la vieille loi de la cruauté humaine. La barba­rie des uns nour­rit et libère la barba­rie des autres.

Cliché sur les femmes

Les Pari­siennes ont du charme, c’est certain, mais elles rous­pètent tout le temps, elles réclament, elles ont des tas d’exi­gences. Ça doit être ruineux, une fran­çaise. Et puis, elles sont adorables, coquettes, amusantes, mais elles n’ont pas la beauté racée des Slaves.

Édition LA TABLE RONDE

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Qui aurait pu imagi­ner que je lise avec autant de passion une biogra­phie de Jeanne d’Arc ? Sandrine et Domi­nique peut être, et d’autres sans doute, qui avaient mis des commen­taires élogieux sur leur blog et qui semblaient prêts à se lancer dans cette lecture… Cet auteur a un don, chaque livre est un cadeau car ils nous trans­portent dans un univers qui n’est pas le nôtre et que pour­tant nous connais­sons. Quelles connais­sances avais-je de Jeanne : Bergère à Domrémy … entend des voix … Pucelle… délivre Orléans… fait couron­ner le roi Charles VII à Reims… brûlée sur la place publique à Rouen. C’est peu ! mais si on réflé­chit, c’est déjà beau­coup. J’en sais beau­coup moins sur Charles VII qui pour­tant a été roi de France. J’ai détesté les statues la repré­sen­tant que je voyais dans les églises du temps de mon enfance et encore plus sa récu­pé­ra­tion par un parti qui n’a guère ma sympathie.

Malgré toutes ces remarques, je savais que je lirai cette biogra­phie puis­qu’elle avait été écrite Par Michel Bernard dont j’ai tant aimé « Les forêts de Ravel » et » Deux remords de Claude Monet ». Aucune réserve sur ce roman qui a été couronné du prix du roman histo­rique en 2018. Il nous plonge au XV°siècle dans une époque terrible pour la France, les Bour­gui­gnons sont alliés avec l’Angleterre et ces deux puis­sances réduisent le royaume de France à un très petit terri­toire. C’est dans ce contexte, très bien rendu par l’au­teur que s’ins­crit l’épi­sode de Jeanne d’Arc, qui par sa bravoure et son assu­rance a rendu le courage aux troupes du roi. C’est raconté avec une écono­mie de moyens éton­nante, ce qui fait la preuve qu’un bon roman histo­rique n’a pas forcé­ment besoin de milliers de pages pour faire comprendre beau­coup de choses même si la situa­tion est complexe. Le plus frap­pant chez Jeanne, c’est sa déter­mi­na­tion, et le fait que grâce à cela elle s’im­pose à tous ceux qui l’ont connue de près même les horribles soudards chefs de guerre. Les autres traits de son carac­tère même s’ils nous étonnent aujourd’­hui sont plus ordi­naires pour son temps : son immense piété qui s’ac­corde bien avec celle de son roi, son courage et sa bravoure au combat, à cette époque, on se tue et on se fait tuer avec plus ou moins de panache. Mais là, il s’agit d’une femme enfin d’une Pucelle, c’est à dire un peu plus qu’une enfant et un peu moins qu’une femme. Une femme héroïne de guerre et domi­nant les hommes, il y a peu d’exemples dans l’his­toire de l’hu­ma­nité et en plus elle a permis à la France de retrou­ver son éner­gie pour bouter les anglais hors des fron­tières de son pays. Elle a mal fini, certes, mais quand même un court moment on a pu croire que la domi­na­tion (nom fémi­nin) pouvait chan­ger et deve­nir l’apa­nage des femmes.

Citations

Première rencontre avec Baudricourt

Des folles, des illu­mi­nées, il en avait vu des dizaines depuis quinze ans qu’il comman­dait la place au nom du roi, mais comme celle-là, qui non seule­ment lui deman­dait une lettre de recom­man­da­tion et une escorte pour la conduire sur la Loire, auprès de son souve­rain, mais préten­dait qu’il lui donne­rait, à elle , cette gamine, l’ar­mée à conduire, ça jamais il n’avait connu. Les extra­va­gants couraient les rues et la campagne en ces temps cala­mi­teux. La guerre, la famine et les épidé­mie les faisaient sortir de nulle part, pullu­ler et brailler sur les places les carre­fours et jusqu’aux porches des églises, chaque fois en se récla­mant de Dieu, de la Vierge et de tous les saints.

