Édition Galli­mard. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Une belle décou­verte que cette auteure qui a un style très parti­cu­lier, entre poésie et réalisme.
L’his­toire se résume en peu de mots, une femme d’abord prénommé Éliette et qui devien­dra Phénix, est trop, mais, mal aimée par ses parents et ne saura pas, à son tour, aimer ses deux enfants : sa fille Paloma et son fils Loup. Éliette était une enfant d’une beauté incroyable et un début de talent de chan­teuse, ses parents d’un milieu popu­laire en font, naïve­ment et sans penser la détruire, une petite poupée qui chante en public en parti­cu­lier au Noël de l’usine devant tout le village. Ce corps trop beau et vieilli avant l’âge attire les convoi­tises des hommes, et détruira l’âme d’Éliette. Paloma, sa fille quit­tera, à 18 ans, le domi­cile de sa mère, un garage pour pièces déta­chées dans une zone péri-urbaine, pour se construire une vie plus calme mais elle aban­donne son frère Loup à ce lieu sans amour. Loup pren­dra la fuite en voiture sans permis et bles­sera d’autres auto­mo­bi­listes, il fera huit jours de prison. Il y a bien sûr un inci­dent qui peut expli­quer la conduite d’Éliette, mais l’au­teur n’in­siste pas, elle montre à quel point l’en­fant était mal dans sa peau d’être ainsi montrée en public à cause de sa beauté et de sa façon de chan­ter. Pour punir ses parents elle s’en­lai­dira au maxi­mum, et sa voix devien­dra désa­gréable. Bref de trop, et mal aimée elle passe au stade de rebelle et entraîne dans cette rébel­lion ses deux enfants. Le roman se situe quand Loup est en prison et que Paloma et sa mère essaie de comprendre leur passé respec­tif. Tout le charme de ce texte tient à la langue de Nata­cha Appa­nah, on accepte tout de ce récit car elle nous donne envie de la croire, elle ne décrit sans doute qu’une facette de la violence sociale et la poétise sans doute à l’ex­cès mais c’est plus agréable de la lire comme ça, cette violence sociale, que dans le maxi­mum du glauque et du violent qui me fait souvent très peur. Et pour autant elle n’édul­core pas la misère du manque d’amour mater­nel et des dégâts que cela peut faire.

Citations

L’art du tatouage

Son biceps gauche est encer­clé de trous lignes épaisse d’un centi­mètre chacune, d’un noir de jais. Sur son poignet droit, elle porte trois lignes du même noir mais aussi fine qu’un trait de stylo. Une liane de lierre, d’un vert profond, naît sous la saillie de la malléole, entoure sa cheville gauche, grimpe en s’en­tor­tillant le long de sa jambe et dispa­raît sur sous sa robe. Entre ses seins, que l’ou­ver­ture de sa chemise de nuit laisse entre­voir, il y a un oiseau à crête aux deux ailes déployées, à la queue majes­tueuse. C’est le premier tatouage qu’elle s’est fait faire à dix huit ans, pour inscrire à jamais le prénom qu’elle a qu’elle s’était choisi : Phénix. 

Impression que je partage même si, moi, j aime la ville

Georges n’a jamais aimé la ville mais il aime bien les gares. Celle-ci n’est pas trop grande, pas encore en tout cas. Il a l’im­pres­sion que tous ce qui était à taille humaine, recon­nais­sable, inof­fen­sif, est aujourd’­hui cassé, agrandi, trans­formé. Les cafés, les ciné­mas, les maga­sins, les stations services, les routes, à croire que tout est fait pour que les hommes se sentent mal à l’aise, tournent en rond et se perdent.

Portrait amusant

D’ha­bi­tude, elle est de ces femmes à ne jamais cesser de bavar­der, grandes histoires, petits détails,un véri­table moulin à paroles, et le docteur Michel soup­çonne que c’est le genre de femme à commen­ter, seule chez elle, sa vie.

Bien observé

Il y a donc ce gâteau dont l’emballage préci­sait « trans­formé en France et assem­blé dans nos dans nos ateliers »

14 Thoughts on “Le Ciel par-dessus le Toit – Natacha APPANAH

  1. J’aime bien les styles poétiques, alors je vais regar­der ça de plus près…

  2. J’ai déjà lu deux ou trois romans de cette auteure, et j’aime bien, surtout son style, sans être non plus confite d’en­thou­siasme (ça se dit, ça ?). Bref, je lirai volon­tiers Le ciel par-dessus le toit, quand je le trou­ve­rai.

  3. J’aime bien ses romans, et celui-ci aussi, mais malheu­reu­se­ment, ils ne me restent jamais en mémoire, c’est un plai­sir de l’ins­tant.

  4. J’ai envie de décou­vrir cette auteure depuis long­temps, mais ce n’est pas encore fait.

  5. je n’ai lu qu’un livre de cette auteure, je vois qu’il me reste des décou­vertes à faire

  6. Pour­quoi pas, puisque la violence est adou­cie par le style.

  7. Je n’ai lu que La noce d’Anna de cette auteure, pas du tout convain­cue par le trai­te­ment du sujet ( une histoire de mariage et rela­tion mère fille dont l’in­té­rêt m’avait complé­te­ment échappé). Mais là, ce que tu dis de ce titre me tente !

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