20151010_105342Traduit, de façon si agréable que l’on pense que ce roman est écrit en fran­çais, par Laurent LOMBARD.

Après l’hor­reur du 13 novembre à Paris, nous devons, nous, les blogueurs et blogueuses amou­reux des livres, surveiller qu’au­cune petite lumière char­gée de culture, d’es­poir et d’hu­ma­nité ne s’éteigne à jamais.

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C’est un article d’Aifelle, suivi de tous vos commen­taires, qui m’ont diri­gée vers cette lecture. Quel petit bijou ! Tota­le­ment inclas­sable, mais dans une langue si belle que l’on pour­rait oublier la narra­tion. Je comprends bien pour­quoi toutes les blogueuses qui aiment l’évo­ca­tion de la nature ont été subju­guées, moi j’y suis moins sensible et pour­tant la langue poétique Anto­nio Moresco a su complè­te­ment me séduire. J’ai lu et relu les descrip­tions des arbres, des plantes, des vols d’hi­ron­delles. Tout est d’une majesté mais aussi d’une préci­sion à couper le souffle. Autant l’his­toire ne se décide pas entre le réel et le surna­tu­rel, autant les évoca­tions de tous les éléments sont prati­que­ment l’œuvre d’un scien­ti­fique spécia­liste de la nature. De l’in­fini petit jusqu’à de l’in­fini de l’uni­vers. C’est grâce à cela que j’ai accepté de ne pas exac­te­ment comprendre si l’en­fant et la petite lumière sont de notre monde ou pas, si le narra­teur les rejoint dans l’in­fini de l’uni­vers ou dans la mort. Un jour la nature sera là pour englou­tir toutes les créa­tions humaines à l’image de ce village de montagne aban­donné par les hommes et régu­liè­re­ment secoué par des trem­ble­ments de terre.

Citations

La beauté d’une description qui sonne juste

Quand il y a la lune, on voit distinc­te­ment, éclairé comme en plein jour par sa lumière spec­trale, le talus de la petite route envahi par la végé­ta­tion, les préci­pices d’où monte un bruit d’eau creu­sant son lit dans les antres sonores des montagnes impré­gnées de pluie, les hautes silhouettes des arbres qui se découpent sur le ciel. Il n’y a que la nuit, dans la lumière lunaire, que l’on comprend ce que sont les arbres, ces colonnes de bois et d’écume qui s’élancent vers l’es­pace vide du ciel.

Un châtaigner et la question du livre

En face, plus bas, sur l’à-pic recou­vert de forêts, se dresse un châtai­gner moitié vivant et moitié mort. Sa haute cime s’élève, nue et blanche, sur le vert des arbres, pétri­fiée, tandis que le reste est un déchaî­ne­ment luxu­riant de feuilles. Il y en a beau­coup d’autres comme ça, des châtai­gniers surtout, je crois. Certains sont presque complè­te­ment morts, et se découpent sur la forêt dans leur évidence spec­trale. Mais, de quelque point de ces troncs fossiles, quand c’est la saison, partent deux ou trois branches char­gées de bogues à se briser.
Parfois je m’ar­rête devant un de ces arbres et je le regarde.
– Mais comment on peut vivre comme ça ? je lui demande. C’est impos­sible pour les hommes : ou ils sont vivants ou ils sont morts. Enfin, c’est ce qu’on croit…

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Traduit de l’Ita­lien par Béatrice Vierne.

Citation qui donne tout son sens à cet essai

Ah la vérité histo­rique… C’est une île imagi­naire, elle ouvre des trous noirs qu’on ne peut rempla­cer qu’au condi­tion­nel. 

3Toujours Domi­nique tenta­trice pour les voyages inso­lites, mais j’ai été beau­coup moins convain­cue que par « Aux fron­tières de l’Eu­rope », certes je suis séduite par l’éru­di­tion de cet auteur et aussi son talent à nous faire revivre Hanni­bal que l’on ne connaît qu’à travers ses enne­mis qu’il a bien failli anéan­tir : les Romains. Mais ma progres­sion dans ce voyage fut labo­rieux, je n’ai pas retrouvé l’al­lant de ma précé­dente lecture. Certes, le sujet passionne les érudits et ce chef de guerre est bien diffi­cile à cerner. Il y a tant de légendes qui courent sur son compte. Où est donc la vérité ?

Surtout que l’on sait bien que Rome n’a eu de cesse que d’ef­fa­cer toutes les traces de celui qui a les a presque fait dispa­raître de l’his­toire de l’hu­ma­nité. Les lieux sont bien diffi­ciles à mettre sur une carte, car même les lits des rivières ont évolué depuis les guerres puniques. Alors où se trouve, donc, Cannes qui a vu l’extermination de 60 000 soldats ? Bataille mémo­rable, encore étudiée dans les écoles mili­taires mais dont on ne retrouve aucune trace à l’en­droit où l’on a cru pendant long­temps qu’elle s’était dérou­lée. Toute l’Ita­lie est là dans ce récit, la romaine comme la catho­lique, la fasciste comme celle d’aujourd’hui, mais tant d’éru­di­tion et d’hé­si­ta­tions sur ce qui s’est vrai­ment passé ont fini par épui­ser ma réserve de bonne volonté.

