Éditions du Sous-sol, 288 pages, août 2025

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Sans le club de lecture, je ne serai pas allée vers ce roman, et surtout j’aurais arrêté ma lecture assez vite ! Avant de lire mon avis, lisez celui d‘Ingannmic avec qui je suis souvent d’accord. Mais là, mon avis est totalement opposé. Cette jeune auteure, dans un très long monologue, crie son désespoir et ses souffrances car la société la rend tellement malheureuse . Elle a déjà écrit de la poésie et ce texte se veut « poétique » ce qui veut dire dans ce que je lis très peu compréhensible.

J’aimerais quelqu’un m’explique cette phrase : Je ne vais pas détailler ici l’importance de ces liens, ce n’est ni l’endroit ni la structure syntaxique de mes phrases est une œuvre d’art et mes parents sont morts.

Rien de ce qu’elle vit ne lui plaît, elle déteste tout, car l’humanité est une pure horreur et vaut tellement moins que le monde animal. Et quel sérieux dans ses propos ! si vous voulez savoir avec qui elle se sent un peu mieux, lisez ceux qu’elle appelle ses sources (dans le désordre, Montaigne, Nietzsche, Lucrèce, Kierkegaard, Rousseau, Simone Weil…) . Et tout cela pour accumuler des banalités que seul un adolescent ou une adolescente oserait écrire dans son cahier intime.

Cette lecture a été pour moi un véritable pensum, on peut voir sur Babelio que c’est un livre très clivant, c’est vraiment la première fois que je peux lire dix avis complètement négatif . Je vous laisse quelques passages pour que vous puissiez vous faire une idée.

 

Extraits.

Début. (Dès ces premières lignes j’ai failli abandonner)

 Les heures étaient longues, dans mon enfance, mais je ne me suis pas tuée. J’ai l’air calme. Plus jeune, je cherchais tout. Et je pouvais rester devant les fleurs à la recherche de la scène, un pétale en train de tomber. Je voulais des scènes. Je ne comprenais pas moi-même mais à l’intérieur, dans les parties sans parole, j’avais une connaissance et sans arrêt, je la touchais. Je suis bizarre. Si mon regard se pose au marché sur des œufs de poisson, je m’arrête et je pense les œufs de poisson possèdent une beauté proche du ciel le soir, des visages d’enfants ou des beaux-arts.

Toujours au début, je m’accroche !

 Nos ascendants nous ont transmis la vie et donc, nous transmettons la vie. Puisque nous sommes la vie, avant notre vie, il y avait notre vie et après notre vie, il y aura notre vie. Nos atomes formeront de nouvelles combinaisons, et indéfiniment, notre vie aura lieu. 

Fin du premier chapitre.

 Je ne pouvais pas lui dire : je suis à la recherche de ce qui m’accrocherait au-dehors de moi, je voudrais être et je ne le suis pas, je ne crois en rien et j’ai de la pitié pour ceux qui croient, car la plupart du temps, ils ne croient pas en une grande pensée de l’Univers, la plupart du temps, ils méprisent les grands sentiments, ils croient en leurs goûts, leurs avis, leur vocabulaire, leur monde, et je sentais en moi que ces choses normales étaient en dehors de la vie, mais je cherchais la vie, et je voulais la vie. 
La fille me donna rendez-vous.

Conformisme.

 Afin de me fondre dans le groupe, j’ai fabriqué ce qu’on appelle « un style ». C’est-à-dire une accumulation d’éléments reconnaissables œuvrant visuellement à la construction d’une identité personnelle permettant l’appartenance à l’identité collective, à la reconnaissance par mes pères. Dans ma narine droite, j’ai fait mettre un anneau, et sur ma tête une casquette. Mes doigts portent des bagues, mes oreilles des boucles, ces signes indiquent, je suis tel type de personne, et reconnaissez-moi. Ils indiquent que l’uniformité à l’échelle d’un groupe minoritaire ne me dérange pas. Ils indiquent que j’ai l’habitude d’un certain type de conformisme.

Fin du conformisme.

 Les habitudes et le conformisme marchent ensemble main dans la main. Le conformisme permet d’éviter la punition sociale..

Je passe complètement à côté de la compréhension de certains passages et même de certaines phrases .

 Prenons un objet humain, toi par exemple, et elle pointa du doigt la fille aux yeux très noirs. Et prenons ceci, et elle montra ses propres dents. C’est un dentier, à mon âge, on n’a plus de dents, on a le souvenir des dents. Entre cette fille aux yeux très noirs et mon dentier, il existe différents liens. Tout d’abord, ces deux objets se trouvent sur terre. La terre est une planète parmi des millions ou des milliards dans l’Univers. Le lien entre la fille et mon dentier est donc rare, c’est ce que j’appelle « un lien épais ». Il existe des « liens épais » entre les êtres ou les phénomènes. Le fait de se trouver sur une même planète au même moment, constitue un lien épais. Je ne vais pas détailler ici l’importance de ces liens, ce n’est ni l’endroit ni la structure syntaxique de mes phrases est une œuvre d’art et mes parents sont morts. J’avais un père misogyne et travailleur ma mère comme tant d’autres a vécu effacée, Schéma classique, puisque tous les voisins de ma famille, les cousins, l’entourage proche ou lointain vivaient dans ce chemin schéma. L’une de nos voisines, une femme maigre, courbée, battue par son mari, par son oncle, son père, son fils, son frère, son neveu, son beau-père, violé, battu, baignant dans ce schéma, fut tué dans le silence et toi, tu l’as été, elle s’adressait à la fille aux yeux très noirs, toi tu l’as été.

Propos plus facile à comprendre, pas très original.

 Le capitalisme nous raconte une histoire, tandis qu’il accompli un tout autre récit. Les familles les plus riches se transmettent des héritages, les noms, les codes. Un jeu d’illusion maintient la haine et la compétition entre les pauvres, afin qu’ils ferment leur bouche, si bien que beaucoup causent du tort à ceux qui sont placés plus bas sur l’échelle sociale. Ils se vengent sur les plus faibles. Les individus se détruisent eux-mêmes. Et ce système mental économique détruit le sens du monde. Les relations sociales sont bousillées, et les personnes ne forment qu’un troupeau.

Et hélas ce n’est pas de l’humour ! ! !

 De la même manière que nous pleurons nos morts, nous aimons les frites. De la même manière que nous avons du mal à parler en public, nous tombons amoureuse. De la même manière que nous ressentons du dégoût à la vue d’un cil dans un yaourt, nous aimons l’harmonie des formes. Et ceci n’est pas nous, pourtant ceci est nous.

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