Éditions Payot, 346 pages, mars 2012

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Chaunac

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard

 

Bill Bryson est un habitué de Luocine :

American Rigolo

Motel bues

Une histoire de tout ou presque

Nos voisins du dessous

Une histoire du monde sans sortir de chez moi

Des Cornflakes dans le porridge (sans doute mon préféré )

Avec son ami Katz qui adore les motels, et regarder des épisodes de X-Files à la télé , Bill Bryson entreprend de marcher et de traverser les USA du Sud jusqu’au Nord sur un sentier qui s’appelle l’Appalachian Trail et qui fait 3600 kilomètres.

C’est l’occasion de nous raconter un aspect de l’histoire des États- Unis, celui qui a voulu préserver la nature. Mais cela ne s’est pas fait sans des destructions absolument stupides et la disparition d’espèces animales ou végétales qui ont aujourd’hui totalement disparu. C’est l’occasion aussi de croiser des Américains, certains très sympas d’autres moins, surtout que l’auteur nous raconte dans le détail les gens qui ont été assassinés sur ce chemin.

Mais le danger principal, reste les ours qui ont à leur actif un certain nombre de morts d’humains.

On retrouve dans ce récit de marche à pied à la fois le côté sérieux du journaliste et l’humour de l’écrivain. Il se moque aussi bien de lui que des autres.
Je retiendrai de ce récit que l’auteur a préféré ses marches dans les pays où on sait à la fois garder la nature et les acticités humaines, aux USA c’est l’un ou l’autre et il le regrette.

Ce n’est pas le meilleur livre de cet auteur mais j’ai quand même bien ri à un passage que je vous ai recopié.

 

Extraits

Début.

 Peu après avoir déménagé ma petite famille dans une bourgade modeste de New Hampshire, je suis tombé sur un chemin qui démarrait à la lisière de la ville pour disparaître dans les bois. Une pancarte indiquait qu’il ne s’agissait pas de n’importe quelle piste, mais du célèbre sentier des Appalaches ou AT pour « Apalachian Trail », qui longe la côte ès des États-Unis sur plus de 3500 km, à travers la paisible – et ô combien prometteuse- chaîne de montagnes du même nom.

Les ours.

 Tous les livres affirment que confronté à un grizzly vous devez absolument éviter de courir. Ceux qui donnent ce genre de conseil sont assis devant leur clavier. À mon avis, si vous vous retrouvez dans un espace découvert, sans armes et qu’un grizzly se précipite vers vous, courez. Ça ne mange pas de pain. Au moins, ça vous donnera quelque chose à faire pendant les sept dernières secondes de votre vie. Cependant, à l’instant où ils vous rattrapera -car il vous rattrapera- , vous pourrez toujours vous jeter au sol et faire semblant d’être mort. Un grizzly tentera de mâchonner un corps inerte, une minute ou deux, mais finira généralement par s’intéresser puis par s’éloigner d’un pas traînant. Avec les ours noirs, il est vain de faire le mort, puisqu’ils continueront de toute façon de vous dévorer tranquillement jusqu’à ce que ça ne vous fasse plus ni chaud ni froid. Il est tout aussi stupide de monter à un tronc, car ces plantigrades sont d’adroits grimpeurs, et comme le note Herrero très pince-sans-rire, vous vous retrouveriez quand même à vous battre contre un ours mais en haut d’un arbre.

Moments heureux .

 La forêt restait un formidable lieu de solitude. Je traversais de longues périodes de parfait isolement où des heures s’écoulaient avant que je ne croise âme qui vive ; à de nombreuses reprises, j’attendais Katz un bon moment sans qu’aucun autre randonneur se présente. Quand cela se produisait, j’abandonnais mon sac et partait à sa rencontre pour voir s’il n’avait pas eu de problèmes -ce qu’il appréciait beaucoup. Parfois, il brandissait fièrement mon bâton de marche, oublié contre un arbre, lorsque je m’étais arrêté pour relacer mes chaussures ou réajuster mon pactage. C’était un peu comme si nous veillions l’un sur l’autre, c’était vraiment… bien. Je ne saurais mieux l’exprimer.

La pluie et le marcheur. 

 La pluie gâche tout. Marcher en vêtements imperméables ne procure aucun plaisir. Il y a quelque chose de profondément déprimant dans le bruissement raide du nylon et le crépitement incessant, curieusement amplifié des gouttes d’eau sur le tissu. Et pis que tout vous finissez quand même par être mouillé, les matériaux étanches protègent de la pluie mais vous font tellement transpirer que vous vous retrouvez bientôt inondé de votre propre sueur. L’après-midi, le sentier s’est transformé en torrent, mes chaussures ont renoncé à rester sèches. Mes pieds suintaient l’humidité et je pataugeais à chaque pas..

Les mines.

