Éditions Denoël, 356 pages, janvier 2026

Après Ingannmic, Alexandra , Keisha , et sans doute d’autres dont je n’ai pas noté l’adresse.

Nous suivons une guerre sans merci entre deux paléontologues américains : Othniel Charles Marsh, et Edward Drinker Cope. L’auteur visiblement s’amuse des défauts respectifs de ces deux montres d’égoïsme, gonflés d’orgueil qui se sont pris de passion pour les recherches des os des différents fossiles de Dinosaures dans les vastes territoires américains. Ce n’est pas par hasard, si c’est de ce pays que l’on trouve les plus beaux spécimens des squelettes prouvant que la terre a été habitée avant deux cents millions d’années avant l’arrivée des hommes dans une période nommée le mésozoïque, par des créatures qui ont provoqué l’étonnement absolu des hommes de la fin du XIX ° siècle, par leur taille et surtout parce qu’ils ressemblaient à des dragons ou à des créatures fabuleuses qui nourrissent depuis cette époque l’imagination des hommes , comme le montre le film « Jurassic park ».

Ce roman permet aussi à l’auteur de faire revivre ce pays dans les années 1850, c’est un pays qui ne connaît pas encore toutes les ressources de son immense territoire, bien sûr il y a cette population autochtone qui résiste encore un peu, mais qui va bientôt complètement disparaître au fond de réserves dont le pouvoir américain les chasse dès que les terres sur lesquelles ils sont parqués révèlent une quelconque richesse. Mais ce n’est pas là l’essentiel du roman évidemment, les deux hommes connaissent des fortunes variées, Charles Marsh s’impose grâce à l’argent de son oncle Peabody et un poste (sans traitement) à Yale. Il aurait eu une carrière d’un chercheur sans soucis d’argent tout à fait classique sans Edward Cope, qui, lui, a été considéré comme un surdoué et se passionne pour la paléontologie mais n’a pas la carrière classique de son ennemi. Tous les deux se suivent sans cesse et cherchent à se nuire tout le temps .

J’ai été intéressée par cette lecture mais pas passionnée car j’ai trouvé ces deux hommes complètement nuls et à l’opposé des valeurs qui pour moi doivent être celles des universitaires au service de leur science ou de de leurs découvertes. Ils m’ont fatiguée ces deux là, et malgré le talent de l’écrivain qui ne nous épargne aucune de leurs vilénies, j’avais hâte d’abandonner cette lecture pour retrouver des gens qui partagent un peu plus mes valeurs. Bref, deux personnages sans aucun ideal qui ont eu assez d’argent pour découvrir ce qui était à la portée de tous ceux qui auraient eu le temps l’argent et le courage de chercher, bien loin de ceux ou celles que j’admire : ceux et celles qui se donnent à fond pour leur découverte et respectent ceux ou celles qui les aident pour mener à bien leur travail universitaire.

Extraits.

Début et fin du prologue.

 Dans le sud-est du Wyoming, à deux cents kilomètres de la ville de Cheyenne, sous les cieux d’un bleu intense où chaque nuage est une esquisse, s’élève une éminence rocheuse qui s’appelle Como Bluff ou « la falaise de Côme ».
Non, il ne reculeront devant rien.
 La guerre des os sera sans pitié.

Début.

 Il a fallu qu’une extinction se produise pour que le dinosaure apparaissent.
La Grande Hécatombe a lieu il y a deux cent cinquante millions d’années lors du permien, qui marque la fin de l’ère paléozoïque.

Famille de Charles Marsh, Caleb son père.

Caleb ouvre boutique et fait faillite, se remarie et repart pour l’état de New York où il procrée à tour de bras, le devoir conjugal occupe les soirées et quand on échoue dans tout le reste, il reste encore le costume de « pater familias » à endosser. Bientôt, Charles et Mary se retrouvent avec une ribambelle de demi-frères et sœurs.

L’art de raconter.

 Il demeure toutefois une question à régler, à peine un détail, une bagatelle, vraiment : l’université consent à lui conférer le titre de professeur, mais, hélas ne dispose pas des fonds nécessaires afin de le rémunérer. Pour n’importe qui d’autres, ce serait contrariant, pour ne pas dire rédhibitoire, mais pour Charles, qui reçoit une allocation de son oncle et figure en bonne place dans le testament de ce dernier , c’est à peine un problème, tout juste un léger désagrément et même, d’un certain point de vue, une opportunité, car si Yale ne lui verse pas d’argent, il ne lui doit pas d’enseignement non plus. Tout se passe donc idéalement pour lui qui obtient le Saint Graal le 24 juillet 1866 : un poste de professeur sans élèves – ces individus pénibles qui ont tendance à ne pas connaître ce que vous savez à vous faire perdre un temps précieux avec leurs questions – entièrement dévolu à la recherche.

Le début de leur haine.