Citations

Réflexion sur notre époque

Vingt-deux siècles, ce n’est qu’un souffle dans l’his­toire humaine. Je repense à ce que me racon­taient mes grands-parents et je m’aper­çois qu’en effet il existe encore un fil rouge qui me relie à l’An­ti­quité. Je ne sais pas si mes fils pour­ront en dire autant, dans cette société qui tue le temps avec l’hy­per­vé­lo­cité télé­ma­tique.

Remarque sur les chaînes d’hôtels

Lorsque j’ar­rive à l’hô­tel, un block­haus glacial, affligé de la déco­ra­tion funé­raire propre aux chaînes hôte­lières améri­caine…

Dégâts du béton

En Espagne vous dira-t-on , le béton « a fait plus de dégâts que la guerre civile ». Le béton des pots-de-vin, bien évidem­ment. Un assaut de spécu­la­tions immo­bi­lières, qui au cours de ces dernières années a donné lieu à des faillites spec­ta­cu­laires et à des fuites rocam­bo­lesques avec le butin, parmi les délices de Marbella.

Tourisme fluvial

Je me dis : cette Europe fluviale somno­lente est vrai­ment un conti­nent inconnu, avec ses marins d’eau douce qui sont bien les seuls à célé­brer les joies de la lenteur dans une ultime zone franche assié­gée par le vacarme de la terre ferme.

L’Italie aujourd’hui

Au sortir des Alpes commence la plaine des Italiens moyens qui déam­bulent avec leur portable vissé à l’oreille. Mon peuple est en apnée sous des nuages de mous­son, avan­çant à la queue leu leu dans le laby­rinthe d’un réseau routier dément. Entre­pôts, herbes folles et insulte à la mémoire sont visibles de partout dans cet espace qui paraît avoir perdu chacune de ses lignes direc­trices

Pour réfléchir

Les provinces se prennent par la force, mais se gouvernent par le droit. Elles sont faciles à conqué­rir, diffi­ciles à conser­ver. (Héro­dote)

La modernité

la mort du mythe est le phéno­mène le plus obscène des temps modernes. C’est la fin de l’en­chan­te­ment, de l’ima­gi­na­tion , du désir.

Exploit de Jules César

Jules César qui déplaça ses hommes de la Toscane à l’An­da­lou­sie en vingt-huit jours à peine.

SONY DSCTraduit de l’ita­lien par Danièle VALIN.

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J’avais beau­coup aimé « Eva dort », ensuite j’ai lu dans les blogs que je fréquente tout le bien que vous pensiez de ce deuxième roman : Domi­nique qui a su trou­ver et les mots et les photos qui conve­naient pour m’at­ti­rer, Krol à sa façon sans rien dire du roman mais en expli­quant son plai­sir de lectrice, et bien d’autres encore (j’ai malheu­reu­se­ment effacé ma liste des livres à lire de l’an dernier, je ne peux donc pas citer tous les blogs).

J’ai lu ce roman d’une traite, touchée par la douleur de Luisa et de Paolo qui viennent voir dans une prison de haute sécu­rité sur une île, l’une son mari violent et assas­sin, et l’autre son fils révo­lu­tion­naire et crimi­nel. Leur souf­france est décrite de façon si exacte et si précise, que l’on ressort boule­versé par cette lecture. Fran­cesca Melan­dri, a concen­tré tout son talent à ne parler que du point de vue des trois person­nages : Luisa, l’agri­cul­trice qui a dû subir les violences de son mari et qui n’est pas éton­née que celui-ci ait tué un des gardiens. Paulo qui porte en lui toute la culpa­bi­lité d’avoir un fils qui a commis de telles atro­ci­tés au nom d’un idéal qu’il lui a lui-même ensei­gné, et enfin le gardien Nitti Pier­fran­cesco, qui a peur de perdre son huma­nité tant la violence est impor­tante dans ce genre d’uni­vers carcé­ral.

Il ne s’agit pas d’un docu­ment et Fran­cesca Melan­dri ne veut donner aucun rensei­gne­ment qui pour­rait écar­ter son lecteur de son propos : ce que ressentent les proches de ceux qui ont commis de tels actes. Au début cela me gênait de ne pas mettre un nom sur l’île où sont enfer­més ces gens si dange­reux . Mais peu à peu, j’ai accepté le parti pris de l’au­teure. On ne saura pas, non plus, ce que pensent les déte­nus et la visite si impor­tante pour leur famille n’est pas racon­tée. Il s’agit seule­ment de ceux qui n’ont rien fait de mal et qui souffrent d’avoir un membre de leur famille qui les oblige à fréquen­ter ce genre de lieux. Leurs peines sont diffé­rentes, le gardien Nitti perd son âme et commet souvent des actes qui le dégoutent, Paolo se sent respon­sable et coupable, Luisa est en quelque sorte soula­gée de ne plus être confron­tée à la violence, sans pour autant reje­ter ce mari qui était un homme travailleur.

J’ai beau­coup aimé la fin du roman qui ne tombe dans aucune mièvre­rie, mais je me serai volon­tiers passé du dernier chapitre (trente ans après), le fou-rire de Luisa et Paolo me suffi­sait.

Citations

La douleur d’une mère

Quand Emilia vit entrer son fils par la porte au bout de la salle, elle se mit à pleu­rer. Sans arrêt, tout au long de la visite. Des larmes silen­cieuses, sans gémis­se­ments ni sanglots, rien qu’un inces­sant jaillis­se­ment d’eau de ses yeux. « Les cata­ractes du ciel » se surprit à penser Paolo : sa femme femme pleu­rait comme un déluge divin. On aurait dit qu’elle voulait de verser hors d’elle tout le liquide orga­nique, se dessé­cher, se réduire à l’état de momie. 

La comédie de la souffrance

À la fin de la rencontre avec leurs parents, il n’y avait eu de ces drames, ces implo­ra­tions, ces larmes, auxquels s’aban­don­naient trop d’entre eux, beau­coup trop. C’étaient surtout les femmes des chefs de clan qui tenaient à montrer à leurs hommes combien cette sépa­ra­tion était insup­por­table. Le gardien Gamba soup­çon­nait juste­ment les femmes qui piquaient des crises de nerfs à la fin de la visite d’être celles qui cocu­fiaient le plus leurs maris en prison. Natu­rel­le­ment, il avait toujours gardé pour lui cette convic­tion, il ne tenait pas à finir poignardé. 

La lutte armée clandestine

En revanche, il avait connu très peu d’en­fants de déte­nus, à part quelques-uns en bas âge. Ceux qui s’étaient enga­gés dans cette voix – clan­des­ti­nité d’abord, prison ensuite – l’avaient fait jeunes, même très jeunes parfois : bien peu avaient eu le temps de se repro­duire avant. L’ob­jet de toute leur tendresse et de leurs soins était la lutte armée qui, à la diffé­rence d’un enfant, pouvait gran­dir aussi dans des appar­te­ments loués sous un faux nom.

Le pouvoir des mots

Le premier était sûre­ment « révo­lu­tion ». Qui n’est pas laid en soi, pensa Paolo, comme chose et encore moins comme mot… C’était simple, au fond. Quand la chose corres­pond au mot on fait de l’His­toire. Mais s’il n’y a que le mot, alors c’est de la folie. Ou bien trom­pe­rie, mysti­fi­ca­tion. 

Traduit de l’ita­lien par Danièle Valin

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Est-ce-que tout a été écrit sur l’ex­ter­mi­na­tion des juifs par les nazis ? Non évidem­ment et ne le sera sans doute jamais. Je remarque qu’an­non­cer qu’un roman traite de ce sujet attire souvent la remarque : « encore ! ». Oui, encore et encore une fois, j’ai été émue et touchée. Pas seule­ment parce que l’écri­vain a trouvé un angle origi­nal pour nous trans­mettre ces horreurs du passé, mais parce qu’il m’a boule­ver­sée à l évoca­tion d’Au­sch­witz et de la liqui­da­tion du ghetto de Varso­vie. C’est impor­tant qu’un écri­vain trouve, aujourd’­hui encore, les mots et les phrases pour réveiller ma conscience qui préfère s’en­dor­mir. D’autres violences humaines sont venues après la Shoah, mais celle là fut si terrible qu’elle a une place à part dans ma mémoire.

L’ori­gi­na­lité du roman ? C’est de se mettre dans la conscience d’une fille de crimi­nel de guerre qui, tout le reste de sa vie, a fuit la justice.

Le seul tort que cet homme se recon­naisse c’est d’avoir perdu la guerre (d’où le titre du livre). Le point de vue de cette jeune femme est très inté­res­sant et je comprends très bien ce qu’elle veut dire en parlant de trace de « rouille » dans son sang. Sa réac­tion a été de plus jamais trans­mettre la vie pour que cette lignée de crimi­nels s’ar­rête avec elle : dur mais compré­hen­sible ?

Un récit poignant qui me trotte, depuis, dans la tête

Citation

Propos sur l’his­toire

L’his­toire m’en­nuie. Ce qui s’est passé avant ma nais­sance ne me concerne pas et ne m’in­té­resse nulle­ment. L’his­toire a été un casier judi­ciaire, une suite de crimes. Je l’ai étudiée à contre-cœur à l’école. Qu’y avait ‑il à apprendre de ce fatras de choses arri­vées au hasard et qui, lors­qu’elles se produi­saient, montraient bien qu’elles étaient stupides et violentes ? L’his­toire est un cadastre d’échecs. Chacun en retire sa propre version inuti­li­sable.

On en parle

Chez « enli­vrez-vous » : Céline et Jérôme et Babe­lio

Traduit de l’ita­lien par Danièle VALIN
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Les raisons pour lesquelles le billet de Domi­nique m’a fait lire ce livre, devien­dront peut-être les vôtres et vous vous préci­pi­te­rez vers ce roman. Allez, une fois n’est pas coutume, je commence par le seul point faible, selon moi, de ce ce merveilleux récit. Je n’ar­rive pas trop à adhé­rer à un aspect des deux person­nages fémi­nins, d’une beauté telle que tous les hommes chavirent devant elles ! Leur beauté extra­or­di­naire et leur côté femme fatale ne m’ont pas convain­cue.

Mais peu importe, le roman vous empor­tera comme tous ceux ‚et toutes celles, qui l’ont plébis­cité vers le Haut-Adige ou Tyrol du sud. Comme beau­coup, je ne savais rien de cette région offerte à l’Ita­lie en 1918 , en compen­sa­tion de la guerre 1418, cette province autri­chienne n’avait jamais été italienne. On imagine la stupeur des habi­tants- de pauvres paysans monta­gnards- qui se trouvent confron­ter à un monde italien qui, hélas pour eux, devient fasciste peu de temps après ! Le choix pour les habi­tants devient une véri­table horreur : deve­nir fasciste italien ou reven­di­quer son appar­te­nance à l’Allemagne nazi ! !

Là, je me suis dit, mais comment faire pour rester humains, simple­ment humain ! Le roman raconte cela et toutes les consé­quences, jusqu’à l’as­sas­si­nat d’Aldo Moro. Oui, toute l’his­toire de l’Ita­lie est là devant nos yeux mais vu de cette petite région qui n’avait rien demandé à personne. Les fils de la grand histoire se tressent avec la petite histoire de Gerda et de sa fille Eva, élevée sans père puisque l’au­teur de ses jours n’a pas daigné la recon­naître, Eva est une femme libre qui mène sa vie sans rien devoir à personne sauf à sa mère qui s’est battue pour elle. Fille mère, c’est encore un scan­dale en Italie dans l’Ita­lie des années 60. Eva traverse en train toute la botte italienne pour rejoindre celui qui aurait pu être un père pour elle : Vito , le cara­bi­nier italien qui a aimé Gerda la cuisi­nière tyro­lienne. Aucun person­nage n’est cari­ca­tu­ral et le bien et le mal ne sont pas toujours faciles à recon­naître.

Que de person­nages tortu­rés, que de violence cachée et que de souf­frances, tout cela parce que cette partie du Tyrol a été offerte à une Italie qui ne la deman­dait pas !

Citations

Aujourd’hui, un pays aux deux cultures

Après Sterzing/​Vitipendo, un peu avant de sortir à Franzensfeste/​Fortezza, Carlo s’est arrêté à l’Autobahnraststätte/​Autogrill et nous avons mangé un belegtes Brötchen/​sandwich.Puis nous avons quitté l’Autobahn/​autoroute et nous avons payé au Mautstelle/​péage Dans sa Volvo qui heureu­se­ment est suédoise et ne se traduit donc ni en alle­mand ni en italien . Bien­ve­nue dans le Südtirol/​Alto Adige, royaume du bilin­guisme.

L’après guerre

Nazi, collabo, déla­teur, crimi­nel de guerre, konzen­tra­tions­la­gerführe : ce n’étaient pas des mots mais des grenades qui n’avaient pas explosé, que l’on contour­nait sur la pointe des pieds , pour ne pas déclen­cher une déto­na­tion plus terrible, celle de la vérité.

La civilisation de l’argent

Italiens, Alle­mands ou Autri­chiens étaient tous égaux pour Paul Staggl, du moment qu’ils lais­saient leur argent dans les caisses des hôtels. Il avait compris bien avant la plupart de ses compa­triotes que l’argent, non seule­ment n’a pas d’odeur, mais n’a pas d’eth­nie non plus.

On en parle

chez Mango et Domi­nique

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque, thème le voyage.
Traduit de l’ita­lien par Carole Cavel­lera.

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Les hasards sont étranges, je lis ce livre et en même temps, j’en­tends une émis­sion consa­crée à Mala­parte. 
Person­na­lité ambi­guë , l’émis­sion m’a donné envie de relire ses œuvres plus connues. Je ne peux pas dire que j’ai été conquise par ce court roman. Et je me demande bien pour­quoi il a été choisi pour parti­ci­per au club de lecture sous le thème « voyage ».

Il s’agit surtout de la guerre et de la désor­ga­ni­sa­tion des troupes confron­tées à la défaite. Voici l’his­toire : un soldat ramène le cercueil de son capi­taine à sa famille à travers une Italie en déroute. La quatrième de couver­ture parle « d’un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses mais aussi plein de courage et de géné­ro­sité. ».

Le roman ne fait qu’une centaine de pages donc très court et sans grand inté­rêt et il faut tout la bien­veillance d’un éditeur pour dire que c’est « un de ces inédits dignes de figu­rer aux côtés des plus grandes œuvres de leur auteur ». Le soldat a promis à son capi­taine de rame­ner son corps à Naples , il va le faire , on se demande bien pour­quoi. Au lieu de se rendre , puisque le combat était perdu d’avance, ce capi­taine a fait tuer dans des combats pour l’hon­neur la moitié de ses hommes.

On a du mal à comprendre que ce brave soldat soit si atta­ché à son offi­cier. Mais, avec ce que j’ai entendu de Mala­parte , j’ai pensé que cela corres­pon­dait à son idéo­lo­gie : un brave paysan rustre mais honnête, qui se charge du corps de son capi­taine appar­te­nant à la vieille noblesse italienne. Sur son chemin, il rencontre d’abord une jeune orphe­line éprise de liberté, mais qu’il sera inca­pable d’ai­der, puis une femme dont il va tomber amou­reux.

On retrouve dans les descrip­tions des person­nages , l’am­biance des films néoréa­listes de l’après guerre en Italie. Ce sont souvent des femmes coura­geuses qui s’op­posent aux truands mais elles doivent avant tout trou­ver du travail pour nour­rir leur famille. Il y a un passage très ciné­ma­to­gra­phique , où Maria­giu­lia admi­nistre une claque superbe à une mère maque­relle , et où les macs ne peuvent pas s’op­po­ser à la fuite des jeunes femmes qu’ils avaient déjà recru­tées pour leur sale trafic.

Je me demande bien ce qu’en pense­ront mes amis du club… (vous avez remar­quez le mascu­lin , et oui avec la nouvelle média­thèque , un homme a rejoint le club !).

Citations

Au début

Ce sont des hommes simples, honnêtes, et bien qu’ils pres­sentent que tout est perdu, inutile, qu’il n’y a plus rien à faire , ils ne renoncent pas à leur devoir .

À la fin

Invo­quant la Madonne et tous les Saints, avec cette forme de piété collec­tive qui à Naples est le signe le plus noble, le plus spon­tané , de la soli­da­rité chré­tienne et sociale des pauvres.

On en parle

lecture addict où j’ai lu une remarque très inté­res­sante, c’est une ébauche de roman, je pour­rai rajou­ter ou un script de film.

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J’ai choisi ce livre sur le blog que vous connais­sez si vous lisez le mien régu­liè­re­ment : « A sauts et à gambades ». Comme Domi­nique, je vais cher­cher de toutes mes forces, à vous faire lire « Aux fron­tières de l’Eu­rope » , ce n’est pas par hasard que j’ai mis 5 coquillages au livre de Paolo Rumiz , il fait parti des livres que je n’ou­blie­rai pas et que j’ai traîné partout pendant 15 jours. J’ai retenu mon envie de le dévo­rer à toute vitesse car je ne voulais pas le finir, je l’ai dégusté tout douce­ment.

Ce voyage à travers l’Eu­rope d’au­jourd’­hui me semble le complé­ment indis­pen­sable au voyage histo­rique de Geert Mark « Voyage d’un Euro­péen à travers le XX° siècle ». Il s’agit, ici, d’un état actuel d’un lieu bien parti­cu­lier de l’Eu­rope et qui , sans doute, prévoit un peu notre avenir. Je rappelle le projet de Paolo Rumiz : voya­ger le long des fron­tières de la commu­nauté euro­péenne avec la Russie et les pays qui ne font pas partie de cette commu­nauté.

Il voyage le plus possible avec le train ou les bus locaux , il est donc au cœur des popu­la­tions. Il a la chance d’être accom­pa­gnée d’une Monika qui parle le Russe et le Polo­nais. Au passage, Monika est photo­graphe et j’au­rais aimé voir les photos de cette femme qui sait si bien se faire accep­ter de tout le monde. Si quel­qu’un sait où on peut voir ses photos qu’on me le dise.

La langue est abso­lu­ment merveilleuse, un peu précieuse par moment et j’ai dû plusieurs fois ouvrir mon diction­naire pour véri­fier le sens de mots que je connais plus ou moins sans jamais les utili­ser (Aèdes, marmo­réen, thau­ma­turge, hiéra­tisme.…). Je pense qu’en italien ce sont des mots plus commu­né­ment utili­sés (heureux peuple !) et j ai constaté encore une fois que cette langue est agréable même traduite en fran­çais. Mais la langue ce n’est pas que la qualité de style, c’est aussi la capa­cité faite naître des images dans l’ima­gi­naire du lecteur. Vous n’ou­blie­rez pas la chaleur avec laquelle nos deux voya­geurs sont, parfois, reçus dans les endroits les plus recu­lés et aussi la violence de certaines villes. Il raconte un passage à tabac qui m’a fait peur et a produit chez moi les mêmes effets de terreur que les images les plus violentes du cinéma. La scène de la fouille par les poli­ciers polo­nais du train venant de Russie est extra­or­di­naire de drôle­rie et on peut faci­le­ment se la repré­sen­ter.

On rit souvent et on aime l’hu­ma­nité , car Paolo Rumiz aime les hommes même quand ils sont écra­sés mépri­sés , dans les pires condi­tions ils arrivent à vivre grâce à l’hu­mour et la chaleur humaine. Si ce n’est pas un livre sur le passé , on y lit quand même les traces que les deux horreurs du XXe siècle ont laissé dans ces régions : la dispa­ri­tion de la popu­la­tion juive et les dépla­ce­ments de popu­la­tions pour en contrô­ler d’autres. Pauvres Russes qui vivent en Esto­nie , sont-ils vrai­ment respon­sables de la folie impé­ria­liste de Staline ?

J’ai bien aimé aussi qu’il connaisse Ryszard Kapus­cinski, autre auteur que j’ai décou­vert grâce à Domi­nique , je suis une incon­di­tion­nelle d’Ébène. Il y a une commu­nauté de regard entre ces deux auteurs. Avec un côté latin chez Paolo Rumiz qui fait une grande partie de son charme, surtout quand il se confronte à la réserve des gens du grand nord.

À lire et relire, c est un livre qui charme, fait réflé­chir et fait aussi,comprendre le plai­sir du voyage.

Citations

Une jolie phrase sur sa ville

Filons, filons, une voile et c’est parti ; une ville qui sert unique­ment d’embarcadère, de point de départ. Un aperçu, une balus­trade vers d’autres hori­zons.

Triestre sa ville d’origine

Je viens d’une terre de mer, de rocs et de vent. Pour moi, c’est plutôt une base qu’une ville, Trieste, agrip­pée à l’ex­tré­mité septen­trio­nale de la mer Médi­ter­ra­née, est mon refuge, un lieu que Dieu se complaît de temps en temps à touiller avec sa grande louche , déchaî­nant une tempête d’air et d’eau que l’on appelle la « Bora » , un vent furieux qui souffle de la terre. 

Les sourire des finlandais

En Finlande on parle peu et on sourit encore moins. Ce peuple de bûche­rons timides vit dans la terreur de voir quel­qu’un lui sourire, car alors le savoir-vivre l’obli­gera à sortir de son cocon pour répondre à ce signal.

Le silence des Norvégiens

Quand je sors dans le couloir, j’aper­çois une dizaine de Norvé­giens qui dégustent leur café dans un silence claus­tral ; on se croi­rait dans le réfec­toire d’un monas­tère, avant la messe du soir. Je suis obligé de prêter l’oreille pour discer­ner un murmure de confes­sion­nal. Alors, unique­ment pour rompre cette glace de l’âme et mettre les gens dans l’embarras, je lance un bonjour reten­tis­sant á la canto­nade et je me régale de voir tous ces yeux inquiets se lever à contre­coeur de l’as­siette de pois­son, d’œufs et d’oi­gnons pour répondre par un signe au nouvel arri­vant.

Les blessures de la terre à Montchegorsk

J’ai à mes pieds quelque chose d’inouï : une nature sans défense dans son extrême douceur, impi­toya­ble­ment violée, véro­lée de mines comme autant de pustules d’acné sur la peau d’un adoles­cent.

Les intolérances religieuses

De ce voyage verti­cal, ce qui ressort clai­re­ment, c’est que le catho­li­cisme et le protes­tan­tisme vivent dans le confort a l’ar­rière, alors que c’est l’or­tho­doxie qui tient la ligne… J’en­tends encore le patriarche de Constan­ti­nople, dans son bureau, sous le portrait de Mustafa Kemal Ataturk, murmu­rer des propos de coexis­tence, pendant que le hurle­ment du muez­zin, du Bosphore à sainte Sophie, anni­hi­lait tout autre bruit pour la prière du soir. Une compé­ti­tion acous­tique sans espoir.

En Bach­ki­rie (ça existe ! ! j’ai décou­vert que je ne connais­sais pas la moitié des pays ou région dont il parle, cette région je m’en souvien­drai si vous pronon­cer à haute voix ce nom vous verrez pour­quoi !).

Définition de l’ours par un apiculteur

( je rappelle que Dinard a choisi l’Ours comme symbole et que la future média­thèque s’appellera : l’ours)

L’ours, dit-il, c’est un si grand nombre d’ani­maux en un seul. Comme un lion, il terrasse des mammi­fères plus grands que lui ; comme n’im­porte quel rumi­nant, il saccage les récoltes ; il vole le raisin et les fruits comme un singe ; il picore les baies comme un merle ; il fait des razzias dans les four­mi­lières et les ruches comme un pivert ; il déterre les tuber­cules et les larves comme un cochon ; il attrape les pois­sons avec la dexté­rité de la loutre. Et il mange le miel comme l’homme.

Le passé de l’Italie

L’Ita­lie s’en­tête à faire semblant de ne jamais avoir été fasciste et d’avoir gagné la guerre. Et pour­tant, elle l’a été fasciste, et pas qu’un peu ; et elle a perdu la guerre, juste­ment dans ma région… Je vous en prie ne me parlez pas, des « braves gens d’Ita­lie », parce que moi j’ha­bite à Trieste que Musso­lini a proclamé les lois raciales contre les juifs, et ce choix infâme a eu son prélude une ving­taine d’an­nées aupa­ra­vant, avec l’écra­se­ment poli­tique, écono­mique et linguis­tique de la vaste commu­nauté slovène. Je sais que pendant la guerre, il n’y eut pas seule­ment des camps d’ex­ter­mi­na­tion nazis, mais aussi des camps de concen­tra­tion diri­gés par le parti fasciste, avec des milliers de morts de faim et de froid.

Le silence des Estoniens

Autour d’une petite table , une famille consomme un bref repas, sans échan­ger un seul mot. Je commence à comprendre Adamov. C’est vrai que c’est impos­sible d’ap­prendre la langue d’un peuple qui passe son temps à se taire.

La Pologne et la religion catholique

Nous appro­chons de la Pologne, terre de Woytila, et le Vati­can fait déjà figure de gigan­tesque agence de voyage, de multi­na­tio­nale du pèle­ri­nage , avec des filiales dans le monde entier

En Pologne, Paoli Rumiz évoque un auteur que j’ai adoré Ryzsard Kapuscinski

Il y a aussi le maga­sin de cartes géogra­phiques de la rue Jean-Paul II , où le plus beau spec­tacle , m’a dit Ryzsard Kapus­cinski , un jour de neige où nous nous étions réfu­giés à l’in­té­rieur était de voir les « gens affa­més de monde » se repaître parmi les rayon­nages.

En Ukraine, les émigrés qui ont fait fortune ailleurs

Il nous fait traver­ser une vallée magni­fique , parse­mée de maisons d’émi­grants qui ont réussi , mais ce sont des maisons de cauche­mar , des petits châteaux forts médié­vaux, avec des tours coif­fées de tuile en plas­tique bleu . Disney­land est l’idéal esthé­tique de l’Ukraine indé­pen­dante.

Retour vers l’Europe occi­den­tale ou comment la salade César devient un signe de recon­nais­sance

Á l’hô­tel , la langue anglaise refait son appa­ri­tion , la langouste et la Care­sar’­sa­lad ont repris place dans le menu , et je ne parle pas de l’air condi­tionné, bien entendu.

On en parle

Chez Domi­nique bien sûr etdans le « Carnet de Voyage de Myriam ».

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Traduit de l’italien par Danièle VALIN. 

3
L’auteur fait revivre Naples de l’immédiate après guerre, à travers la vie d’un enfant puis d’un adoles­cent orphe­lin. L’auteur raconte, d’un ton un peu déta­ché, les pires atro­ci­tés d’un quoti­dien rude ou la violence et la misère vont de paire. Un person­nage bien­veillant, don Gaetano, veille sur l’enfant et saura lui donner le sens des valeurs et lui sauver la vie. Ce n’est pas une histoire réaliste à laquelle on peut tota­le­ment croire, mais l’auteur a un talent rare pour décrire une ambiance et des person­nages.

Ce petit roman est comme une philo­so­phie de la vie, on se laisse prendre par cette douce ambiance, il ne veut pas rendre la vie plus rose ni plus belle qu’elle n’est , il n’insiste pas sur les côtés noirs , pour moi c’est ce qui m’a beau­coup plu dans ce livre. Ce que j’ai préféré, c est l’ambiance du quar­tier et des gens de la rue. Je ne connais pas l’Italie du Sud et ce livre m’a offert un voyage et c’est bien comme ça que j’imaginais Naples.

Citations

L’antisémitisme particulier des habitants de Naples

Chez nous, les gens ne savaient même pas que les juifs, un peuple de l’antiquité, exis­taient. Mais quand il s’agit de gagner de l’argent, alors tout le monde savait qui était juif. Si on mettait à prix la tête des Phéni­ciens, on était capable de les trou­ver chez nous, même de seconde main.

Jolies phrases

Les désirs des enfants donnent des ordres à l’avenir.

L’ave­nir est un servi­teur lent, mais fidèle.

Gaetano lit dans les pensées ce qu’il y voit le fait parfois réfléchir

Ce n’est pas bien de savoir ce qui se passe dans la tête des gens. Tant de mauvaises inten­tions vont et viennent sans abou­tir ensuite. Si je dis ce qu’une personne pense d’une autre, c’est la guerre civile.

Les personnages de la cour de l’immeuble

- Elle n’entend rien, il faut qu’elle s’achète un appa­reil pour les oreilles.
- Acous­tique, lui dis je, pour dire quelque chose et ne pas le lais­ser parler tout seul.
- Oui un appa­reil artis­tique
Elle a une voix de clai­ron à réveiller les âmes du purga­toire

Passage plein d’humour

… Ces chré­tiens saints et mastics…
- Mastics ?
- eh ! ceux qui étaient masti­qués par les lions.
- Les martyrs ?
- C » est ça . Je dis que c’est bien pour des chré­tiens saint et mari­nés.
- les voilà en mari­nade main­te­nant ! Mais enfin, ce sont des martyrs !

On en parle

Et l’auteur du blog a fait des recherches sur Erri de Luca De page en page

Traduit de l’Ita­lien Par Domi­nique Vittoz.

2
Livre étrange, je l’ai lu atten­ti­ve­ment et sans un réel plai­sir, j’attendais toujours qu’il se passe quelque chose d’autre. Dès le début la trame est donnée et tout se déroule sans surprise. Le mission­naire ira au bout de sa folie et construira un sanc­tuaire destiné au culte de la vierge, rien ne peut l’arrêter, il se prend pour un saint et les bigotes du village viennent de plus en plus nombreuses à ses prêches enflam­més. Les sœurs essaient par des trai­te­ments abomi­nables de garder les « chéru­bins » dans la pureté chré­tienne. Et en bas dans la vallée, dans un quar­tier appelé le chan­tier, des malfrats gagnent leur vie en faisant des actions malhon­nêtes, comme mettre le feu à des entre­prises pour éviter les ennuis avec le fisc.

Pour­quoi n’ai-je pas appré­cié davan­tage ce roman qui a reçu le prix Médi­cis étran­ger 2009 ? Sans doute parce que je n’ai pas réussi à comprendre le ton de l’auteur.(J’ai essayé d’en donner un aperçu dans la deuxième cita­tion) On ne sait pas trop si c’est une charge contre les bonnes œuvres de l’église, ou contre la société italienne qui contraint des enfants à deve­nir des bandits. Les deux sans doute, l’auteur reste absent et ne juge personne, et le lecteur doit se faire sa propre opinion. Il m’a manqué la connais­sance de l’Italie des années 60 savoir si ce que je lisais avait un fonde­ment socio­lo­gique ou était une pure inven­tion roma­nesque.

La seule chose qui m’a complè­te­ment saisi c’est le malheur des enfants aban­don­nés à la rue par des parents complè­te­ment dépas­sés par la misère mais qui est encore plus terrible quand ils sont livrés aux mains des bonnes sœurs sadiques.

Citations

S’il n’avait pas nourri une haine cordiale pour Dieu qui était du côté de ce curé, il serait sûre­ment entré un jour où l’autre dans l’église du Buon Cammino et aurait prié pour que le vieil Omero ne meure jamais.

Ses paroles vibrèrent dans ce grésille­ment – Le pasteur affamé dévora ses propres ouailles -, comme s’il appa­rais­sait en effet dans une vision – mais fut ensuite dévo­rer par ses propres chiens -, secouèrent les plantes, effrayèrent les papillons et se diluèrent à travers la campagne comme des lueurs incom­pré­hen­sibles qui pour­tant éveillent l’amour.

Traduit de L’ita­lien par Natha­lie Bauer.
3
Je suis un peu déçue par ce livre dont j’avais lu des critiques très posi­tives sur les blogs. La première partie sur le mal-être de deux adoles­cents est vrai­ment inté­res­sante et proche de ce que vivent certains jeunes. Mais lors­qu’ils deviennent adultes, ils ne trouvent guère de solu­tions, même si on le comprend (dans la vie ça se passe parfois comme ça) cela rend le roman très triste. La fin est frus­trante car on a l’im­pres­sion que l’his­toire ne se termine pas.

On en parle

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