
Éditions Grasset, 184 pages, décembre 2025
Maudite célébrité, masque cruel. Imposteur légendaire.
C’est un livre important, il faut le lire, mais quel dommage qu’il ait été écrit après la mort de l’auteur, je me demandais si cela l’aurait aidé d’être confronté à la réalité. En effet dans ce livre Émilie Lanez, rétablit une tranche de la vie de cet auteur qui a été un escroc et fait de la prison pour cela, il a cambriolé sa propre famille, et a volé des mandats postaux quand il travaillait aux PTT . Sa mère, sans doute, n’a pas su l’aimer mais elle ne ressemble en rien au portrait de Folcoche, de « Vipère au poing » .
Tout cela n’est pas très grave, car Hervé Bazin est un écrivain qui a su décrire le désespoir d’un enfant mal aimé, simplement il n’a pas rédigé une autobiographie (contrairement à ce qu’il a toujours prétendu) mais une vengeance pour se faire de l’argent (beaucoup d’argent !) sur le dos de sa mère. Il a poussé loin la mystification, puisqu’il s’est fait passer pour résistant alors qu’il faisait de la prison pour escroquerie, cela ne l’empêchera pas de recevoir la Légion d’Honneur.
En réalité dans cette famille tout est question d’héritage, ils seront sordides tous (l’auteur y compris) pour gagner de l’argent. Ils sont bourgeois jusqu’au bout de leur vie : l’argent, l’argent toujours l’argent.
Cela ne rend pas sympathique l’auteur mais Émilie Lanez a le mérite de rétablir une vérité, je vais essayer de relire « Vipère au poing » en repensant à son travail.
Si je le mets dans la catégorie des 4 coquillages c’est pour vous inciter à le lire et en discuter avec vous.
Extraits.
Début.
Les archives de la préfecture de police de Paris sont libres d’accès, il suffit d’en faire la demande par un courrier électronique, puis à la date convenue de venir les consulter dans une rue calme du pré-saint-Germain.
Le résultat des recherches de l’auteure.
« Vipère au poing » n’est pas un roman autobiographique, il est une vengeance construite, mûrie et efficace puisqu’elle condamne depuis soixante dix ans une famille au silence. Le plus célèbre matricide littéraire, qui, depuis sa parution, berne toutes les générations de lecteurs. Le livre n’a rien du cri libérateur d’un adolescent, ni du texte émancipateur d’un bourgeois osant dénoncer les mœurs d’une classe sociale étriquée, il n’est pas le chef-d’œuvre d’un libre penseur pilonnant les contraintes mièvres de la piété catholique. « Vipère au point » est la construction perverse d’un manipulateur, l’œuvre maléfique d’un mystificateur mal aimé et amputé de sentiments.
Les petites remarques qui font sourire.
Marie Bazin a épousé Ferdinand Hervé en 1870, ils unissent leur patronyme en accolant leur nom en 1923. Le couple a huit enfants. Jacques, le sixième, est leur premier fils. Ils habitent Angers, ou Ferdinand enseigne, gracieusement le droit à la nouvelle université catholique. Il n’est pas riche, mais il considère que recevoir un salaire ne sied pas à sa condition.