 Prenant Edward à part et s’adressant à lui aussi doucement que possible, Charles lui fait observer que la tête de l’animal ne se trouve pas à la bonne extrémité : »Vous vous êtes trompé, professeur Cope, cela arrive au meilleur d’entre nous. Votre squelette est à rebours vous avez pris un bout pour un autre. » À ces mots, Edward devient livide, comme s’il était accusé d’un acte contre-nature, comme si son visiteur qui, depuis longtemps l’exaspère avec ses manières pontifiantes, ses petites provocations, sa manière de l’appeler « Professeur Cope » au terme d’une légère hésitation, comme pour lui signifier qu’il ne mérite plus ce titre depuis qu’il a démissionné de son poste à Haverford College, venait de lui cracher au visage tout le mépris qu’il le soupçonne d’avoir pour sa personne.

Rivalités.

 Que son rival ait exhumé un spécimen de pterrodactyle encore plus grand que le sien, Charles le prend mal, il le prend même personnellement. En temps normal, il est déjà du genre possessif, du genre a regarder tous les fossiles de l’ouest comme sa propriété exclusive, comme si les dinosaures lui avaient expressément légué leur squelette avant d’être balayé par une météorite. Mais dans ce cas précis, il est d’autant plus indigné qu’Edward est venu chasser sur ses terres pour reléguer au second plan l’une de ses principales découvertes.

Propos prêtés à Custer le massacrer des Indiens.

 » Méfiez-vous, des Peaux-Rouges ! déclare-t-il en se resservant un verre, heureux d’avoir un auditoire de jeunes blancs becs qu’il est aisé d’impressionner avec sa faconde et ses récits guerriers, ce sont les créatures les plus cruelles les plus sanguinaires qui soient ! Elles infestent le secteur et ne reculent devant rien. Le plus tôt on aura exterminé ces animaux là, le mieux ce sera. On a reçu des instructions du général Schermann, l’ordre de ne pas se poser de questions et de ne pas faire dans la dentelle : homme, femme, enfant, des vieux, les vieilles, avec nous, tout y passe. L’objectif, c’est de frapper leurs villages aussi vite que possible et qu’après notre passage, il n’y ait plus personne pour se reproduire. Par contre, avec les femmes, on prend toujours le temps de s’amuser : l’Indienne, ça se viole facile. »

Tous les coups sont permis.

 Obéissant aux instructions de Charles, Reed détruit les fossiles qu’il est incapable de déplacer, plutôt que de les voir tomber dans les mains d’Edward. Cent cinquante millions d’années de patience pour finir fracasser à coup de pioche : à quelle espèce appartenait ces spécimens ? Personne ne le saura jamais. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la gravité de cette histoire mais, aux yeux des paléontologues, il s’agit d’un crime trop effroyable pour mériter la rédemption. Anéantir des spécimens uniques quand on connaît les chance infinitésimales de leur transmission, la durée vertigineuse qu’ils ont dû traverser pour se trouver sous la main d’un homme à même de les interpréter, c’est un acte qui va à l’encontre de toutes les valeurs d’une profession méticuleuse. Dont les membres passent leur vie à gratter, frotter, analyser les fossiles. Si de nos jours encore, Charles a mauvaise réputation dans la communauté scientifique, il le doit à sa tendance au vandalisme : on l’accuse également d’avoir dynamité les gisements que ses hommes avaient exploités de crainte qu’il n’y reste des spécimens dont son rival aurait pu s’emparer.

Le mandarin dans toute son horreur.

 En descendant les escaliers du Peabody, Oscar songe aux contes que sa mère lui lisait, à ces histoires de sorciers malfaisants qui enlèvent les enfants dans un monde souterrain, dont ils ne pourront jamais s’évader ; gnome enfermé dans les profondeurs de la terre, il s’use à en extirper des trésors. Charles se repose des tâches difficiles sur Oscar, qui rédige l’essentiel de ses articles, tandis qu’il se pavane dans les cercles influent de New York, prend des rendez-vous avec des messieurs haut placés à Washington, savoure de fins soupers chez Delmonico’s dans un décor d’acajou luisant où les miroirs scintillent, comme si la science n’était plus que le moyen d’accroître sa puissance, comme si elle lui permettait d’assouvir une ambition qui se prend elle-même pour objet, son but consistant à faire rayonner son « moi » jusqu’aux confins du monde, à occuper de sa personne, l’intégralité des hommes, à écraser ses ennemis pour demeurer, seul, au milieu d’un paysage dévasté. Parfois, mais de moins en moins souvent et d’une voix toujours plus faible, Iscar Harger plaide sa cause. Il implore Charles de le laisser publier ses propres travaux. C’est qu’il a des idées à lui, de vastes théories au sujet des dinosaures qu’à force de fréquenter plus assidûment que les hommes, ils connaît mieux que la majorité des spécialistes, mieux que Charles lui-même pourrait-il ajouter, des mots qu’il retient de justesse par lâcheté ou instinct de conservation ? Inflexible, Charles menace de le renvoyer, s’il fait paraître ne serait-ce qu’un entrefilet et profite de son indigence pour le maintenir dans une dépendance complète.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation