Êditions Calemann Levy (Noir) , 216 pages, avril 2025

Je venais de lire « Nous sommes fait d’orage » de Marie Charrel qui se situe en Albanie , alors j’ai décidé un grand saut dans une zone peu connue pour moi, le roman policier, avec un auteur qui situe toujours ses romans au cœur d’un problème historique dans des pays étrangers. Ici, nous sommes donc, en Albanie et nous sommes confrontés à des évènements que j’avais bien oubliés : en 1997 la bulle financière fondée sur des pyramides dites de Ponzi , tous (ou presque) les Albanais furent ruinés. Ils se révoltèrent alors de façon violente et ces évènements appelés « la guerre albanaise de 1997 » eurent des conséquences qui sont encore visibles aujourd’hui. Les Albanais se sont exilés en grand nombre, d’autres sont entrés dans différentes mafias qui aujourd’hui encore sont réputées comme hyper violentes. Quand on parle de l’Albanie, il faut aussi avoir en tête le code de l’honneur traditionnel le « Kanun » .

J’ai été intéressée par ces aspects du roman, pour l’histoire policière beaucoup moins, mais ce roman se lit très facilement. Le prologue annonce un crime, il y a un personnage récurent, le consul Aurel originaire de Roumanie, qui connaît bien les ravages du communisme, et boit beaucoup de vin blanc. C’est l’enquêteur typique : mal dans sa peau, mal habillé, buvant trop mais très perspicace.

De cet auteur’, j’ai préféré deux romans historiques : « Rouge Brésil » et surtout « Le grand Cœur »

 

Extraits .

Fin du prologue.

 En contrebas, sur la route circulaient des voitures et des motos. Il était le seul, sur ce promontoire à garder les yeux fixés non pas sur le paysage, mais sur la circulation. Il a attendu plusieurs minutes. Une moto de grosse cylindrée s’arrêta. Le conducteur casqué en descendit et calmement cala l’engin sur sa béquille. Lumière était troublé que ce fût un homme. Il le regarda s’approcher sans se décider à s’enfuir. Quand le motard ôta son casque, il était trop tard. Un pistolet en acier brillait dans sa main.
 Lumière comprit. 
Au lieu de la renaissance qu’il espérait, il rencontrait la mort.

Début du roman.

C’est un grand bonheur de vous revoir, Aurel !
 La voix gasconne du sénateur Mauvignier résonnait dans la cour du palais du Luxembourg. Il était venu lui-même accueillir son visiteur à la sortie du sas de de contrôle. Aurel ne s’attendait pas à cet honneur et il avait pris son temps pour remettre les vêtements qu’il avait dû déposer sur le tapis du scanner. Il se hâta d’enfiler sa veste en tweed, en cherchant nerveusement la manche.

Scène au restaurant du sénat.

Des sénateur d’extrême-gauche ! Un peu bizarre, l’association de ces deux mots, vous ne trouvez pas ? Comme si on disait : une chambre au Ritz, avec des toilettes sur le palier.

Humour.

 Mauvignier leva la main pour couper court à toute flagonnerie. Aucun compliment ne se hausserait jamais jusqu’à la hauteur de l’admiration qu’il nourrissait pour lui-même. Alors, autant rester simple.

27 Thoughts on “Le revenant d’Albanie – Jean-Christophe RUFIN

  1. Ces romans policiers de JC Rufin sont très appréciés… Je ne suis pas trop tentée, même si j’ai déjà lu l’auteur il y a assez longtemps déjà (Le collier rouge et Immortelle randonnée) sans trop d’enthousiasme, il faut le souligner.
    Sinon, sur l’Albanie et le Kanun, il faut lire Ismaïl Kadaré (Avril brisé notamment)

  2. Je me promets souvent de revenir vers cet auteur et pourtant j’ai l’impression de souvent lire des avis mitigés. Je vais plutôt noter les deux romans qui t’ont plu.

  3. keisha on 29 janvier 2026 at 11:56 said:

    Je n’ai lu que celui sur Compostelle, bien aimé. Mais je sais qu’il a une série ‘consul’

  4. J’ai lu un tome de cette série sans être convaincue, donc je ne pensais pas renouveler. Mais là, je trouve le contexte historique vraiment intéressant donc pourquoi pas ?!

  5. Une série avec ce consul hors norme que j’avais appréciée. Notamment pour la découverte des pays dans lesquels Aurel est amené à travailler.

  6. Je l’avais réservé à la bibli mais mon abonnement est arrivé à expiration (il faut absolument de je me réinscrive). J’aimerais bien prendre le lien vers ton billet pour le challenge polar, si tu es d’accord.

  7. J’aime bien l’auteur, mais cette série n’a pas l’aire assez convaincante pour que je m’y lance !

  8. Ça fait longtemps que j’ai envie de lire un de ses romans avec Aurel mais je ne l’ai pas encore fait. J’ai seulement lu « Compostelle » de lui, récit de voyage que j’avais aimé.

  9. J’avais bien aimé ses premiers romans, mais sans plus, et je ne suis pas sûre d’avoir envie de me lancer dans ses romans policiers. Il y a une certaine « exubérance » dans son écriture, qui me lasse.

    • Pour l’instant je n’ai pas eu de graves déceptions concernant cet auteur. Mais je ne vais pas continuer ses romans policiers parce que ce n’est vraiment pas ce que je préfère comme lecture.

  10. Alors c’est dommage, ça me donne envie de lire sur le sujet, mais pas avec ce livre ! Un contexte particulier bien travaillé c’est chouette mais dans un polar, l’enquête compte tout de même…

  11. Je connaissais finalement bien l’Albanie, mais j’avais entendu parler du « Kanun » en lisant le livre d’Ismael Kadaré, Avril Brisé.
    De Rufin, j’avais beaucoup apprécié « Le collier rouge » ; un peu moins « Le Grand Coeur »

    • On ne peut évidemment, pas comparer ce roman policier à un livre de Kadare mais ce roman a eu l’avantage, pour moi de me rappeler la crise financière de l’Albanie post communiste.

  12. Pourquoi pas! Je ne savais pas que Rufin avait écrit sur l’Albanie. Nous avons fait un voyage passionnant en Albanie et j’aurai du plaisir à y revenir en livre

  13. Cette année, ma soeur va en vacances en Albanie. Je lui achèterais bien ce livre.

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