Traduit de l’an­glais écosse par Céline Schwal­ler 

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Véri­table coup cœur pour moi que je n’ex­plique pas complè­te­ment. Je vais énumé­rer ce qui m’a plu :

  • J’ai retrouvé l’am­biance des films britan­niques que j’ap­pré­cie tout parti­cu­liè­re­ment au festi­val de Dinard.
  • J’ai adoré les senti­ments qui lient les deux héroïnes, deux sœurs diffé­rentes mais qui s’épaulent pour sortir de la mouise.
  • Je suis certaine que, lors­qu’on va mal, la beauté de la nature est une source d’équi­libre.
  • Les person­nages secon­daires ont une véri­table impor­tance et enri­chissent le récit.
  • La mère va vers une rédemp­tion à laquelle on peut croire.
  • La fin n’est pas un Happy-End total mais rend le récit crédible.
  • Le carac­tère de la petite est drôle et allège le récit qui sinon serait trop glauque.

Voilà entre autre, ce qui m’a plu, évidem­ment la survie dans la nature encore sauvage des High­lands est diffi­cile à imagi­ner, pour cela il faut deux ingré­dients qui sont dans le roman. D’abord un besoin absolu de fuir la ville et ses conforts. Sal l’aî­née en fuyant l’hor­reur abso­lue de sa vie d’en­fant a commis un geste qui ne lui permet plus de vivre chez elle. Il faut aussi que les personnes soit formées à la survie en forêt, et Sal depuis un an étudie toutes tes façons de survivre dans la nature. Malgré ces compé­tences, les deux fillettes auront besoin d’aide et c’est là qu’in­ter­vient Ingrid une femme méde­cin qui a fui l’hu­ma­nité elle aussi, mais pour d’autres raisons. Sa vie est passion­nante et c’est une belle rencontre. C’est diffi­cile à croire, peut-être, mais j’ai accepté ce récit qui est autant un hymne à la nature qu’un espoir dans la vie même quand celle-ci a refusé de vous faire le moindre cadeau.

Les High­lands :

Citations

La maltraitance

J’avais envi­sagé de le racon­ter pour Robert et qu’il comp­tait bien­tôt aller dans la chambre de Peppa aussi qu’il battait m’man et qu’il était saoul et défoncé tout le temps. Mais je savais que la première chose qui se passe­rait serait qu’il se ferait arrê­ter et qu’on nous emmè­ne­rait et qu’on serait séparé parce que c’est ce qui se passait toujours. En plus personne ne croi­rait que m’man n’était pas au courant et on l’ac­cu­se­rait peut-être de maltrai­tance ou de négli­gence et elle irait en prison. J’avais lu des histoires là dessus sur des sites d’in­for­ma­tions, où la mère était condam­née et allait en prison et où le beau-père y allait pour plus long­temps parce que c’était lui qui avait fait tous les trucs horribles comme tuer un bébé ou affa­mer une petite fille, mais il disait que la mère avait laissé faire et elle se faisait coffrer aussi. Ils accusent toujours la mère d’un gamin qui se fait maltrai­ter au frap­per, mais c’est toujours l’homme qui le fait.

L’étude de la survie

Tout en atten­dant à côté du feu éteint d’en­tendre quelque chose j’ai essayé de mettre un plan au point. Les chas­seurs essaient de prévoir la réac­tion de leur proie pour savoir où et quand il les trou­ve­ront, ils savent ce qu’elles cherchent comme de l’eau et de la nour­ri­ture et ils adaptent leur propre compor­te­ment en fonc­tion. Les préda­teurs exploitent les besoins des proies pour essayer de les attra­per quand elles sont les plus vulné­rables comme lors­qu’elles font caca ou se nour­rissent.

La nature

C’était la première fois que je voyais des blai­reaux ailleurs que sur un écran et même s’ils étalent plus gros qu’on aurait pu le croire ils se dépla­çaient en souplesse avec leur dos qui ondu­lait. Les deux plus petits ont commencé à foui­ner dans la neige et les feuilles et l’un d’eux n’ar­rê­tait pas de partir et de reve­nir en courant vers les autres comme s’il voulait jouer. Le gros a humé l’air puis il est parti sur une des pistes qui venait presque droit sur nous. Les deux autres l’ont suivi et tous les trois se sont appro­chés de nous en ondu­lant et la m’man m’a saisi la main et me l’a serrée quand je l’ai regar­dée elle avait la bouche ouverte sur un immense sourire et ses yeux étaient tout écar­quillés et brillant comme si elle n’en reve­nait pas. Comme les trois blai­reaux s’ap­pro­chaient de plus en plus de notre arbre on est resté parfai­te­ment immo­bile. Ils ont conti­nué d’avan­cer et on les enten­dait grat­ter dans la neige et on voyait les poils gris et noir de leur pelage bouger et ondoyer à mesure qu’ils marchaient. À envi­ron quatre mètres de nous le gros s’est arrêté puis il a levé la tête et nous a regardé bien en face. Il nous fixait dans les yeux tandis que les deux autres avaient le nez baissé et conti­nuaient de reni­fler et de grat­ter la terre derrière lui. Ils ont levé les yeux à ce moment là et nous ont fixé tous les trois. J’avais envie de rire parce qu’ils avaient l’air carré­ment surpris avec leurs petites oreilles dres­sées. M’man relâ­chait son souffle très douce­ment. On est restées comme ça pendant que les minutes passaient dans le bois silen­cieux, maman et moi sous un arbre en train de fixer trois blai­reaux.

24 Thoughts on “Manuel de survie à l’usage des jeunes filles – Mick KITSON

  1. Déjà noté, tu confirmes que ce roman est à ne pas perdre de vue !

  2. j’ai beau­coup aimé ce livre même si parfois le trait est un rien forcé
    je ne fais pas de billet car je compte l’of­frir à l’une de mes petites filles à noël alors je reste discrète

  3. J’ai l’in­ten­tion de le lire, j’at­tends qu’il arrive à la biblio­thèque.

  4. J’ai l’im­pres­sion que c’est la grande mode du moment ce genre de récit de survie, de fuite du monde et d’iso­le­ment. A petite dose j’ap­pré­cie mais il ne faut pas non plus frôler l’over­dose.

    • mode ou pas mode, je sais que la nature a sur les gens dépres­sifs un pouvoir que l’on n’ima­gine pas tant qu’on est pas passé par là, mais ici c’est l’idée que la nature peut être un refuge pour des êtres trop cabos­sés par la vie. C’est vrai que c’est un peu à la mode.

  5. Une très belle surprise que ce premier roman oui, il faut que je trouve le temps d’en parler !

  6. Bravo ! Tu m’as convain­cue !

  7. keisha on 29 octobre 2018 at 13:56 said:

    J’ai pas mal d’hé­si­ta­tions, là… Si ! Bon, OK, s’il est à la bibli, sinon je pass­rai à côté d’une survie nature, inceste et cie… ^_​^

  8. Alors que je ne suis pas très Nature, le charme de ce roman a aussi opéré sur moi…

    • Moi non plus je ne suis pas très nature,je suis pas très capable de dire pour­quoi j’ai tant aimé. Le couple de soeurs et sans doute l’in­fluence du cinéma britan­nique.

  9. Je ne l’avais pas noté, mais tu donnes envie !

  10. Bonjour Luocine, celui là, je l’ai noté. Je n’ai lu et entendu que du bien à son propos. Bonne jour­née.

  11. je crois qu’il me convien­drait parfai­te­ment !

  12. Ce que j’en ai lu évoque un récit hybride, entre conte et fable, avec des person­nages qui rappellent ogres, fées et loup. Avez-vous ressenti aussi ce côté non réaliste ?

    • Ce côté un peu mythique peut corres­pondre à l’esprit des jeunes héroïnes, mais le fond du roman est réaliste. Je n’ adhère que rare­ment au fantas­tique, et là il ne m’a pas déran­gée.

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