Éditions Seuil, 361 pages, avril 2026

 

Livre lu et critiqué dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio

 

Un premier roman qui permet à l’auteure de suivre le destin de huit femmes. La première Catherine est née en 1614, pour arriver jusqu’à Gisèle née en 1943, il faudra onze générations. Toutes ces femmes sont liées par le soin qu’elles apportent aux femmes et à tous ceux qui souffrent. La première, Catherine, connaît les herbes et soulage le mieux qu’elle peut les villageois de Saint Nicolas de Véroce, en Haute Savoie. C’est une époque où les épidémies laissent peu de place à la guérison. Catherine sera brûlée comme sorcière sous les yeux de sa petite fille, Jeanne. Voilà le thème des braises qui va hanter toutes les femmes de sa descendance. Jeanne fera sa vie à Marseille, une vie misérable mais plus heureuse grâce à son mari un pêcheur Joseph, sa fille sera une empoisonneuse, et tout cela marquera l’esprit de Margot qui deviendra Ambre sous la houlette de son mari qui la montre en spectacle, car en état d’hypnose elle peut faire parler des morts. Elle finira dans l’asile psychiatrique de la salpêtrière. Dans le monde contemporain, Madeline sera la première femme médecin, Rose sera une artiste peintre, Marthe une résistante et Gisèle ? Elle se cherche et trouvera grâce à un chaman en Amérique du Sud toutes les violences qui ont traversé sa lignée féminine.

L’auteure nous raconte beaucoup de moments difficiles pour les femmes. Les sorcières brûlées , la misère et les avortements clandestins, la commune de Paris, la première femme qui réussit à faire ouvrir les portes de la faculté de médecine, une femme peintre, (inspirée par Rosa Bonheur), la maladie mentale pour une femme écrasée par son mari. Elle décrit bien la misère quand une femme doit faire face seule à la charge d’une famille. Il y a quelques figures masculines positives, mais la plupart du temps, ils sont violeurs, tellement violents et ne veulent surtout pas concéder la moindre parcelle de leur pouvoir. Le meurtre de la femme sorcière, brûlée vive, marquent par le feu et les braises (d’où le titre) toutes ces femmes qui ont des dons de guérison, par exemple, elles savent toutes guérir les brûlures par l’imposition des mains où ont des liens avec l’au delà.

Ce roman se lit très facilement, l’écriture est très simple, sans effet, et pour une fois, il n’y a pas de retour en arrière, le livre suit la chronologie, le lecteur a l’impression de lire huit nouvelles différentes, le lien entre ces femmes n’apporte pas grand chose. Je l’ai lu rapidement et j’ai eu cette impression assez curieuse de connaître déjà ces récits car cela manque d’originalité. De cette sorcière qui connaît les plantes, à la résistante qui aide des juifs à fuir, et qui fait des avortement clandestins, tous ces récits, je les ai déjà lus et cela m’a donné l’impression d’une succession d’articles de Wikipédia que l’auteur aurait juste remanié pour leur donner une unité : des femmes qui ont le pouvoir de soigner avec des plantes et celui de soulager des brûlés, mais aussi des hommes violents alcooliques et violeurs. Mais en disant cela, je ne rends pas justice au fait que je n’ai jamais décroché du roman que j’ai lu jusqu’à la dernière page, alors merci à Babelio et aux éditions du Seuil de me l’avoir envoyé

Extraits.

Début.

 Il est des cris capables de ricocher, de siècles en siècle, de village en village. Mais quand Catherine entra dans la ferme des Gex ce soir-là, elle n’aurait pu penser que bientôt elle serait à l’origine d’un de ses échos terribles qui traversent le temps et les montagnes.
 Le crépuscule finissait tout juste de rosir les neiges éternelles des sommets de Miage et la nuit s’annonçait fraîche malgré l’arrivée de l’été. Les vachers avaient reconduit leurs bêtes à l’étable, les bergers s’accordaient un peu de repos après avoir veillé sur leur troupeau toute la journée dans les alpages. Partout dans les hameaux, des feux terminaient de crépiter dans les cheminées, sous les marmites suspendues qui contenaient encore les restes de potages lestés de pain dur.

La peinture.

 Pour affiner les détails et sublimer les nuances, Rose ajoutait souvent quelques gouttes d’huile de lin au mélange que lui avait préparé son marchand de couleurs. Elle aimait aussi se servir du vernis pour accentuer les jeux de lumière à l’aide d’un pinceau fin, repassant sur chaque goutte d’eau éclaboussant les enfants, ainsi que sur les épis de roseau, les plus exposés aux rayons du soleil. Quant au saule qui bordait la scène, elle s’était évertuée à dessiner une à une ses longues feuilles qui tombaient en cascade. Elle avait toujours adoré travailler les plantes et les fleurs jusque dans leur moindre détail et dans chacun de ses tableaux la nature était au centre de l’histoire.

J’ai déjà lu cela mais c’est important de le relire. En 1869 :

 La santé des femmes et des enfants avaient été si négligées qu’à Paris les femmes avaient dix neuf fois plus de risque de mourir en accouchant à l’hôpital, entourées de médecins, qu’à domicile. Dans le grand amphithéâtre, Madeline ouvrit grand les oreilles quand le docteur Léon Le Fort, leur parla de cette fièvre puerpérale qui décimait les jeunes mères. Le professeur soutenait les théories hygiéniques de l’autrichien Semmelweis, qui affirmait que cette infection était due aux mauvaises habitudes des médecins, lesquels enchaînaient les autopsies et les accouchements sans prendre la peine de se laver les mains. 
– Cette hypothèse a longtemps été raillée mais les bonnes idées finissent toujours par faire leur chemin. Alors, lavez-vous bien les mains avec une solution d’hypoclorite de calcium après chaque dissection et avant chaque opération.

 

One Thought on “La braise en héritage – Claire VERGIER

  1. C’est vrai que ce sont des thèmes qui sont de plus en plus explorés en littérature, mais si tu ne l’as pas lâché, c’est quand même qu’il était suffisamment prenant.

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