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Il aurait fallu si peu de chose pour que ce livre ne soit jamais écrit : que le place­ment de Lyes par l’ASE, qui avait si bien commencé dans une famille aimante prête à l’adop­ter ne quitte la région pari­sienne. Comme il le dit lui même, ces cinq ans de bonheur normal lui ont sans doute forgé des forces pour être debout aujourd’­hui. Ensuite ce sera l’en­fer pour lui d’abord, et lorsque les adultes qui auront à s’oc­cu­per de lui l’au­ront bien écra­bouillé et détruit en lui, toute trace de naïveté de son enfance, ce sera l’en­fer pour tous ceux ou celles qui devront l’ap­pro­cher.

Il veut témoi­gner de ce que sont les foyers où on mélange les enfants de 8 ans avec des jeunes de 17 ans, du peu de surveillance de certaines famille d’ac­cueil, de l’ab­sur­dité des place­ments succes­sifs, l’abus de l’uti­li­sa­tion des médi­ca­ments lors­qu’un enfant est agité et du mal que peut créer le lien avec la mère biolo­gique au détri­ment de l’en­fant. Un argu­ment donné par son réfé­rent de L’ASE pour ne pas le lais­ser dans la famille d’ac­cueil qui voulait abso­lu­ment le garder (et qui a su conser­ver un lien avec lui), c’est que sa mère inter­née en HP ne gardait que ce fil si fragile pour ne pas sombrer dans une démence encore plus grave.

Encore un témoi­gnage impor­tant pour ne pas oublier que dans notre société on est loin de faire tout ce qu’il faut pour des enfants privés de parents respon­sables, c’est dans ce foyer qu’il pren­dra conscience qu’il est « arabe » et j’ai lu son témoi­gnage en pensant aux frères Koua­chi, ils ont connu eux-aussi aussi l’en­fer des foyers, et les éduca­teurs les trou­vaient… « gentils » !