Le portrait de Jean d Orléans

Jean d’Or­léans l’avait vue à Chinon et il avait encou­ragé le roi à l’écou­ter et tenter le coup. Il n’était pas sûr qu’elle parvien­drait à déli­vrer la ville, mais sa promesse, en versant l’es­poir dans le cœur des gens, l’ai­dait à tenir. C’était déjà ça. Le roi lui avait confié la défense de ces murs. C’était son affaire, puisque le fief de la famille se trouve et là, et que Charles d’Or­léans et son autre demi-frère étaient déte­nus en Angle­terre. Il n’avait que 27 ans, mais c’était aussi l’âge du roi. Assez vieux pour s’être beau­coup battu, il avait non seule­ment du courage, chose commune chez les gens de guerre, mais de l’ins­truc­tion, du juge­ment et de la mesure. Sa bâtar­dise empê­chait que lui soit donné le comman­de­ment de l’ar­mée, mais il avait l’es­time du roi et de ses pairs qui cher­chaient ses avis. Lui aussi avait décelé dans la paysanne de Domrémy ce qui faisait le plus défaut en France, la foi, le désin­té­res­se­ment et le sens d’une gran­deur retrouvée. 

Des formules bien trouvées

Le comman­dant de l’ar­mée anglaise Lord Glas­dale, était préoc­cupé. Les affaires prenait mauvaise tour­nure. Mécon­tents de leurs alliés, les Bour­gui­gnons avait retiré leur force du siège à la fin de l’hi­ver. L’en­tente entre les deux puis­sances, celle qui faisait bouillir le bœuf et celles qui le mouillait de vin rouge, s’était refroidie.

Un autre portrait et un soldat vaincu par le charme de Jeanne d’Arc

La Hire, de la gueule diri­geait sa compa­gnie, des yeux suivait sa Pucelle et le grand guer­rier qu’il avait dévolu à sa sauve­garde. Le capi­taine le plus brutal de l’ar­mée fran­çaise se montrait le plus atten­tif à son inté­grité. Dans la furie du combat, s’il la savait près de lui, il rava­lait ses jurons, ce qui lui coûtait plus que de renon­cer à ache­ver un Anglais à terre. Cela aussi, au nom de Dieu, elle l’avait interdit

L’aspect très religieux de Jeanne et de l’époque

Dans cette petite ville sur le Cher , en lisière de la forêt de Sologne, se trou­vait une des grandes abbayes du royaume. D’Alen­çon consi­dé­rait l’ap­pui logis­tique que les moines pour­raient appor­ter à un grand rassem­ble­ment d’hommes et de chevaux , Jeanne pensait au soutien spiri­tuel que les saints hommes dispen­se­raient à une armée de pêcheurs. La débauche ne pour­rait se donner libre cours dans un pays bâti et labouré par les hommes de Dieu. C’est par la vertu que nous vain­crons, répé­tait Jeanne, car c’est elle qui donne au bras sa force et à l’épée son tran­chant.

Chez Albin Michel

lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Je suis partie, grâce au talent d’An­to­nin Varennes, dans le Paris de 1900, complè­te­ment cham­boulé par l’ex­po­si­tion univer­selle, j’ai suivi la jeune et belle Aileen Bowman corres­pon­dante de presse d’un jour­nal new-yorkais. Elle a imposé à son rédac­teur en chef son séjour à Paris. Elle nous permet de décou­vrir cette ville courue par les artistes, ce qui va du clas­si­cisme absolu tant vanté par Royal Cortis­soz, le critique d’art à qui le gouver­ne­ment améri­cain a confié le choix des tableaux, par exemple celui qui lui plait le plus et dont il dit :

Puis­sante, avait déclaré le critique . Simple et fort. Équi­li­bré. Parlant d’elle-même. Il y a chez cette bête la force tran­quille et la persé­vé­rance des travailleurs améri­cains de la terre.

Aillen a tendance à n’y voir qu’un taureau dans un étable et préfère les nus de Julius Stewart qui lui fera décou­vrir le Paris des artistes (Picasso y faisait ses débuts), l’au­teur nous fait vivre dans le détail l’éla­bo­ra­tion des tableaux de cet artiste mi-améri­cain mi-fran­çais (comme elle)

Nous suivons aussi la construc­tion de l’ex­po­si­tion univer­selle qui fait de Paris un village de décors et où on invite les popu­la­tions indi­gènes à se donner en spec­tacle. C’est là, la première raison de la venue à Paris d’Ailleen , elle veut retrou­ver son demi-frère Joseph jeune métis mi-indien mi ‑blanc qui est devenu fou à cause de ce partage en lui de civi­li­sa­tions trop anti­no­miques, il fait partie du spec­tacle que les indiens donnent à Paris mais il n’est que souf­france et apporte le malheur partout où il passe ; encore que… la fin du roman donne peut être un autre éclai­rage à ses actes terribles..