 La mine, bien sûr, a toujours été un sale boulot où que vous soyez, mais jamais autant qu’aux États-Unis dans la seconde moitié du XIX° siècle. Grâce à l’immigration, les mineurs étaient interchangeables. Si les Galois commençaient à râler, on faisait venir des Irlandais. Quand les Irlandais ne donnaient plus satisfaction, on ramenait des Italiens, des Polonais ou des Hongrois. Les travailleurs étaient payés à la tonne, c’est-à-dire que non seulement on les incitait à piocher avec une précipitation imprudente, mais aussi que tout effort consacré à rendre leur environnement plus sûr ou plus confortable ne donnait lieu à aucune compensation. Les puits transformaient le sol en gruyère, déstabilisaient parfois des vallées entières. Les explosions et les embrasements spontanés étaient monnaie courante : la poussière de charbon est incroyablement volatile, et à l’époque, songez-y, la seule source de lumière était une flamme découverte. Entre 1870 et le début début de la Première Guerre mondiale 50 000 personnes moururent dans les mines américaines. La grosse ironie, avec l’anthracite, c’est que, aussi difficile soit-il à allumer, il est encore plus difficile à éteindre. Les récits d’incendies de mine impossible à maîtriser sont lésions dans l’est de la Pennsylvanie. À Lehigh, un feu déclaré en 1850 brûla jusqu’à la crise de 1929.

Épisode tragique.

En 1955 eut lieu la grande inondation restée gravée dans les mémoires. Au mois d’août de cette année-là, alors qu’on subissait paradoxalement l’une des plus sévères sécheresses depuis des décennies, deux ouragans frappèrent la Caroline du Nord et perturbèrent les conditions météorologiques d’un bout à l’autre de la côte Est. Le premier déversa 25 centimètres de pluie en quarante-huit heures. Six jours plus tard, le second largua 25 centimètres en vingt quatre heures. À Camp Davies, un complexe touristique quarante-six personnes principalement des femmes et des enfants se réfugièrent dans le bâtiment principal pour échapper à l’inondation. Tandis que l’eau montait, ils grimpèrent dans les étages pour finir au grenier, mais en vain. Dans la nuit, un mur liquide de 9 mètres de haut descendit la vallée en rugissant et balaya l’édifice. 9 personnes survécurent miraculeusement. Ailleurs, des ponts furent emportés et des agglomérations ravagées. Avant la fin du jour suivant, le Delaware était monté de 13 mètres. Quand les eaux se furent enfin retirées, on fit le bilan : 400 morts et toute la zone dévastée.

 

 

La nature protégé en Amérique et note d’humour à la fin.

 

 Je sais que le sentier des Apalaches est censé incarner une expérience de la nature sauvage et j’admets tout à fait qu’en maints endroits il serait dommage qu’il en soit autrement, mais l’Appalachian Trail Conférence donne parfois l’impression d’avoir développé une phobie des contacts humains. Personnellement, j’aurais été content dans cette vallée de traverser des hameaux et de croiser des fermes plutôt que de marché dans un « couloir protégé » silencieux.
(…)
 En Amérique hélas, la beauté implique un trajet en voiture et la nature est affaire de tout ou rien : soit vous la domptez sans ménagement, au barrage de Tocks ainsi que dans un million d’autres endroits, soit vous la déifiez, la traitez comme quelque chose de sacré de distant tel le sentier des Appalaches. On ne veut pas croire que les gens et la nature puissent cohabiter pour leur bénéfice mutuel, un pont sur le Delaware aurait pu mettre en valeur la splendeur qui l’entoure.
 J’aurais préféré de loin que le guide de l’AT dise : « Grâce aux efforts de l’Appalachian Trail Conférence, l’aviculture a été réintroduite dans la vallée du Delaware, le sentier a été détourné pour inclure vingt-cinq kilomètres de parcours au bord de l’eau, parce que, ne nous voilons pas la face, il y a des moments où les arbres, ça commence à bien faire ! »

J’ai ri et vous ?

– Moi aussi je me suis fait une amie aujourd’hui. Au Lavomatic ,elle s’appelle Beulah.

– Beulah ? C’est une blague,.
– J’aimerais bien, mais c’est la vérité.
 – Personne ne s’appelle Beulah.
– Alors, voilà, elle oui. Et elle est vraiment sympa, pas hyper maline, mais vraiment sympa, avec de mignonnes petites fossettes, juste là. »
 Il pressa ses joues pour me montrer l’endroit.
 » Et elle a un corps fantastique. 
– Ah oui ?
Il a hoché la tête avant de préciser judicieusement :
« Mais bien sûr, il est enfoui sous une centaine de kilos de graisse molle. Heureusement pour moi, la taille chez une femme n’est pas un critère tant que je ne suis pas obligé de démonter un mur pour la sortir de chez moi. »
 Il a donné un coup de chiffon pensif à ses chaussures.
 « Alors comment tu l’as rencontrée ? ai-je demandé.
– En fait, a-t-il commencé en se penchant vers l’avant avec concentration, comme si son histoire valait vraiment la peine d’être raconté, elle m’a proposé de venir voir sa culotte,.
– Évidemment. 
– Elle était restée coincée dans le tambour de la machine.

 

 

 

 

 

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