
Éditions Notab/Lia, 180 pages, mai 2026
C’est encore un roman dont j’ai conseillé l’achat à ma médiathèque suite à vos avis très favorables d’Yvan par exemple. J’ai récemment vu que Violette en a fait un coup de cœur. Mais je sais que j’ai lu auparavant d’autres avis positifs. Le charme de ce livre tient pour moi dans l’évocation des îles Féroé , l’auteur sait vraiment nous faire ressentir au plus près de ses propres sensations ces îles au climat rude toujours fouettées par le vent. Le chagrin de Jonas le père de la petite Anna née d’une mère si alcoolique qu’elle accouche d’un bébé qui ne pourra pas vivre très longtemps est touchant et dans un premier temps j’étais persuadée, moi aussi, de faire de ce roman un coup de cœur, mais on tourne en rond dans cette histoire , car tous les personnages , Olga la mère, Elin la tante, Ana et Jonas racontent chacun à leur tour le drame de ce pauvre bébé, le seuil en bois de la maison prend aussi la parole, le bonnet en laine tricoté pour le bébé aussi, ainsi que le village … J’avoue que je suis restée extérieure à ce procédé quant aux sept poèmes qui décrivent le vent de cette région, leurs souffles n’ont pas réussi à me ravir. En revanche, j’ai bien aimé la façon dont l’auteur se raconte comme visiteur de cette région qu’il aime mais où il sera toujours « l’ Étranger », ces quelques remarques sur la prononciation des noms de lieux m’ont fait sourire.
Malgré mes réticences je dois dire que ce roman m’a fait voyager dans une région que l’auteur sait très bien décrire.
Extraits
Gjóv
Quelle qu’en soit la raison, s’il vous prend un jour l’envie de savoir à quoi ressemble les paysages de l’archipel des Féroé, faites comme tout le monde : ouvrez un moteur de recherche, rubrique « Images ». Parmi les photos qui s’afficheront alors, vous tomberez immanquablement sur moi. Savoir en quelle position j’apparaîtrai, ça, en revanche, c’est une autre histoire… Il faut dire que la concurrence est rude..
Les toits d’herbe.
Son toit est recouvert d’herbes folles, comme tous les autres toits de l’archipel, en vertu d’une tradition millénaire. Vu de dehors, c’est très photogénique l’être humain en harmonie avec la nature, se fondant en elle en toute discrétion, un écohabitat qui s’ignore, à la mode avant l’heure. Une fois à l’intérieur, c’est autre chose. Pendant plusieurs jours, le temps de s’y habituer (et encore seulement un peu), on a vraiment la sensation d’être enterré vivant. Même l’échappatoire de la fenêtre ne suffit pas à réprimer l’angoisse qui monte dans la gorge et fait palpiter les jugulaires. Le pire, c’est la nuit. On reste immobile dans son lit à regarder le plafond, en respirant lentement, comme s’il fallait vraiment économiser chaque bouffée d’air. C’est idiot, mais irrépressible.
L’étranger.
J’avais beau et multiplier les séjours Gjógv et les Féroé ne m’appartiendront jamais. Je serai toujours l’Étranger. Une curiosité pour les habitants, surpris de me voir revenir si souvent, certains se demandant – et moi, c’est cela qui me surprend – ce que je peux bien trouver à leur île au climat si rude. La première fois, un mois de juillet, je n’étais pour eux qu’un touriste au milieu des autres, noyé, confondu parmi ceux qui n’étaient là que pour le cliché instagrammable, deux trois respirations iodées et un » C’est vraiment encore plus beau qu’en photo ! ». Ceux qui viennent pour voir et non pour regarder.

La couverture est déjà une invitation au voyage. Je ne suis pas très sensible à la poésie mais ce que tu dis de ce livre donne envie.
Un pays étrange et très bien décrit.
J’avais exprimé des bémols, mais pas les mêmes que toi, plutôt liés au fait que des objets soient narrateurs,u procédé auquel j’ai du mal à adhérer. J’avais sinon beaucoup apprécié l’écriture de l’auteur que j’ai trouvé très sensible.
Je le dis aussi , mais j’ai bien aimé l’évocation de cette île.