Éditions Gallimard, 422 pages, juin 2025
Traduit de l’allemand par Rose Labourie
Quel dommage de commencer le mois de novembre, le mois des feuilles allemandes par une telle déception ! J’ai vraiment été attirée par la quatrième de couverture , une histoire d’amour en RDA d’une toute jeune femme avec un homme de 34 ans de plus qu’elle qui « vacille en même temps que le mur de Berlin » .
C’est un roman très dense sans aucune respiration, et si Hans ce potentat intellectuel du régime est fort antipathique , c’est surtout elle, Katharina que je n’arrive pas à comprendre. Nous sommes deux ans avant la chute du mur Pour commencer le coup de foudre absolu et incontrôlable au premier regard dans le bus, je n’ai vraiment pas pu y croire, mais ok, il faut bien commencer. Et puis ce qui m’intéressait c’était de sentir la RDA à travers cette histoire. Mais rien, ils vivent bien, sans aucune allusion à la Stasi, ou autre forme de répression politique. Hans se souvient de son père nazi convaincu et de sa propre jeunesse hitlérienne sans que cela soit très important. À un tiers du roman, Katharina va fêter l’anniversaire de sa grand mère à Cologne, j’attendais ce passage avec impatience car je me souvenais du choc que les habitants de l’ex-RDA qui traversaient en 1989 cette frontière enfin abolie, mais que nenni, Katharina ne retiendra que deux chose absolument choquantes : de mendiants assis dans la rue, elle n’en avait jamais vu dans son pays, et un énorme sexshop dans lequel son éducation sexuelle s’est trouvé grandement accélérée. Sa grand mère vit dans un appartement en sous-sol moins confortable que celui de sa mère à Berlin et si elle a pu faire des courses de vêtements cela ne l’a pas plus passionné que cela . Il faut dire qu’elle ne pensait qu’à son Hans. J’ai commencé à me détacher du roman dans la scène où celui-ci la frappe violemment à coups de ceinturon et que cela donne envie à Katharina d’avoir un enfant de lui. Ensuite j’ai continué pour enfin voir si cette triple cruche allait enfin se séparer de lui mais, trois sent pages plus loin , Hans la domine toujours et alors qu’elle a absolument tous les moyens de ne plus être avec lui, puisqu’il est marié et ne veut pas quitter sa femme, elle subit sa loi et sa perversité. Donc tout ce que j’ai lu attentivement, c’est une histoire d’amour à laquelle je n’ai pas cru en attendant la réaction de Katharina qui n’est jamais venue.
Je me suis mortellement ennuyée et il faut aussi que j’avoue que les deux cent dernières pages, je les ai survolées plutôt que lues. C’est peut être à ce moment là que se situe « le roman magistral sur la fin de l’Allemagne de l’Est, la complexité des sentiments et la conscience historique » dixit toujours la quatrième de couverture !
Extraits.
Début du prologue.
Viendras-tu à mon enterrement ?Les yeux baissés, posés sur la tasse de café, devant elle ne répond pas.Viendras-tu à mon enterrement ? insiste-t-il.Elle dit : Tu es encore bien vivant.Mais ils demandent pour la troisième fois : Viendras-tu à mon enterrement ?Oui, dit-elle, bien sûr que je viendrai à ton enterrement.
Début du roman.
Ce vendredi de juillet, elle pensait : Quand il se décidera à venir je ne serai plus là.Ce vendredi de juillet, il passa la journée à travailler sur deux lignes. Le pain est plus durement gagné qu’on ne saurait l’imaginer, pensait-il.Elle pensa : Et il verra bien.Il pensa : Et je ne ferai pas mieux aujourd’hui.
Fin d’une la scène d’amour en écoutant le requiem de Mozart.
Si, se retournant une dernière fois, on regarde la terre désormais trop lointaine pour que quoi que ce soit puisse y remédier, la longueur du chemin parcourue de la tombe à la barre du tribunal céleste saute aux yeux. L’ascension a duré près de deux octaves entières, uniquement en demi-tons à travers la masse dense de l’espoir et de la peur.Une fois que les soupirs et les gémissements ont laissé place au silence, les deux corps restent étendus côte à côte dans l’obscurité. Rien ne sera plus jamais que aujourd’hui, pense Hans. Désormais, il en ira toujours ainsi pense Katharina..
Cette scène m’a détachée du roman.
À moins que tu ne m’attaches pour que je ne puisse pas m’enfuir ? demande-t-elle à Hans. Peut-être. Alors, je te fais peur ?
Sans répondre, Hans dénoue délicatement les liens de ses chevilles, défait la boucle de sa ceinture, la retire et dit à Katharina : Mets-toi sur le côté.Il la frappe une fois, deux fois, trois fois, Katharina tressaillant sous ses coups, la peau marbrée de rouge. Puis il repose la ceinture et se penche pour embrasser les zébrures rouges déjà tuméfiées.Maintenant, pense Katharina, elle le connaît entièrement. Est-ce lui qui s’est livré à elle ou elle à lui ? Ou est-ce du pareil au même quand l’amour est une affaire sérieuse ?Tu sais, dit-elle, une fois que Hans lui a détaché les mains et s’est couché à côté d’elle, elle a la tête posée sur son bras, tu sais que je pourrais imaginer avoir un enfant avec toi ?

