Traduit de l’anglais (États Unis) par Jean­nine Hérisson.
5
J’ai tout simple­ment adoré ce livre, pour­tant je ne suis pas une passion­née de la nature, et l’auteur y raconte avec minu­tie ses obser­va­tions sur les plantes, les insectes et les animaux. Elle raconte très bien et au-delà de on sent tout les efforts qu’elle a dû faire pour vivre seule. Je la comprends trop bien : il a fallu qu’elle prenne racine. Au milieu des obser­va­tions animales on trouve des petites notes sur les humains et les humaines qui m’ont beau­coup touchée. En parti­cu­lier sur la soli­tude des femmes « d’un certain âge ».

Citations

Pendant ces douze années, j’ai appris qu’un arbre a besoin d’espace pour pous­ser, que les coyotes chantent près du ruis­seau en janvier, que je peux enfon­cer un clou dans du chêne seule­ment quand le bois est vert, que les abeilles en savent plus long que moi sur la fabri­ca­tion du miel, que l’amour peut deve­nir souf­france, et qu’il y a davan­tage de ques­tions que de réponses.

On en parle

http://​www​.rats​de​bi​blio​.net/​h​u​b​b​e​l​l​s​u​e​.​h​tml

Traduit de l’anglais par Fanny Ladd et Patri­cia Duez (je remarque que les traduc­teurs se mettent souvent à deux pour un même livre, intéressant ! )

5
Un livre que j’offrirai autour de moi, il avait été sélec­tionné par notre club de lecture mais je n’avais pas eu le temps de le lire. Récit détaillé du retour à la vie d’une condam­née à mort : on suit minute par minute le retour à la vie d’une servante chez des Lords, qui réchappe à la pendai­son (fait réel !) Elle avait été condam­née pour un infan­ti­cide qu’elle n’a pas commis. Elle avait été, pour son malheur, séduite par le fils de la maison.

L’auteur fait revivre avec un grand talent l’Angleterre des années puri­taines de Crom­well, c’est passion­nant un peu éprou­vant à lire car c’est telle­ment dur autant d’injustices et le talent de l’écrivain crée un suspens proche de l’insupportable, c’est vrai­ment très bien écrit.

5
Très bon roman, et là fran­che­ment le fron­tière entre­livre pour ado et adulte dispa­raît. J’ai beau­coup appré­cié aussi le site consa­cré au livre http://​letemps​des​mi​racles​.bondoux​.net C’est un véri­table prolon­ge­ment du livre. Beau­coup d’humour, d’amour de tragé­dies et de déses­poirs dans la fuite de cette femme à travers le Caucase. L’enfant arri­vera en France, elle non. Toute l’horreur de notre monde actuel est très bien racon­tée dans ce petit roman.Lorsque les deux enfants Prudence du Libé­rai et Koumaïl-Blaise du Caucase font un concours des horreurs qu’ils ont déjà vécus, on revoit sans peine toutes les images qui hantent nos mémoires d’aujourd’hui. Comme beau­coup de livres avec un itiné­raire à parcou­rir l’intensité parfois décroit, mais il y a des moments inou­bliables : l’immeuble, la décharge. La fin est terrible, on se demande comment va faire le héros pour conti­nuer à vivre. C’est aussi un livre sur l’amour maternel.

3
On se laisse prendre à ce roman historique,c’est un bon roman, sans plus. Je l’ai lu cepen­dant jusqu’au bout, sans trop d’ennui. Cette période de l’inquisition en Espagne du 15e et 16e siècle est vrai­ment une horreur à vous dégoû­ter de la reli­gion catholique.

Citation

Elle ferma les paupières, comme si elle voulait tendre un voile entre elle et l’horreur. quand elle rouvrit les yeux, deux condam­nés étaient déjà la proie des flammes. Le premier agoni­sait sans un cri. Le second hurlait, suppliait et se débat­tait, tant et si bien que ses liens, déjà consu­més, se déta­chèrent. Il jeta du haut du quema­dero, torche vivante. Les bour­reaux se préci­pi­tèrent sur lui. On réus­sit à lui entra­ver les pieds, on le replon­gea dans le feu. Il y demeura l’espace d’un credo et se préci­pita à nouveau hors du bûcher. Cette fois, un des soldats l’assomma du canon de son arme avant de le reje­ter défi­ni­ti­ve­ment dans le brasier.
Une odeur âcre avait submergé l’air du couchant. Une odeur de suint, de sueur, fondue dans la pesti­lence des chairs brûlée.