On suit aussi l’énorme enthou­siasme qu’ap­porte la révo­lu­tion indus­trielle ; le progrès est alors un Dieu qui doit faire le bonheur des hommes, c’est ce que pensent en tout cas aussi Rudolf Diesel qui expose son moteur révo­lu­tion­naire, et Fulgence Bien­venüe, qui construit le métro avec un ingé­nieur Charles Huet marié à une si jolie femme.
Enfin le dernier fil, c’est le combat des femmes pour pouvoir exis­ter en dehors du mariage et de la procréa­tion et en cela Aileen aussi, est une très bonne guide.
On suit tout cela et on savoure les récits foison­nants d’une autre époque, la belle dit-on souvent, certai­ne­ment parce qu’elle était pleine d’es­poirs qui se sont fracas­sés sur les tran­chées de la guerre 1418.

Citations

Conseils de son père

Arthur lui donnait des conseils sur la façon d’af­fron­ter le monde : savoir se taire, garder sa poudre au sec, être toujours prête. Et peut-être aussi être belle. À la façon dont Arthur Bowman appré­ciait la beauté : quand elle nais­sait d’une harmo­nie entre un objet et son utilité, une personne et la place qu’elle occu­pait dans le monde.

Réflexion sur le passé

La maîtrise du temps, l’ins­truc­tion, est aux mains des puis­sants. Les peuples, occu­pés à survivre, n’en possèdent pas assez pour le capi­ta­li­ser, le faire jouer en leur faveur. Ils empilent seule­ment les pierres des bâti­ments qui leur survivront.

Propos prêtés à Rudolf Diesel vainqueur du grand prix de l’exposition universelle

- Vous ne croyez pas, comme Saint-Simon, que les ingé­nieurs seront les grands hommes de ce nouveau siècle ? Que la tech­no­lo­gie appor­tera la paix et la prospérité ?
Il lui fallut encore un peu de silence pour trou­ver ces mots, ou le courage de répondre. 
- Je suis un paci­fiste, madame Bowman , mais je sais que ce ne sont pas les ouvriers ni la masse des pauvres qui lancent les nations dans des guerres. Il faut avoir le pouvoir des poli­ti­ciens pour le faire. Et poli­ti­ciens ne se lance­raient pas dans des conflits armés s’ils n’avaient pas le soutien des scien­ti­fiques, qui garan­tissent les chances de victoire grâce à leurs décou­vertes et leurs inven­tions. Non je ne partage pas l’op­ti­misme du comte de Saint-Simon.

Réflexion sur la bourgeoisie et la noblesse en 1900

Les bour­geois comme les Cornic et mes parents sont convain­cus que la bonne éduca­tion de leurs enfants est leur meilleure défense contre les préju­gés dont ils sont victimes. Ils se trompent.Les aris­to­crates, dont les privi­lèges sont l’hé­ri­tage du sang, ne méprisent rien tant que l’éducation.

Cita­tion de Charles de Gaulle

» Les possé­dants sont possé­dés par ce qu’ils possèdent »

Je trouve que ce livre complète bien la lecture du précé­dent car il permet de décou­vrir le prin­ci­pal diri­geant qui a vu gran­dir ma géné­ra­tion et celle de Jean-Pierre Le Goff. On sent la très grande admi­ra­tion de Gérad Badry pour « le » Géné­ral. Derrière l’homme de la résis­tance, celui qui a sorti la France des erreurs de la quatrième Répu­blique et qui a permis la déco­lo­ni­sa­tion, il y a donc un homme chré­tien et respec­tueux des femmes. Il n’a rien d’un fémi­niste et pour­tant … il voulait depuis long­temps donner le droit de vote aux femmes, il a permis la contra­cep­tion et a voulu que les femmes puissent travailler et élever leurs enfants. Sa vision de la femme est marquée par le rôle de mère qui lui semble sacré. C’est à ce titre, qu’il a systé­ma­ti­que­ment exercé son droit de grâce pour les femmes à la libé­ra­tion. Mais plus que ses idées poli­tiques, ce qui m’a inté­res­sée c’est son entière probité, son respect des femmes et ce qui m’a le plus touchée sa grande affec­tion pour sa petite Anne enfant triso­mique qu’il a tant aimée. C’est un homme éton­nant, d’une autre époque et d’une autre culture, il vient à la fois de la chré­tienté et de l’amour de la patrie et son carac­tère a été forgé par l’ar­mée fran­çaise. Je ne savais pas qu’il avait fait entrer au gouver­ne­ment une femme musul­mane d’ori­gine algé­rienne Nafissa Sid Cara qui a un parcours très inté­res­sant. Le portrait de Gene­viève de Gaulle-Antho­nioz est passion­nant et méri­te­rait à lui seul un livre entier. C’est une plon­gée dans un autre monde, celui juste­ment qui a vu naître et gran­dir Jean-Pierre Le Goff mais un monde ne pouvait pas comprendre que les adoles­cents de mai 1968 n’étaient pas unique­ment porteurs de « chienlit ».

Citations

Entrée en bourse des femmes

C’est aussi sous de Gaulle, en 1967, que les femmes seront auto­ri­sées à entrer à la Bourse de Paris pour y spécu­ler. Leur arri­vée à la corbeille ou s’af­fai­raient depuis toujours un aéro­page exclu­sif de messieurs, en cravate et costumes sombres, fait d’abord sensa­tion, avant que d’élé­gantes jeunes diplô­mées en finance n’oc­cupent des poste de commis. Dans les milieux bour­sier, un authen­tique bastion mascu­lin, la résis­tance avait été très forte pour refu­ser de parta­ger les codes, les secrets et les moeurs avec la gente fémi­nine. La seule femme ayant pu s’in­tro­duire à la corbeille l’avait fait, en 1925, habillée en homme et portant une barbe postiche. Condam­née à 3 ans de prison pour escro­que­rie et abus de confiance pour avoir vendu des titres appuyés sur des société fictives, Marthe Hanau avait fini par se donner la mort en prison, en 1935, renfor­çant l’op­po­si­tion des hommes à l’en­trée de toute femme dans l’uni­vers de la Bourse. L’his­toire roma­nesque de Marthe Hanau devait, en 1980, inspi­rer le film « la Banquière » de Fran­cis Girod avec Romy Schneider.

Trente-deux ans plus tard, les portes du palais Bron­gniart s’ou­vraient enfin aux femmes.

la loi Neuwirth

En Conseil des ministres, le géné­ral se montre rési­gné. Il déclare : « Les mœurs se modi­fient. C’est évolu­tion est en cours depuis long­temps, nous n’y pouvons à peu près rien. En revanche, il faut accen­tuer notre poli­tique nata­liste. Puis il ajoute.

: » Il ne faut pas faire payer les pilules par la sécu­rité sociale. Ce ne sont pas des remèdes. Les Fran­çais veulent une plus grande liberté des mœurs mais nous n’al­lons tout de même pas leur rembour­ser la bagatelle. »

Probité

Leur première tâche a été de remettre de l’ordre dans le fonc­tion­ne­ment de la prési­dence pour y intro­duire plus de rigueur. Il a été souvent raconté que, le jour même de leur arri­vée, les de Gaulle avait exigé qu’un comp­teur indi­vi­duel soit posé pour payer de leur poche l’élec­tri­cité de leurs appar­te­ments. C’est exact. Mais on s’est moins qu’Y­vonne a mis immé­dia­te­ment fin à l’uti­li­sa­tion de la vais­selle d’État, en porce­laine de Sèvres, pour leurs repas quoti­diens en tête à tête. Au volant de sa voiture, au premier jour de leur instal­la­tion, elle s’est rendue au Bon Marché, son maga­sin préféré, pour y ache­ter ‑avec leur argent- un service de table ordi­naire qui fut utilisé jusqu’à la démis­sion du géné­ral en 1969. De même, Yvonne deman­dera à l’in­ten­dant de l’Ély­sée de lui présen­ter chaque fin de mois la note corres­pon­dant au repas pris par les membres de la famille venus déjeu­ner avec eux le dimanche.

On trouve un autre exemple de cette honnê­teté sans faille des de Gaulle dans leur déci­sion de faire instal­ler un oratoire à l’Ély­sée pour y assis­ter à la messe domi­ni­cale à l’abri des regards. Créé dans l’an­cien bureau des chauf­feurs encore envahi par les odeurs de pastis, cette petite chapelle – une table servant d’au­tel, quatre chaises prie-Dieu et quelques orne­ments- a été tota­le­ment payé avec l’argent person­nel du couple.

Portrait de la secrétaire de de Gaulle Elisabeth de Miribel

Les Miri­bel, comme les Mac-Mahon, ont le culte de l’hon­neur et de la disci­pline. Ils affichent leur dédain pour l’argent et pour la poli­tique. » Élevée dans ce milieu conser­va­teur et catho­lique, je n’ai jamais entendu mes parents discu­ter de poli­tique à la maison. Autant il leur paraît normal de mourir pour la patrie, si possible en gants blancs, autant il faut éviter de se salir les mains en se mêlant de poli­tique » expli­quera-t-elle dans son autobiographie.

Le patrio­tisme, le don de soi pour la France, la foi chré­tienne, le dédain pour l’argent et pour la poli­tique, c’est tout ce qu’elle retrou­vera et qu’elle aimera chez de Gaulle.