
Édition Flammarion, 412 pages, février 2026
Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.
Voici donc le deuxième roman de Marie Vareille, après « la dernière allumettes » voici un récit qui retrace la vie d’une famille de 1917 jusqu’à aujourd’hui.
Le récit est construit grâce à la confession de Célestine qui a 107 ans, elle sent qu’elle va mourir et veut se confier à sa petite fille Manon surnommée Biquette, tout de suite, elle l’annonce, elle a été meurtrière. Le récit de Célestine est coupé de lettres de Solange qui parle à Jeanne qu’elle aime de toute ses forces et lui dit de se méfier de Célestine, qui sous son air de gentillesse est la pire de tous ceux et celles qui leur veulent du mal.
Le roman se construit peu à peu et ne révèle la vérité des différents personnages que peu à peu. Toute l’horreur de cette histoire, vient du personnage d’Alphonse. C’est le deuxième mari de Marguerite la mère de Célestine, son premier mari est mort à la guerre 14/18 . Elle est à la tête d’une petite ferme et accepte après la guerre de se remarier avec Alphonse qui possède la ferme à côté de la sienne. L’horreur d’être marié à un homme fainéant, alcoolique, et violent. Marguerite meurt en couche à la naissance d’une dernière petite fille, Solange . Avec Alphonse, elle a eu des jumeaux, et un petit garçon Lucien. Le drame de Célestine est alors total car Alphonse commence un nouveau récit , il a recueilli Marguerite et sa fille, qui lui doivent par leur leur travail le remboursement de ce qu’il a dépensé pour elles.
Je ne vais pas plus loin dans la narration du récit, car Marie Vareille distille peu à peu les différentes strates de cette histoire. Et je crains de gâcher votre plaisir de lecture.
Encore une fois, c’est un roman qui se lit très facilement et qui s’appuie sur des aspects réels de cette période de notre société : la dure réalité de la condition des femmes, enfants, elles peuvent être victimes d’un père qui décide de les placer pour « déviance » quand ce n’est pas placées à l’hôpital psychiatrique dès qu’elles se révoltent. Mariées leur mari a tout pouvoir sur elles et leurs enfants. Il décrit bien aussi, l’état des soins pour des maladies mentales, comme la psychofre
Je ne suis pas aussi enthousiaste que les lectrices de Babelio, et pourtant j’ai lu très rapidement ce roman. Un peu comme quand je regarde des séries pour me changer les idées, (d’ailleurs ce roman ferait bien une série). À vous de juger, il est possible que je devienne trop difficile. Je trouve que si on tourne les pages facilement, on ne sent pas vraiment la réalité des personnages. Et je doute qu’en 1952 un grand père aurait pu empêcher une enfant d’aller à l’école. Il fallait un Alphonse totalement horrible donc l’auteur ne lui épargne aucun défaut.
Extraits.
Début.
Célestine.Je vais commencer, ma biquette, par te dire ceci : le jour de la mort de Solange, ce jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles.
Un père violent, alcoolique et finalment pieux.
Dans les années, qui ont suivi, la foi d’Alphonse s’est renforcée. Il prêchait désormais la vertu à tout bout de champ, commentait la longueur de mes robes et me laissait de moins en moins sortir. J’en venais à me dire que je le préférais quand il était alcoolique. Quand un garçon m’approchait, je me faisais glacial. La rumeur courait que je ne désirais pas me marier, car mon devoir était de tenir la ferme par reconnaissance envers saint-Alphonse qui m’avait recueillie. J’en ris aujourd’hui, ma Biquette, mais à l’époque je bouillais, même si comme beaucoup de femmes, j’avais la colère silencieuse.