Je suis assez d’accord avec cet avis trouvé sur le net

28 avril 1487 à Tolède. En pleine inqui­si­tion espa­gnole, la Dona Vivero assiste à un auto­dafé. Parmi les condam­nés, le calme appa­rent d’un homme retient toute son atten­tion. Cet homme, c’est Aben Baruel. Posses­seur du Livre de Saphir, écrit de la main de Dieu, il l’a caché avant de mourir. Par l’intermédiaire de cour­riers post-mortem, il charge trois hommes de le retrou­ver : Samuel Ezra, le rabbin ; Cheikh Ibn Sarrag, le musul­man et Raphaël Vargas, descen­dant des templiers et moine fran­cis­cain. Ces trois hommes, de confes­sions appa­rem­ment oppo­sées, vont devoir taire leurs discor­dances pour résoudre les énigmes qui jalonnent leur chemin. Car Aben Baruel a distri­bué à chacun d’eux une partie des indices. Seule leur union leur permet­tra de venir à bout de cette quête. Au cours de leur inves­ti­ga­tion, il vont croi­ser le chemin de la Dona Vivero. Elle assure déte­nir la clé finale de leur parcours.

C’est un roman qui se lit très faci­le­ment. On se laisse rapi­de­ment entraî­ner par l’intrigue et les descrip­tions de l’Espagne du 15ème siècle sont saisis­santes. Pour­tant, je n’ai pas pu m’empêcher de noter quelques invrai­sem­blances et anachro­nismes flagrants. Pour n’en citer qu’un parmi d’autres, Gilbert Sinoué écrit à la page 286 : « C’est tout de même meilleur que vos oeufs frits au lard, vos sempi­ter­nels duelos y quebran­tos, vos sardines et vos pommes de terre ».
Sachant que nous sommes en 1487, que Chris­tophe Colomb (qui inter­vient d’ailleurs dans ce récit) n’a pas encore décou­vert les Amériques, et que les pommes de terre ne seront intro­duites en Espagne qu’au 16ème siècle (1534 pour être précise), j’ai trouvé ce passage pour le moins risible… Et ce n’est pas la seule erreur indé­niable de ce roman dit « histo­rique ». Mettons donc de côté l’aspect « histo­rique », pour conservé la part « mystique ».

J’avoue que j’ai trouvé la conclu­sion assez drôle. Moi, l’athée convain­cue, j’ai toujours été persua­dée que Dieu était une idée dange­reuse. L’interprétation que j’ai faite de la fin de cette épopée n’a fait que me confor­ter dans ce sens. Mais je ne peux pas plus vous expli­quer ici, au risque de déflo­rer le ressort de l’intrigue. Un bon roman pour l’été, si on n’est pas trop diffi­cile sur l’exactitude historique.

Traduit de l’anglais ( de l’Inde) par Chris­tiane Besse

4
Très beau livre et il m’a obli­gée à lire lente­ment, cela signi­fie que le livre me passionne autant pour son histoire que son écri­ture. On y lit la diffi­culté de « sur »vivre au Bengla­desh. Beau­coup de thèmes sont abor­dés avec une grande déli­ca­tesse, la protec­tion de la nature, les rapports dans le couple et la violence des conflits dans cette région où les popu­la­tions sont parfois à la limite de la survie. La descrip­tion du raz de marée est abso­lu­ment saisis­sante. Le mélange des mythes et des faits natu­rels est très inté­res­sant. Pour une fois, dans un récit à propos de l’Inde les castes et les reli­gions sont au second plan, et on y retrouve donc les valeurs d’humanité commune à toutes les civilisations.

5
Le club de lecture auquel je parti­cipe, propose régu­liè­re­ment des BD je les lis toujours mais en géné­ral je n’aime pas, celle-ci repré­sente l’exception. Elle m’a beau­coup plu. J’apprécie à la fois l’histoire et le graphisme. Comme toujours pour les BD, j’ai dû passer du temps pour bien comprendre mais cette fois, j’ai enfin ressenti une osmose entre le dessin et l’histoire et j’ai pensé que la BD servait mieux ce récit que le roma­nesque. J’ai même proposé cette BD au coup de cœur du mois de février. Je trouve que certains visages sont très proches de nous, la ville du Mans est bien rendue et la multi­tude des person­nages enri­chit la trame de l’histoire sans la noyer sous les habi­tuelles scènes érotiques ou d’horreur.

Seul petit bémol, la façon dont le dealer se tire d’affaire, mais on peut aussi penser juste­ment que dans la vie il n’y a pas de Léonard pour sauver les gens qui se mettent dans de telles situations.

Traduit du hongrois par Georges Kassai et Zeno Bianu.

3
J’ai relu ce livre après avoir décou­vert une excel­lente critique sur un blog. Je m’y suis accro­chée, cram­pon­née, pendant quinze jours de mes vacances d’été. J’ai réussi à le finir mais je me suis vrai­ment ennuyée. Juste­ment, l’ennui ? : C’est un livre sur l’ennui de vivre ‚donc réussi ?

Trois points de vue se croisent pour expli­quer un échec amou­reux et racon­ter la fin d’une société en Hongrie. Le premier celui de la première femme d’un grand notable hongrois, qui aime son mari, hélas, elle comprend qu’il en aime une autre. Comme elle appar­tient à une couche sociale un peu moins élevée que lui, elle n’est complè­te­ment à l’aise dans son monde. La deuxième voix : le mari qui s’ennuie déses­pé­ré­ment et qui se sentira fina­le­ment trahi par la bonne qu’il a fini par épou­ser malgré l’énorme diffé­rence sociale. La bonne qui n’aime pas grand monde, mais qui est très belle son point de vue nous permet de comprendre vrai­ment le niveau social du person­nage prin­ci­pal. En toile de fond la fin de la haute bour­geoi­sie et l’arrivée des Russes en Hongrie.

Tous ces person­nages se racontent à un person­nage qu’on ne connaît pas et cela donne une lour­deur au roman qui m’a rendu la lecture parfois insupportable.

Citations

La mère du personnage principal

Voilà c’est comme ça…il y en a un qui aime plus que l’autre. Pour­tant, c’est celui qui aime qui a la tâche la plus facile. Tu aimes ton mari, alors, même si tu souffres tu as la meilleure part. Moi, il m’a fallu suppor­ter un amour que je ne parta­geais pas. Voilà qui est bien plus difficile.

Le grand bourgeois

Oui seul le petit-bour­geois est céré­mo­nieux. Car il a besoin de l’être pour se prou­ver quelque chose jusqu’à la fin de sa vie.

En fait, la plupart des êtres humains sont inca­pables de donner et de rece­voir, leur lâcheté et leur vanité s’y opposent, ils ont peur de l’échec, peur de se livrer à autrui, de révé­ler leur secret, leur triste faiblesse, leur besoin vital de tendresse.

La fin du roman

Nous sommes sortis ensemble comme de vrais amis, comme deux hommes qui avaient couché avec la même femme sous une même couver­ture. Vois-tu c’est ça, la vraie démocratie.

Traduit de L’anglais (États Unis) par Fran­çois Hirsch.

3
La ques­tion que je me pose : pour­quoi un auteur a-t-il besoin d’imaginer une fin de vie sur terre aussi atroce ? Un père et un fils errent sur une terre déso­lée après une apoca­lypse. La nature est deve­nue hostile, les hommes sont pour la plupart des hordes de canni­bales. Le dialogue du père et du fils est poignant. Quelques para­graphes sur la beauté de notre monde sonnent comme autant de mises en garde de ce que nous risquons de perdre si nous détrui­sons notre seul bien commun à tous : la planète terre.

Ce livre m’a rendue triste et m’a mise très mal à l’aise, je ne peux pas dire que je l’ai appré­cié mais je n’ai pas pu le lâcher avant la fin.

Citations

Dilaogue père fils

- J’ai dit qu’on n’était pas en train de mourir. Je n’ai pas dit qu’on ne mour­rait pas de faim.
– Mais on ne mange­rait personne ?
– Non. Personne.
– Quoi qu’il arrive.
– Jamais. Quoi qu’il arrive.
– Parce qu’on est des gentils.
– Oui.
– Et qu’on porte le feu.
– Et qu’on porte le feu. Oui.
– D’accord

Fin du livre

Autre­fois il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immo­biles dres­sées dans le courant couleur d’ambre où les bordures blanches de leurs nageoires ondu­laient douce­ment au fil de l’eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élas­tiques. Sur leur dos il y avait des dessins en poin­tillé qui étaient des cartes du monde en son deve­nir. Des cartes et des laby­rinthes. D’une chose qu’on ne pour­rait pas refaire. Ni répa­rer. Dans les vals profonds qu’elles habi­taient toutes les choses étaient plus anciennes que l’homme et leur murmure était de mystère.

4
J’avais trouvé cette réfé­rence sur un site inter­net qui recom­man­dait « une année à la campagne ». Les deux livres n’ont rien à voir mais j’ai pensé que si le premier me plai­sait pour­quoi pas celui-ci. J’ai aimé l’histoire d’amour mais le plus inté­res­sant c’est l’incompréhension de deux personnes : la femme intello cita­dine et le fermier qui bosse comme un fou. Aucun des deux ne sait, ni ne peut, faire des conces­sions, ils s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. La fin me surprend : ils feront un enfant ensemble sans avoir résolu leurs problèmes de diffé­rences. L’ensemble du roman est drôle et tonique. Comme mes lectures de l’été 2009 étaient plutôt tris­tounes, j’ai bien apprécié.

Citations

Jamais un point de croix ne fran­chira ma porte, et il est probable qu’un Käthe Koll­witz ne fran­chira la sienne. (paroles de Désirée)

Je devrais peut-être lui faire cadeau de quelques brode­ries de maman (paroles de Benny)

Elle ne sait même pas prépa­rer des boulettes de viande, ai-je dit.Elle sait seule­ment lire des livres et parler des théo­ries d’un certain Lacong (paroles de Benny).

4
Travail d’historien remar­quable à propos de l’hôpital, c’est à dire le lieu où l’on enfer­mait les enfants aban­don­nés et les indi­gents sous Louis XIV et Louis XV. Les pari­siens se sont révol­tés parce qu’ils pensaient qu’on enle­vait leurs enfants pour leur faire subir toute sorte de sévices , le travail minu­tieux de Marion Sigaut prouve que leurs craintes étaient fondées, et elle nous fait décou­vrir le trai­te­ment réservé aux enfants et aux femmes dans cet hôpi­tal. La lecture des mauvais trai­te­ments impo­sés aux enfants est vrai­ment insou­te­nable, j’ai dû souvent arrê­ter la lecture.

Citations

Si on était « gâtée », c’est à dire syphi­li­tique, le trai­te­ment à Bicêtre était obli­ga­toire, et il était le seul moyen de n’en pas mourir rapi­de­ment… Le trai­te­ment durait six semaines et consis­tait en saignées, purges, bains prolon­gés (à quatre dans des baignoires trop petites), fric­tions à la pommade mercu­rielle pour faire perdre des litres de salive. Ce trai­te­ment de choc provo­quait la perte des dents et soudait ls gencives qu’il fallait sépa­rer au bistouri. La diète était sévère, les malades crevaient de faim…

Voici la conclusion

Pour lutter contre ces crimes, il aurait fallu des moyens que personne n’avait. Personne sauf le roi. Louis XIV y avait renoncé pour n’avoir pas à faire porter à ses enfants l’opprobre qui serait retombé sur leur mère. Quant à Louis XV, bâillonné, ligoté par son vice, il était le plus mal placé pour tenter quoi que ce soit contre les trafi­quants d’enfants. Après sa mort, la chape de plomb s’abattit sur l’affaire et son succes­seur dut affron­ter d’autres problèmes. Et le silence retomba sur les sombres trafics de l’Hôpital général.